La (en occitan : carrièra de Sant Remesi) est une voie de Toulouse, chef-lieu de la région Occitanie, dans le Midi de la France.

Déjà désignée sous ce nom dans les chroniques de la croisade des Albigeois au début du , c'est une des plus anciennes voies de la ville. Elle suit un parcours relativement rectiligne, parallèle aux rues Pharaon et des Filatiers, à l'est, et à la rue de la Dalbade, à l'ouest. Elle conserve plusieurs immeubles anciens et des hôtels particuliers élevés pour des membres de l'aristocratie toulousaine, dont certains sont inscrits aux monuments historiques, tels l'hôtel Hébrard et l'hôtel Réquy. Au cours du et du , la rue a cependant connu de profonds bouleversements de son paysage, particulièrement du côté ouest.

Situation et accès Description La rue Saint-Rémésy est une voie publique. Elle se trouve au cœur du quartier des Carmes.

Cette rue, dont la largeur varie entre 4 et , naît perpendiculairement à la rue Pierre-Brunière. Longue de 255 mètres et suivant un parcours presque rectiligne, elle est orientée au nord. Elle reçoit après 167 mètres à sa gauche la rue Saint-Jean et donne naissance à sa droite à la rue des Prêtres, puis se poursuit sur 88 mètres jusqu'au carrefour qu'elle forme, au chevet de l'église de la Dalbade, avec la rue Henri-de-Gorsse, à sa gauche, et la rue des Polinaires, à sa droite. Elle est prolongée au nord par une partie de la rue Henri-de-Gorsse, puis par les rues des Paradoux, de la Bourse, Sainte-Ursule et Léon-Gambetta jusqu'à la place du Capitole.

La chaussée compte une seule voie de circulation automobile en sens unique, de la rue Pierre-Brunière vers la rue Henri-de-Gorsse. Elle appartient à une zone de rencontre et la vitesse y est limitée à 20 km/h. Il n'existe ni bande, ni piste cyclable, quoiqu'elle soit à double-sens cyclable.

Voies rencontrées La rue Saint-Rémésy rencontre les voies suivantes, dans l'ordre des numéros croissants (« g » indique que la rue se situe à gauche, « d » à droite) :

Rue Pierre-Brunière (d) Rue Saint-Jean (g) Rue des Prêtres (d) Rue Henri-de-Gorsse (g) Rue des Polinaires (d)

Odonymie vignette|gauche|Plaques de rue en français et en occitan. L'origine du nom de la rue Saint-Rémésy vient d'une chapelle, placée sous le vocable de saint Remi (en occitan : Remesi), qui se trouvait dans cette rue. Ce sanctuaire aurait été bâti par l'évêque de Toulouse Germier au . Dès le Moyen Âge, la rue porta ce nom, d'ailleurs connu au par la Canso de Eretges et la Chanson de la croisade albigeoise. Elle ne porta pas d'autre nom si ce n'est celui de Saint-RémiChalande 1914, .Salies 1989, vol. 2, ..

En 1794 seulement, pendant la Révolution française, la rue fut quelque temps désignée comme la rue Raisonnable, entre la rue Pierre-Brunière et la rue des Prêtres, et la rue l'Estime entre la rue des Prêtres et la rue Henri-de-GorsseSalies 1989, vol. 1, et vol. 2, ..

Histoire Antiquité Le tracé de la rue Saint-Rémésy correspond approximativement, dans sa première partie à un cardo secondaire de la ville gallo-romaine de Tolosa. En 1858, des travaux ont permis de mettre au jour un égout enterré sous le sol de la rue antique. Il est constitué d'une galerie voûtée en plein cintre, bâtie en brique et en moellons de pierre, et haute de 1,70 mètreSalies 1989, vol. 1, ..

