Le est le premier des quatre croiseurs lourds de de la classe Myōkō construits au titre du Nouveau Programme de Renforcement de 1923, à avoir été mis en service par la Marine impériale japonaise. Il a été commandé à l'Arsenal de Kure et construit de 1924 à 1928. Modernisé en 1936 et en 1940, il a pris une part active, de 1937 à 1944, aux opérations navales de la Marine impériale japonaise, pendant la seconde guerre sino-japonaise, puis pendant la guerre du Pacifique. Il a été coulé par l'aviation embarquée américaine en baie de Manille, le .

Contexte et caractéristiques vignette|Le croiseur Nachi en 1929 Le Nachi a été construit à l'Arsenal de Kure, mis sur cale le , lancé le , soit respectivement un an et deux mois après le et admis au service actif, le , soit sept mois avant le , afin de le faire participer, avec les quatre croiseurs des classes Furutaka et Aoba à la revue navale à l'occasion du couronnement de l'empereur Hirohito.

Les quatre croiseurs construits de 1922 à 1927, sur les plans du contre-amiral Hiraga (les classes Furutaka et Aoba), étaient armés, de six canons de 200 mmNavweaps Japan 7.9" , et quatre pièces simples de 120 mmNavweaps Japan 4.7"/45 10ns, ils portaient un blindage de ceinture de 75 mm, et filaient 34,5 nœuds, pour un déplacement de . La décision a été prise ensuite de construire des bâtiments plus puissants, mieux protégés, utilisant pleinement la possibilité offerte d'un déplacement maximum de anglaises de , selon les stipulations du traité de Washington de 1922.

Les quatre croiseurs qui ont alors été construits, la classe Myōkō, également conçus par Yuzuru Hiraga, promu vice-amiral en 1925, se sont différenciés des bâtiments précédents, principalement par une longueur accrue d'environ 18 mètres, ce qui a permis d'accroître l'artillerie principale de six à dix canons, avec deux tourelles doubles superposées à l'avant, une troisième tourelle double ne tirant qu'en abord devant le bloc passerelle, et deux tourelles doubles superposées à l'arrière. Leur artillerie secondaire de 120 mm a été constituée de six pièces simples, soit un renforcement de 50 % par rapport à la classe Aoba, le blindage de ceinture porté de 75 mm à 100 mm, et la propulsion développant une puissance de assurait une vitesse maximale de 35½ nœuds. Le déplacement “standard” censé respecter la limite maximum de était en réalité de .

Le Nachi reçut comme ses sister-ships une première modernisation en 1936, qui a consisté à remplacer les canons de 200 mm 1 GÔ (Mark I)par des canons de 203 mm 2 GÔ (Mark II)Navweaps Japon 8"/50 , et à remplacer, pour l'artillerie secondaire, les six pièces simples de 120mm, par quatre affûts doubles de 127mm type 89 Navweaps Japan 5"/40 t89. La Défense Contre Avions a été renforcée par quatre affûts doubles de canons antiaériens de 25 mm Type 96, sous licence Hotchkiss. Les 12 tubes lance-torpilles fixes de 610 mm, en deux groupes de 3, de chaque bord dans la coque à hauteur du pont principal, ont été remplacés par deux plates-formes quadruples orientables installées sur le pont supérieur. Ces modifications ont conduit à un accroissement du déplacement qui a atteint mais à une période où l'empire du Japon n'était plus lié par les limites maximales de déplacement stipulées par le traité de Washington. Le maitre-bau ayant été porté à et le tirant d'eau à , la vitesse maximale en est trouvée réduite à 33¾ nœuds.

Une seconde refonte en 1940 a conduit à ajouter deux nouvelles plates-formes lance-torpilles quadruples, et à accroitre la Défense Contre Avions de quatre affûts triples et deux affûts doubles de 25 mm type 96.

Service Après la revue navale du , le Nachi retourne à l'arsenal de Kure pour une mise au point définitive. Il rejoint la flotte en . En 1932, la de croiseurs contribue au transport de troupes japonaises, à la suite de l'incident du 28 janvier 1932, à Shanghaï.

Les quatre croiseurs de la classe Myōkō constituent à l'origine la de croiseurs. À l'entrée en service des croiseurs de la classe Takao, la est reclassée .

