Léglise abbatiale Saint-Robert est un édifice catholique qui se dresse sur le territoire de la commune française de La Chaise-Dieu, dans le département de la Haute-Loire en région Auvergne-Rhône-Alpes.

L'église abbatiale est classée aux monuments historiques.

Localisation L'église abbatiale Saint-Robert est située sur le territoire de la commune de La Chaise-Dieu, dans le département français de la Haute-Loire.

Historique L'abbaye de La Chaise-Dieu a été fondée en 1043 par Robert de Turlande, chanoine de Brioude et fils d'un conte d'Aurillac. A sa mort en 1068 l'abbaye comptait 300 moines environ.

En 1342, un ancien moine de la Chaise-Dieu, Pierre Roger de Beaufort devient pape sous le nom de . Dès sa nomination, il décide de faire reconstruire plus vaste et plus belle l'ancienne église romane de ses jeunes années et d'y établir son tombeau. Le , Clément VI annonce sa décision de reconstruire l'abbatiale. Il en est l'unique décideur. Le creusement des nouvelles fondations et le nivellement de la plateforme sont lancés dès 1344, la réalisation du gros œuvre de l'église aux dimensions importantes (75 mètres de long sur 24 mètres de large) est achevée en six ans à peine, le d'après les comptes du chantier. La nouvelle abbatiale est construite autour de l'église romane dont la nef est démolie d'ouest en est en 1347 et le chœur en 1349. l'architecte d'exécution était Hugues Morel, qui venait du Puy, assisté d'un maître-lapicide, Pierre Salciat. Pierre Salciat a remplacé Hugues Morel à la direction du chantier à partir de 1347. L'interlocuteur privilégié du pape est Pierre de Cébazat, maître d'œuvre de la cathédrale de Clermont, sans qu'on sache s'il a été le concepteur de l'abbatiale. Pierre de Cébazat et Pierre Salciat se rendent à Avignon en 1349 pour présenter au pape des dessins de l'abbatiale et de son portail occidental.

Plus grande, plus vaste, cette nouvelle abbatiale réalisée en granit gris du pays est de style gothique. Elle appartient à la période du gothique rayonnant, dont elle incarne une version marquée par une grande austérité. Elle est souvent considérée comme une œuvre du gothique méridional, même si son importance dépasse en réalité largement ce cadre régional.

En 1562, elle subit d'importants dégâts lors du passage de huguenots révoltés.. Au , l'abbé Hyacinthe Serroni y fit construire un orgue, qui fut amélioré au début du ..

L'ensemble a été restauré par Michel Garnier de 1990 à 1995.

Description L'abbatiale est une rares églises françaises à abriter un jubé encore situé son emplacement d'origine. Celui-ci a toutefois été rabaissé d'un peu plus de afin de ne pas isoler accoustiquement l'orgue du reste de l'église. Elle abrite une des danses macabres subsistant en France, peinture murale datée entre 1425 et 1440.

Les voûtes de la nef sont en arc surbaissé. Les collatéraux atteignent la même hauteur que le vaisseau central. L'absence de chapiteau à la naissance des voutes apporte une acoustique particulière à l'ensemble de l'église.

Intérieur de l'abbatiale

La danse macabre Dans le bas-côté gauche du chœur se trouve une peinture murale de la danse macabre réalisée sur trois panneaux. D'une longueur totale de 26 mètres, cette fresque a été faite au probablement au cours ou à la fin d'une épidémie de peste noire. Les personnages représentés sont des religieux ou des laïcs, en alternance desquels figure la mort peinte sous la forme non pas d'un squelette, mais d'un personnage avec la peau sur les os appelé transi.

Chaque panneau est consacré à une catégories de personnages : les puissants , les bourgeois et les gens du peuple tous égaux devant la mort. Sur chacun on trouve de gauche à droite, les personnages suivants:

Premier panneau :

Deuxième panneau :

Troisième panneau :

L'orgue vignette|redresse=1.5|Vue d'ensemble. redresse=1.5|vignette|Détail de la tribune, avec sainte Cécile jouant de l'orgue. L'orgue a la particularité d'être composé de deux buffets construits séparément et de styles différents.

