François Midy, né à Limoges le , mort à Laval le , est un homme de loi et révolutionnaire français, avocat au ParlementII prend ce titre au bas dune lettre du 7 février 1790 adressée à M. Treilhard., accusateur public du Tribunal révolutionnaire.

Biographie Origines Il est le fils de Léonard Midy et de Marie Laury. En 1765, il perd son père, receveur ancien et alternatif des tailles de l'élection de BourganeufDans la généralité de Limoges.. Cette époque marque le début de ses malheursDans une lettre du 29 janvier 1791, adressée au Comité des pensions de l'Assemblée Nationale, dans le but d'obtenir un secours, il raconte les malheurs de sa jeunesse jusqu'à son arrivée en Anjou jusqu'à son arrivée en Anjou.

Alors trop jeune encore pour être reçu dans ces charges, sa mère, pour les lui conserver, est obligée de donner un homme au roiElle fait donc recevoir dans ces charges le sieur Rouchon, commis de son mari, pour les exercer jusqu'à la majorité de son fils. Il en coûta 10.000 livres.. Ce dernier augmenta ses dépenses et parvint, aidé des receveurs généraux qu'il trompait, à faire un déficit dans la caisse de plus de . Il est destitué. Pour remplir ce déficit, on s'attaqua aux charges qui sont vendues en 1775 par arrêt du ConseilOù le sieur Midy avait été en instance pendant plus de cinq ans.

La protection de Turgot et de Necker Sans fortune, Midy a recours à la protection de Anne Robert Jacques Turgot, alors contrôleur général. Ce dernier lui donne une place dans la Régie des messageriesIl a eu le malheur, à Valenciennes, de perdre le bout du doigt de la main droite par la maladresse d'un postillon de la Poste.. Clugny détruit cette Régie et Midy se retrouve sans emploi.

Michel François d'AillyFutur député de Chaumont-en-Vexin à l'Assemblée Nationale., qui avait connu ses malheurs, étant chez Henri Lefèvre d'Ormesson, Intendant des finances, parle de lui à Jacques Necker et lui fait donner la place de contrôleur des Vingtièmes. Il est nommé à cet emploi le Avec 1.200 livres pour appointements, frais de voyages, de tournées, de bureau et tous autre frais quelconques.. Il est alors assigné l'Élection de Château-Gontier. Il y réalise plusieurs travaux, mais est atteint d'une grave maladie d' à Maladie occasionnée par l'assiduité du travail du cabinet, et qui, lui obstruant tous les viscères, l'obligea à interrompre ses travaux. Cette maladie, dont il ne s'est jamais remis complètement, étant depuis ce moment sujet à de fréquents accès de goutte.. Une fois guéri, il se marie avec une Anglaise, Louise-Stanislas-Adélaïde DeanElle est baptisée le 29 novembre 1772 à Argenteuil. Elle est la fille de Feu Edward Dean, capitaine des Blue Guards, officier général des armées du roi d'Angleterre, et de feue Elisabeth Sommer, âgée d'environ 18 ans. Filleule de Monsieur et de Madame Adélaïde, qui était alors pensionnaire au couvent des Ursulines d'Argenteuil.

Les conséquences de la Révolution française Midy possède la charge de procureur du Roi au grenier à sel de Craon et est sénéchal de l'abbaye de NyoiseauMidy écrit à diverses reprises à Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord, à Treilhard, membres du Comité ecclésiastique de l'Assemblée Nationale, etc., pour le règlement des affaires de cette abbaye. près de Segré. Le ménage Midy vit honorablement jusqu'à la Révolution française, qui vient tarir la plupart de ces revenus. Les ressources sur lesquelles pouvait compter le ménage disparaissaient successivementMidy ne cesse cependant de solliciter de tous côtés. Il écrit à Madame Adélaïde, à son intendant, l'abbé de Ruallin, à un parent, M. Midy de la Gréneraie, conseiller au Parlement de Rouen et collègue de l'abbé de Ruallin, à M. Dailly son protecteur, à Volney, au Comité des Pensions de l'Assemblée nationale, pour obtenir des secours ou une pension. Rien ne lui réussit..

Les opportunités de la Révolution Il commence son évolution quelques mois auparavant. C'est lui, probablement, qui rédigea le Cahier des doléances<ref>Ernest Laurain, Les doléances de Saint-Aignan-sur-Roë, dans la Revue du Maine, 1902, pages 73 et s., et , t. III, .</ref> de la paroisse de Saint-Aignan-sur-RoëIl renferme tout un programme de gouvernement, fait par un candidat à la députation, mais ne s'occupe pas des intérêts locaux.. Midy est l'un des deux députés choisis par la dite paroisse pour faire partie de l'Assemblée préliminaire du Tiers-État réunie à Angers le Il n'est pas conservé au nombre des électeurs réduits au quart appelés à nommer les députés aux Etats-Généraux de 1789..

À la suite de la prise de la Bastille, Craon comme les villes voisines établit sa milice nationale et sa garde bourgeoiseComposée de six compagnies et commandée par le président du grenier à sel, Doussault., dont Midy fait partie de l'état-major le . On ne voit pas cette garde intervenir dans l'émeute qui se produit, au commencement du mois d'août, contre le seigneur de Craon, le marquis de la Forêt d'Armaillé.

