La Société du Jardin Berset est une société littéraire et artistique lavalloise. Fondée en 1763, elle disparaît en 1792. À Laval, à l'instar de plusieurs villes de FranceQuelques années plus tard (1765), se fondait à Mayenne une Société un Cercle littéraire sur laquelle Grosse-Duperon donne plusieurs renseignements (voir :Ville et pays de Mayenne, . Cette société traverse la Révolution française sans se dissoudre, et a continué jusqu'au début du . Plusieurs ecclésiastiques en font partie au ., de petites académies sont créées à la fin du . Certaines, telle le Cercle Louis XVI à Nantes subsistent de nos jours. À cette époque, presque partout se formèrent des clubsLe chanoine Nepveu de la Manoullière décrit ainsi la société dont il était membre : Le 13 janvier 1786, j'ai été reçu à la Société du jardin de la rue Saint-Vincent. C'est une assemblée d'hommes de différents états, tous gens comme il faut., que l'on appela plus généralement des sociétésLouis Garnier possédait un registre in-folio de 28 feuillets des procès-verbaux de cette Société..

Historique Jardin du Vaumorin Le , René Pichot de la Graverie insère cette note dans son recueil de Sentences : J'ay proposé une association d'un bail du jardin de M. Le Clerc de Vaumorin et, à la prière des associés, j'ay dressé le bail à ferme et les statuts et règlements de cette société, lesquels ont été lus, examinés, approuvés dans une assemblée générale des associés et par eux signés ce jourd'huy ..

Le fondateur projetait d'y faire venir les gazettes, journaux et mercures, d'y installer une bibliothèque où l'on pût consulter les grands dictionnaires tels que le Dictionnaire de Trévoux et Moréri, d'y tenir des conférences utiles, agréables et curieuses un jour peut-être d'y former une espèce d'académie.

Le chroniqueur Guitet de la Houllerie consigne : Vers la fin de cette année 1755, écrit-il, a été exécuté le projet d'avoir un jardin où l'on pût former une société et aller prendre un divertissement honnête ; on a pris à ferme pour neuf ans un jardin situé au haut de la rue des Chevaux, appartenant à M. Le Clerc de Vaumorin. La société de quatre-vingts personnes est composée de presque tous les officiers des sièges, de gentilshommes, de bourgeois et de négociants. M. Pichot de la Graverie, juge civil, est le secrétaire et président.

Pichot de la Graverie réunit autour de lui presque tous les officiers du siège de Laval.

Création On ne sait s'il y a eu scission au sein de la société Vaumorin, ou si d'autres habitants de Laval ont imité cette initiative. Le , quelques Lavallois se réunissaient chez Jean-Baptiste Berset, seigneur d'Hauterive et arrêtaient avec lui les conditions du bailLe bail était consenti pour une durée de neuf ans au prix annuel de 108 # ; le bailleur permettait aux sociétaires de transformer le jardin, tout en respectant les « espaliers, vignes, peschers et autres arbres étant près les murs », de manière à y planter des arbres formant ombrage et à y établir des « allées pour jouer à la boule » ; il s'engageait à édifier dans le délai d'un an, au-dessus de la salle du pavillon, une chambre avec cheminée et deux fenêtres, avec un escalier extérieur pour y monter. Puis « pour motifs connus aux soussignés, à la première réquisition du sieur Berset, on fera par sous-seing ou par devant notaire aux frais du dit Berset un bail simulé à raison de 30 livres par an, sans que de partny d'autre le bail simulé puisse estre tiré à aucune conséquence. » d'un pavillon et d'un jardin lui appartenant, situés en la rue du Marchis.

Membres fondateurs C'est à la bourgeoisie, aspirant souvent à la noblesseAjoutant souvent un nom de terre à leur patronyme. qui compose le cercle.

