L'église Sainte-Geneviève est une église catholique paroissiale située à Puiseux-en-France, dans le Val-d'Oise, en France. Mentionnée pour la première fois en 1119, elle a été reconstruite plusieurs fois. L'édifice actuel est d'un style gothique rustique, ne permettant pas une datation précise. Son plan est rectangulaire, à trois vaisseaux, et mesure cinq travées de longueur. Les trois premières travées correspondent à la nef et ses bas-côtés, et sont simplement plafonnées de bois. La première travée du bas-côté nord est la base du clocher, et sert de porche. Les deux dernières travées correspondent au sanctuaire et ses deux chapelles latérales, et ont été voûtées d'ogives à la Renaissance. Cependant, on trouve un chapiteau gothique flamboyant à l'entrée du chœur, à droite, et des chapiteaux Renaissance n'existent qu'au début de la nef, au sud, et dans la chapelle latérale nord, dédiée à Sainte-Geneviève. La chapelle latérale sud, dédiée à la Vierge Marie, a été reprise à la période moderne, de même que toutes les fenêtres du côté sud et l'unique baie occidentale. Mais les différences stylistiques ne sautent pas aux yeux, et l'église Sainte-Geneviève apparaît, à l'intérieur, comme un édifice homogène assez harmonieux. L'extérieur est en revanche plutôt fruste. On note seulement le curieux clocher, dont la base est flanquée de deux tourelles coiffées en poivrière, et dont la partie haute, d'un diamètre moins important, est désaxée vers l'ouest par rapport à sa base. Malgré son faible intérêt architectural, l'église Sainte-Geneviève a été inscrite aux monuments historiques par arrêté du ., et est aujourd'hui affiliée au groupement paroissial de Louvres. Cependant, elle n'est plus utilisée pour les célébrations régulières, et n'accueille des messes que très sporadiquement. Les messes dominicales anticipées ont lieu deux fois par mois dans la chapelle Sainte-Thérèse, dans la nouvelle agglomération, près de la gare de Louvres.

Localisation thumb|left|Vue depuis le nord-est.

L'église Sainte-Geneviève est située en France, en région Île-de-France et dans le département du Val-d'Oise, en pays de France, sur la commune de Puiseux-en-France, au vieux village, qui forme une petite agglomération bien distincte éloignée d'un kilomètre et demi des nouveaux quartiers, près de la gare de Louvres. L'église est bâtie en retrait par rapport à la rue principale du village, la rue Lucien Girard Boisseau (RD 9z), au nord d'une petite place, et à gauche de l'ancienne mairie-école, qui servait jadis de presbytère. L'élévation septentrionale de l'église est la seule à donner sur la voie publique, à l'exclusion de la dernière travée. La façade occidentale donne sur la cour derrière l'ancienne mairie-école, devenu jardin privé. L'élévation méridionale est enclavée dans une vaste propriété bourgeoise. Un hangar agricole est mitoyen du chevet. Ainsi, l'église est aux trois quarts soustraite à la vue, et l'on ne peut pas en faire le tour.

Histoire L'histoire de la paroisse thumb|left|Façade occidentale et colombier. thumb|left|Vue depuis le nord.

L'église de Puiseux est citée pour la première fois en 1119, dans la bulle papale par laquelle Calixte II confirme les biens du prieuré Saint-Martin-des-Champs à Paris, parmi lesquels se trouvent quelques terres et labourages à Puiseux. Par une charte datée de 1361, l'abbé de Saint-Lucien de Beauvais procède à un échange de quelques biens situés à Puiseux avec le prieur de Saint-Martin-des-Champs, et mentionne l'église Saint-Lucien de Puiseux. On ne saura dire s'il s'agit d'une erreur (possible confusion avec l'église Saint-Lucien de Méru) ou si l'église a changé de vocable. Depuis sa dédicace célébrée en 1578 par Henri le Meignen, évêque de Digne, natif de la commune pas très éloignée d'Oissery, elle est connue comme l'église Sainte-Geneviève. La fête patronale est fixée pour le jour de l'Invention de la Sainte Croix, soit le . Sous l'Ancien Régime, la paroisse relève du doyenné de Montmorency, de l'archidiaconé de Paris et de l'archidiocèse de Paris. Le collateur de la cure est l'archevêque de Paris..