Avant la guerre du Pacifique

En , pendant la seconde guerre sino-japonaise, les quatre croiseurs de la classe Myōkō et le ont pris part à un débarquement dans l'archipel de Zhoushan, à proximité de Shanghai. En , le Myōkō a participé à l'assaut amphibie - contre IJN Nachi - Site Flotte Combinée.

En mer de Java

Le contre-amiral Takagi nommé, le , commandant de la Division de Croiseurs, transfère sa marque sur le Myōkō, lorsque lAshigara est détaché comme navire-amiral de la Flotte, et ira participer à l'invasion du nord des Philippines. Les trois autres croiseurs de la Division ont pris part aux attaques au sud des Philippines (débarquements de Legaspi, le , Davao, le 19 et et Jolo, le ). Devenu le navire amiral de la Division de Croiseurs après que le Myōkō a été endommagé, début janvier, par un bombardement aérien américain devant Davao, le Nachi participe, en janvier et , avec le , à la couverture des débarquements dans les Célèbes, Ambon et Timor.

Pour l'attaque japonaise des Indes orientales néerlandaises, une bataille décisive contre les forces navales du Commandement Américain-Britannique-Hollandais et Australien, connu par son acronyme en langue anglaise ABDACOM, a eu lieu le 27-, dans la mer de Java. L'escadre du contre-amiral néerlandais Doorman, qui comptait alors deux croiseurs légers néerlandais ( et HNLMS Java), et avait reçu le renfort des croiseurs lourds et , a affronté les navires des , , et Divisions de Croiseurs japonais, c'est-à-dire des croiseurs lourds des classes Takao, Myōkō et Mogami. Tous ces navires étaient mieux armés, avec 10 canons de que les croiseurs lourds alliés qui ne pouvaient alors en aligner que six chacun. Dans l'après-midi du , le a été touché, et incendié, par le Nachi. Protégé par deux destroyers, dont l'un a été coulé, le petit croiseur lourd britannique a subi l'attaque de croiseurs légers mais a réussi à rejoindre Surabaya. Plus tard dans la nuit, les deux croiseurs néerlandais restants, ont été torpillés et coulés, avec plus de 800 morts, à quelques minutes d'intervalle, le HNLMS Java par le Nachi, et le HNLMS De Ruyter par le Haguro. Le lendemain, , les deux croiseurs japonais repèrent le HMS Exeter qui sera coulé avec son escorte, dans la deuxième bataille de la mer de Java par les deux autres croiseurs de la Division.

Début mars, le contre-amiral Takagi remet sa marque sur le Myōkō, le Nachi étant détaché comme navire amiral des forces navales opérant dans le Pacifique nord.

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Dans le Pacifique nord

Fin avril, à Ōminato, le vice-amiral Boshirō Hosogaya, Commandant-en-Chef de la Flotte, met sa marque sur le Nachi. En même temps que se déroulait, au début de , l'attaque contre l'île de Midway, une puissante force navale était lancée dans le Pacifique Nord, contre les îles Aléoutiennes. La Flotte du vice-amiral Hosogaya avec trois croiseurs lourds Nachi, Maya et Takao, et la de porte-avions (Ryūjō et Jun'yō ) du contre-amiral Kakuta. Ils constituaient le Groupe d'attaque des îles Aléoutiennes, pour débarquer sur les îles Kiska et Attu, qui devaient être occupées par une Force d'occupation des îles Aléoutiennes, comprenant trois croiseurs légers aux ordres du contre-amiral Ōmori. La Division de Cuirassés, les , Hyuga, et et deux croiseurs légers, constituaient le Groupe de soutien du Pacifique Nord, aux ordres du vice-amiral TakasuCe fut la seule attaque lancée par les Japonais contre un territoire des États-Unis, sur le continent américain. Cette opération n'était sans doute pas seulement une opération de diversion, comme on la présente parfois, mais elle correspondait à un souci stratégique d'assurer la sûreté du flanc nord du dispositif japonais dans l'Océan Pacifique. Sur un plan tactique, elle a représenté une dispersion du dispositif japonais qui avait besoin d'une concentration maximale dans le Pacifique central.

