Harry Caray (né Harry Christopher Carabina le à Saint-Louis, Missouri, États-Unis et mort le à Rancho Mirage, Californie, États-Unis) est un commentateur sportif américain à la radio et à la télévision.

Il suit quatre clubs de la Ligue majeure de baseball, dont les Cardinals de Saint-Louis durant ses vingt-cinq premières premières années de carrière de 1945 à 1969, les Athletics d'Oakland pendant une saison, et les White Sox de Chicago pendant onze ans. Mais il est surtout identifié comme la voix des Cubs de Chicago dont il décrit les matchs de 1981 à 1997.

Caray a remporté plusieurs distinctions, notamment le prix Ford C. Frick qui lui est décerné par le Temple de la renommée du baseball en 1989.

Carrière Harry Caray grandit à Saint-Louis, où il voit le jour. Son père, un immigrant italien, meurt peu après. Sa mère, originaire de Roumanie, se remarie avec un Franco-américain, mais à la mort de celle-ci, alors que le jeune Harry n'est âgé que de 8 ans, il va vivre avec sa tante Doxie.

Harry Caray joue au baseball dans sa jeunesse. Joueur de deuxième but et arrêt-court, il est aussi frappeur ambidextre et il reçoit une bourse sportive de l'université de l'Alabama Holy Cow, Harry Caray & Bob Verdi, Chicago Tribune, 5 mars 1989, page 1.. Il doit cependant y renoncer, n'ayant pas les moyens financiers de payer son matériel scolaire, ni son hébergement. Il est fan des Cardinals de Saint-Louis dans son enfance.

Débuts Caray commence sa carrière d'animateur de radio à l'âge de 19 ans et fait ses premières armes à (Joliet, Illinois) Holy Cow, Harry Caray & Bob Verdi, Chicago Tribune, 5 mars 1989, page 3. WJOL History, Scott Childers, ., puis en 1943 Wild About Harry Cubs Broadcaster Caray Is Fan Favorite, Larry Dorman, Sun Sentinel, 23 mai 1993. comme directeur des sports à (Kalamazoo, Michigan). Il devient descripteur des matchs de basket-ball des Hawks de Saint-Louis (aujourd'hui les Hawks d'Atlanta) de la NBA, des matchs de football des Tigers du Missouri, et est au micro lors de trois éditions du Cotton Bowl. Il est aussi animateur lors des matchs des Flyers de Saint-Louis de la Ligue américaine de hockey.

Cardinals et Browns de Saint-Louis La carrière de Harry Caray démarre véritablement lorsqu'il devient animateur lors des matchs des Cardinals de Saint-Louis de la Ligue nationale de baseball en 1945. Il décrit son premier match pour WTMV (Saint-Louis) le , avec à ses côtés l'ancien joueur Gabby Street en guise d'analyste.

En 1945 et 1946, il décrit aussi les matchs des Browns de Saint-Louis, l'équipe représentant la même ville dans la Ligue américaine de baseball.

En 1946, les stations de radio décident de profiter de l'engouement de leurs auditeurs pour les Cardinals, qui connaissent une superbe saison (et remporteront à l'automne la Série mondiale). Pour ce faire, il fut décidé que lorsqu'ils joueraient loin de Saint-Louis et que les médiocres Browns étaient en congé, le match des Cardinals serait « recréé » sur les ondes des studios de Saint-Louis. Caray devait alors « décrire » l'action en se fiant sur les notes (tickers) d'un téléscripteur de Western Union, ce qu'il fit en inventant de toutes pièces certaines actions Harry Caray Used To Just Make Shit Up While Calling Away Games, Tom Ley, Deadspin, 2 avril 2015. et en décrivant des spectatrices fictives « aux formes généreuses dans sa robe rouge, attrapant une fausse balle ». Son imagination le servit particulièrement bien lors des interruptions, fréquentes, de la machine qui s'enrayait, auquel cas il imagineait pour ses auditeurs des bagarres sur le terrain ou d'autres incidents absurdes<ref name="Rebel With A Microphone"> When Harry Caray Was A Rebel With A Microphone, Myron Cope, Sports Illustrated, octobre 1968.</ref>

thumb|right|300px|Harry Caray lors d'un match des Cardinals de Saint-Louis en 1957, attrapant de la galerie de presse une fausse balle à l'aide d'un filet de pêche. En , Caray est sérieusement blessé lorsqu'il est happé par une voiture à Saint-Louis. Il a les deux jambes cassées dans la collision, mais récupère de ses blessures à temps pour être de retour au travail pour la saison 1969 des Cardinals.