Moyen Âge Au Moyen Âge, la rue Saint-Rémésy appartient au capitoulat de la Dalbade. Son nom lui vient de l'église Saint-Rémi, construite à l'emplacement d'un premier sanctuaire élevé au par l'évêque Germier, à l'angle des rues Saint-Rémésy et Saint-JeanPousthomis-Dalle 2001, et 184.. La population de la rue est alors composée principalement de « mazeliers », c'est-à-dire de bouchers et de charcutiers, qui y ont leurs étals de viande (« mazels ») à proximité de l'abattoir ou « affachoir » des cochons (emplacement de l'actuel ). On y trouve également de nombreuses prostituées. Les Hospitaliers

Au début du , les Hospitaliers de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem s'installent à Toulouse : ils obtiennent en 1116 que l'église Saint-Rémi leur soit concédée, peut-être avec le soutien de l'évêque de la ville, Amelius Raymond du Puy, dont le frère, Raymond du Puy, est un futur supérieur de l'OrdreChalande 1914, .. Ils occupent progressivement l'ensemble des maisons de la rue Saint-Rémésy entre la rue Saint-Jean et la petite rue de la Dalbade (actuelle rue Henri-de-Gorsse), réunissant tout le moulon entre ces rues et celle de la Dalbade, siège de leur commanderie. En 1160, ils obtiennent de l'évêque Raimond de Lautrec le droit d'avoir un cimetière pour les membres de leur Ordre, connu comme le cimetière des Hospitaliers de Saint-Rémésy, et qui est aménagé à l'angle de la rue Saint-Rémésy et Saint-Jean : normalement réservé aux Hospitaliers, il accueille très tôt des laïcs donateurs de l’Ordre[« L'Hôtel des Chevaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem »], sur le site de la DRAC Midi-Pyrénées, consulté le 19 octobre 2015.. À cette époque, l'église Sain-Rémi, progressivement désignée comme église Saint-Jean, aurait été déplacée plus à l'ouest, à l'angle des rues Saint-Jean et de la DalbadePousthomis-Dalle 2001, .. La grande richesse de la maison hospitalière toulousaine lui permet de recevoir en 1315 le rang de grand prieuréChalande 1915, . : elle est placée à la tête de la langue de Provence.

Le quartier subit cependant des vicissitudes au début du , pendant la croisade des Albigeois. En 1216, durant l'occupation de la ville par les troupes de Simon de Montfort, un incendie est allumé par les soldats croisés près du quartier juif, dans la rue Joutx-Aigues, qui provoque des destructions jusque dans les rues de la Dalbade et du TempleChalande 1914, ..

Époque moderne Le , un grave incendie se déclare dans une boulangerie, à l'angle des rues des Chapeliers (actuelle rue du Languedoc) et Maletache, qui provoque des destructions importantes dans toute la ville, et particulièrement dans le quartier de la DalbadeBastide 1968, .. En 1494, un petit oratoire, contenant une statue de saint Rémi, est construit par les Hospitaliers à l'angle des rues Saint-Rémésy et Saint-Jean, au chevet de la nouvelle église conventuelle Saint-Jean.

L'ampleur des destructions permet cependant aux élites locales de réunir de vastes emprises foncières pour faire bâtir leurs hôtels particuliersBastide 1968, . et c'est l'ensemble des maisons de la rue qui sont rebâties au cours du . Les hommes de loi, les parlementaires et les capitouls occupent alors presque toutes les maisons de la rueChalande 1914, .. En 1550, le capitoul Jacques de Borassol se fait construire une belle demeure (actuels et 3), dont subsiste une niche gothique (actuel ) et les fenêtres à croisillons Renaissance (actuel )Chalande 1914, .. Vers la même année, l'avocat Pierre Bartholomé élève sa maison dans la rue (actuel )Chalande 1914, .. Au début du , Jacques de Rivière, seigneur de Tournefeuille et conseiller au parlement, fait bâtir un hôtel particulier à l'angle de la rue Pierre-Brunière et de la rue du Temple (actuelle rue de la Dalbade) qui occupe également une partie de la rue Saint-Rémésy (actuels et 7). Profitant de l'emplacement de l'hôtel de Rivière, les héritiers de Jacques de Rivière louent les bâtiments où s'installe une auberge à l'enseigne de Notre-DameChalande 1914, .. À l'angle de la rue Saint-Jean, deux maisons sont laissées aux prêtres de la douzaine de la Dalbade.

Dans la deuxième moitié du , de vastes travaux sont entrepris par les Hospitaliers de Toulouse. La chapelle est restaurée en 1641Chalande 1915, ., puis le cimetière de la rue Saint-Rémésy est abandonné en 1655Pousthomis-Dalle 2001, .. Les travaux les plus considérables commencent en 1665, lorsque l'hôtel Saint-Jean est complètement reconstruit à la demande du Grand prieur, Antoine de Roubin Graveson, sur les plans de l'architecte Jean-Pierre RivalzChalande 1915, ., quoique le petit oratoire de la fin du , dédié à saint Rémi, subsiste.