La minute était signée de: Jean-Baptiste Berset, qui entrait dans la nouvelle société, Jean-Baptiste Laureau de l'Enaudièreprésident de l'Élection de Laval, marié à Angélique Périer de la Corbinière, mort en 1794., conseiller du Roi, président du siège de l'Élection de Laval, Ambroise Letourneur de la BordeNé en 1725, marié à Renée-Françoise Thieslin., conseiller du Roi, juge au siège de l'Élection de Laval, Jean-Pierre Guérin de la Marche, conseiller du Roi, contrôleur au grenier à sel de Laval, Mathurin-Louis Bidault de la Touche, ancien capitaine au régiment de Piémont, chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis, François Richard de la Mitrie, négociant, et René Le Lamier, sieur des Prés-Neufs, avocat au siège ordinaire de Laval.

Au traité ainsi rédigé et signé déclarèrent s'associer : Pierre du Parc de la ProvôtièreMarié à Catherine Moreau de la Chambrairie., Louis Le DucMarié à Madeleine Dubois, bourgeois, demeurant place du Palais., avocat, François Martin de la Blanchardièreconseiller du Roi, élu en l'Élection de Laval, marié à Gabrielle-Aune du Plessis-Montgenard, décédé le 31 mars 1769., avocat, Nicolas Seigneur du HallayAvocat, fils de Nicolas Seigneur et de Marguerite Beaumesnil, avocat, Duchemin d'Auvais, Pierre-François Hoisnard de la MalonièreMarié à Jeanne Le Jay des Attelais, anobli par l'achat d'une charge de contrôleur ordinaire des guerres, mort en 1773., négociant, Duchemin du Bois du Pin, Jean-René HardyAvocat, fils de Jean-Baptiste Hardy des Antoudières, marié en 1763 à Anne Guays., avocat, Auguste-François RuffinConseiller du Roi, élu en l'élection de Laval, marié à Gabrielle Martin de la Blanchardière., magistrat, Pierre-Jacques Duchemin de la MorinièreNégociant, marié à Renée-Angélique Touchard., négociant, Douard de Vauraimbault, médecin, François Le BalleurLieutenant au siège ordinaire de Laval, marié à Madeleine Foureau, mort en 1785., sénéchal de Thévalles, Richard de la Motte, Couanier de la Vivancière, négociant, François-Marie Gaultier de Vaucenayécuyer, contrôleur ordinaire des guerres, marié à Catherine Guérin de la Gendronnière, mort en 1770., Taupin de la FrardièreMaître chirurgien, mort en 1783., François Lasnier de Vaucenay, négociant, Valleteau de Chabrefis, écuyer, contrôleur général des gabelles, de Vaudichon, entreposeur des tabacs, Duchemin de Beaucoudray, négociant, Duchemin de la Brochardière, avocat au Parlement, d'Aubert de Launay, écuyer, Jacques Beaumenil, René Enjubault de la Roche, avocat, le chevalier de TournelyLe chevalier de Tournely, seigneur du Bois-Thibault, marié le 7 juillet 1751, en l'église de la Trinité de Laval, à Jeanne-Mathurine du Plessis-Montgenard, dont il eut quatre fils et trois filles, décédé le 28 mars 1771. Son fils est Léonor François de Tournely, Foucault de LaubinièrePrésident au siège des traites foraines de Laval, il rédige en 1789 les doléances des officiers de ce siège., président des traites foraines de Laval, Foucault de la Morinière, avocat Perrier de la Girardière, négociant, et Berset, propriétaire du jardin.

