Lenvironnement au Japon est l'environnement (ensemble des éléments - biotiques ou abiotiques - qui entourent un individu ou une espèce et dont certains contribuent directement à subvenir à ses besoins) du pays Japon. Bien que le Japon cherche à préserver son environnement (importance des zones protégées, recyclage, politique anti-diesel à Tokyo...), la croissance démographique du pays a conduit à une importante urbanisation, extrêmement dense, et à des consommations de ressources importantes. L'empreinte carbone est de fait élevée. En 2007, le Japon était le gros émetteur de au monde, avec environ 4,2 % du total des émissions.

Par ailleurs, le territoire japonais a été fortement pollué de par son histoire : bombardements durant la Seconde Guerre mondiale (dont deux explosions atomiques majeures), exposition aux risques naturels, intoxication au mercure aux pourtours de la baie de Minamata (ayant donné son nom à la maladie de Minamata). L'accident nucléaire de Fukushima, en 2011, a eu des répercussions importantes, de par son impact environnemental très négatif, mais aussi dans la politique environnementale du pays (arrêt de la plupart des centrales pendant plusieurs mois et augmentation des importations énergétiques) et dans la perception de l'énergie nucléaire par la population.

Le Japon a mis en place une politique environnementale globale, avec notamment des moyens importants pour la prévention des risques naturels (normes parasismiques et formation de la population, barrages pour la prévention des inondations...).

L'empreinte écologique par personne du Japon était en 2012 de , ce qui est très supérieur à la moyenne mondiale (). La biocapacité par personne n'était que de , valeur très faible due à l'exiguïté du territoire par rapport à la population, de sorte que le Japon est en fort déficit écologique. Le déficit écologique du Japon est relativement stable depuis les années 1970Empreinte écologique et biocapacité du Japon depuis 1961..

La biodiversité au Japon Milieux, faune et flore

vignette|Une fleur de Prunus serrulata ou cerisier du Japon. vignette|Une grue du Japon. vignette|Deux cerfs Sika. Le Japon est un archipel (de ) volcanique et fortement montagneux. L'altitude maximale est de . Le climat est très varié, du fait de l'étirement du Japon du nord au sud. Les milieux écologiques sont donc très diversifiés.

La forêt couvre les deux tiers de l’archipel, notamment les reliefs montagneux. La forêt avait diminué de moitié au lendemain de la défaite de 1945. La politique de reboisement a privilégié les conifères qui grandissent rapidement : en particulier, les cèdres du Japon et les cyprès du Japon. Les conifères représentent désormais 40 % de la forêt japonaise. L'écosystème est bouleversé et les sous-bois appauvris. L’accident nucléaire de Fukushima, en , a par ailleurs affecté les forêts du nord du Honshu, contaminées par la radioactivité pour des décennies.

Près d'un quart des animaux vertébrés du Japon sont des espèces endémiques, et de plantes sont originaires du pays.. La libellule et le cerisier du Japon sont des symboles du pays. Les cerfs sont également protégés dans certains territoires (Nara et l'île de Miyajima) ; leur population était de en 2012 pour tout l'archipel excepté Hokkaido, d'après le ministère de l'environnement..

Un tiers des espèces d'insectes recensées au Japon est en risque d’extinction..

Territoires protégés Les parcs nationaux du Japon sont au nombre de trente. Il existe également quasi nationaux, et naturels préfectoraux. De 2009 à 2011, cinq parcs ont été inclus à la liste des géoparcs reconnus par l'UNESCO.

Impacts sur les milieux naturels Activités humaines Impacts des guerres L'environnement a été fortement pénalisé par les nombreux bombardements de la Seconde Guerre mondiale.

Agriculture, pêche et alimentation Agriculture La rareté des plaines, très peuplées, oblige l’exploitation des collines et des montagnes avec le système des cultures en plateaux.

Le Japon est un des pays au monde, avec la Colombie, le Costa Rica et le Mexique à utiliser les plus fortes concentrations de pesticides..

