Le croiseur a été la quatrième et dernière unité de la mise sur cale pour la Marine impériale japonaise. Il a incorporé l'expérience acquise par les premières unités de cette classe. Il a eu une carrière très active au cours de la guerre du Pacifique, dans la campagne des îles Aléoutiennes, et devant Guadalcanal. Il a subi une importante refonte fin 1943-1944, et a fini torpillé par un sous-marin américain dans les parages de Palawan le à la veille de la bataille du golfe de Leyte.
Contexte, conception et caractéristiques Conçue dans le cadre du Programme de Renforcement de 1927, la , quatrième classe de croiseurs japonais à être soumise aux stipulations du traité de Washington de 1922, a incorporé, sur des coques ayant des dimensions très proches de celles de la classe Myōkō, un certain nombre d'améliorations voulues par le haut-commandement naval japonais, qui ne devaient pas officiellement conduire à outrepasser le déplacement maximal autorisé de .
Mis sur cale le aux Chantiers navals Kawasaki de Kobe, lancé le , le Maya été armé le même jour que le le . Il a reçu dix canons de 2GÔ (Mark II) comme les trois précédentes unités de sa classe. Mais l'idée d'utiliser les tourelles de type E, ayant une élévation maximale de 70°, pour un usage anti-aérien, avait déjà fait long feu, car il s'était révélé difficile de les utiliser à plus de 55°, de sorte que le Maya a été doté de tourelles de type dit E1, qui étaient équipées d'un double système de levage des obus et des charges comme les tourelles E, mais dont l'élévation était limitée à 55°Navweaps Japon 8"/50 . Mais cependant son artillerie secondaire a été réduite à quatre pièces simples de Navweaps Japan 4.7"/45 10ns, comme sur les trois autres unités de sa classe.
Le blindage de ceinture, incliné et intérieur au bordé comme sur la classe Myōkō, avait d'épaisseur à hauteur des magasins de munitions. Il avait, sur le pont supérieur, quatre plates-formes lance-torpilles orientables doubles de . Le bloc passerelle, massif, pour accueillir les équipements de direction de tir et de communications, était de forme pyramidale, pour réduire l'accroissement de poids dans les hauts. Si la similitude des dimensions de coque et le léger accroissement de la puissance des machines permettait une vitesse maximale équivalente à celle de la (35,5 nœuds), le déplacement réel était de , supérieur au déplacement autorisé par le traité de limitation des armements navals de 1922.
Lorsque l'empire du Japon n'a plus été soumis aux stipulations du traité de Washington, le et son sister-ship, l', ont été modernisés, en 1939-40, avec leur grand-mât déplacé vers l'arrière pour améliorer l'efficacité des antennes radio, leur massif central réaménagé, leur artillerie de remplacée par quatre tourelles doubles de type 89Navweaps Japan 5"/40 t89, leurs plates-formes lance-torpilles doubles remplacées par des plates-formes quadruples. Le maître-bau a été porté de à par l'implantation d'un bulbe anti-torpilles, le déplacement accru de et donc la vitesse maximale réduite à 34¼ nœuds.
Comme le , le Maya n'a pas connu une telle refonte, avant la guerre. Ce n'est qu'à la fin de 1943, au moment où il a fallu le réparer des graves dégâts subis lors du bombardement de Rabaul, le , que son artillerie secondaire de a été remplacée par une batterie de Type 89. Mais le Maya a alors été doté de six et non de quatre tourelles doubles de ce calibre, les deux tourelles supplémentaires étant installées à la place de la troisième tourelle double de qui était trop endommagée.
Service Le Maya a fait partie de la division de croiseurs, qui a rassemblé les bâtiments de sa classe, à partir du . Il a été commandé, entre autres, par le capitaine de vaisseau Jisaburō Ozawa, en 1934-35, et d'avril à , par le capitaine de vaisseau Shunji Isaki.
En , au début de la seconde guerre sino-japonaise, les quatre croiseurs de la classe Myōkō et le Maya, avec lAshigara comme navire amiral, ont pris part au débarquement dans l'archipel de Zhoushan, à proximité de Shanghai.