Sous la Révolution française, le diocèse de Paris est limité au territoire du département de la Seine, et Puiseux est incorporé dans le nouveau diocèse de Versailles qui regroupe les paroisses du département de Seine-et-Oise. Dans l'entre-deux-guerres, le lotissement du Bois du Coudray sort de terre loin du centre du village, non loin de la gare de Louvres. En 1947, une famille donne à la paroisse un terrain pour bâtir une chapelle provisoire destinée aux habitants du nouveau quartier. C'est une ancienne baraque de prisonniers récupérée du camp de Drancy. Elle périt dans un incendie en 1964, le jour de la Première communion. Au début de l'année suivante, sous l'impulsion de l'abbé Jean Le Leurch, curé de Louvres et Puiseux, quelques paroissiens fondent une association pour la reconstruction de la Chapelle. Grâce aux indemnités d'assurance et aux dons de six mille fidèles, qui apportent les 70 % des frais de construction, une nouvelle chapelle, bâtie en dur, peut être consacrée en . C'est la chapelle Sainte-Thérèse du Bois du Coudray.. En la même année, la réforme territoriale en Île-de-France motive l'érection du nouveau diocèse de Pontoise qui correspond au département du Val-d'Oise. Les nouveaux quartiers ne cessent de s'agrandir, et une nouvelle mairie est inaugurée en 1973. L'église Sainte-Geneviève est reléguée au second rang. Comme déjà en 1966, Puiseux-en-France est aujourd'hui affilié au groupement paroissial de Louvres. Des messes dominicales anticipées ont lieu deux fois par mois dans la chapelle Sainte-Thérèse, en alternance avec l'église Saint-Étienne de Marly-la-Ville, et l'église Sainte-Geneviève n'est plus utilisée pour les célébrations régulières.. Elle n'accueille des messes que très sporadiquement, et sert surtout aux célébrations des mariages et obsèques.

Les campagnes de construction de l'église thumb|upright|Chœur, vue vers le nord. thumb|upright|Chapelle de la Vierge, vue vers le sud. thumb|upright|Nef, vue vers l'est.

L'église Sainte-Geneviève est un édifice d'apparence presque homogène, d'une architecture rustique sans grand caractère, avec des influences gothiques nettes. Seuls quelques détails des supports donnent lieu à des interrogations sur la succession des campagnes de construction, mais leur petit nombre permet aussi l'hypothèse qu'il s'agisse seulement des résultats de réparations à de différentes époques. Il y a aussi des remaniements incontestables, concernant principalement la création de la sacristie et les fenêtres. Charles Huet caractérise la situation ainsi : ..

Charles Huet date le chœur et ses chapelles latérales du troisième quart du en raison du profil carré des ogives, ce qui est tout à fait judicieux, mais ne suffit pas pour affirmer qu'il porte les marques de la Renaissance française. En effet, les arcs-doubleaux sont en tiers-point, et reflètent un style gothique rustique. Ils ne sont pas réellement datables, mais ne devraient pas être postérieurs au début de la Renaissance, quand des éléments gothiques persistent souvent dans les églises Renaissance du voisinage. Le chapiteau au sud de l'arc triomphal, identifié comme gothique flamboyant par Charles Huet, ne doit pas nécessairement dater du , dont il ne porte pas le style. Plus probable paraît une date postérieure à la guerre de Cent Ans, à la fin du ou à la première moitié du , époque de laquelle datent la plupart des édifices flamboyants du nord de l'Île-de-France. De là, il n'y a plus qu'un pas à conclure que le chantier du chœur traîna en longueur, et commença à la fin de la période flamboyante, vers 1530, pour s'achever au début de la Renaissance, vers 1550. La chapelle latérale nord, dédiée à sainte Geneviève, a dû être construite en même temps que les voûtes, car ses trois chapiteaux doriques engagés comportent dans leur profil la même doucine qui adoucit les angles des ogives. C'est certainement à la suite de l'achèvement de cette chapelle que le Meignen est venu bénir l'église en 1578. La chapelle latérale sud, dédiée à la Vierge Marie, peut remonter à la période flamboyante, dont pourraient dater les deux culots assez frustes qui reçoivent les ogives dans les angles. Mais une reprise en sous-œuvre du pilier engagé du côté sud et de l'arcade en plein cintre vers le bas-côté de la nef a dû intervenir à l'époque moderne, entre le et le , car on y voit des piliers cylindriques engagés munis de tailloirs d'un profil très épuré. Concernant le reste du gros-œuvre du chœur, il reste en suspens s'il s'agisse d'une construction de toutes pièces à la période indiquée, ou seulement d'une reprise en sous-œuvre d'un pilier et de la construction des voûtes..