Pêche Le Japon est classé parmi les plus mauvais élèves mondiaux en matière de pêche et de consommation de thon rouge et de chasse à la baleineLa Suisse en faveur de la reprise de la chasse à la baleine, RSR.ch, le 23 juin 2010.. La flotte de pêche japonaise est une des plus importantes au monde et réalise presque 15 % des prises totales.

Le gouvernement japonais se retire de la commission baleinière internationale en et reprend officiellement la chasse commerciale en ..

Alimentation la cuisine japonaise repose sur le riz, le soja et les produits de la mer.

Si la boisson la plus répandue reste le thé, des sodas ainsi que de nombreux alcools (bière, saké) sont consommés.

Si la viande est en général absente de la cuisine traditionnelle, il existe tout de même une consommation, et on peut trouver les grandes enseignes de fast-food occidentales. Il existe aussi une consommation de luxe de cheval, dont la viande est mangée crue - ainsi, en 2021, environ chevaux par an sont transportés vivants par avion et engraissés au Japon pour être consommés..

Industrie forestière Le bois est le matériau essentiel de l’architecture traditionnelle. À partir de la seconde moitié du , l'industrialisation entraine une utilisation intensive du bois comme source d’énergie. Avec l’ouverture du marché à l’international dans les années 1960, l’industrie s’est détournée de la forêt japonaise pour importer de l’étranger à moindre coût. Le pays était autosuffisant, il est en 2017 le plus gros importateur de bois, absorbant à lui seul un quart des exportations mondiales.

Transports thumb|Monorail Shonan

Le réseau routier est développé et bien entretenu.

L'une des spécificités du transport japonais est son réseau de trains, métros et trains à grande vitesse (Shinkansens) très dense et efficace.

La pratique du vélo est très répandue. On compte 72 millions de vélos en circulation au Japon.

Réchauffement climatique Une étude publiée dans la revue Scientific Online Letters on the Atmosphere indique que la canicule, qui a tué 1 032 personnes au Japon en , « n’aurait pu se produire sans le réchauffement du climat.. »

Pressions sur les ressources lang=fr|thumb|300px|Production d'électricité au Japon. Ressource eau Bien que le pays compte quelques nappes phréatiques, les prélèvements proviennent en grande majorité des eaux de surface (à hauteur de 95 %). La consommation moyenne était importante en 2002, de l'ordre de 245 L/hab/j.

Développement des énergies renouvelables Sur les 19,45 millions de kilowatts renouvelables produits par l’archipel, environ 5 millions proviennent de l'énergie solaire. Les méga-centrales solaires (souvent offshore) se développent.. Si ce type d'énergie est peu polluant durant l'exploitation, la production consomme des métaux rares, et le recyclage est problématique.

La géothermie est également développée. La centrale géothermique de Hatchobaru (Préfecture d'Ōita) est une des plus grandes du monde.

L'hydroélectricité est bien développée, avec de nombreux barrages.. Le relief montagneux et l’abondance des pluies favorisent l’énergie hydroélectrique dès les années 1950, la puissance ayant quadruplé de 1951 à 1959.

En 2007, d'après l'office international de l'eau, le Japon répond à 70 % de ses besoins en totale autonomie.

Pression sur les ressources non renouvelables

Pauvre en ressources naturelles, le Japon est un paradoxe économique, puisqu'il a développé une puissante industrie.

Le secteur énergétique dépend fortement des importations, notamment des combustibles fossiles : importateur mondial de gaz naturel, pour le charbon et pour le pétrole ; ces importations ont été fortement accrues à partir de 2011, du fait de l'arrêt presque complet de la production des centrales nucléaires après l'accident nucléaire de Fukushima. Presque tout son pétrole lui vient d’au delà des mers.