Pendant l'offensive japonaise (décembre 1941-juin 1942)
Au début , au sein de la , que commande le vice-amiral Ibō Takahashi, le Maya a participé à l'occupation du nord des Philippines, assurant la couverture du débarquement de Lingayen, le . À partir de la mi-février, il participe, avec l' et le, à la couverture éloignée du bombardement de Port Darwin, menée par les porte-avions du vice-amiral Nagumo le , et des débarquements dans les Indes orientales néerlandaises. À cette occasion, aux ordres du vice-amiral Kondō, il a attaqué des transports quittant Java et coulé de petites unités isolées (, ) de l'ABDACOMIJN Maya - Site Flotte Combinée.
Fin mars, en cale sèche à Yokosuka, il reçoit deux affûts doubles automatiques AA de 25 mm de Type 96. Après le raid sur Tokyo, à la mi-avril, il participe vainement, avec l' et le , à la recherche des bâtiments américains qui ont mené cette opération.
À la fin mai, le Maya et le sont versés dans la du vice-amiral Hosogaya et gagnent Ōminato puis Paramushiro dans les îles Kouriles. Pendant la bataille de Midway, le vice-amiral Hosogaya va conduire une attaque dans la partie occidentale des îles Aléoutiennes, et va occuper les îles de Kiska et d'Attu, les 6 et . Il rentre au Japon fin juin.
Devant Guadalcanal (août-novembre 1942) Dix jours après le débarquement des U.S. Marines à Guadalcanal, les trois croiseurs de la division, qui font partie de la Flotte du vice-amiral Kondō arrivent à Truk. Avec les porte-avions de la flotte du vice-amiral Nagumo, ils vont se placer au nord de Guadalcanal pour y couvrir l'approche d'un convoi de renforts qu'escortent des destroyers de la escadre de destroyers du contre-amiral Tanaka. À la bataille des Salomon orientales, les Japonais perdent le porte-avions léger Ryūjō et le convoi de renforts, sous les attaques aériennes, doit se réfugier aux îlots Shortland. Du côté américain, l' doit aller se faire réparer à Pearl-Harbor. À la mi-octobre, de nouveaux renforts sont dirigés vers Guadalcanal, et trois croiseurs de la division, menés par le contre-amiral Gotō reçoivent mission de bombarder le terrain d'aviation Henderson, qui à Guadalcanal, sert de base à l'aviation de soutien des U.S. Marines. Le , les croiseurs japonais sont tenus en échec à la bataille du cap Espérance, par quatre croiseurs américains commandés par le contre-amiral Scott. Deux jours plus tard, un long et violent bombardement d'Henderson Field est effectué par les deux cuirassés rapides, et Haruna, aux ordres du vice-amiral Kurita, le lendemain ce sont le portant la marque du vice-amiral Mikawa, et le Kinugasa, et dans la nuit du 15 au , le Maya et le portant la marque du vice-amiral Takagi qui ont bombardé le terrain d'aviation de Guadalcanal.
À la fin octobre, ce sont les Américains qui passent à l'offensive, sous l'impulsion du vice-amiral Halsey, nommé commandant de la Zone du Pacifique-Sud . À la bataille des îles Santa Cruz, l' est coulé, mais ce succès japonais masque la lourdeur des pertes subies par leur aviation embarquée, qui représentent 50 % des effectifs par rapport à ceux de la bataille de la mer de Corail, en un peu plus de six mois. Le , le Maya et le sont affectés la Flotte du vice-amiral Mikawa, ce qui vient compenser la mise hors de combat de trois croiseurs lourds depuis le . Le , la flotte va prendre position à l'atoll d'Ontong Java, à 135 nautiques au nord de Guadalcanal, et le , le vice-amiral Abe met le cap sur Guadalcanal, avec ses deux cuirassés rapides, et Kirishima, pour bombarder Henderson Field, tandis que le contre-amiral Tanaka escorte un convoi de 11 transports amenant . Mais dans une mêlée confuse et violente, où les amiraux américains Callaghan et Scott sont tués, l'attaque japonaise échoue, et lHiei est finalement coulé, ainsi que deux croiseurs légers américains. Aussi le lendemain soir, le vice-amiral Mikawa se présente, avec le qui porte sa marque, le Kinugasa, le , qui porte la marque du contre-amiral Nishimura et le Maya. Ces deux derniers croiseurs bombardent Henderson Field, mais sur le chemin du retour, le lendemain matin, l'aviation de l' coule le Kunigasa tandis que le Maya est endommagé par un “Dauntless” qui s'écrase sur sa superstructure tribord. Le soir même, le vice-amiral Kondō, revenu avec l', qui porte sa marque, le et le Kirishima, voit ce dernier coulé par l' sur lequel flotte la marque du vice-amiral “Ching” Lee.
