Adama est un film d'animation français réalisé par Simon Rouby, sorti en 2015. Il s'agit d'un conte initiatique relatant le passage à l'âge adulte d'un jeune garçon ouest-africain qui part à la recherche de son frère et découvre la France au moment des combats de la Première Guerre mondiale. Il recourt à une technique d'animation hybride mêlant l'animation en volume et les images de synthèse. Le film est un succès auprès des critiques mais ne parvient pas à trouver son public en salles.
Synopsis L'intrigue du film se déroule en 1916. Adama est un adolescent qui a grandi dans un village isolé en Afrique de l'Ouest avec son frère aîné Samba, qu'il admire et adore. En bordure du village s'élèvent des falaises au-delà desquelles s'étend un désert parcouru de vents de sable violents : le Monde des Souffles, royaume des Nassaras, où les anciens du village interdisent d'aller. Le jour du rite de passage à l'âge adulte approche pour Adama et Samba. Mais la nuit venue, Adama surprend Samba dans la case familiale, en train de se préparer à partir. Samba va s'engager dans l'armée, car c'est le seul moyen d'aider financièrement leurs parents en temps de récolte maigre. Le lendemain, tout le monde croit Samba perdu à jamais et les anciens du village défendent à quiconque de partir à sa recherche. Malgré cela, Adama résout de tenter de retrouver son frère. Il s'enfuit à son tour en empruntant les galeries qui traversent les falaises et passe à côté de la parure de bois et de poil du génie initiateur. C'est le début d'un long voyage qui le mène bien plus loin que prévu, jusqu'aux champs de bataille de la Première Guerre mondiale en France.
Après une périlleuse traversée de la steppe désertique, Adama arrive dans un village portuaire. Là, il apprend que son frère s'est embarqué pour la France avec les nouvelles recrues de l'armée. Alors qu'Adama se trouve en position délicate face aux recruteurs de l'armée, le fou de son village apparaît comme par magie et le tire d'affaire, mais se trouve à son tour recruté. Adama parvient à monter à bord du navire et y retrouve le fou ainsi que d'autres soldats noirs. La fatigue et l'inquiétude l'assaillent pendant le voyage en mer. L'arrivée en France est un spectacle hallucinant : Adama n'a jamais vu autant de navires. Il découvre une ville européenne, radicalement différente de ce qu'il a connu. Le froid le saisit, son village et son frère lui manquent et ses recherches piétinent. Adama rencontre un marin qui lui promet de le conduire jusque dans le Nord. Mais Adama se rend vite compte que le marin l'a arnaqué. Dans la taverne L'Albatros, le jeune garçon s'en prend au marin en l'accusant de lui avoir volé ses dernières pièces. Il est alors remarqué par une serveuse, sœur du marin, qui le prend sous son aile et décide de l'aider. Le marin, à contrecœur d'abord, les suit et se révèle meilleur qu'il n'en avait l'air. Tous deux aident Adama à sauter à bord du train militaire qui part pour Verdun.
Arrivé à Verdun, Adama se fait passer pour une jeune recrue et s'approche progressivement du champ de bataille. Il se retrouve au côté des "poilus", dans la tranchée, où il tente de retrouver son frère. On lui raconte que Samba fait preuve d'un grand courage et se trouve coincé quelque part dans le no man's land. Le bombardement et la bataille sont une vision apocalyptique. Adama s'avance et parvient à retrouver Samba. Mais tous deux sont mis en grand danger, d'abord par le bombardement et un avion mitrailleur ennemi, puis par les projections de gaz moutarde. Adama, qui n'a pas mis son masque à temps, est intoxiqué et tombe sans connaissance dans les bras de Samba. Comme dans un rêve, Samba tire son frère jusqu'à une anfractuosité rocheuse. Le fou du village réapparaît comme par magie et les invite à s'enfoncer toujours plus loin sous la roche. Ils finissent par déboucher dans les galeries des falaises, jusque dans leur village natal. Dans le couloir rocheux, la parure de génie gardant l'accès au Monde des Souffles comprend désormais un masque à gaz.
Fiche technique Titre : Adama Réalisation : Simon Rouby Scénario : Simon Rouby et Julien Lilti, d'après une histoire originale de Julien Lilti Adaptation et dialogues : Julien Lilti et Simon Rouby, avec la collaboration de Bénédicte Galup Direction artistique : Séverine Lathuillière Animation : Jeanne Irsenski et Gregory Naud Montage : Jean-Baptiste Alazard Musique originale : Pablo Pico Décors : Alice Dieudonne Production : Philippe Aigle, Séverine Lathuillière, Alain Séraphine et Azmina Goulamaly Studios de production : Naïa Productions, Pipangaï Production, en coproduction avec France 3 Cinéma et Albatros Films Distribution : Océan Films Distribution (France, sortie en salles) Pays de production : Langue : français Durée : 85 minutes Format : couleur Dates de sortie : France : (Festival international du film d'animation d'Annecy)
Distribution Azize Diabaté Abdoulaye : Adama Jack Mba : Samba, grand-frère d'Adama Pascal N'Zonzi : Abdou Oxmo Puccino : Djo Mariam Kaba : Aminata Emil Abossolo-Mbo : Boubakar Alexis Tomassian : Maximin Lisa Spurio : Elsa Jean-Baptiste Tiemele : Ogotomellli Paulin Fodouop : Cissé
Directrice artisque et de casting : Marie Bureau
Conception du film Concept original et scénario L'histoire à l'origine du film est conçue par Julien Lilti, qui co-écrit ensuite le scénario avec le réalisateur et animateur Simon Rouby. Tous deux bénéficient de la collaboration de la réalisatrice Bénédicte Galup pour l'adaptation et les dialogues. Julien Lilti et Simon Rouby définissent Adama non pas comme un film historique mais commeDossier de presse du film sur le site d'Ocean Films, Note d'intention des auteurs, page 5. Document au format pdf consulté le 8 octobre 2015. .