Statuts Quelques jours plus tard, les sociétaires se réunissent pour approuver les statuts et voter quelques dispositions réglementaires. Ils élisent pour président François Martin de la Blanchardière, pour receveur M. de VaudichonIls fixent à 24 livres le chiffre du denier d'entrée exigible dans la première quinzaine de mai, « et faute par aucun des dits associés de fournir les fonds dans le délay fixé, son nom sera affiché sur la cheminée du pavillon, et le dit temps révolu, sera prié secrètement et avec bienséance par le président de se retirer. » Ils nommaient aussi un concierge, « qui recevra pour gages 24 livres par an et les fruits du jardin ; on lui donnera en outre 12 livres d'étrennes, et 12 sols chaque fois qu'il aura à porter les convocations. ». Les statuts approuvés par l'assemblée comprennent quatorze articles et précédés d'un préambule où sont exposés les avantages et le but de la SociétéL'expérience, y est-il dit, a fait connoistre que rien n'est plus avantageux à la société civile que de former des assemblées pour s'y entretenir des belles-lettres, des nouvelles publiques, lire les gazettes, les journaux, les mercures, et cultiver l'esprit par des conversations sérieuses et agréables ; que d'un autre costé il est très utile à la société de faire de l'exercice par la promenade et le jeu de boules ; ce qui a porté nombre d'amis de cette ville à prendre un jardin où l'on puisse réunir ces différents avantages aux clauses et conditions cy référées.. Les premiers articles des statuts concernent les fonctions du président et du secrétaire, les assemblées, le nombre des membres fixé à trente-cinq, « sans qu'il puisse être augmenté pour quelque cause et considération que ce soit propter angustiam » ; mais on admettait des surnuméraires et parmi eux le scrutin devait désigner les élus appelés à l'honneur de remplacer les sociétaires décédés, ou devenus démissionnaires par leur départ de Laval ou par suite d'une infirmité qui les retenait au logis. Nul postulant n'était reçu surnuméraire avant l'âge de vingt-quatre ans ; une fois admis, le sociétaire payait la somme de 24 livres pour la première année courante, puis les années suivantes la même cotisation que les autres associés.L'article 10 traite de la bienséance qui doit régner entre sociétaires : « On évitera toute altercation et dispute, et l'on ne parlera en aucune façon des matières qui exigent le silence ni de celles qui peuvent regarder l'administration et le gouvernement de la ville. Et si cela arrivoit, les associés qui se trouveront présents seront obligés d'imposer le silence avec la circonspection et la politesse qui règne toujours entre des associés aussi bien choisis ; cependant, si quelqu'un d'eux, ce qu'on n'a pas lieu d'attendre, donnoit quelque mécontentement aux autres, il pourra être exclu de la société dans une assemblée générale convoquée, à laquelle assisteront au moins les deux tiers des associés. » Il ne paraît pas que la société se soit jamais trouvée dans la nécessité d'appliquer cette mesure de rigueur. Tous les sociétaires sont liés pour la durée du bail et aucun ne peut prétendre à une part du mobilier ou de l'actif social, tant que l'association prolongera son existence par des baux successifs. Un tableau placé sur la cheminée du pavillon doit contenir la liste des associés et la copie des statuts. Enfin l'article 14 est relatif à la bibliothèque : « Il a été convenu et arrêté de faire venir pour la société les Gazettes de France, de Hollande, le Journal de Verdun et le Mercure, qui resteront en fond à la ditte société sans qu'ils puissent être ôtés et déplacés du pavillon, et qui resteront à la garde du président avec les autres livres de la société ; les frais nécessaires seront payés et avancés par le receveur sur la bourse commune ; il aura également soin de faire les achapts des cartes de géographie, livres et autres effets qui seront convenables et décidés par une assemblée composée des deux tiers des associés. ».

Les statuts sont adoptésL'assemblée tient à remercier de sa bienveillance M. Berset et, pour lui témoigner sa gratitude, décide d'admettre ses fils dès qu'ils voudront se présenter et quel que puisse être le nombre des sociétaires.. Au mois d'août suivant, on modifiait l'article du règlement en portant à quarante-cinq le nombre des associés : les dix nouveaux membres étaient : Jean Duchemin de BeaucoudrayNégociant, né en 1703, mort en 1789, marié à Perrine Jousse., Delauney, avocat, du Mesnil, écuyer, Guillaume Foucault de VauguyonFils de Jean Foucault de Vauguyon et de Catherine Pottier, marié en 1754 à Marie-Catherine, fille de Jacques Lilavois de la Bréhinière, négociant, et de Marguerite Duval., bourgeois, René Richard de la FournièreNégociant, marié en 1762 à Julie, fille de René Enjubault de la Bizollière, avocat, et de Marguerite Pichot., négociant, Brémont, Louis Carvoisin d'ArmencourtMort en 1770, directeur des gabelles., Desprès de BussyContrôleur général des gabelles., Coupel de Bellée et Blanchet.

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