Gilette Ziegler (née Gauthier), née à Nice le et morte dans la même ville le , est une femme de lettres et une journaliste française, auteur de nombreux romans policiers, ainsi que d'études historiques. Elle utilise les pseudonymes de Gilles Grey, Tony Guildé, G. G. Ziegler, Elton Jones, Patrick Regan, Gisèle Singrist.

Membre d'un parti de droite, le Parti social français (PSF), avant la Seconde Guerre mondiale, elle est proche sinon membre du Parti communiste français après cette guerre.

Biographie

Formation Reçue première en 1923 au concours d'entréeLa Française, 24 novembre 1923. à l'École nationale des chartes, Gilette Gauthier y obtient le diplôme d'archiviste paléographeDaniel Compère (dir.), Dictionnaire du roman populaire francophone, Nouveau Monde éditions, 2007, . en 1927 avec une thèse sur les institutions communales de Grasse.Le Gaulois, 8 février 1927, Bibliothèque de l'École des Chartes..

Elle épouse Eric ZieglerLe Patriote de Nice et du Sud-Est, 24 février 1953.« Contrôles d'identité aux éditions Laclau ! », L'Auta, avril 2015..

Carrière journalistique et littéraire Dans l'entre-deux-guerres, sa signature apparait dans plusieurs périodiques, comme la revue féminine Minerva (articles et contes). Elle est une féministe déclarée, réclamant notamment le droit de voteG. Ziegler, « Lettre ouverte à M. Clément Vautel », Minerva, 27 juillet 1930.G. Ziegler, « Il y a cent ans », La Française, .Le Droit des femmes, janvier 1933.. Elle collabore aussi à la page destinée aux femmes du quotidien parisien Le Petit Journal, à partir de 1937, quand ce journal est l'organe d'un parti politique de la droite nationaliste, le Parti social français (PSF), fondé en 1936. Elle y plaide à nouveau la cause du droit de vote des femmes et borne leur rôle à celui de G. Ziegler, « Voyage aux pays féministes », Le Petit journal, 30 novembre 1937.. Membre du PSFSamuel Kalman, The Extreme Right in Interwar France. The Faisceau and the Croix de Feu, Routledge, 2026, (Il cite un de ses articles du Petit journal)., elle célèbre ce parti G. Ziegler, « La revendication féminine reste posée », Le Petit journal, 4 avril 1939.. Elle y vante aussi un centre social du PSFG. Ziegler, « Un chantier parmi tant d'autres », Le Petit journal, 20 décembre 1938., un parti dont le mot d'ordre est « Social d'abord ».

Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle participe à la résistance dans les Basses-Alpes où elle publie le journal clandestin Tenir.

Dès 1941, elle publie Dictionnaire des littératures policières, volume 2, .. Elle est d'abord publiée à partir de 1941 par l'éditeur toulousain Laclau, qui se lance dans l'édition de romans populaires au début de la Seconde Guerre mondiale, avec succès. Ses romans sont publiés sous divers pseudonymes ou sous le nom de « G. G. Ziegler » (Gilette Gauthier Ziegler).

Après la guerre, elle fait partie des écrivains, journalistes et artistes proches sinon membres du Parti communiste français (PCF). Elle collabore à des journaux communistes. Tout d'abord au quotidien niçois Le Patriote de Nice et du Sud-EstTangui Perron, Tapis rouge et lutte des classes. Une autre histoire du festival de Cannes, éditions de l'Atelier, 2024, chap. 5 : « Le palmarès, le protocole et la lutte des classes » (Il cite un article de 1945)., à partir de 1944 ou 1945. Elle y publie surtout des reportages et des romansCollection dans Gallica. mais elle a pu y écrire des articles politiquesG. Ziegler, « Nostalgie de la trahison », Le Patriote de Nice et du Sud-Est, 16 avril 1954.. Elle collabore ensuite au quotidien parisien Ce soir, à la revue Europe puis, régulièrement (années 1960-1975), à l'Almanach Ouvrier et Paysan, édité par L'Humanité, l'organe du PCF. Elle donne encore des articles à L'Humanité dans les années 1970. Elle a aussi collaboré à l'émission radiophonique « Ce soir en France »L'Humanité, 11 décembre 1950, Ibid., 19 juin 1951., diffusée depuis les pays du Bloc de l'Est« Petite histoire des journalistes et réalisateurs communistes à la radio-télévision », pcf.fr.. Au temps de la guerre froide, elle participe en 1951, comme représentante française de la Fédération démocratique internationale des femmes, liée au monde communiste alors dominé par Staline, à la délégation internationale qui se rend en Corée pour enquêter sur les atrocités commises selon la propagande communiste par l'armée américaine durant la guerre de Corée.Le Peuple, 29 août 1951.La Vie ouvrière, .. Elle en rapporte des photos et un témoignage publiés dans les quotidiens Ce soir Ce Soir, 12 juin 1951, Ibid, 15 juin 1951, G. Ziegler, « J'ai vu la Corée martyre », Ibid., 16 juin 1951, etc.. et L'HumanitéL'Humanité, 11 juin 1951..