Période contemporaine Au début du , le conseil municipal souhaite favoriser la circulation dans les rues les plus étroites de la ville et élargir la rue à . Plusieurs immeubles reçoivent de nouvelles façades, respectant le nouvel alignement (actuels ; 12, 30 à 36, 42, 44 et 54). En 1858, lors de travaux de voirie, l'ingénieur Guibal découvre la présence d'un aqueduc souterrain de la période romaine, en brique et haut de , à sous le sol actuelSalies 1989, ..

De nouvelles transformations interviennent dans les années 1930, avec la destruction de plusieurs maisons du côté ouest de la rue Saint-Rémésy. La municipalité socialiste d'Antoine Ellen-Prévot décide d'agrandir l'école élémentaire Fabre, trop à l'étroit. L'architecte en chef de la ville, Jean Montariol, est chargé du projet d'extension de l'école« École élémentaire Fabre », sur le site PSS-Archi, consulté le 16 octobre 2015.. Afin de réaliser les travaux, la maison de Borassol et les dépendances de l'hôtel de Rivière sont acquis par la ville en 1938, mais la démolition de ces bâtiments est finalement repoussée, grâce à une campagne de presse des Toulousains de Toulouse. Au lendemain de la Libération, le projet est repris par la municipalité socialiste de Raymond Badiou en 1945, qui ordonne la démolition en 1946Salies 1989, vol. 1, .Christian Maillebiau, « La nouvelle porte de la préfecture est ancienne », La Dépêche du Midi, 6 mars 2001.. Dans la continuité de ces travaux, la municipalité ordonne également la construction de nouveaux bâtiments pour l'école maternelle : le projet est confié à l'architecte Pierre Debeaux, qui, après destructions de plusieurs maisons (anciens à 23), réalise en 1951 un bâtiment en béton à l'angle des rues Saint-Jean et Saint-Rémésy..

Au début du , c'est au tour du nord de la rue de subir d'importants bouleversements. Après que l'École supérieure de commerce a quitté les bâtiments de l'ancienne commanderie hospitalière, l'hôtel Saint-Jean, en 1986, il s'agit de leur trouver une nouvelle affectation. Après rénovation, entre 2003 et 2005, ils accueillent finalement les bureaux de la DRAC Midi-Pyrénées. Les travaux de réhabilitation, s'ils prévoient de restaurer les parties anciennes de l'hôtel, et particulièrement la façade de la rue de la Dalbade, s'accompagnent de la destruction de toutes les maisons de la rue Saint-Rémésy, depuis la rue Saint-Jean jusqu'à la rue Henri-de-Gorsse (anciens à 33). Un bâtiment moderne est construit à leur emplacement par le bureau des architectes toulousains Jacques Munvez, Pierre-Luc Morel et Alain CastelPhilippe Emery, « L'hôtel Saint-Jean, palais de la culture régionale en 2005 », La Dépêche du Midi, 27 mars 2003..

Patrimoine et lieux d'intérêt Hôtels particuliers 9 : hôtel Lamotte (ou Réquy). . ; annexe de l'école élémentaire Fabre. L'hôtel est édifié entre 1625 et 1626, probablement par le maître-maçon Claude Pacot, pour le compte d'Augier de Lamotte, avocat au parlement, à l'emplacement de deux maisons héritées de son pèreÉclache 2006, .. Il passe au milieu du siècle à Pierre de Réqui. L'édifice se développe sur trois étages carrés, rythmé par six travées. La façade sur la rue est caractéristique de l'architecture classique toulousaine. Le portail est en pierre et brique alternées et encadré de deux consoles en pierre sur lesquelles sont sculptés deux atlantes. Au , les fenêtres ont des meneaux en pierre ornés de grappes de fruits. Des remaniements au ont modifié les élévations..

11 : hôtel Hébrard (ou de Claude de Saint-Félix). .. L'hôtel est édifié pour le conseiller au parlement Sanche Hébrard entre 1519 et 1541 : de cette période datent de belles fenêtres de style Renaissance et une porte surmontée par deux anges soutenant un écusson, dans l'aile ouest sur cour. En 1564, l'hôtel appartient à Claude de Saint-Félix. L'édifice est en grande partie reconstruit au , comme en témoignent la porte d'entrée et la corniche d'architecture classique. Des remaniements ont modifié l'aspect des élévations entre le et le ..