Pour venir à la nef, il est à constater tout d'abord que ses grandes arcades sont analogues aux arcs-doubleaux du chœur, et quelle que soit leur date précise, les deux parties sont susceptibles d'être contemporaines. En jugeant d'après le tailloir carré au début des grandes arcades du sud, Charles Huet conclut à la première moitié du . Or, les quarts-de-rond de son profil indiquent la Renaissance, et le tailloir entre dans la composition d'un chapiteau dorique, dont l'astragale a disparu. Abstraction faite du plan circulaire de la corbeille, le chapiteau du pilier cylindrique libre qui suit à l'est affecte exactement le même profil que les chapiteaux engagés de la chapelle Sainte-Geneviève, ce qui a échappé à Charles Huet. De toute évidence, la nef a donc fait l'objet de travaux au moment de la construction de la chapelle. Un départ d'arc-doubleau au sud du pilier signalé prouve même que le voûtement d'ogives du bas-côté sud était prévu. Mais puisqu'il n'y a pas d'autre chapiteau dans la nef et ses bas-côtés, et puisque les deux seuls chapiteaux sont différents, on doit se borner au même constat qu'à propos du chœur, qu'il soit impossible de déterminer si ces parties furent construites de toutes pièces vers le milieu du , ou seulement réparées. Charles Huet ne justifie pas pourquoi il date les bas-côtés du , datation du reste contredite par celle du plan chronologique joint à son article, tout en admettant que le mur occidental de la nef soit indatable. On peut seulement retenir que l'ensemble des fenêtres du versant sud ont été refaites, sans aucun style, à l'époque moderne, et qu'une partie du bas-côté nord en a été soustraite pour obtenir une sacristie. Le clocher ne s'intègre pas très bien dans la nef, et devrait être antérieur ou postérieur. Tout en admettant les problèmes de datation, Charles Huet indique comme date limite de sa construction le . Sa physionomie, avec une nette distinction entre base et étage de beffroi, et même un désaxement, suggère deux étapes de construction à de différentes époques.

Vers le milieu du , l'abbé Lebeuf écrit : . Sans doute a-t-il pris note de la réfection des piliers engagés de la chapelle de la Vierge, et de l'installation récente des boiseries et des trois retables actuels. D'après Audino et Garcia, la nef unique [sic] date de 1760. On qualifie de nef unique une nef dépourvue de bas-côtés, ce qui n'est pas le cas à Puiseux. L'année 1760 est celle du décès de l'abbé Lebeuf. S'agit-t-il du reflet d'une lecture trop hâtive de son chapitre consacré à Puiseux ? Charles Huet ne mentionne pas cette date. Toujours selon Audino et Garcia, d'importants travaux de réfection ont lieu en 1817.. Ici, il devrait s'agir, entre autres, de la création de la sacristie sur l'emprise du bas-côté nord. — Bien que qualifié d' par le baron Ferdinand de Guilhermy, elle est inscrite monument historique par arrêté du . Elle se présente aujourd'hui dans un bon état de conservation. La deuxième et la troisième grande arcade du sud et une partie du bas-côté sud ont néanmoins dû être étayées.

Description Aperçu général thumb|Plan de l'église.