La race Sarlabot ou race désarmée ou race cotentine sans cornes« Pour créer cette race, M. Dutrône a allié, sur son domaine de Trousseauville-Dives (Calvados) , les taureaux sans cornes d'Angus et de Suffolk aux vaches cotentines ; cette race est connue sous le nom de race cotentine sans cornes ; elle est dite aussi race sarlabot. » Mémoires d'agriculture, d'économie rurale et domestique, 1868-1869, . ou normande améliorée est une race bovine française sans cornes créée vers 1840-1850 par Henri Philippe-Auguste Dutrône (1796-1866Précisions des dates de naissance et mort de Dutrône et de ses prénoms donnés par : Michel Vivier H. P.-A Dutrône, notable philanthrope et les bovins désarmés de Sarlabot. Une aventure zootechnique dans le monde agricole augeron du siècle., Le Pays d'Auge, juillet août 2007, . Les mêmes dates sont indiquées sur le site Calames, dans la fiche bibliographique d'une lettre manuscrite conservée à la bibliothèque de la Sorbonne et adressée à Dutrône. Sur cette fiche il est appelé « Henry Dutrône ».), éleveur à Trousseauville-DivesOn lit dans le Journal d'agriculture pratique, , quatrième série, tome VII, , : La vacherie de M. Dutrône présente, terme moyen, 20 à 25 têtes de bétail, vaches, veaux, taureaux et bœufs de tout âge. Elle existe depuis plus de quinze ans.. Il souhaitait ainsi créer une race de bovins inoffensifs et éviter les accidents. Cette race connut une certaine notoriété et était en voie d'extinction vers 1900.

C'est sous le nom de Sarlabot qu'un Bœuf Gras de cette race a participé au cortège des Bœufs Gras au Carnaval de Paris en 1857 et un autre en 1858.

Sarlabot est à Trousseauville-Dives le nom de la ferme où la race a été créée, ainsi que du château où à l'époque habite Dutrône. La ferme fut transformée par la suite en restaurantLa ferme de Sarlabot existait encore en 1921. Marcel Monmarché, à la page 266 du volume Normandie des Guides bleus Hachette, sorti cette année-là, indique que c'est un restaurant. et à présent n'existe plus. Il exista également un golf de Sarlabot. Le château est toujours làL'ensemble, château, ferme et terres en dépendant formaient une grande propriété unique, ainsi décrite lors de sa mise en vente dans le Journal des débats, du 20 septembre 1872, , : Étude de TOUTAIN, notaire à Caen, 16, place Saint-Sauveur.

A VENDRE par adjudication définitive, le 26 septembre 1872, à trois heures de l'après-midi, à Caen, en l'étude et par le ministère dudit Toutain, le

CHÂTEAU DE SARLABOT ET TERRES EN DÉPENDANT,

Le tout sis en la commune de Dives, section de Trousseauville, et par extension sur Grangues, arrondissement de Pont-l'Evêque.

Cette propriété comprend, outre le château de Sarlabot et les réserves, trois fermes composées de bâtiments d'habitation et d'exploitation, terres en herbage, prés et labour.

La superficie est de 64 hectares 60 ares 33 centiares.

Le revenu, par baux authentiques et enregistrés, s'élève à 8,980 fr. par an (non compris la location du château).

La situation de cette magnifique propriété est tout à fait exceptionnelle.

Abritée de la mer par un rideau d'arbres séculaires, elle n'en jouit pas moins d'une vue splendide, s'étendant tout à la fois sur la mer, les stations de bains de Houlgate, de Beuzeval, de Cabourg-Dives, sur la belle vallée de la Dives (l'une des anciennes et renommées vallées d'Auge), sur l'embouchure de l'Orne.

Trouville est a 16 kilomètres.

Un chemin de fer en voie d'exécution va mettre prochainement Dives et Beuzeval en communication directe avec Paris.