Après 25 ans à couvrir les activités des Cardinals, Caray est congédié en par le club, qui le remplace par son collègue Jack Buck It's Official! Caray Fired, Tra-la, Tra-la, Chicago Tribune, 10 octobre 1969.. Il décrit trois triomphes des Cardinals en Série mondiale (1964, 1967 et 1968) Harry Caray, ..

Caray est en brouille avec le propriétaire des Cardinals, Gussie Busch In the Wake of the News, David Condon, Chicago Tribune, 17 décembre 1969., le propriétaire des Cardinals, n'apprécie pas, selon Caray, ses critiques envers la gestion de l'équipe Harry Caray, Matt Bohn, Society for American Baseball Research.. Ses 25 années au micro des Cardinals représentent la plus longue période à laquelle il fut à l'emploi d'une équipe de la Ligue majeure de baseball.

Athletics d'Oakland Immédiatement après avoir quitté Saint-Louis, Harry Caray est engagé comme descripteur des matchs des Athletics d'Oakland. Celui que l'on était venu à surnommer Mr. Cardinal, est engagé par le propriétaire Charlie O. Finley pour un salaire de dollars, en plus d'un compte de dépenses. Finley présente Caray comme « l'homme qui apportera autant de couleur au club que ses uniformes vert et or » Finley Hires Harry Caray, Associated Press, 20 janvier 1970.. L'expérience n'est pas couronnée de succès : elle ne dure qu'une seule saison (1970) et se termine abruptement, Caray et Finley ne s'appréciant apparemment pas. Finley est cité pour avoir dit après son départ que « cette merde qu'il faisait à Saint-Louis ne fonctionnait pas ici » (That shit he pulled in St. Louis didn't go over here) Eldon L. Ham, Broadcasting Baseball: A History of the National Pastime on Radio and Television, McFarland, 2011, p. 165. .. Caray, en retour, n'apprécie pas l'ingérence de Finley et refusait de changer, malgré l'insistence de son patron, sa phrase fétiche en ondes (Holy Cow) pour Holy Mule David M. Jordan, The A's: A Baseball History, McFarland, 2014, p. 123. ., en référence à Charlie O. The Mule, une mule utilisée comme mascotte par les Athletics The A’s celebrate KC roots with green and gold uniforms — and a mule named Charlie O, Todd Radom, Sporting News, 25 juin 2015.. Néanmoins, l'animosité entre les deux hommes n'étaient peut-être pas si grande, puisque Caray prit quelques années plus tard la défense de Finley dans son conflit avec le commissaire Bowie Kuhn Caray knows he made some enemies, The Palm Beach Post, août 1987., et que Finley approcha Caray pour le rengager en 1975 Chisox Keep Caray For Another Year, Associated Press, 11 janvier 1976..

Selon le journaliste Ron Fimrite du Sports Illustrated, l'expérience ratée tiendrait plus du fait que Finley espérait générer plus d'intérêt pour son club grâce à Caray qui, en retour, considérait plutôt Oakland comme un tremplin vers un meilleur emploi Stint In Bay Area Short, But A Long Way From Sweet, Michael Rosenberg, Chicago Tribune, 27 février 1998.. Caray n'appréciait pas non plus l'attitude à son endroit de son collègue Monte Moore, un commentateur au style beaucoup plus conventionnel qui n'acceptait pas d'avoir été mis à l'écart au profit d'un animateur excentrique.

