La bataille de Rabosée en Belgique fut la première bataille où les troupes belges entrèrent en contact avec les forces allemandes durant la Première Guerre mondiale. Premier combat de la bataille de Liège, elle se déroula les et sur le plateau de Rabosée, situé entre les vallées de la Meuse et de la Julienne, à proximité du carrefour dit des « Quatre-Bras ».

Les prémices de la bataille

À l'aube du , le du belge de forteresse quitte son cantonnement de Jupille pour occuper le secteur Meuse-Barchon ; la relève, sur le plateau de Rabosée, une unité du d'infanterie de ligne. Le , détachée de son bataillon d'origine, la est placée sous les ordres du major Clerdent du de ligne. Chaque unité reçoit ordre de tenir sa position. Les forces de l'armée belge s'élèvent à de troupe et cinq officiers.

Côté allemand, c'est la du général von Massow qui arrive. Cette brigade, casernée à Cologne, fait partie de la d'infanterie allemande. Appartenant au corps d'armée de la allemande, elle a été détachée avec cinq autres brigades pour exécuter le coup de main prévu par le Plan Schlieffen contre la position fortifiée de Liège. La brigade est composée des (d'Aix-la-Chapelle) et d'infanterie, renforcés d'un escadron du de uhlans, d'un groupe d'obusiers de campagne, et en réserve, du d'infanterie, le tout à l'effectif de temps de paix (les réservistes n'ont pas encore rejoint) soit .

La bataille

Le , à , l'artillerie allemande pilonne le fort de Barchon ; le plateau de Rabosée est balayé par les shrapnels. Dissimulées derrière les haies, les forces allemandes se lancent à l'assaut.

Contenues partout, les forces allemandes réussissent une percée sur la route de Jupille à Visé et parviennent au carrefour des « Quatre-Bras » où est installé le QG du major Clerdent. Un fourrier du de ligne, revenu en hâte de Wandre, installe sa mitrailleuse ; la bataille commence. Les soldats belges tiennent. Vers , le fort de Pontisse, entre en action. Les Allemands, qui ont essuyé de lourdes pertes, sont repoussés. Au cours de l'après-midi, au vif dépit des défenseurs déjà peu nombreux, une compagnie se retire. L'espoir revient brièvement quand apparaît le bataillon du de ligne qui poursuit sa route vers Saive. Durant la soirée, un peloton du génie aménage des abris sous le bombardement incessant des Allemands.

Veillée d'armes Au fond des tranchées tapissées de foin, les soldats belges attendent dans le silence. 300 à ont été distribuées à chacun. Soudain, apparaît un prêtre proposant de confesser les soldats qui en manifesteraient le désir. Contre toute attente, cet homme . disparaît très rapidement. Un sous-officier belge comprend qu'il s'agit d'un espion et lance vainement deux patrouilles à sa poursuite, le faux prêtre ayant disparu. Dès , le retour des Allemands est annoncé. . Vers , les Wesphaliens ont incendié les alentours, le fort de Barchon jaillit de la nuit tandis que des phares puissants balayent la plaine de Rabosée.

La fournaise thumb|200px|Alfred Ross, soldat du de ligne, tué le 6 août 1914 et enterré à Rabosée. Collection privée.

Vers minuit, le , les soldats Gossens et Beaunom préviennent le commandement de l'arrivée des Allemands. Persuadés que français ont débarqué à la gare des Guillemins, les soldats belges veulent tenir jusqu'à leur arrivée. ., en colonne par quatre, semblant ignorer la présence du barrage. Le sergent-major Evrard, commandant du peloton du de ligne, , ordonne d'ouvrir le feu. Des dizaines d'assaillants tombent. Les Belges ont reçu ordre de tirer plus haut, et leurs balles frappent le d'infanterie allemand placé derrière le premier régiment. Les hommes du ripostent et tirent... dans le dos du qui est pris entre deux feux. Le riposte à son tour en tirant sur leurs compagnons du . Les Allemands s'entretuent. Des hommes de la du général von Massow atteignent les parapets des tranchées mais sont abattus.

À , le capitaine Langemark, du , pénètre dans la maison « Falla ». Des mitrailleuses installées au premier étage de l'immeuble fauchent les troupes massées dans la tranchée : tout le peloton du sergent-major Evrard est anéanti. À , les Belges reçoivent de nouvelles munitions. Ils délogent les tireurs allemands placés au-dessus de leur tranchée. Le déborde la redoute, mais retranchés la défendent jusqu'à . Les Allemands y découvriront .

Les Belges pris sous le feu des mitrailleuses adverses, reculent vers la Xhavée. Les Allemands qui comptent déjà plus de blessés ou tués, les survivants étant épuisés, désorientés, sont incapables de profiter de leur avantage, la bat en retraite.

À , la brigade Bertrand contre-attaque et reprend Rabosée.

Notes et références

Voir aussi Bibliographie . Laurent Lombard, Chocs de feu dans la nuit, Stavelot, Ed. Vox Patriae, 1939

Articles connexes Cimetière militaire belge de Rabosée Armée belge en 1914 Ordre de bataille de l'armée allemande en 1914 Bataille de Retinne

Liens externes Liste des soldats belges tombés et inhumés à Rabosée

Rabosee Catégorie:Bataille impliquant l'Empire allemand Catégorie:Front de l'Ouest (Première Guerre mondiale) Catégorie:Histoire de Liège Rabosee Rabosee Catégorie:1914 en Belgique