L'Hymne national () est l'épisode pilote de la série britannique diffusé sur le . Écrit par le créateur de la série, Charlie Brooker, ce pilote pose les bases de ce qui deviendra la marque de fabrique de la série : le concept de l'acrasie, ou l'attraction que l'on éprouve à regarder quelque chose qui nous révulse.

Après l'enlèvement de la princesse royale, le Premier ministre britannique incarné par Rory Kinnear, est confronté à un énorme et choquant dilemme. L'épisode examine non seulement la question du libre-arbitre dans un environnement politique où la notion de popularité est aisément biaisée et peut être manipulée, mais aussi l'interaction entre les différents acteurs des domaines politiques et médiatiques ainsi que du public devant une situation de crise.

Contexte est une série d'anthologie dont les épisodes sont liés par un thème commun, là où les autres séries conservent généralement les mêmes acteurs dans les différents épisodes. Chaque épisode est ainsi interprété par des acteurs dans des lieux et des époques distinctes. étant une série dystopique et satirique sur les dangers de la technologie, le thème se concentre sur les conséquences imprévues de celle-ci sur nos existences dans un futur proche, voire immédiat.

Tentant de résumer l'argument de sa série, Brooker écrit : , ajoutant que le du titre fait référence aux écrans éteints de nos ordinateurs, nos téléviseurs et nos smartphones..

Synopsis Très tôt le matin, le Premier ministre du Royaume-Uni Michael Callow est réveillé par ses conseillers, qui l'informent que la duchesse de Beaumont, affectueusement surnommée « princesse Susannah », a été enlevée par un individu non identifié. La revendication du preneur d'otage est simple : avant le même jour, le ministre doit avoir un rapport sexuel avec une truie filmé sans trucages (précisant les règles sans aspérités du dogme 95) et retransmis en direct sur tous les médias du Royaume-Uni.

Callow, révulsé par cette demande, ordonne immédiatement d'éviter la diffusion de la nouvelle et ses conseillers transmettent une D-Notice à la presse nationale pour l'inciter à la discrétion. Hélas, une vidéo de la princesse a déjà été mise en ligne sur YouTube, et a déjà été largement visionnée et téléchargée malgré son retrait presque immédiat du réseau. Toute la retenue des médias anglais s'évanouit quand l'histoire est relayée par les médias étrangers (CNN, Fox News, MSNBC, Al Jazeera, NHK etc.).

Les autorités parviennent à déterminer l'endroit d'où a été postée la vidéo et préparent une opération armée destinée à libérer la princesse. À l'insu de Callow, elles organisent aussi une ruse où un acteur pornographique serait substitué au Premier ministre, dont le visage remplacerait celui de la doublure grâce à un fond vert. Malheureusement, une fois encore, l'information fuite sur Internet ; peu après, une chaîne d'information reçoit un colis contenant un doigt coupé et des images du ravisseur mutilant la princesse. L'opinion publique, d'abord hostile au chantage (72 % de « NON »), bascule totalement (86 % de « OUI »). Désespéré, Callow déclenche l'opération armée destinée à libérer la princesse, localisée dans une université abandonnée (à partir de l'heure précise de la publication de la vidéo de revendication) ; mais celle-ci tourne au fiasco : le groupe d'intervention se retrouve devant un mannequin de femme nue et une journaliste est blessée par balle à la jambe droite. Le ravisseur avait utilisé un serveur proxy. Les pressions deviennent intenses et Callow se résigne à passer à l'acte devant les yeux du monde entier.

Alors que tous frémissent d'impatience devant la pénible prestation du ministre, la princesse avance péniblement sur le , puis s'écroule dans l'indifférence générale… Les rues de Londres sont vides et la ville semble inhabitée, chacun étant devant son poste de télévision. Pendant ce temps, les plus proches collaborateurs du ministre apprennent que Susannah a été libérée à 15 h 30, un peu avant expiration de l'ultimatum ; ils décident que cette chronologie des événements doit absolument rester ignorée de tous, et surtout de Callow. Le fond de l'affaire est bientôt révélé publiquement : l'enlèvement a été organisé par Bloom Carlton, un lauréat du prix Turner, pour en faire une performance artistique retentissante ; Carlton s'est suicidé par pendaison pendant la diffusion de l'émission.

Un an après, la princesse Susannah ne présente pas de séquelles (le doigt tranché était en réalité celui de Carlton) et attend un enfant. De son côté, Michael Callow jouit d'une grande popularité et son couple semble avoir surmonté l'épreuve, du moins seulement en apparence, car dans l'intimité, Madame Callow maintient désormais une distance glaciale avec son époux.

Fiche technique Titre français : L'Hymne national Titre original : Réalisation : Otto Bathurst Scénario : Charlie Brooker Photographie : Jake Polonsky Montage : Chris Barwell Décors : Joel Collins Costumes : Jane Petrie Musique : Jon Opstad Production : Barney Reisz, Charlie Brooker et Annabel Jones Sociétés de production : Zeppotron Durée : 44 minutes Pays d'origine : Royaume-Uni Diffusion originale : : le sur : le sur France 4. Public conseillé : Déconseillé aux moins de 16 ans (exclusivement pour cet épisode)

Distribution Rory Kinnear : Michael Callow, le Premier ministre Lindsay Duncan : Alex Cairns, une collaboratrice du Premier ministre Donald Sumpter : Julian Hereford, un collaborateur du Premier ministre Tom Goodman-Hill : Tom Bilce, un collaborateur du Premier ministre Anna Wilson-Jones : June Callow, la femme du Premier ministre Patrick Kennedy : le chef de section Walker Alastair Mackenzie : Martin Chetna Pandya : Malaika, une journaliste d'UKN en quête de scoop Alex Macqueen : l'agent spécial Callett : Rod Senseless, un acteur porno Helen Fospero : Lucinda Towne Lydia Wilson : la princesse Susannah Sophie Kennedy Clark : Lauren Andrew Knott : Brian Allen Leech : Pike Johann Myers : Noel, de Blue Eyes Sophie Wu : Jamie, une collaboratrice du Premier ministre Rakie Ayola : Shelly Source VF RS Doublagehttp://www.rsdoublage.com/serie-15399-Black-Mirror.html

Accueil Audience

Accueil critique L'épisode a reçu des critiques globalement positives. écrit que ajoute que Enfin, complète ces critiques en affirmant que

Aux États-Unis, , avec la note A, indique que

« Piggate »

En , des allégations sont publiées dans une biographie non autorisée de l'ancien Premier ministre britannique David Cameron, selon lesquelles il aurait introduit « une partie de son anatomie » dans la bouche d'un cochon mort alors qu'il était à l'université, au cours de ce qui est décrit comme un rite d'initiation.... Charlie Brooker, le scénariste de l'épisode, a nié toute connaissance des faits. La similarité de l'histoire avec le synopsis de l'épisode a fait l'objet d'un grand amusement populaire dans les jours qui ont suivi ces accusations. Plusieurs contributeurs de Twitter ont utilisé le hashtag #Snoutrage qui apparaît dans l'épisode, lors de leurs discussions sur l'incident.

Notes et références

Liens externes

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