George S. Zimbel, né le à Woburn (Massachusetts, États-Unis) et mort le à Montréal (Québec, Canada), est un photographe documentaire né aux États-Unis, ayant émigré au Canada au début des années 1970. Pigiste durant toute sa carrière, il fait partie de la Photo League dont il fut l’un des derniers représentants. Se décrivant lui-même comme un « photographe humaniste », il se concentre sur les scènes de vie quotidienne. Cependant ce sont surtout ses photographies de personnages célèbres comme celles de Marilyn Monro et de John F. Kenney qui ont fait sa renommée. Il entre à l'Académie royale des arts du Canada en 2005.

Biographie Formation George Sydney Zimbel est né en 1929 à Woburn, petite ville de quelque près de Boston au Massachusetts., de parents immigrants juifs en provenance des pays baltes.. Son père, Morris, possédait une mercerie. George fit ses études secondaires à la Woburn High School où il produisit les photographies illustrant l’album-souvenir de l’année de graduation. À 14 ans, son père lui prêta pour qu’il puisse acheter son premier véritable appareil photographique, une Speed Graphic 4/5.

Ayant obtenu son diplôme, il s’enrôla au prestigieux Columbia College de New York pour y étudier les arts libéraux. Il commença alors à écrire et photographier pour le Columbia Daily Spectator. L’année suivante le magazine Life publia sa première photographie Squirt Gun Fad. Il débuta alors comme pigiste, trouvant de petits contrats auprès d’architectes et d’entreprises de construction à raison de par image, ainsi qu’auprès de PiX, l’une des premières agences photographiques. En même temps, il suivait des cours de photographie auprès de John Ebstel à la Photo LeagueOrganisation ayant ses racines dans l’Internationale communiste allemande ayant comme philosophie que la photographie documentaire devait essentiellement être au service de causes politiques et sociales et décida de se lancer dans la photographie documentaire. Également en 1949, il fit la connaissance de Garry Winogrand et avec lui créa au sein du Columbia Camera Club l’informel « Midnight to Dawn Club » (De minuit à l’aube) faisant référence au fait que les deux amis utilisaient la chambre noire la nuit alors qu’elle était inoccupée.

Son association avec PiX lui permit une première commandite d’importance pour photographier Dwight D. Eisenhower. C’était la première d’une série de photographies de personnages célèbres qui devaient assurer sa renommée .

Ayant obtenu leur diplôme de Columbia en 1951, les deux amis obtinrent une bourse pour étudier à la New School for Social Research sous la direction de Berenice Abbott, laquelle, impressionnée par son travail, suggéra qu’il s’inscrive aux séminaires d’Alexey Brodovitch, directeur artistique du Harper’s Bazaar.

Par la suite, il devait rencontrer Edward Steichen, alors conservateur au Musée d’art moderne de New York qui lui fit découvrir les originaux de maitres de la photographie comme Walker Evans et Henri Cartier-Bresson, ce qui le décida définitivement à faire de de la photographie documentaire et, en particulier, de la photographie vernaculaireGenre de photographie d’amateur dont le sujet est la vie de tous les jours, sans intention artistique, qu’affectionnait particulièrement Walker Evans, une carrière. Sur les conseils de Steichen, il accepta en 1951 un contrat avec l’armée des États-Unis pour faire un stage en Europe qui lui permit de produire un livre de photographies aériennes de la région du Rhin photographiée à basse altitude. Il profita alors de ses permissions pour aller faire de la photo en Angleterre, France, Allemagne et Italie .

Photographe pigiste Il revient à New York en 1953 pour reprendre sa carrière de photographe pigiste, travaillant pour divers journaux et magazines comme Parents Magazine, Redbook Magazine, Medical Image Magazine et le New York Times Magazine. Il devait la même année être fait membre de l’American Society of Magazine Photographers.