Mise à prix abaissée a 330,000 fr.

Une seule enchère fera prononcer l'adjudication.

S'adresser pour les renseignements

A Paris, à Bazin, notaire, rue de Menars,

Et à M. Mignot, rue de Richelieu, 97, passage des Princes (escalier B), chez lequel sont déposés des plans et des vues de la propriété.

A Dives, à M. Fleury, percepteur ;

A Caen, à Toutain, notaire, dépositaire des titres de propriété et du cahier des charges.. Et un nouveau quartier de Dives-sur-Mer – situé en contrebas et créé en 2009, – porte le nom de SarlabotVoir un article sur le site Internet du journal Le Pays d'Auge, qui parle du quartier Sarlabot et indique la date de sa création..

À propos de la race Sarlabot thumb|left|La ferme Sarlabot. En 1857, au cortège carnavalesque parisien des Bœufs Gras, un des Bœufs Gras fait sensation. Il s'appelle Sarlabot, du nom de la ferme de Trousseauville-Dives dont il vient. Au-dessus de lui, sur son char, une banderole annonce : . Il appartient à une nouvelle race sans cornes créée en France : la race Sarlabot.

La Presse littéraire le parle dePromenade des bœufs gras., Introduction en France d'une nouvelle race., La Presse littéraire, 15 mars 1857, . : « Sarlabot, le bœuf de la nouvelle race cotentine, autrement dit normande, élevé et engraissé par M. Dutrône, sur son domaine de Sarlabot, à Trousseauville, canton de Dozulé (Calvados). »

La Presse du parle également de « Sarlabot » et souligne son absence de cornes : .

Il s'agit d'un bœuf sans cornes, obtenu par des croisements de bovins de race Cotentine avec une race anglaise sans corne qui constituera la Red Poll (Suffolk). Cette race nouvelle est le produit de d'efforts de son créateur. Le Journal d'agriculture pratique publie en 1857 un portrait gravé de la bête, qui est repris pour illustrer deux brochures sur Sarlabot : Rapport de M. Magne et lettre de M.M. les membres du syndicat de la boucherie de Paris sur Sarlabot et Rapport sur Sarlabot bœuf de la race Cotentine sans cornes.

On lit dans ce dernier rapport, fait en 1858 à la Société impériale zoologique d'acclimatation par Urbain Leblanc, membre de l'Académie de médecine et président de la Société de médecine vétérinaire de Paris :

thumb|Un bœuf Sarlabot fait partie des collections du Jardin d'Acclimatation à Paris en 1865Pierre-Henri-Louis-Dominique Vavasseur Guide du promeneur au Jardin zoologique d'acclimatation, éditeur : au Jardin zoologique d'acclimatation, Paris, mai 1865, ..

Le Journal d'agriculture pratique nous apprend que plusieurs animaux de la race Sarlabot ont été répartis dans les environs de Paris et à Paris même, — qu'un taureau et une vache ont été donnés par M. Dutrône au Muséum d'histoire naturelle, — qu'une vache se trouve encore à l'ermitage de Sannois, près d'Enghien, chez M. Féline, et une autre chez M. Levasseur, à Maisons-Laffitte ; elles sont très bonnes laitières.— Il en a été de même de deux vaches mises par M. Dutrône à la disposition de M. Magne, qui a constaté à l'école d'Alfort leur qualité supérieure. Enfin, une vache donnée à une loterie en faveur de Petit-BourgLe Petit-Bourg mentionné ici est situé dans le département de Seine-et-Oise et se trouve être un orphelinat et colonie agricole ouvert en 1844. Cet orphelinat est mentionné par exemple par La Mode, revue des modes, galerie de mœurs, album des salons, en 1849, page 533., est échue à M. Vuillaume, aux Thernes, où ses qualités laitières sont encore notoires.