En 1683 ont été réalisés la tribune et le petit buffet considéré à présent comme le buffet du positif. Le sculpteur est Jean Cox (né à Anvers vers 1653 et décédé en 1723 à Nantes), élève de Mathieu van Beveren et reçu maître à Clermont.. La tribune, située au-dessus de l'entrée principale et supportée par quatre atlantes occupe toute la largeur de la nef. Elle ainsi que sa balustrade et le buffet d'orgue de même origine sont richement sculptés. Cet ensemble avait été commandé par Hyacinthe Serroni, qui était abbé commendataire de La Chaise-Dieu. Mais l'orgue n'a pas été terminé.

Les travaux furent repris en 1726 par le facteur Marin Carouge qui installa un nouvel instrument dans un buffet acheté d'occasion et installé derrière le premier et constituant ainsi le Grand-Orgue. Ce buffet est moins travaillé que le premier, et d'un style différent.

Peu utilisé après la Révolution, au cours de laquelle, à tout le moins, les buffets n'ont pas été trop vandalisés, l'instrument se dégrade petit à petit, et différents projets de restauration n'aboutissent pas jusqu'à l'intervention en 1966 de György Cziffra qui fonde le festival de musique de La Chaise-Dieu, permettant la renaissance de l'intérêt pour l'orgue.. Ce dernier est classé au titre objet aux monuments historiques en 1903, pour sa tribune et son buffet, puis en 1970, pour la partie instrumentale.. Il a été restauré une première fois dans les années 1970 et de façon plus aboutie dans les années 1990.

Il possède à présent quarante jeux sur quatre claviers manuels et pédalier à la française, configuration de l'instrument de Marin Carouge, les transmissions sont mécaniques, et le vent assuré par quatre soufflets cunéiformes. L'harmonisation est au La = .

Cet orgue est très adapté à interprétation de la musique française du Grand Siècle, ayant d'ailleurs servi pour de nombreux enregistrements par des organistes de renomYouTube Michel Corrette, La prise de Jéricho par Jean-Luc Perrot..

Composition Positif de dos48 notes Montre 8' Dessus de Flûte 8' Bourdon 8' Prestant 4' Flûte à cheminée 4' Nazard 2 2/3' Doublette 2' Tierce 1 3/5' Larigot 1 1/3' Cornet III Plein-Jeu V Trompette 8' Cromorne 8' Voix humaine 8' Clairon 4' Grand-orgue48 notes Bourdon 16' Montre 8' Bourdon 8' Prestant 4' Flûte à cheminée 4' Grosse Tierce 3 1/5' Nazard 2 2/3' Doublette 2' Quarte 2' Tierce 1 3/5' Cornet V Fourniture IV Cymbale III Trompette 8' Trompette 8' Clairon 4' Récit25 notes Cornet V Trompette 8' Écho32 notes Flûte 8' Prestant 4' Cromorne 8' Cornet III Pédale31 notes Flûte 8' Trompette 12' Clairon 6'

Bâtiments de l'abbaye Les tapisseries flamandes de la Renaissance L'ensemble constitué par les quatorze tapisseries de la Renaissance, exposé au dans le chœur de l'abbatiale, est depuis 2019, et après restauration complète, mis en valeur dans l'ancienne chapelle Notre-Dame du collège, redécouverte et restaurée. Il est composé de deux groupes distincts : d'une part, deux tapisseries de forme carrée figurant l'une la Nativité et l'autre la Résurrection et, d'autre part, douze tentures d'une longueur variable de 6 à 8 mètres de long. Commandées en leur temps par le dernier abbé régulier de la Chaise-Dieu Jacques de Saint-Nectaire (1461-1518), ces tapisseries forment un ensemble remarquable classé Monument historique dès la première liste en 1840Ministère de la Culture.