Elle écrit deux romans publiés par une maison d'édition liée au PCF : J'étais au P.S.F. (1950), qui valorise le patriotisme des communistes durant la Seconde Guerre mondialeCe Soir, 20 juillet 1950, Jean Kanapa, « Les livres. J'étais au PSF », L'Humanité, 16 juin 1950.Son héroïne, Hélène Wetterlé, travaille au Petit journal jusqu'à la guerre et fréquente une « bibliothèque féministe » à Paris (. Le roman décrit une fascination pour François de La Rocque qui se transforme en déception : cf. Reynald Lahanque, « Les romans du réalisme socialiste français », Sociétés & Représentations, 2003/1, ., et Meurtre à Kang-Sé, paru en 1953, qui évoque la guerre de CoréeLes Lettres françaises, 8 octobre 1953..

Sa production de romans policiers est abondante. L'auteure utilise six pseudonymes, dont quatre masculins. Parmi ses romans policiers, quelques-uns ont pour héros l'irascible commissaire Gervais et son fidèle Fred Lièval ; d'autres, le médecin détective londonien Leslie Roy qui séjourne souvent en France où il contribue à faire la lumière sur de mystérieux assassinats. Elle a également créé le détective privé Raoul Lancy de l'agence Nolo. Ses romans opposent des détectives professionnels ou amateurs, aux opinions divergentes. Elle se met parfois en scène sous les traits de jeunes femmes archivistes paléographes ou journalistes et n'hésite pas à réécrire ses premiers romans des années 1940, en modifiant le nom de ses personnages et la résolution de l'énigmeDaniel Compère (dir.), Dictionnaire du roman populaire francophone, Nouveau Monde éditions, 2007, ..

Dans les années 1950, Gilette Ziegler est l'un des piliers des éditions Ferenczi & fils. Son dernier roman policier paraît en 1963. Elle revient à partir de cette date à l'écriture et à la publication d'ouvrages historiques.

Œuvre Romans Signé Gilette Ziegler J'étais au P.S.F., Les Éditeurs français réunis (1950) Meurtre à Kang-Sé, Les Éditeurs français réunis (1953) Hors de cette ombre, Éditions Julliard (1960) Les Mauvais Tours, Éditions Julliard (1968)

Signés G. G. Ziegler

Sera puni de mort, Laclau, (1941), réédition Laclau (1945) La Voie sanglante, Laclau (1942) L'Homme au mantelet d'or, Éditions Chantal, (1942) La police est sur les lieux, Laclau, (1942) L'Épine rouge, Laclau (1944) Choisis le poison, Le Livre de Minuit (1944) La Mission de Martin Faublas, Laclau (1944) La mort donne des numéros, Éditions Chantal, (1945) L'Heure de la justice, Laclau, (1946) Le Meurtre des studios Dundee, Éditions Chantal, (1947) Le Bar du jockey, Laclau (1947) Jeux de mort, Éditions Jacquier, (1952) Le Seul Témoin, Éditions Julliard (1958) Le Bois du silence, Les Éditeurs français réunis (1963)

Signés Gilles Grey Le Film du mort, Laclau (1941) Les Diamants de Nossi Bé, Laclau (1941) L'Erreur de Ramon, Laclau (1941) Celui qu'elle aimait, Laclau (1941) Ne tirez pas sur le pianiste, (1944) Les Yeux bandés, Laclau (1945) Un cri dans les ténèbres, Laclau (1945) Meurtre au village, Laclau (1945) Du sang au visage, Ferenczi & fils, (1954)

