L’église Saint-Crépin-et-Saint-Crépinien est une église catholique paroissiale située à Saint-Crépin-Ibouvillers, dans le département de l'Oise, en France. Cette église de plan cruciforme se singularise par sa flèche de pierre octogonale du milieu du , d'une facture lourde et d'une composition singulière, avec un décor librement inspiré de la Renaissance et quelques réminiscences du style gothique flamboyant. À l'intérieur, le chœur et les croisillons du transept sont surtout remarquables pour leurs voûtes d'ogives sexpartites et l'agencement inhabituel des supports, qui conservent en partie leur polychromie ancienne. La construction s'est vraisemblablement échelonnée entre la fin du et le milieu du , et s'est donc achevée en pleine période gothique rayonnant, quand il fut jugé nécessaire de remanier le portail, la fenêtre nord du transept et puis la baie occidentale de la nef dans le nouveau style. La nef a été si profondément remaniée qu'elle ne garde plus aucun caractéristique d'origine. Ses voûtes ont été réalisées après coup au , et des bas-côtés ont été ajoutés, dont l'un a été démoli à une époque inconnue, puis reconstitué vers 1850. Dans les bas-côtés, l'on remarque les voûtes d'arêtes garnies de fausses ogives en bois. L'église Saint-Crépin-et-Saint-Crépinien est classée au titre des monuments historiques par arrêté du ., et a bénéficié de plusieurs campagnes de restauration à partir de la fin des années 1980, si bien qu'elle se présente aujourd'hui dans un excellent état de conservation. Elle est affiliée à la paroisse Saint-Martin de Méru-lès-Sablons avec siège à Méru depuis le .

Localisation thumb|left|L'église et le centre culturel.

L'église Saint-Crépin-et-Saint-Crépinien est située en France, en région Hauts-de-France, dans le département de l'Oise et dans le Vexin français, dans la commune de Saint-Crépin-Ibouvillers, place de l’Église. Cette grande place engazonnée et bordée d'arbres est comprise entre la RD 129 (rue du Général de Gaulle), qui constitue l'axe principal du village, et suit une ligne est-ouest, et la RD 619, qui lui est perpendiculaire, et relie la commune à Ivry-le-Temple. La première route délimite la place au nord ; la deuxième à l'ouest ; et l'église se trouve à l'angle sud-est de la place. On y accède par une impasse depuis la RD 619. Ainsi, l'église est bien dégagée du côté nord et du côté de la façade occidentale, et bien visible. En revanche, l'élévation sud de la nef donne presque immédiatement sur le vaste terrain du centre culturel Philippe de l'Isle, qui est implanté dans l'ancien prieuré, et le croisillon sud ainsi que le chœur sont enclavés dans ce domaine. Bien que propriété de la commune, il est fermé au public en dehors des manifestations culturelles et fêtes familiales organisées dans ses salles, y compris son parc et son parking (chemin du Tour de Ville).

Histoire L'histoire de la paroisse thumb|upright|left|Bas-relief sur la chaire à prêcher - saint Crépin ou saint Crépinien.

La date de fondation de la paroisse n'est pas connue. Son église est placée sous le vocable des saints Crépin et Crépinien. De nombreuses représentation d'eux agrémentent le décor. Saints patrons des cordonniers, l'un porte une chaussure, l'autre un marteau. Sous l'Ancien Régime, Saint-Crépin-Ybouvillers relève du doyenné de Chaumont-en-Vexin, de l'archidiaconé du Vexin français avec siège à Pontoise, et de l'archidiocèse de Rouen. Le collateur de la cure est l'abbaye de Ressons, qui fonde à Saint-Crépin-Ibouvillers un petit prieuré. Sous les derniers siècles de l'Ancien Régime, l'effectif du prieuré se limite au prieur, qui remplit en même temps le ministère du curé. : c'est l'un des nombreux prieuré-cures ruraux du Vexin. La Révolution française impose des diocèses correspondant aux territoires des départements, et Saint-Crépin-Ibouvillers est ainsi rattaché au diocèse de Beauvais. Jusqu'à la fin du , le village demeure une paroisse indépendante, et forme un secteur paroissial avec , Montherlant, Pouilly et Senots. Dans le cadre de la définition de quarante-cinq nouvelles paroisses à l'échelle du diocèse en 1996, motivée par le manque de prêtres, s'effectue le rattachement à la paroisse de Chaumont-en-Vexin, et le presbytère au sud du portail de l'église est désormais vacant. Il est encore utilisé comme salle paroissiale pendant un certain temps, mais n'est actuellement plus entretenu. Au début de l'année 2015, les trois paroisses de Vexin-Nord, Chaumont-en-Vexin et Vexin-Sud fusionnent pour former la nouvelle paroisse Saint-François-d'Assise du Vexin, qui s'étend sur quarante-huit communes... Deux messes dominicales par mois sont proposées sur le secteur Vexin-Est analogue à l'ancienne paroisse de Saint-Crépin-Ibouvillers, avec une interruption pendant les vacances scolaires d'été, jusqu'en 2018. Puis la suppression du poste du vicaire dans la paroisse de Chaumont donne prétexte à l'arrêt des messes dominicales. Restent encore des célébrations particulières occasionnelles. Du fait de la proximité géographique d'avec la ville de Méru, et puisque les habitants fréquentent déjà son église, Saint-Crépin-Ibouvillers et Montherlant sont enfin rattachés à la paroisse Saint-Martin de Méru-lès-Sablons au ..

Les campagnes de construction thumb|upright|Bas-relief sur le banc d'œuvre - saint Crépin ou saint Crépinien.