C’est l’année suivante, en 1954, qu’il prendra la photo qui lui apportera plus tard la célébrité : celle de Marilyn Monroe sur l’avenue Lexington pour la promotion de son film The Seven Year Itch, photo dans laquelle on voit s’envoler la jupe blanche de la vedette soulevée par l’air provenant d’une bouche d’aération. Pourtant, cette photo risqua de ne jamais être publiée; croyant qu’il s’agissait d’un truc de promotion publicitaire, Zimbel remisa la photo dans sa boite à négatifs . Ce n’est qu’une vingtaine d’années plus tard qu’il imprimera celle-ci à l’occasion d’une exposition.

Plus important pour lui était le projet qui devait s’étaler sur près de dix ans et constituer une documentation photographique du président Harry Truman. Il devait en résulter une collection de quelque 500 photos intitulée A President in Retirement, aujourd’hui partie de la collection de la Bibliothèque Truman. Une deuxième photo prise la même année devait devenir iconique : Irish dancehall, the Bronx, dans laquelle on voit un jeune danseur se demander qui choisir parmi les jeunes filles qui l’entourent dans l’atmosphère enfumé d’un club. Peu de photographies rappellent aussi bien ce « moment décisif », cher à Henri Cartier-Bresson, illustrant l’expérience d’être jeune dans les années 1950 alors que la musique, la danse et la mode devenaient les traits caractéristiques d’une génération.

En 1955, il épousa Elaine Sernovitz, écrivaine professionnelle qui contribua par la suite aux textes accompagnant ses photos. Le couple devait avoir trois enfants : Matthew (1956), Andrew (1958), Ike (1961) et en adopter un autre, Jodi (1964), une petite Coréenne .

Au cours des décennies 1950 et 1960 il continuera à photographier des personnalités américaines de la politique et du monde des arts comme Leonard Bernstein, Helen Keller, Mickey Rooney, Jean Seberg ou encore Dwight D. Eisenhower, et Richard Nixon. Particulièrement notable est celle où l’on voit John F. Kennedy, alors sénateur du Massachusetts avec son épouse Jacqueline, saluant la foule à bord d’une limousine convertible à Manhattan durant la campagne présidentielle .

Fidèle aux idées politiques de la Photo League de sa jeunesse, lesquelles avaient failli lui causer des ennuis lors de son engagement en Allemagne, farouchement opposé à la guerre au Vietnam et au climat politique régnant aux États-Unis, George et son épouse décidèrent d’émigrer au Canada en 1971 pour s’établir sur une ferme à Argyle Shore dans l’Ile-du-Prince-Edouard; il deviendra citoyen canadien en 1977. Tout en s’occupant de sa ferme « Bona Fide », il continua à accepter des contrats de photographie; c’est ainsi qu’il fut le photographe officiel lors de la visite de la reine Elizabeth II au Canada. C’est dans l’Ile-du-Prince-Edouard qu’il devait avoir sa première exposition d’importance au Confederation Art Gallery-Museum de Charlottetown en 1976.

Cet intermède dans sa carrière dura une décennie jusqu’à ce que, en 1980, les enfants ayant grandi, le couple décide de s’installer à Montréal où George renoua avec sa vie professionnelle; il avait 51 ans. Sa renommée grandissant, il put choisir plus librement ses affectations, travaillant pour des entreprises comme le Canadien National, Bombardier et Northern Communication, des institutions comme l’université McGill pour laquelle il fera publier un livre, McGill, a celebration, ou encore le gouvernement du Québec pour qui il fera une campagne publicitaire visant le tourisme en provenance des États-Unis . En même temps, ses œuvres commençant à être recherchées par les collectionneurs, il dut consacrer plus de temps dans sa chambre noire. Son association avec Serge Vaisman de la Galerie Art 45 à Montréal donnera l’occasion de quatre expositions individuelles de 1982 à 1989. Les musées achètent également ses œuvres et mettent sur pied des expositions soit au Canada, comme la Galerie nationale (aujourd’hui Musée des beaux-arts du Canada) à Ottawa, le Musée des beaux-arts de Montréal , ou à l’étranger comme le Musée d’art moderne, le International Center of Photography de New York ou l’Institut Valencià d'Art Modern en Espagne.

