Maurice Guillaume, né à Chaumont (Haute-Marne) le et mort à Paris le , est un officier français devenu directeur de journaux dans l'entre-deux-guerres.

Biographie Carrière militaire

Fils d'officierCf. le Dossier de la Légion d'honneur de Jules Guillaume sur la base Léonore, Maurice Guillaume a été élève au petit séminaire de LangresRevue des lectures, 15 septembre 1934. Il s'engage dans l'armée en 1906 et intègre l'École spéciale militaire de Saint-Cyr ; il fait partie de la (1907-1908) et en sort major de promotionHistorique de la promotion du centenaire de l'école de Saint-Cyr, Annuaire de la Saint-Cyrienne, 15 septembre 1931, .. Il sert en Afrique du Nord, en Algérie et au Maroc. Alors jeune lieutenant de , il est blessé durant les émeutes de Fès d'. De 1912 à 1915, il est affecté au bureau militaire du Résident général au Maroc, le maréchal Hubert Lyautey, dont il est l'officier d'ordonnance puis le chef de cabinet.

Il sert en France comme capitaine puis chef de bataillon dans l'infanterie (chasseurs à pied) durant la Première Guerre mondiale. Il est sept fois cité, reçoit la croix de guerre et la croix de chevalier de la Légion d'honneur en 1916. Deux fois blessé, il est affecté à l'état-major de la armée en 1918. Il est mis à disposition de la présidence de la République en 1920, comme officier d'ordonnance de Paul Deschanel, , ., ce qui lui vaut d'être promu officier de la Légion d'honneur.

Il épouse en 1919 Germaine de Kératry (1893-1994), issue d'une famille de la noblesse bretonne, fille aînée d'un directeur du contrôle financier en Indochine, Pierre de Kératry. Infirmière de la Croix-Rouge durant la guerre, elle est titulaire de la croix de guerre comme son mari. L'un des témoins de mariage de Guillaume est Aristide Briand, Le Gaulois, 29 décembre 1918, . Elle est la petite-fille d'Émile de Kératry.. Ils ont eu quatre enfants, deux filles et deux fils. Ses deux filles épouseront des officiers : Monique, mariée au capitaine de frégate Bizot-Espiard, et Claude, qui épouse en 1944 un saint-cyrien, Pierre FavereauLe Matin, 30 juin 1944, Biographies des principales personnalités françaises décédées au cours de l'année, 1962, . Ses deux fils seront aussi officiers : Jean-Marie, décédé en Algérie en 1957 à la tête d'une unité de parachutistesLe Monde, 19 août 1961, et Pierre Guillaume, lieutenant de vaisseau, officier putschiste en 1961 et membre de l'OAS, condamné à plusieurs années de prison ; son itinéraire a influencé Pierre Schoendoerffer pour son roman et son film Le Crabe-tambourBulletin des amis de Raoul Salan, , biographie de son fils Pierre.

Mis en congé sans solde en 1921, il mène une seconde carrière de journaliste, tout en demeurant en disponibilité et dans le cadre de réserve, affecté à l'état-major du gouverneur militaire de ParisJournal officiel, 20 septembre 1926. Il est promu lieutenant-colonel en 1926 - il est alors à le plus jeune de son grade - puis colonel en 1930 (avec une photographie)], , .. Ce qui lui vaut un article moqueur du Canard enchaîné.. Il est promu commandeur de la Légion d'honneur en 1927 et devient le plus jeune commandeur de France.. C'est le maréchal Lyautey qui lui remet sa cravate de commandeur lors d'une cérémonie aux InvalidesCf. son dossier de la Légion d'honneur, , , , . Ces journaux publient en "une" une photo du lieutenant-colonel Guillaume décoré par Lyautey. Cf. aussi et , (photographies en civil). Il est à cette date membre de l'Association des membres de la Légion d'honneur décorés au péril de leur vie et membre du conseil de l'Association des Amis de Saint-Cyr, L'Echo de Paris, 27 avril 1928, liste des membres de la Légion d'honneur décorés au péril de leur vie, ..

Il est affecté à la tête du centre mobilisateur de Belfort en 1939, puis est promu général de réserve durant l'OccupationEn 1943 selon Le Monde du 8 juin 1946..

Journaliste et directeur de journaux

D'abord secrétaire général du quotidien de droite L'Intransigeant de 1921 à 1924, il est nommé directeur du quotidien d'information Le Petit Journal en , à , , , , .. Désigné administrateur de ce quotidien en , . et administrateur de Paris-Midi, tout en étant directeur et propriétaire de la Dépêche marocaine, ., il est obligé de quitter le poste de directeur à la mort du commanditaire du Petit Journal, Louis Loucheur, .. Il est ensuite directeur du Quotidien, commandité par Jean Hennessy, jusqu'au début de l'année 1933, . Jusqu'en mai 1933 selon ..

