La médiation papale dans le conflit du Beagle suit l'échec des , lorsque, le , la junte argentine lance l'opération Soberanía pour reprendre le cap Horn et les îles accordées au Chili par l'. Peu après cet événement, le pape Jean-Paul II, offre sa médiation et dépêche son envoyé personnel le cardinal Antonio Samorè à Buenos Aires. L'Argentine, pays dont la population est à très forte majorité de religion catholique, acceptant l'autorité du souverain pontife, annule l'opération militaire et accepte la médiation. Le l'Argentine et le Chili signent l'Acte de MontevideoActe de Montevideo. demandant formellement la médiation du Vatican et renonçant à l'usage de la force.
Intérêts des parties Le médiateur agit pour désamorcer la situation en négociant un accord qui arrête la crise militaire immédiatement. Puis, le Vatican élabore un processus sur six ans permettant aux parties régler des problèmes de plus en plus complexes, comprenant les droits de navigation, la souveraineté sur les îles de l'archipel de Terre de Feu, la délimitation du détroit de Magellan et des frontières maritimes au sud du cap Horn et au-delà. Le Chili considérait alors la Sentence arbitrale de 1977 «…pleinement opérationnelle et obligatoire en droit… » tel que cela avait été confirmé par la Cour d'arbitrage après le refus argentinKarin Oellers-Frahm, Der Schiedsspruch in der Beagle-Kanal-Streitigkeit, . ; L'Argentine rejette le Compromis d'arbitrage international de que gouvernement d'Alejandro Lanusse avait sollicité en 1971 ; L'Argentine étend ses revendications à tous les territoires au sud de la Terre de Feu et à l'est du méridien traversant le cap Horn. C'est-à-dire que l'Argentine revendiquait l'île Horn, les îles Wollaston, l'île Deceit, l'île Barnevelt, les îles Evout, l'île Herschel, etc.
La mobilisation militaire de 1978 révèle d'autres les questions de relations internationales entre les deux pays qui avaient été auparavant négligés ou ignorés.
Le choix du médiateur Au début du mois de , l'Argentine et le Chili ne disposaient plus d'aucun mécanisme pour travailler à un règlement pacifique du conflit et la situation commençait à se déstabiliser rapidement. C'est arrivés à ce point, avec des négociations directes au point mort et une décision d'arbitrage refusée par l'Argentine, que le Chili suggéré une médiation. L'Argentine accepte la proposition et les deux ministres des Affaires étrangères acceptent de se rencontrer à Buenos Aires le afin de sélectionner un médiateur ainsi que les termes de lé médiation. Les candidats possibles étaientAlejandro Luis Corbacho, 2003, . : Jimmy Carter, Président des États-Unis d'Amérique ; l'Organisation des États américains, Juan Carlos d'Espagne, roi d'Espagne ; un président européen ; le pape Jean-Paul II.
Les ministres tombent d'accord sur le fait que le pape devrait être chargé de la médiation du conflit, mais leur accord s'avère éphémère. Dans la soirée, alors que la délégation chilienne était en train d'étudier les documents en vue de la signature, le ministre argentin appelle le ministre chilien Cubillos pour l'informer que le président Videla, qui avait approuvé leur choix du médiateur, s'était vu retirer son autorité par la junte.
Le , l'Argentine lance l'opération Soberanía afin d'occuper militairement les îles revendiquées. Dans la matinée du , le pape Jean-Paul II, sur sa propre initiative, contacte directement les deux gouvernements pour les informer qu'il allait envoyer son représentant personnel à Buenos Aires et à Santiago du Chili.
L'Acte de Montevideo À Montevideo, en Uruguay, le , les représentants des deux pays signent l'acte de Montevideo. Par se traité, les parties acceptent : de n'imposer aucune restriction sur la médiation (textuellement : «… à ne pas soulever d'objection à l'expression par le Saint-Siège, au cours de ces procédures, aux idées que ses études approfondies sur un des aspects contestés du problème de la zone sud pourraient lui faire suggérer, en vue de contribuer à un règlement pacifique acceptable pour les deux parties… ») «…Antonio Cardinal Samoré… demanda […] que cette requête [en médiation] soit accompagnée par un engagement que les deux États n'aient pas recours à la force dans leurs relations mutuelles, et à un retour progressif à la situation militaire existante au début de l'année 1977 et qu'ils s'abstiennent d'adopter des mesures susceptibles de rompre l'harmonie dans tout secteur.… ».
Le traité donne au médiateur un cadre général dans lequel négocier sans restrictions géographiques ou temporelles.
Liste des membres de la délégation chilienne à Rome : Enrique Bernstein Article de Pedro Daza Valenzuela sur gobernabilidad.cl. Francisco Orrego René Millar Carvacho, Pasion de Servicio : Julio Philippi Izquierdo. Julio Philippi Ernesto Videla Santiago Benadava Helmut Brunner Patricio Prieto Enrique Bernstein Carabantes, Recuerdos de un diplomático, vol. 4, . Osvaldo Muñoz Fernando Pérez Egert Eduardo Rodríguez Guarachi, Chile-argentina, más allá de sus fronteras : Crónicas de un diplomático, RIL Editores, 2004, , , 233 p., . Maximiliano Jarpa
Liste des membres de la délégation argentine à Rome : Général (R) Ricardo Echeverry Boneo Marcelo Depech Guillermo Moncayo Carlos Ortiz de Rozas Guillermo Moncayo Hugo Gobbi Susana Ruiz
Le principal assistant du cardinal Antonio Samorè était le religieux espagnol Faustino Sainz Muñoz.
