Artigues-près-Bordeaux est une commune du Sud-Ouest de la France, située dans le département de la Gironde, en région Nouvelle-Aquitaine. Comme l'indique son nom, elle est située près de Bordeaux dont elle est une des banlieues à forte dominante pavillonnaire.
Géographie Localisation
Artigues-près-Bordeaux (la dénomination définitive date seulement de 1926) est une commune de l'Entre-deux-Mers située dans l'aire d'attraction de Bordeaux et dans son unité urbaine. Intégrée à la Communauté urbaine de Bordeaux (CUB) depuis le milieu des années 1960, elle a bénéficié de l’étalement urbain qui s'est accéléré à partir des années 1970 ainsi que de l’implantation d’activités économiques. Aujourd’hui, avec la raréfaction des terrains à bâtir, vient le temps de la construction d’une identité et d’un territoire.
Communes limitrophes
Géologie et relief
Hydrographie Trois ruisseaux convergent pour former le Gua dans la zone de contact entre Artigues-près-Bordeaux et Lormont. Des trois émissaires, le Desclaux est le plus important parce que, déjà alimenté par le ruissellement des eaux dans la commune de Tresses où les terrains bâtis occupent une superficie de plus en plus grande, il est renforcé par le Fontaudin. Des retenues ont été réalisées le long du Desclaux pour éviter des inondations dans la traversée d’Artigues-près-Bordeaux ainsi que dans les communes concernées par le Gua avant sa jonction avec la Garonne. Du fait de la proximité de la Garonne, ces ruisseaux ont légèrement surcreusé le plateau donnant un modelé contrasté.
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique. et est dans la région climatique Aquitaine, Gascogne, caractérisée par une pluviométrie abondante au printemps, modérée en automne, un faible ensoleillement au printemps, un été chaud (), des vents faibles, des brouillards fréquents en automne et en hiver et des orages fréquents en été (15 à ).. Elle est en outre dans la zone H2c au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Villenave-d'Ornon à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... .
Urbanisme Typologie Au , Artigues-près-Bordeaux est catégorisée grand centre urbain, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de BordeauxUne unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie., une agglomération intra-départementale regroupant , dont elle est une commune de la banlieueDans une agglomération multicommunale, une commune est dite de banlieue lorsqu'elle n'est pas ville-centre, à savoir que sa population est inférieure à 50 % de la population de l’agglomération ou de la commune la plus peuplée. Dans le cas de l'unité urbaine de Bordeaux, il y a une ville-centre et ... Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Bordeaux, dont elle est une commune du pôle principalLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de ou plus (hors Paris)...
Occupation des sols vignette|redresse=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC). L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires artificialisés (82,2 % en 2018), en augmentation par rapport à 1990 (60,7 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones urbanisées (57,5 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (19,1 %), zones agricoles hétérogènes (8,8 %), forêts (6,5 %), espaces verts artificialisés, non agricoles (5,7 %), cultures permanentes (2,5 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)..
Les fondements du paysage urbain actuel
Les terres ont été gagnées lors des grands défrichements, d’où l’origine du nom : de l'occitan artigar signifiant « défricher ». Sur des propriétés ecclésiastiques dans un premier temps, s’installèrent au cours du et du des familles nobles qui constituèrent d’importants domaines. Ces biens furent ensuite repris par la bourgeoisie au cours du et du début du . Le château Sénailhac faisait 140 ha (plus de la moitié sur la commune de Tresses), le château Bétailhe 110 ha, le domaine La Barrière 100 ha (une partie sur la commune d’Yvrac. Trois autres propriétés faisaient chacune une cinquantaine d’hectares et six atteignaient une trentaine d’hectares chacune. Au total, les dix premiers domaines occupaient environ 500 ha, soit la majeure partie de la superficie communale. Cette structure foncière est un élément fondamental pour comprendre l’occupation de l’espace à Artigues-près-Bordeaux. Entre 1970 et 1980, ces domaines se lotissent en raison des partages au moment des successions, de la faible rentabilité des terres viticoles et herbagères, de la pression des promoteurs, de la forte demande des habitants de l’agglomération et d’un certain laisser-faire, faute d’une vision à long terme, des municipalités de l’époque.
