Le , construit de 1927 à 1932, est la deuxième unité de la quatrième classe de croiseurs lourds mise sur cale par la Marine impériale japonaise. Avec un déplacement standard officiel (mais sous-évalué) de tonnes, il associait une artillerie puissante, une protection satisfaisante, et une grande vitesse. Comme ses trois sister-ships, au sein de la Division de Croiseurs, dont il fut souvent le navire amiral, il prit une part active aux opérations de la guerre du Pacifique. Il a fini torpillé par un sous-marin américain, à l'ouest de Palawan, à la veille de la bataille du golfe de Leyte.

Arrière-plan, conception et caractéristiques Conçue dans le cadre du Programme de Renforcement de 1927, la quatrième classe de croiseurs lourds japonais a incorporé, sur des coques ayant des dimensions très proches de celles de la classe Myōkō, un certain nombre d'améliorations voulues par le haut-commandement naval japonais, qui ne devaient pas officiellement conduire à outrepasser les stipulations du traité de Washington de 1922, notamment le déplacement maximal autorisé de tonnes.

Mis sur cale le à l'arsenal de Kure, lancé le , lAtago a été armé deux mois avant le le . Il a reçu dès l'origine dix canons de 2GÔ (Mark II)Navweaps Japon 8"/50 lançant un obus plus lourd que celui des canons de , dont étaient alors équipées les trois précédentes classes de croiseurs japonais. La disposition des tourelles était la même que sur la classe Myōkō, mais dans de nouvelles tourelles dites de type E. Inspirées des tourelles des croiseurs anglais de la , avec une élévation maximale de 70°, elles étaient supposées avoir un usage anti-aérien, de sorte que l'artillerie secondaire a été réduite à quatre pièces simples de Navweaps Japan 4.7"/45 10ns, comme sur la . Le blindage de ceinture, incliné et intérieur au bordé comme sur la classe Myōkō, a été porté à à hauteur des magasins de munitions, mais pour économiser du poids, on a utilisé partiellement le soudage au lieu du rivetage. Ils ont aussi reçu dès l'origine, sur le pont supérieur, quatre plates-formes lance-torpilles orientables de , mais uniquement doubles. Le bloc passerelle, massif, pour accueillir les équipements de direction de tir et de communications, était de forme pyramidale, pour réduire l'accroissement de poids dans les hauts, mais l'espace pour les passerelles s'en est trouvé réduit par rapport à la classe Myōkō. Si la similitude des dimensions de coque et le léger accroissement de la puissance des machines permettait une vitesse maximale équivalente à celle de la classe Myōkō (35,6 nœuds avec ch), le déplacement réel excédait la limite des traités.

Aussi, lorsque l'empire du Japon n'a plus été soumis aux stipulations du traité de Washington, lAtago et son sister-ship, le Takao, ont été modernisés, en 1939-40, avec leur grand-mât déplacé vers l'arrière pour améliorer l'efficacité des antennes radio, leur massif central réaménagé, leur artillerie de remplacée par quatre tourelles doubles de type 89Navweaps Japan 5"/40 t89, leurs plates-formes lance-torpilles doubles remplacées par des plates-formes quadruples. Le maitre-bau a été porté de à , le déplacement accru de tonnes et donc la vitesse maximale réduite à 34,25 nœuds.

Service LAtago a fait partie de la Division de Croiseurs, qui rassemblait les bâtiments de sa classe. Il a notamment été commandé avant-guerre par les capitaines de vaisseau Ibō Takahashi de à , Seiichi Itō à partir d', jusqu'à ce qu'il soit remplacé le par Aritomo Gotō, jusqu'au . En 1940, c'est Tomiji Koyonagi qui le commande, puis le baron Matsuji Ijuin d', jusqu'à . Au cours de l'attaque générale japonaise de décembre 1941 à juin 1942 Lorsque débute la guerre du Pacifique, le commandant en chef de la , le vice-amiral Kondō exerce également le commandement de la Division de croiseurs, dont fait partie lAtago qui va ainsi participer aux débarquements en Malaisie et au nord des Philippines, dans le golfe de Lingayen, au nord de Luçon, en . LAtago va ensuite gagner les Palaus, en , puis les Célèbes, pour assurer la couverture éloignée du bombardement de Port-Darwin par les porte-avions du vice-amiral Chūichi Nagumo, le , puis celle de l'occupation d'Ambon. Fin février, il participe à l'attaque du trafic allié quittant Java, et coule à cette occasion de petits bâtiments (, ) du Commandement Américain-Britannique-Hollandais-Australien (lABDACOM)IJN Atago (Flotte Combinée).

Après le raid sur Tokyo, lAtago, le Takao et le Maya ont été lancés en vain à la recherche de l'escadre américaine qui l'avait mené, la Task Force 16, qui était commandée par le vice-amiral Halsey.