Univers sonore Le travail du compositeur Pablo Pico sur la musique du film commence dès la phase d'écriture du scénario, bien avant les premières images, en collaboration avec le réalisateur et les scénaristesInterview Pablo Pico : l'Afrique de ADAMA, entretien publié sur le site Cinezik le 3 novembre 2015 (interview réalisée à Paris le lundi 3 novembre 2015 par Benoit Basirico dans le cadre de l'émission « Vive le cinéma » sur Aligre FM). Page consultée le 25 juin 2016.. Tous s'inspirent des documentaires anthropologiques de Jean Rouch. Pablo Pico indique d'être inspiré librement des musiques africaines, sans chercher à donner dans le naturalisme ou à restituer précisément les traditions musicales d'une région : il inclut en revanche des instruments africains dans tous les morceaux de la bande originale, avec toujours au moins une percussion. La scène de cérémonie rituelle ouvrant le film est accompagnée d'une musique composée uniquement de percussions africaines et d'une petite viole monocorde malienne. Pablo Pico s'entoure notamment du percussionniste Nicolas Montazaud, de Mathieu Alvado qui dirige l'orchestre, du créateur sonore Yann Volsy avec lequel il dialogue pour élaborer l'univers sonore du film, et du rappeur Oxmo Puccino qui écrit et compose la chanson du générique de fin, mais intervient aussi en tant qu'acteur de doublage pour la voix de Djo.
Animation vignette|droite|Photo d'un ferrofluide rassemblé près des pôles d'un aimant puissant sous une surface d'huile. Le film mêle délibérément plusieurs techniques d'animation. Les personnages sont d'abord modelés en terre comme des sculptures puis moulés en plâtre ; ils sont alors scannés à l'aide de lasers, modélisés et animés par ordinateur. Cette technique permet de donner un rendu plus palpable aux modèles que de les créer directement par ordinateurDossier de presse du film sur le site d'Ocean Films, page 6. Document au format pdf consulté le 8 octobre 2015..
Pendant la séquence qui se déroule dans les tranchées de la bataille de Verdun, Adama est témoin d'explosions d'obus qui, à ses yeux, prennent une résonance fantastique en tant que dernière étape de sa quête initiatique. Pour transcrire à l'image cette dimension fantastique, Simon Rouby travaille avec Valentin Bechade et Antoine Delach sur les ferrofluides, des matières liquides ou particulaires magnétiques dont les mouvements apportent une part d'aléatoire et d'étrangeté aux explosions.
Production La production du film dure 5 ans, avec une longue phase de développement préalable avant le début de la fabrication proprement dite du film (l'animation)Dossier de presse du film sur le site d'Ocean Films, page 9. Document au format pdf consulté le 8 octobre 2015..
Le film est fabriqué intégralement au studio Pipangaï, en France, sur l'île de La Réunion ; c'est un mode de production inhabituel (les tâches sont généralement réparties entre plusieurs studios) qui facilite la tâche à l'équipe du film chargée d'assurer la cohérence du projet. Durant la phase de développement, le studio Pipangaï est entièrement rééquipé pour devenir capable de produire un long métrage. La fabrication du film commence en et dure un an. La finalisation du film a lieu à Paris et dure trois mois.
Sortie Accueil critique
Adama reçoit un très bon accueil de la presse française. Dans la revue de cinéma Positif., Bernard Génin juge le film et indique : qu'il ne contient . Dans le quotidien Le Monde, Noémie Luciani apprécie à la base du film et lui trouve . Dans le quotidien Le Parisien., Renaud Baronian signe une critique enthousiaste du film, appréciant son histoire qui réussit à voir la Première Guerre mondiale par les yeux et les rêves d'un enfant africain, mais aussi son et sa , l'ensemble formant . Dans le quotidien gratuit 20 Minutes., Caroline Vié juge le film . Dans Première., Christophe Narbonne salue du film par rapport aux précédents qui avaient abordé le sujet, et le juge . Il apprécie le fait que le film montre l'éveil des consciences des tirailleurs sénégalais confrontés pour la première fois au monde occidental. Dans Africultures, Olivier Barlet estime que le travail d'animation sert l'inversion du regard que propose le film sur l'Africain et appelle .
Certaines critiques apprécient le sujet et le propos du film, tout en regrettant le peu de profondeur de son personnage principal, voire en se montrant moins convaincus par les techniques d'animation utilisées. Dans le quotidien gratuit Métro., Mehdi Omaïs estime que le film grâce à son sujet fort en hommage aux tirailleurs sénégalais, mais que . Il conclut cependant que le film demeure qui reste . Dans l'hebdomadaire culturel Télérama., Cécile Mury estime que le film , et que les émotions et les personnages manquent de relief en dépit de la . Elle reste cependant convaincue par . Dans Studio Ciné Live, Véronique Trouillet trouve que le film . Dans Le Journal du dimanche, Alexis Campion parle de qui et , mais apprécie les paysages et la bande originale .
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