Il fonde en et dirige un hebdomadaire, VendémiaireJournal selon . Cf. aussi . L'hebdomadaire est possédé par une société au capital de dont Guillaume est l'un des administrateurs : , (il possède 290 actions sur 600). Vendémiaire est dirigé à partir de 1935 par Émile Buré, directeur du quotidien L'Ordre., puis un autre en , Choc, dont il est aussi le propriétaire, . Premier éditorial reproduit en partie dans . Il publie fin 1935 une enquête intitulée .. Son épouse aurait collaboré à ce périodique, signant des éditoriaux (sous le pseudonyme de GK Guillaume). Son épouse est présentée comme sa collaboratrice par l'un de ses avocats en 1938 : .. Choc est un périodique , opposé au Front populaire et à Léon Blum., et très anticommuniste ; il publie entre juillet et les appels du général Edouard Duseigneur à l'union des contre le communisme, : enquête sur la nécessité de l'union des groupements non-communistes face au communisme]. D'abord déférent à l'égard des Juifs, il verse ensuite dans l'antisémitisme.

Le colonel Guillaume participe à la campagne menée par l'extrême droite contre le chef du Parti social français, le colonel François de La Rocque : il publie des échos contre lui dans son journal, puis des articles du duc Joseph Pozzo di Borgo, du commandant Stanislas SicéNotamment l'article : . Ainsi que l'article du 19 août. ou de Philippe Henriot accusant La Rocque d'avoir reçu des fonds secrets d'André Tardieu lorsqu'il dirigeait les Croix-de-Feu. D'où la série de procès en 1937-1938 l'opposant à La Rocque, , , , , , interrogatoire de Guillaume, (plaidoiries des avocats de Guillaume), , Lettre de Guillaume, (photographie).. Il est agressé par des militants du PSF en ..

Au service du régime de Vichy

Devenu général du cadre de réserve, Guillaume, qui a servi dans sa jeunesse en Afrique du Nord et a présidé dans l'entre-deux-guerres la Djellaba, association amicale des troupes du Maroc. Il est désigné en 1926 président des anciens des et bis régiments de zouaves : Les Echos des anciens combattants, janvier 1926, est chargé auprès du chef du gouvernement, Pierre Laval, de la coordination des affaires nord-africaines, ainsi que du contrôle du service des affaires nord-africaines, créé en par le régime de Vichy pour s'occuper des questions intéressant les Nord-Africains se trouvant sur le territoire métropolitainJournal officiel, 30 juin 1943, "Direction du service des affaires nord-africaines", Paris-Soir, 17 décembre 1943, "Un musulman de Paris tient table ouverte" (photographie ), Ibid., 9 décembre 1943, "Pour fêter l'Aid-el-Kébir", Le Matin, 18 décembre 1943, "Une manifestation artistique au profit des isolés nord-africains", Le Matin, 20 mai 1944, "Le meilleur bineur de betteraves de Seine-et-Marne un Nord-Africain est fêté à Melun (Photographie). Service des affaires nord-africaines : cf. Informations générales, 10 août 1943.

Il est arrêté à la LibérationL'Humanité, 23 septembre 1944, incarcéré jusqu'en , appréhendé une nouvelle fois le ; il est alors soupçonné de collaboration économique - il aurait eu des intérêts dans une entreprise qui devint un centre d'achat allemand sous l'Occupation, mais cette information fait l'objet d'un classement - et de trahison : il aurait travaillé pour l'Abwehr selon la presse. Il se défend en affirmant qu'il a transmis des renseignements à la Résistance. Il est mis en liberté provisoire et bénéficie ensuite d'un non-lieu, en 1946 ( éléments biographiques dans la biographie de son fils Pierre), , "Le cas du colonel Guillaume. Une mise au point du ministère de la justice", Le Monde, 12 juin 1946, "Le général Guillaume porte plainte contre le directeur de la sécurité militaire", Le Monde, 24 juin 1946.

Il est inculpé en 1951 de faux et usage de faux certificats de résistance mais il proteste de sa bonne foiLe Monde, 17 mars 1951 (une erreur factuelle dans l'article : il n'était plus directeur du Petit Journal en 1937), Le Monde, 19 mars 1951, "Une lettre du général Guillaume". Il est condamné en 1953, par défaut, à trois mois de prison avec sursis dans cette affaire d'un faux réseau de résistance, les Loups de FranceParis-presse, L’Intransigeant, 21 juillet 1953, Ce Soir, 5 juillet 1952Djaïd Yamak, « L’affaire des Loups de France : à la Libération, une association de faux résistants au service de vrais collaborateurs », Le Monde, 7 septembre 2026.

Il meurt en 1961 d'une embolie au cours de la cérémonie du retour des cendres du maréchal LyauteyLe Monde, 19 août 1961 (information donnée par l'avocat de Pierre Guillaume lors du procès de ce dernier relatif au putsch de 1961 en Algérie)..

Distinctions (). 7 citations (dont 3 palmes)

Notes et références

Voir aussi Bibliographie .

Pierre Guillaume (militaire) (fils de Maurice Guillaume), Mon âme à Dieu, mon corps à la patrie, mon honneur à moi, Mémoires, Paris, Plon, 2006 .

Liens externes

Biographie de Maurice Guillaume sur le site memoireafriquedunord.net

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