Après celui de 1857, le deuxième Bœuf Gras Sarlabot qui défile au Carnaval de Paris en 1858, est jugé si réussi par les bouchers parisiens, qu'ils font porter en tête de l'animal ces mots sur un écussonAnnales de l'agriculture française, 1858, . : « La boucherie reconnaissante pour la formation de la race sans cornes Sarlabot. »

Juste après le défilé 1858, le célèbre boucher Duval ayant acheté le Bœuf Gras Sarlabot, exige qu'il lui soit livré immédiatement. Dutrône refuse de le livrer avant quinze jours. Duval, qui s'estime lésé, attaque en justice Dutrône. Demande des dommages et intérêts. Pour justifier sa demande, il détaille avec précision le budget du défilé des Bœufs Gras 1858 dont il est l'organisateur. La dépense totale s'élève à et . Il perd son procèsPetit-Jean Courrier du Palais, Le Monde illustré, 8 mai 1858, , et . Voir l'extrait de cet article où il est question de ce procès, reproduit sur la base Commons..

Dutrône cherche à propager la race qu'il a créée y compris hors de France. En , il offre un taureau et une génisse Sarlabot au roi et à la reine de GrèceJournal de Gand, Extrait du , du 3 mars 1860, Agriculture, élevage. Race Cotentine sans cornes, les Sarlabot: délibération du Conseil Communal de Gand et programme de concours, Vanderhaeghen, 1860, ..

Des opposants à la race Sarlabot thumb|Maurice La Châtre, Nouveau dictionnaire universel, Paris 1865Maurice La Châtre, Nouveau dictionnaire universel, Docks de la Librairie, Paris 1865, tome premier, , .. Dutrône n'a pas connu que des encouragements pour créer sa race. Comme le relève en passant L'Illustration, du , parlant de Dutrône : « Ainsi non content d'avoir, malgré bien des mauvais vouloirs, constitué dans sa province la souche d'une précieuse raceL'Illustration, 7 mars 1857. ».

Les sociétés d'éleveurs ont toujours refusé d'accorder à la race Sarlabot une catégorie spécialeBulletin des séances de la société nationale d'agriculture de France, séance du 27 janvier 1904, ..

C'est le rejet de la race Sarlabot par les éleveurs, pour des motifs qui ont été critiqués, qui finira par la faire disparaître.

Un jugement sévère de la race Sarlabot en 1867 Rendant compte des animaux présentés à l'Exposition universelle de 1867, le Journal d'agriculture pratique juge sévèrement les bœufs de race SarlabotJournal d'agriculture pratique, 1867, , ..

La fin du dernier troupeau en 1907 En , J. Giniéis, dans le Recueil de médecine vétérinaire fait l'histoire et la description de la race Sarlabot, et annonce son extinction, en dépit de ses qualités, du fait de l'hostilité des éleveurs normandsZOOTECHNIE, La race de Sarlabot, par J. Giniéis, répétiteur de zootechnie à l'École de Grignon., Recueil de médecine vétérinaire, 15 juillet 1907, ..

La race Sarlabot dans la culture Victor Hugo en 1865 En 1865 paraît à Bruxelles le recueil de poèmes de Victor Hugo Les Chansons des rues et des bois. Dans celui-ci, dans le poème L'Ascension humaine, on trouve la vache SarlabotL'Ascension humaine, Les chansons des rues et des bois, Livre second – Sagesse, édition, Librairie internationale, Paris 1866, ..

Extrait :

Galerie

Notes et références

Sources

Rapport de M. Magne et lettre de M.M. les membres du syndicat de la boucherie de Paris sur Sarlabot, 1857. Rapport sur Sarlabot bœuf de la race Cotentine sans cornes, 1858. Article dans le Bulletin de la Société impériale zoologique d'acclimatation en 1866 témoignant du succès de la race Sarlabot en Belgique. La race de Sarlabot, par J. Giniéis, répétiteur de zootechnie à l'École de Grignon., Recueil de médecine vétérinaire, , .

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