La dépendance est la même pour l'industrie. Gros fabricant d’aluminium, il doit importer tout la bauxite nécessaire. Sur les trente-trois métaux qui sont nécessaires à une industrie moderne, il en trouve seulement six chez lui. Il dépend, en 1962, à 82 % de l'étranger pour le minerai de fer..

Pollutions Les émissions de CO2 +Évolution des émissions de CO2 au Japon Trends and projections in Europe 2013, site de l'EEA (Agence européenne de l'environnement), 16. En millions de tonnes de CO2et non en T Eq.Carbone. 1990 % 1990 2005 2006 2007 2009 2010 % 2010 % var.2010/1990 1064 5,1 1228 1202 1236 1096 1143 3,8 +7,4

En 2007, le Japon était le gros émetteur de CO2 au monde, avec environ 4,2 % du total des émissions. En 2012, les émissions de gaz à effet de serre étaient estimées à 2,62 % des émissions mondiales, avec environ 1207 MtCO2 émis.. Les émissions du Japon sont stables, alors qu'elles devaient diminuer de 6 % dans le cadre du Protocole de Kyoto..

Dans les années 2010, le Japon consomme un quart des exportations mondiales de bois, alors qu'il était autosuffisant. Ces importations ont un impact en termes de bilan carbone : des émissions liées au transport des ressources et à la part utilisée pour l'énergie, et du stockage de carbone dans l'architecture.

La pollution de l'air thumb|Une rue illuminée d’enseignes néons multicolores à Shinjuku. L'air est parfois pollué par la pollution chinoise, mais aussi par des poussières issues des sols et chantiers nationaux, et par du sable jaune en provenance du désert de Gobi, lui-même vecteur de microparticules particulièrement nocives pour la santé..

À Tokyo, capitale, la concentration de particules fines (PM2,5) a diminué de 55 % entre 2001 et 2011, à la suite d'une politique anti-diesel.. Dans les rues de la métropole, qui bénéficie de l'air le plus propre des grandes villes d'Asie, on croise plus de vélos que de voiture.

La pollution lumineuse est toutefois, elle, importante.

La pollution de l'eau En 2004, si certaines rivières comme la rivière Agano dans la région du Hokuriku sont très peu polluées (degré de « fraicheur » de 99,1 %), d'autres le sont plus, comme la rivière Tama dans la région de Tokyo (indice de 27, 1 %)..

Le taux de raccordement à un réseau d'assainissement était de 68 % en 2002, mais de seulement 35 % dans certaines zones rurales.

La gestion des déchets Le Japon fait partie des pays où le recyclage est le plus développé. Certaines communes recyclent jusqu'à 80 % des déchets, avec parfois un tri très sélectif (en 11 catégories). Il existe même un centre de tri où les habitants doivent déposer leurs déchets, avec un tri en trente-quatre catégories, ainsi qu'un magasin gratuit sur le même principe que ceux d’Emmaüs en France (don d'objets).. Le tri des déchets est également généralisé dans les espaces publics, les Japonais conservant par ailleurs leurs rues très propres.

Mais certains déchets ont aussi servi à la fabrication d'îles artificielles, dans la baie de Tokyo.

Le Japon est après les États-Unis le deuxième pays le plus gros consommateur de plastique au monde. Depuis 2019, le pays ne peut plus exporter vers la Chine ses déchets plastiques, celle-ci ayant annoncé ne plus accepter d’être la « poubelle du monde ». 60 % des déchets plastiques sont donc désormais brûlés..

Plus de 90 % des déchets du « Continent du plastique » du Pacifique proviennent de six pays, dont le Japon..

Impacts de l'urbanisation

thumb|Vue sur l'arrondissement de Shinjuku et ses gratte-ciels, à Tokyo L’agglomération de Tokyo est, avec plus de d’habitantsTokyo, « la ville dense » par la Chambre de commerce et d’industrie de Paris., la plus peuplée du monde. Tokyo est de plus la troisième ville la plus peuplée au monde, derrière Shanghai et Delhi.