La mort de son épouse en 2017 devait le marquer profondément. À partir de ce moment, il mit fin à sa carrière de photographe et se retira de la vie publique. Lui-même devait s’éteindre entouré de ses proches le à Montréal à l'âge de 93 ans.

Œuvre George Zimbel se décrivait lui-même comme un « photographe humaniste », expression qu’il définissait comme « un photographe documentaire avec un cœur » (documentary photographer with a heart) . L'essentiel de son travail se fera en photographie argentique noir-et-blanc au moyen d’un appareil Leica :

Bien qu’il soit surtout connu pour les photographies iconiques comme celles de Marilyn Monro ou John F. Kennedy, ce qu’il aimait surtout était de parcourir les rues au hasard, photographiant le quotidien de gens ordinaires : enfants en train de jouer, mères poussant le carrosse de leurs poupons, usagers du métro, etc..

Il utilisera quelques fois la couleur, ici encore pour présenter des objets usuels comme ces « Bleuets – Lachute », photographie dans laquelle le bleu-mauve des fruits fait contraste avec le rouge vif de leurs casseaux disposés de façon géométrique.

Fidèle aux principes qui l’avaient inspiré dans sa jeunesse et à son association avec Photo League, il tenta toujours de conserver son indépendance, choisissant les affectations lui permettant de travailler avec le moins d’interférence possible de la part des éditeurs, directeurs artistiques ou agents de relations publiques de grandes corporations. «Photographe documentaire humaniste », ses images sont celles de l’observateur objectif de la réalité dont il se dégage en même temps une sensibilité à l’endroit de ses sujets qui est plus celle de l’artiste que de l’historien ou du sociologue. Comme il aimait le dire : « Si c’est l’information qui attire l’observateur, c’est l’art du photographe qui le captive » .

Musées et collections publiques

Expositions Expositions individuelles 1976 : Première exposition d’envergure, Confederation Centre Art Gallery-Museum, Charlottetown, (I.P.E). Décennie 1980 : Quatre expositions individuelles à la galerie Art 45 : « Marilyn Monroe, The Seven Year Itch 1954 », « New York 1950s-1960s », « The European Work 1952-1953” et “Singles & Series, 1951/1985”. 1994 : “U.S. Politicians”, Museum of Modern Art New York (avec livre-souvenir) 1995 : Exposition à la Stuart B. Baum Inc., Chicago (Ill.) 1996 : « New Acquisitions », MFA, Houston (Texas) 1999 : Exposition individuelle à la Stephen Bulger Gallery, Toronto (ON) 2000 : Retrospective, Institut Valencià d'Art Modern, Valence (Espagne 2000 : « Documents », John Cleary Gallery, Houston (Texas) 2001 : Photographies de 1947 à 2000, Columbia University, New York 2001 : Exposition individuelle, A Gallery For Fine Photography, New Orleans (Louisianne) 2002 : Exposition individuelle à la Stephen Bulger Gallery, Toronto (ON) 2004 : Exposition individuelle, Confederation Centre of the Arts Museum, Charlottetown (I.P.E.) 2005 : Exposition individuelle, Ambassade du Canada, Tokyo (Japon) et Place des Arts (Montréal) 2008 : « Energy », Kowasa Gallery, Barcelone (Espagne) 2011 : Exposition individuelle à la Stephen Bulger Gallery, Toronto (ON) 2015 : George S. Zimbel: un photographe humaniste, Musée des Beaux-Arts, Montréal (Québec) .

Expositions de groupe 2005 : Brooklyn Museum 2007 : « The End is Nigh », Higher Pictures Inaugural Exhibition, New York 2007 : “Bonheur”, Montréal (Québec) 2007 : “Man & Beast” , Parc La Villette, Paris 2012 : Exposition de groupe, Stephen Bulger Gallery, Toronto (ON) 2013 : « Just Kids », Kowasa Gallery, Barcelon (Espagne).

Honneurs et récompenses 2001 : Prix pour l’ensemble de sa carrière du Canadian Photographers in Communications. 2005 : Est élu membre de l’Académie royale des arts du Canada.

Bibliographie Sur la photographie au Canada . . . . . .