White Sox de Chicago La longue carrière de Harry Caray à Chicago, où il devient très populaire, débute en 1971 alors qu'il prend pour 11 saisons le poste de descripteur des matchs des White Sox de Chicago. Il collabore au départ avec plusieurs autres animateurs, avant de trouver le duo parfait avec l'ancien joueur Jimmy Piersall Teamed with Harry Caray on Sox broadcasts Jimmy Piersall still popular, Randy Minkoff, United Press International, 12 juillet 1979., qui le rejoint pour la première fois en ondes en 1976 et coanime avec lui à la radio et à la télévision à partir de 1977.

La longue affection des partisans de baseball de Chicago pour Harry Caray est facilitée par la proximité du personnage, bon vivant qui boit de la bière en ondes et anime les matchs du samedi après-midi assis dans les estrades populaires du Comiskey Park, souvent torse nu au milieu des spectateurs Always The Innovator, Chicago Tribune, 27 février 1998. In America : Cubs Face a Summer Without Santa, Ian Thomsen, New York Times, 28 mars 1998. Floyd Sullivan, David Cicotello, Angelo J. Louisa, Old Comiskey Park: Essays and Memories of the Historic Home of the Chicago White Sox, 1910-1991, McFarland, 2014, p. 225. ..

Cubs de Chicago thumb|left|300px|Ronald Reagan avec Harry Caray en 1988. Du South Side de Chicago, où évoluent les White Sox de la Ligue américaine, Harry Caray passe au côté Nord et à Wrigleyville en 1982 Harry Caray suffers stroke, Associated Press, 19 février 1987., alors qu'il devient descripteur des matchs des Cubs de Chicago. Il entre en ondes sur WGN-TV, une station à laquelle il était déjà affilié, puisqu'elle produisation les matchs télévisés des White Sox sur  All-time Broadcasters, site des White Sox de Chicago. depuis quelques années. WGN est l'une des premières « superstations » diffusées par câble, ce qui permet à Caray d'être entendu gratuitement à travers les États-Unis.

Caray décrit les matchs des Cubs de 1982 à 1997. Il fait durant 15 ans équipe avec l'analyste Steve Stone, qui agit comme moitié plus rationnelle du duo, aux côtés de l'exubérant Caray.

En , alors que Caray est en vacances à sa résidence hivernale de Palm Springs (Californie) en attendant le début de l'entraînement de printemps des Cubs, il est victime d'un accident vasculaire cérébral. Au cours des deux premiers mois de la saison régulière 1987, une variété d'animateurs se succèdent à la description des matchs des Cubs, mais Caray, malgré ses 73 ans et son style de vie échevelé, récupère remarquablement et recouvre rapidement la santé.

Au cours des dernières années, Caray se déplace moins avec les Cubs, et se contente en 1997, sa dernière saison, de décrire uniquement les matchs joués à Chicago Newfield Arrested on Drug Charges, Associated Press, 28 septembre 1996..

La pause de la septième manche

Harry Caray est célèbre pour son interprétation de la chanson Take Me Out to the Ball Game à la pause de la septième manche des matchs des Cubs de Chicago. Cette tradition a cependant débuté quelques années plus tôt au Comiskey Park, le stade des White Sox, malgré Caray, qui avait rejeté par le passé l'idée qui lui avait été suggérée de chanter pour le public. L'animateur avait l'habitude de chanter sur la galerie de presse, à micro fermé, lorsque l'organiste du Comiskey Park, Nancy Faust, jouait la mélodie pour le public. Le producteur de la station de radio WMAQ, diffuseur des matchs des White Sox, décida un jour de laisser le microphone de Caray ouvert, sans que celui-ci ne le sache.

La tradition s'élève réellement au rang de classique lorsque Caray la transporte en 1981 au Wrigley Field lors des matchs des Cubs How a man and a song turned the seventh inning into hallowed Wrigley tradition, Luis Gomez, Chicago Tribune, avril 2014.. Sa spécificité est de lancer la ritournelle par « Ah-One, Ah-Two, Ah-Three », puis de diriger son micro vers la foule pour l'inviter à chanter avec lui. Caray et le public remplaçaient le passage « root for the home team » par « root for the Cubbies » et concluait généralement la chanson par un appel à l'action : Let's get some runs! (« Marquons des points ! »).