Le , donc la veille de l'affrontement décisif de Midway, les porte-avions du contre-amiral Kakuta ont bombardé Dutch Harbor sur l'île d'Unalaska, dans la partie orientale de îles Aléoutiennes, et ont réitéré le Ils ont ensuite été rappelés, l'amiral Yamamoto voulant encore croire à la poursuite de l'attaque de Midway. À l'extrémité occidentale de l'arc aléoutien, les forces du vice-amiral Hosogaya ont débarqué sur les îles de Kiska, le , et d'Attu, le 7 et les ont occupées. Les Américains ont construit, dès l'été 1942, un aérodrome, sur l'ile d'Adak, à partir duquel ils ont pu bombarder Kiska et Attu, et de son côté, la japonaise a organisé, dans les conditions climatiques polaires de la fin de l'hiver 1942-43, des convois de soutien des garnisons dans ces deux îles. vignette|gauche|L'), en difficultés, pendant la bataille des îles du Commandeur, le 26/27 mars 1943. vignette|L croiseur léger ancien USS Richmond, en 1944 Ainsi, le (date du fuseau horaire d'Honolulu) ou le 27 (heure locale), une force composée des croiseurs lourds Nachi et , de deux croiseurs légers, et quatre destroyers, aux ordres du vice-amiral Hosogaya, escortait deux navires de transport rapides destinés à l'île de Kiska. Dans les parages des îles du Commandeur, en mer de Béring, à l'est de la péninsule du Kamtchatka, elle a rencontré le Task Group 16.6 commandé par le contre-amiral McMorris, composé d'un croiseur lourd (l'), d'un croiseur léger (l'), navire amiral, et de quatre destroyers. Le vice-amiral Hosogaya a cherché à protéger ses navires de transport. S'ensuivit un combat d'artillerie de quatre heures, où les croiseurs lourds des deux camps ont été endommagés. Le vice-amiral Hosogaya, ne réalisant pas les dégâts sévères que ses navires avaient infligé à l' et craignant qu'un soutien aérien américain ne soit en route, choisit de se retirer ce qui a conduit à une défaite stratégique des Japonais qui abandonnèrent le réapprovisionnement de leurs garnisons aléoutiennes par bateaux et ne le firent ensuite après que par sous-marins. Le , le vice-amiral Hosogaya est relevé de son commandement.

En , les Américains entreprennent la reconquête d'Attu, elle est effective après un mois de durs combats dans des conditions climatiques difficiles. Le haut-commandement japonais décide d'évacuer Kiska, ce qui est mené à bien sans combats en juin.

En , le vice-amiral Shima est nommé à la tête de la Flotte, à laquelle lAshigara est affecté en renfort.

Dans le détroit de Surigao Après la défaite de la bataille des Îles Mariannes, il est prévu, dans le cadre du Plan Sho-Gô, pour la défense des Philippines, que la Flotte constitue une Force d'Attaque de Diversion , avec deux croiseurs lourds, les Nachi et Ashigara et leur escorte, et la Division de Porte-Avions, c'est-à-dire les cuirassés hybrides de porte-avions de la , pour opérer avec les porte-avions de la “Force A” du “Corps Principal” aux ordres du vice-amiral Ozawa. Mais la faiblesse du nombre des pilotes expérimentés de l'aviation embarquée japonaise va conduire à confier à l'aviation basée à terre la couverture aérienne des forces à la mer, et réduire les porte-avions à un rôle de leurre, pour attirer les porte-avions rapides américains, et faciliter l'approche des cuirassés qui auront la charge de l'attaque des forces amphibies américaines. D'ultimes ajustements en résultèrent : les deux cuirassés hybrides, Ise et Hyuga, mais sur lesquels il n'y eut aucun avion embarqué, sont finalement restés attachés à l'escadre du vice-amiral Ozawa, le vice-amiral Shima recevant l'ordre d'opérer en coordination avec le vice-amiral Kurita, en entrant dans le golfe de Leyte par le détroit de Surigao. Mais pour autant, il n'a pas pu se coordonner avec les forces que le vice-amiral Kurita a engagées également dans le détroit de Surigao, aux ordres du vice-amiral Nishimura, les dernières dispositions ayant été fixées après que les deux escadres eurent quitté leurs bases respectives. vignette|Le Nachi se brise sous les bombes, en baie de Manille, le 5 novembre 1944