La construction de l'église commence à la fin du par le chevet, dont les baies en arc à peine brisé ressentent encore l'influence romane, mais dont la voûte en tiers-point et les chapiteaux sont indéniablement gothiques. L'atelier qui construit le chœur et le transept est de toute évidence le même qui édifie le chœur de l'église voisine de Méru, car les deux églises possèdent un chœur identique, sauf que les supports dans les angles et au droit des murs latéraux sont inversés. Les croisillons sont de la même conception que le chœur, et surtout le croisillon nord n'en diffère guère, sauf par le profil des nervures de la voûte, abstraction faite des remaniements ultérieurs. Par ses chapiteaux, dont les feuilles se terminent en fleurons épanouis, comme dans le cloître de l'abbaye de Royaumont, le croisillon sud trahit son appartenance à la période gothique rayonnante du second quart du , et c'est sans doute cette travée des parties orientales qui est bâtie en dernier lieu. L'on peut facilement constater la ressemblance des chapiteaux du croisillon nord et du portail occidental de la nef, qui est donc refait à la même époque. Les lancettes simples aux extrémités nord et sud du transept sont refaites sont remplacées par des fenêtres plus grandes au remplage rayonnant. Plus tard, pas avant le dernier quart du , la grande rosace qui ajoure initialement les parties hautes de la façade est remplacée par une fenêtre au remplage rayonnant tardif, d'un style légèrement plus avancé. L'on peut supposer des contacts avec le chantier de la prestigieuse église Notre-Dame de Chambly, qui date des années 1260-1280, et représente l'édifice rayonnant majeur le plus proche. Sous la guerre de Cent Ans, le clocher est vraisemblablement endommagé. À l'intérieur, Louis Graves a relevé l'inscription . Lors de la dernière restauration en 2015, il s'est avéré que la date est en réalité 1541Renseignement communiqué par la mairie.. En parfaite cohérence avec cette date, l'étage de beffroi et la flèche indiquent la transition du style gothique flamboyant vers la Renaissance, peu avant le milieu du . En attendant, la nef est voûtée d'ogives, et munie de deux bas-côtés. Celui du sud disparaît à une époque inconnue, car lors de son passage vers 1835, Louis Graves constate son absence. Selon A. Dubois, les deux bas-côtés dateraient de 1850, ce qui permet deux hypothèses. Soit le bas-côté sud est alors reconstitué selon le modèle fourni par son pendant au nord, soit le bas-côté nord est démoli, et deux nouveaux bas-côtés identiques sont édifiés....

La restauration de l'édifice thumb|upright|Détail du clocher.

Depuis la fin des années 1980, l'église Saint-Crépin-et-Saint-Crépinien a été restaurée en plusieurs campagnes, d'abord sous la maîtrise d'ouvrage de la commune, puis à partir de 2004 sous la responsabilité de la communauté de communes des Sablons. Dans un premier temps, la charpente de la nef et la couverture ont été reprises, les voûtes des bas-côtés ont été restaurées, et les vitraux ont été réparés et munis de protections grillagées. Mais le mauvais état de la toiture et la remontée des eaux dans les murs par la capillarité avaient occasionné, au fil des années, des dégâts à l'intérieur de l'édifice. Le sol s'était affaissé par endroits, les parties basses des boiseries s'étaient abîmées, et les pourtours des fenêtres et du petit portail latéral à la fin du bas-côté nord s'étaient dégradés. Une seconde campagne de restauration est donc lancée en 2004, et porte d'abord sur la couverture du croisillon nord du transept, puis sur tout l'intérieur de l'édifice. Il est entièrement refait, y compris la sacristie. Dans ce cadre, la chaire, les bancs, les autres menuiseries, le décor et les vitraux bénéficient également d'une restauration. Enfin, l'installation électrique est remplacée et mise aux normes, et le chauffage par le sol est installé. Ces travaux de grande envergure s'achèvent en 2006, et coûtent la somme de hors taxes. Plus récemment, une troisième campagne de restauration se consacre au clocher et sa flèche Renaissance et aux élévations extérieures..

Description Aperçu général thumb|Plan de l'église.

Régulièrement orientée, l'église répond à un plan cruciforme symétrique, hormis la tourelle d'escalier à l'angle nord-ouest du transept. Elle se compose d'une nef de trois travées accompagnée de deux bas-côtés ; d'un transept largement débordant ; et d'un chœur d'une seule travée se terminant par un chevet plat. La croisée du transept est en même temps la base du clocher. La sacristie occupe l'angle entre croisillon sud et chœur. Une petite sacristie existe également dans l'angle entre croisillon sud et bas-côté sud. L'ensemble de l'église ne comporte qu'un unique niveau d'élévation, mais les bas-côtés sont toutefois un peu moins élevés que la nef. Les bas-côtés sont voûtés d'arêtes, avec des fausses ogives en bois encastrées dans les voûtains. Tout le reste de l'église est voûté d'ogives. Les croisillons et le chœur sont munis de voûtes sexpartites (avec six branches d'ogives). L'on entre dans l'église par le portail occidental de la nef, ou par une petite porte à la fin du bas-côté nord. La nef, les croisillons et le chœur sont munis de toitures à deux rampants, et l'église présente donc un pignon vers chaque point cardinal. Les bas-côtés, qui paraissent compter une demi-travée supplémentaire à l'est en regardant depuis l'extérieur, sont pourvus de toits en bâtière individuelles à chaque travée. La flèche de pierre octogonale du clocher est couronnée d'un lanternon..

Intérieur Nef et bas-côtés thumb|upright|Nef, vue vers l'est. thumb|upright|Nef, vue vers l'ouest.