Signés Tony Guildé

Les morts ne parlent pas, Laclau, (1941) La Poursuite sans merci, Laclau, (1942) Un mort sur la plage, Éditions Chantal (1942) Le piano s'est tu, Laclau (1944) Les Vengeurs d'octobre, Le Livre de minuit (1944) Crime au refuge, Laclau (1945) Le Moulin qui pleure, Éditions Chantal (1945) Le professeur est amoureux, Laclau (1946) Le maître d'hôtel ne parlera pas, Ferenczi & fils, (1953) À l'Ombre du crime, Ferenczi & fils, (1954) Trois coups de feu, Ferenczi & fils, (1954) Le Dernier Film de Bertrand Diaz, Ferenczi & fils, (1954) L'Heure de la justice, Ferenczi & fils, (1954) Une histoire de fous, Ferenczi & fils, (1955) Du poison et du sang, Ferenczi & fils, (1955) Kidnapping, Ferenczi & fils, (1955) Du sang à la une, Ferenczi & fils, (1955) Le professeur était tombé, Ferenczi & fils, (1956) Tu mourras avant le 30, Ferenczi & fils, (1956) Pas de vacances pour les tueurs, Ferenczi & fils, (1956) Charlie n'est pas un assassin, Ferenczi & fils, (1956) Pourquoi tuer un inspecteur ?, Ferenczi & fils, (1956) L'inspecteur connaît la musique, Ferenczi & fils, (1956) De quoi vous empoisonner, Ferenczi & fils, (1956) Édition spéciale, Ferenczi & fils, (1956) Ne jouez pas au détective !, Ferenczi & fils, (1956) Je connais l'assassin, Ferenczi & fils, (1957) Un vrai jeu de massacre, Ferenczi & fils, (1957) Meurtre en clair-obscur, Ferenczi & fils, (1957) Les Assassins d'abord, Ferenczi & fils, (1957) Le Match de la mort, Ferenczi & fils, (1957) Pas de deuil pour Mayo, Ferenczi & fils, (1957) Troisième Degré, Ferenczi & fils, (1957) Cherchez la brune, Ferenczi & fils, (1957) Des frères à tuer, Ferenczi & fils, (1957) Un fou s'est évadé, Ferenczi & fils, (1957) La Mort au "Bois Dormant", Ferenczi & fils, (1958) Allez au diable !, Ferenczi & fils, (1958) Pas besoin d'avocat, Ferenczi & fils, (1958) Une dose de poison, Ferenczi & fils, (1958) Le brigadier est mort à l'aube, Ferenczi & fils, (1958) Deux morts dans les bois, Ferenczi & fils, (1958) Du plomb dans l'aile, Ferenczi & fils, (1958) Faux Visages, Ferenczi & fils, (1958) Le Gang des experts, Ferenczi & fils, (1958)

Signés Elton Jones Meurtres aux studios, Ferenczi & fils, (1954) J'ai peur de devenir folle, Ferenczi & fils, (1955) Deux boules d'or, Ferenczi & fils, (1955) Ce gosse est dangereux, Ferenczi & fils, (1955) Le mort allait parler, Ferenczi & fils, (1955) Duel à mort, Ferenczi & fils, (1956) La danseuse étoile est morte, Ferenczi & fils, (1956) Crime passionnel, Ferenczi & fils, (1957) Tu vas payer, Ferenczi & fils, (1958) Où sont les gangsters ?, Ferenczi & fils, (1958) Le tueur manque à l'appel, Ferenczi & fils, (1958) Ronde de nuit, Ferenczi & fils, (1958)

Signés Patrick Regan Préméditation, Romans & Nouvelles (1944) Le Rôle de minuit, Laclau (1945)

Signé Gisèle Singrist Crime sur commande, Ferenczi & fils, (1954)

Études historiques Gilette Gauthier-Ziegler, Histoire de Grasse au Moyen Âge, 1155-1482, Picard, 1935Revue historique, 1937. Les Coulisses de Versailles, Éditions Julliard (1963) Histoire secrète de Paris, Éditions Stock (1967) Le Défi de la Sorbonne. Sept siècles de contestation, Éditions Julliard (1969) Paris, un guide raconté aux jeunes, Éditions Stock (1969) Paris et ses révolutions, Les Éditeurs français réunis (1970) Amours, complots et révolutions, Le Pavillon (1972) Les Templiers, Culture, art, loisirs, cop. (1973) Curie Marie et Joliot-Curie Irène, Correspondance, choix de lettres (1905-1934), établie par Gilette Ziegler, Paris, Les Éditeurs réunis, 1974 Gerbert, Culture, art, loisirs, cop. (1975) Les Femmes et le Travail : du Moyen Âge à nos jours, Éditions de la Courtille (1975) (en collaborationrééd. Messidor-Temps actuels (1981) : avec Edmonde Charles-Roux, Marie Cérati, Jean Bruhat, Madeleine Guilbert, Christiane Gilles. Gilette Ziegler est l'auteure du chapitre sur le Moyen Âge.) Christine de Pisan, dans Collectif, Femmes extraordinaires, Paris, Éditions de la Courtille, 1979

Notes et références

Bibliographie . Daniel Compère (dir.), Dictionnaire du roman populaire francophone, Paris, Nouveau Monde éditions, 2007,

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Catégorie:Romancière française du XXe siècle