L’appartenance à la CUB s’est traduite par l’implantation à Artigues-près-Bordeaux de quelques grands équipements très structurants utiles aux communes proches, surtout Cenon, et à l’ensemble de l’agglomération. Le schéma directeur de la CUB prévoyait la création de zones industrielles (ZI) à proximité du passage de la rocade qui devait ceinturer complètement l’agglomération. Sur la rive droite une seule ZI avait été prévue et faute de place sur Cenon, elle fut installée à Artigues-près-Bordeaux. Placée légèrement en arrière de la future rocade, bordée par le ruisseau Fontaudin, elle comptait une trentaine lots. Touchant cette ZI, sur la propriété de la Blancherie dont elle garde le nom, a été ouverte une plateforme d’activités sportives, comprenant une des rares piscines de la rive droite. Pour les mêmes raisons, faute d’espace sur Cenon, il avait été jugé préférable de construire cet équipement sur les terrains disponibles sur la commune voisine. Plus tardivement, la CUB à la recherche de nouveaux espaces pour des nécropoles, choisit d’ouvrir un parc cimetière intercommunal, en bordure de la RN 89, prenant ainsi possession d’une part importante du domaine Barrière. Enfin, c’est la CUB qui a acheté la propriété de La Prairie (30 ha) en plein cœur de la commune et l’a rétrocédé à la ville, laquelle y a installé la mairie.
Le réseau routier qui dessert Artigues-près-Bordeaux est également très contraignant. Jusqu’aux années 1990, la commune a été concernée par deux grandes artères conduisant au centre de Bordeaux : la RN 89 principalement et la RD 936. L’intensification de la circulation sur la RN 89 a nécessité de remodeler son tracé. Alors que le Poteau d’Yvrac constituait traditionnellement une étape dans les flux, désormais il est à l’écart de la deux fois deux voies qui relie Bordeaux à Libourne. Toute l’implantation des activités en a été modifiée. C’est cependant l’ouverture de la rocade de la rive droite qui imprime son influence sur les déplacements dans la commune. La rocade était inscrite dans le schéma directeur de l’agglomération dès les années 1960, mais la portion de la rive droite n’a vu le jour que dans le courant des années 1990. Le tracé emprunte le lit d’un affluent du Gua, ce qui fait que la rocade est invisible pour les riverains de la commune car elle se place en moyenne plus bas. Trois échangeurs constituent autant d’ouverture sur le territoire communal : les deux plus importants correspondent à l’intersection avec la RD 936 et la RN 89, un troisième placé entre eux dessert la zone industrielle mais facilite aussi les relations entre Cenon et Artigues-près-Bordeaux.
Organisation et cohérence territoriale
vignette|La commune d'Artigues-près-Bordeaux. vignette|L'organisation de l'espace dans la commune d'Artigues-près-Bordeaux. Ni la structure foncière antérieure, ni l’appartenance à la Communauté urbaine de Bordeaux, ni les stratégies municipales récentes n’ont permis de donner à la commune d’Artigues-près-Bordeaux une véritable identité et il est aujourd’hui très difficile de reconstruire une cohérence territoriale tant les héritages sont prégnants.
Cette cohésion territoriale n’est pas plus évidente quand on observe la situation dans le cadre de la CUB à laquelle appartient Artigues-près-Bordeaux. C’est une évidence que les routes les plus importantes constituent autant de « frontières » qui marquent l’espace communal. Si la rocade de la rive droite et ses échangeurs facilitent l’ouverture d’Artigues-près-Bordeaux sur l’agglomération et facilite l’installation des nouvelles activités, elle constitue également un fossé entre Artigues-près-Bordeaux et les communes voisines de Cenon et Lormont. Le terme de fossé recouvrant aussi bien la réalité physique que l’effet de barrière joué par la circulation intense sur cette artère majeure. De même, la voie rapide à deux fois deux voies entre Bordeaux et Libourne coupe le territoire d’Artigues-près-Bordeaux, une partie de la commune n’étant joignable qu’en seulement deux passages. Aussi, le lotissement sur l’ancien domaine du château de Lestrille semble dans la continuité de l’urbanisation de Lormont, tandis que de l’autre côté du parc cimetière l’habitat pavillonnaire apparaît dans la continuité de l’urbanisation d’Yvrac. Dans le cas des autres voies routières traversant la commune, empruntées par les habitants des communes de l’intérieur de l’Entre-deux-Mers, des travaux récents ont réussi à entraver la circulation et à leur donner les attributs d’une rue en milieu urbain.
Les zones d’activités, qui demeurent une chance pour Artigues-près-Bordeaux, participent, elles aussi, au fractionnement du territoire communal et les flux de circulation qu’elles induisent compliquent les déplacements des habitants et rejettent l’urbanisation pavillonnaire vers l’intérieur du plateau de l’Entre-deux-mers, au contact de la commune de Tresses.