Peu de temps après il se forma, parmi les gardes nationaux, une compagnie de volontairesElle était composée de jeunes gens aisés qui, pouvant disposer de leur temps, s'étaient offerts pour faire le service des patrouilles de jour et de nuit, les jours de dimanches ou de fêtes et ceux de foires ou de marchés pour éviter aux artisans ce service fatigant qui les eût tenus éloignés de leur travail. Ils choisirent pour officiers MM. Allard et Mercier, capitaines, et Midy pour commandantCe dernier charge sa sœur de broder un drapeau pour les volontaires.. Ceux-ci avaient promis soumission à M. Doussault et aux officiers de l'état-major. Mais, le , une patrouille, commandée par un de ces officiers, est insultée dans les rues de Craon et les volontaires refusèrent dès lors d'obéir à d'autres que leurs capitaines. L'affaire s'envenimaMidy, au nom des volontaires, adresse plusieurs lettres, tant à Volney qu'au général La Fayette, comme commandant des gardes nationales de France, en faisant valoir les services rendus par ces volontaires pour la libre circulation des grains et pour la répression d'une émeute qui menaçait de brûler le grenier à sel. Il demandait ce qu'il devait faire dans la circonstance. Tous les deux l'invitent à essayer de calmer les volontaires et de les maintenir, en attendant le vote de la loi portant organisation des gardes nationales de France.. L'affaire paraissait apaisée, quand une autre patrouille fut à son tour insultée, le , par des gardes nationauxLes officiers de cette garde, réunis chez leur commandant, firent venir les insulteurs et les condamnèrent à 12 heures de prison. Mais la municipalité récemment créée intervint, contestant aux officiers le droit de condamner des citoyens à l'emprisonnement. Cette fois tout l'état-major était intéressé à défendre sa décision contre la municipalité qui finit par se calmer et une entente intervint. Les volontaires, se voyant en butte aux insultes de la populace, préférèrent se dissoudre et rentrer dans les rangs de la garde nationaleMidy fait modifier son drapeau et les broderies pour l'offrir à la garde nationale..

Une première municipalité avait été en effet nommée à Craon le Elle se composait de François-Joachim Esnue-Lavallée, avocat, maire Jamet, procureur de la commune; Douasne, bourgeois, Lenseigne, perruquier, Deniau, marchand, Nupied, tanneur, et Monnier, boulanger, officiers municipaux, et de douze notables..

Midy, jusqu'en 1791, n'obtient aucune place. Il devient juge en fonction au Tribunal de District en . Le , il accepte la présidence du Club dit les Amis de la Constitution formé par vingt citoyens réunis aux Jacobins de CraonAvec Chartier et Le Sucq pour secrétaires et Deniau pour trésorier.. En , il acquiert des biens nationauxLes closeries des Gaignardières.. Président du club de Craon, lié avec François-Joachim Esnue-Lavallée, il fait son chemin et sa place.

Accusateur public Il devient accusateur public au tribunal criminel de département par la protection d'Esnue-Lavallée. Homme modéré, il aura soin de ne pas se compromettreOn le traitera peut-être plus tard de buveur de sang en raison de ses anciennes liaisons, mais sans pouvoir articuler contre lui un acte quelconque et précis..

Il est au nombre des électeurs appelés, le , à élire les députés à la Convention nationale. Il est même nommé en second des députés suppléants à cette assemblée (scrutin du ), mais ne fut pas appelé à y prendre place. 1793 À la nouvelle des événements des Journées du 31 mai et du 2 juin 1793, les administrateurs du département de la Mayenne ordonnent la formation d'un bataillon de volontaires qui partit pour Caen se mettre aux ordres de Georges Félix de Wimpffen. Le district de Craon s'oppose à ce mouvement. À Craon, le , dans une séance du directoire, Midy, qui était membre du Conseil, exposa qu'il ne voyait dans cette démarche calquée sur celle du département d'Isle-et-Vilaine, que le germe de la guerre civile, les moyens d'établir le fédéralisme et les efforts des riches pour détruire l'effet des décrets de l'impôt progressif, de la taxe de guerre et de l'impôt forcé.« La Convention, ajouta-t-il, a fait une proclamation sur les événements qui excite la sollicitude du département elle est libre. Les décrets qu'elle a rendus sont favorables au peuple, la force armée qu'on veut envoyer à Paris n'a d'autre objet que de protéger et défendre les ennemis du peuple, les complices de Dumouriés, de Pith et de Cobourg, et de faire rapporter ces décrets salutaires. La levée d'une force armée pour se porter à Paris et contre Paris est le comble de l'ingratitude lorsque cette ville a cent mille hommes aux frontières ou à la Vendée elle est levée sans réquisition légale dans le moment même ou la Convention déclare qu'elle est libre. Le département a donc fait un acte de souveraineté, il a empiété sur le pouvoir du corps législatif auquel appartient le droit d'ordonner une levée de force armée. Dans quels tems cette levée est-elle ordonnée ? Dans un temps de trouble où le département de la Mayenne voit ses limites menacées par l'armée contre-révolutionnaire Elle est levée, cette force armée, avec un prétexte qui fait le contraste le plus piquant avec la lenteur qu'on a mis à fournir un détachement pour aller s'opposer au passage de la Loire que faisoit craindre la déroute de Beaupréau. En conséquence, je demande qu'il soit arrêté que les mesures prises par le département et les autorités constituées de Laval seront désapprouvées qu'aucun commissaire pris dans cette administration ne seront nommés, qu'au contraire il sera fait une adresse à la Convention pour adhérer à toutes les mesures et aux décrets qu'elle a rendus depuis le 31 mai dernier, en lui demandant de renvoyer au tribunal révolutionnaire les auteurs et instigateurs de pareilles mesures que chaque membre de cette administration renouvellera dans cet instant le serment de vivre ou mourir, de maintenir de tout son pouvoir l'unité de la République française, de respecter les propriétés et les personnes, et d'être constamment attaché à la cause du peuple. L'arrêté du directoire de Craon fut moins violent que ne le demandait MidyO se contenta de prier le département de désavouer son adresse du 7 juin comme surprise par un premier mouvement, et d'enjoindre aux municipalités une surveillance exacte pour empêcher toute levée illégale .

La Virée de Galerne