Les quatre phases de la médiation Mark Laudy Mark Laudy, The Vatican Mediation of the Beagle Channel Dispute : Crisis Intervention and Forum Building . identifie quatre phases dans cette médiation : La première phase a été la période la plus courte et la plus critique de l'ensemble de la médiation, elle commence avec l'arrivée du cardinal Samorè à Buenos Aires le . Il s'agit alors purement d'une intervention de crise destinée à éviter la guerre et parvenir à mettre les parties d'accord sur le fait de soumettre la question à la médiation. Dans une diplomatie de la navette, Samorè effectue des allers-retours entre Santiago du Chili et Buenos Aires jusqu'à ce que son objectif soit atteint avec la signature de l'acte de Montevideo, le . La deuxième phase se déroule du mois de , moment auquel les délégations argentines et chiliennes arrivent à Rome, jusqu'au mois de , lorsque le pape présenta aux parties sa proposition pour résoudre le conflit. Cette première proposition est rejetée par l'Argentine. La troisième phase, la plus longue, s'étend de début 1981 jusqu'à , et le retour de la démocratie en Argentine, elle est caractérisée par de longues périodes de négociations au point mort. Le développement le plus important au cours de cette période est la répudiation par l'Argentine du Traité général de 1972, les efforts qui s'ensuivirent pour combler le vide juridique résultant de cette répudiation et la guerre des Malouines, qui a ouvert la voie au retour de la démocratie en Argentine La dernière phase débute avec la prise de fonction de Raúl Alfonsín à la présidence de la nation argentine à la fin 1983 et à la signature du traité de Paix et d'Amitié entre l'Argentine et le Chili de 1984.
La proposition papale de 1980 thumb|200px|right|La proposition papale de 1980. Le , le pape reçoit les deux délégations et leur communique sa proposition pour résoudre le conflit, dont les termes avaient été élaborés en secret et devaient être gardés secret afin d'éviter de susciter tout débat public qui pourrait miner la confiance dans la procédure et de limiter la liberté d'action des deux gouvernements. Malgré cela, le , le journal argentin La Nación publie les termes de la proposition. Le Chili conserverait toutes les îles et l'Argentine serait en droit de maintenir certaines installations limitées (radars civils et stations météorologiques) sur certaines îles et recevrait des droits de navigation étendus. Le plus important, cependant, était la création d'une zone de l'océan connue sous le nom de « mer de la Paix ». Dans cette zone, s'étendant à l'est et au sud-est du chapelet d'îles contestées, les eaux territoriales chiliennes seraient limitées à une mer territoriale étroite, dans laquelle il serait obligé de partager avec l'Argentine — à parts égales — l'exploitation des ressources, la recherche scientifique et la gestion de l'environnement. Au-delà des eaux territoriales chiliennes, une portion d'océan bien plus vaste serait soumise à la juridiction argentine, cette portion étant soumise aux mêmes dispositions de partage qui s'appliquaient aux eaux territoriales chiliennes.
Le Chili accepte la proposition papale, malgré certaines réserves. L'Argentine n'a jamais officiellement répondu à la proposition. Cependant, le , l'Argentine remet une note au Vatican exprimant de sérieux doutes au sujet de la proposition, à la fois parce qu'elle n'accordait pas d'îles à l'Argentine et parce qu'elle permettait au Chili de maintenir une présence aussi loin dans l'océan Atlantique.
L'Argentine renonce au Traité général d'arbitrage de 1972 Le , l'Argentine annonce son retrait du traité bilatéral de 1972 prévoyant le recours à la Cour internationale de justice en cas de conflit. En Argentine, le processus judiciaire était devenu un anathème, compte tenu notamment de la sentence arbitrale adverse de 1977 Michael Morris, The Strait of Magellan, Martinus Nijhoff Publishers, 1989, .. Le Chili se réservant le droit d'aller devant la CIJ unilatéralement avant que le traité ne prenne fin le Article Argentina denuncia el tratado con Chile sobre el Beagle, El País, 23 janvier 1982..
La guerre des Malouines
Après le propositions papale, négociations restent dans l'impasse et, en attendant, une succession d'incidents au Chili et en Argentine tend les relations entre les deux pays.
Le , le général Leopoldo Fortunato Galtieri, (alors chef de l'armée argentine, puis plus tard Président de la nation argentine, pendant la guerre des Malouines), fait fermer la frontière avec le Chili sans aucune consultation avec son propre présidentArticle Historia de la santa mediación, Clarín, Buenos Aires, 20 décembre 1998 : (en )..
En cinq semaines avant le début de la guerre des Malouines, un navire de la Marine argentine, l', jette l'ancre sur l'île Deceit, de facto sous souveraineté chilienne depuis 1881, et refuse d'abandonner la baie malgré les demandes chiliennes Pinochet ordena el acuartelamiento de las tropas chilenas por el conflicto con Argentina sobre el canal de Beagle, El País, 6 mars 1982.William Ben Hunt, Getting to war : predicting international conflict with mass media indicators, ..