Initialement destinées à n'être exposées que pour un temps limité lors d'un évènement exceptionnel, ces tapisseries ont été à partir de 1927 accrochées en permanence au dessus des stalles de l'abbatiale. Elles ont alors souffert de l'humidité, de l'exposition à la lumière, de l'empoussièrement et d'un effondrement de la structure des fibres. La commune de la Chaise-Dieu, propriétaire, a donc décidé en 2013 de confier leur restauration aux ateliers Chevalier à Colombes. Un long travail de nettoyage et de restauration a été nécessaire, ainsi qu'un doublage des tapisseries afin qu'elles puissent être à nouveau accrochées. Elles sont de nouveau exposées depuis 2019Drac, 14 tapisseries restaurées, dans l'ancienne chapelle Notre-Dame du collège qui leur est entièrement consacrée. La chapelle a été restaurée et spécialement équipée pour offrir aux tentures les meilleures conditions de conservation, du point de vue de la température, de l'hygrométrie, de la protection contre les poussières et de l'éclairage. Les douze tentures sont présentées à hauteur d'homme, ce qui permet d'en observer tous les détails dans des conditions jamais réunies auparavant. Les deux grandes tapisseries carrées sont présentées dans des conditions comparables dans une autre salle à l'étage supérieur.

Ces tapisseries ont de nombreuses sources iconographiques extraites principalement de la Biblia pauperum (Bible des pauvres). Elles mettent en scène un épisode de la vie du Christ et (ou) de la Vierge. Chaque scène est composée d'un triptyque avec une partie centrale représentant un épisode du Nouveau Testament encadrée par deux autres de l'Ancien Testament. Ce procédé est utilisé pour montrer que l'Ancien Testament annonce la venue du Christ.

Tapisserie 1

Cette tapisserie comporte trois scènes qui sont de gauche à droite : l' Annonciation, la Nativité et l' adoration des rois mages. L' Annonciation : Au centre l' ange Gabriel annonce à la Vierge qu'elle sera bientôt mère de Jésus. À gauche Dieu annonce leur destin respectif à Adam, à Ève et au serpent (). À droite Gédéon est représenté par un chevalier qui a déposé à ses pieds une peau de mouton pour recueillie la rosée ().. La Nativité : le couple Marie et Joseph contemple le nouveau né étendu sur la paille. À gauche Moïse regarde un buisson en train de bruler sans se consumer, signe de l'appel de Dieu(). À droite Moïse donne l'encensoir à Gédéon (). L' adoration des rois mages : Au centre les rois mages dont un est noir, déposent l'or, l'encens et la myrrhe comme offrandes. Ǎ gauche trois guerriers offrent de l'eau de Bethléem à David(). À droite la Reine de Saba offre de somptueux présents à Salomon ()

Tapisserie 2

Cette tapisserie présente trois scènes qui sont : la Fuite en Égypte, le Massacre des Innocents et le Baptême du Christ. La fuite en Égypte : Au centre la Vierge Marie est représentée tenant son enfant dans les bras et assise sur un âne dont Joseph tient la bride. À gauche de cette représentation, David est figuré en train de s'échapper de ses poursuivants en sautant d'une fenêtre grâce à l'aide de Mikal (). À droite la statue de Dagon est représentée tombée de son piédestal devant l'arche de Yaveh (). Le Massacre des Innocents : Au centre des soldats tuent des enfants sur l'ordre d'Hérode figuré en haut et à gauche de scène, car ce roi craiant l'avènement d'un roi des Juifs. À gauche quatre vingt cinq prêtres sont massacrés à Nob sur ordre de Saül (). À droite Athalie fait tuer toute le descendance royale (). Le Baptême du Christ : Au centre le Christ est baptisé par Saint Jean Baptiste. À gauche Moïse franchit la mer rouge (). À droite Naaman, atteint de la lèpre, se baigne dans le jourdain pour retrouver la santé ().

Tapisserie 3

Cette tapisserie présente trois scènes qui sont : La Tentation du Christ au désert, la Résurrection de Lazare et L' Entrée de Jésus à Jérusalem. La tentation du Christ : Le diable est représenté sous la forme d'un personnage avec des cornes semblables à celles d'un bélier. Avec ses mains en forme de griffes il tend à Jésus un caillou pour le changer en pain afin de stopper son jeûne. Le Christ répond : . Le Christ sort victorieux de ce face à face, contrairement aux deux autres scènes de l'Ancien Testament placées de part et d'autre de celle-ci et qui sont ; à gauche Adam et Ève qui succombent à la tentation () et à droite Ésaü qui cède son droit d'ainesse pour un plat de lentilles().