Devant Guadalcanal et en mer des Salomon Après que les Américains ont débarqué à Guadalcanal et Florida (Opération Watchtower), le , la Flotte du vice-amiral Kondō, dont faisait toujours partie lAtago, est arrivée à Truk, pour assurer avec les porte-avions de la du vice-amiral Nagumo, la couverture éloignée des forces japonaises qui s'efforçaient de chasser les U.S. Marines de Guadalcanal (Opération Ka). vignette|gauche| Le croiseur lourd Takao et le cuirassé Kirishima, en route pour Guadalcanal, le 14 novembre 1942 (photo prise du croiseur Atago, navire amiral) LAtago a ainsi participé aux batailles des Salomon orientales à la fin août, et des îles Santa Cruz, à la fin octobre. Mais ce sont les croiseurs rattachés à la du vice-amiral Mikawa et les cuirassés rapides du vice-amiral Kurita et du contre-amiral Abe qui ont mené (ou tenté de mener) les principaux bombardements navals contre le terrain d'aviation d'Henderson Field, début août, à la mi-octobre et à la mi-novembre. Mais après la première bataille navale de Guadalcanal, le vice-amiral Kondō, qui avait reçu de l'amiral Yamamoto, Commandant-en-Chef de la Flotte Combinée, l'ordre de retourner bombarder Henderson Field, a, cette fois, choisi d'engager les croiseurs lourds Atago, sur lequel il avait sa marque, et , en soutien du cuirassé rapide Kirishima. Dans la nuit du 14 au , les deux croiseurs ont malmené le cuirassé moderne américain , mais le cuirassé , qui n'avait pas été repéré par les Japonais, a désemparé en quelques minutes, et envoyé par le fond le Kirishima. Il n'y a plus eu ensuite de participation des croiseurs lourds japonais, en première ligne, au large de Guadalcanal.

Pendant les opérations en mer des Salomon en 1943, les croiseurs lourds japonais ont eu peu d'activités, mais la Défense Contre-Avions de lAtago a été renforcée de trois affûts triples de Type 96 automatiques anti-aériens. Mais après la bataille de la baie de l'Impératrice Augusta, le , où deux croiseurs lourds de la classe Myōkō ont été tenus en échec par une Task Force comptant plusieurs grands croiseurs légers, l'amiral Koga a dépêché, de Truk à Rabaul sept croiseurs lourds (les quatre de la classe Takao, et les , et Chikuma), pour intervenir à Bougainville. L'amiral Halsey a alors lancé, malgré les formidables défenses de Rabaul des raids de l'aviation embarquée, dont le premier, le , de 97 avions depuis les et du Task Group 50.4 du contre-amiral Sherman, a endommagé les , Atago et ainsi que le .

Dans le Pacifique central et en route pour le golfe de Leyte LAtago, a été réparé à l'arsenal de Yokosuka, où il a reçu également des affûts de AA Type 96 supplémentaires et un radar de veille surface type 22. Avec le , le et le , il quitte Truk pour les Palaos début février, et échappe ainsi au bombardement de Truk, les 17 et (Opération Hailstone) Il est finalement basé au mouillage des îles Lingga au sud de Singapour, puis à Tawi-Tawi, en mer de Sulu, à l'extrémité sud-ouest des Philippines.

vignette|Le 20 juin 1944 dans l'après-midi, un croiseur lourd japonais de la Division (le Maya ou le Chokai) essaie d'échapper aux attaques de l'aviation de l'USS Bunker Hill (CV-17) Le vice-amiral Kurita avait succédé, en , à l'amiral Kondō, à la tête de la , et a assumé également le commandement de la Division de Croiseurs. LAtago s'est donc retrouvé dans la “Force d'avant-garde”, portant la marque du vice-amiral Kurita, constituée de trois porte-avions légers, quatre cuirassés, dont les deux cuirassés géants de la , de sept autres croiseurs lourds, un croiseur léger et sept destroyers, au sein de la Flotte Mobile, dont le Commandant-en-Chef était le vice-amiral OzawaOrdre de bataille/Bataille de la mer des Philippines. C'est dans cette formation qu'il a participé à la bataille de la mer des Philippines.

Rentré au Japon, lAtago a eu sa défense contre les avions portée à 60 tubes, avec quatre affûts triples et 22 affûts simples supplémentaires et a eu un radar de veille aérienne de Type 13 installé. Il a ensuite regagné le mouillage des îles Lingga.

Dans le cadre du plan Sho-Go, qui a été mis en œuvre pour la défense de Philippines, la Division de Croiseurs, restée aux ordres du vice-amiral Kurita, fait partie de la Force d'Attaque de Diversion qui doit aller attaquer les navires qui débarquent les troupes de Armée américaine, dans le golfe de Leyte. Appareillant des îles Lingga le aux ordres du vice-amiral Kurita, la « Force Centrale », comme la désigneront les Américains se ravitaille à Borneo, en baie de Brunei, et repart, le 22, pour contourner Palawan par l'ouest, en route vers la mer de Sibuyan et le détroit de San-Bernardino. Mais dans la nuit du 22 au 23, deux sous-marins américains la repèrent et l'attaquent. Torpillé, aux premières heures du jour, par l', lAtago, qui porte la marque du vice-amiral Kurita, coule en vingt minutes. Le Maya est également coulé, et le Takao très gravement endommagé. Le vice-amiral Kurita et son chef d'état-major, le contre-amiral Koyonagi, sont parmi les rescapés récupérés par le destroyer Kishinami, mais ce n'est que dans l'après-midi que le vice-amiral Kurita prendra pied sur le , qui portera sa marque pendant la bataille du golfe de Leyte.

Bibliographie

Voir aussi Articles connexes Croiseur Croiseur lourd Classe Takao Liste des croiseurs japonais

Liens externes (caractéristiques techniques)

Notes et références

Notes

Références

Sources

Catégorie:Classe Takao Catégorie:Navire construit à Kure Catégorie:Bateau lancé en 1930 Catégorie:Nom de bateau Catégorie:Croiseur lourd Catégorie:Navire coulé en 1944 Catégorie:Croiseur de la Marine impériale japonaise Catégorie:Épave de l'océan Pacifique Catégorie:Navire coulé par un sous-marin américain