Le Maya rentre au Japon, pour être réparé à Kure, jusqu'en .
À la bataille des îles du Commandeur, dans le Pacifique nord
Dans le Pacifique nord, les Américains ont construit, dans les îles Aléoutiennes, dès l'été 1942, un aérodrome, sur l'île d'Adak, à partir duquel ils ont pu bombarder Kiska et Attu, occupées par les Japonais en . De son côté, la flotte japonaise a organisé, dans les conditions climatiques polaires de la fin de l'hiver 1942-43, des convois de soutien des garnisons dans ces deux îles. vignette|gauche|L'), en difficultés, pendant la bataille des îles du Commandeur, le 26-27 mars 1943. vignette|Le croiseur léger ancien USS Richmond, en 1944 Après ses réparations, le Maya a été rattaché à la Flotte en fin janvier. Il est arrivé à Ōminato en fin février, et a accompagné début mars un convoi pour Attu. Fin mars, il appareille pour escorter un second convoi: Le (date du fuseau horaire d'Honolulu) ou le 27 (heure locale), le et le Maya avec deux croiseurs légers, et quatre destroyers, aux ordres du vice-amiral Hosogaya, escortent deux navires de transport rapides destinés à l'île de Kiska. Dans les parages des îles du Commandeur, en mer de Béring, à l'est de la péninsule du Kamtchatka, ils ont rencontré le Task Group 16.6 commandé par le contre-amiral McMorris, composé d'un croiseur lourd (l'), d'un croiseur léger (l'), navire amiral, et de quatre destroyers. Le vice-amiral Hosogaya a cherché à protéger ses navires de transport. S'ensuivit un combat d'artillerie de quatre heures, où les croiseurs lourds des deux camps ont été endommagés. Le vice-amiral Hosogaya, ne réalisant pas les dégâts sévères que ses navires avaient infligé à l' et craignant qu'un soutien aérien américain ne soit en route, choisit de se retirer ce qui a conduit à une défaite stratégique des Japonais qui abandonnèrent le réapprovisionnement de leurs garnisons aléoutiennes par bateaux et ne le firent ensuite que par sous-marins. Le , le vice-amiral Hosogaya est relevé de son commandement.
En , les Américains entreprennent la reconquête d'Attu, elle est effective après un mois de durs combats dans des conditions climatiques difficiles. Le haut-commandement japonais décide alors l'évacuation de Kiska, le Maya devenu en mai navire amiral de la flotte, participant, avec le , à la couverture. L'opération d'évacuation (Opération Ke) est menée à bien, sans combats, en juillet.
Le Maya rentre en cale sèche à Yokosuka en août et reçoit deux affûts doubles de 25 mm AA type 96.
Du bombardement de Rabaul (novembre 1943) au passage de Palawan (octobre 1944) À la mi septembre, il est renvoyé dans le Pacifique sud et participe à des transports de troupes vers Rabaul. En octobre, après des bombardements de l'aviation embarquée américaine sur les îles Marshall et l'île de Wake, il participe à une vaine tentative d'interception des forces de lUS Navy, supposées devant attaquer à nouveau Wake. Après la bataille de la baie de l'Impératrice Augusta, le , où deux croiseurs lourds de la division (la ) ont été tenus en échec par une Task Force comptant plusieurs grands croiseurs légers, sept croiseurs lourds, les quatre de la , et les , et Chikuma ont été dépêchés de Truk à Rabaul pour intervenir à Bougainville. L'amiral Halsey a alors lancé, malgré les formidables défenses de Rabaul des raids de l'aviation embarquée, dont le premier, le , de 97 avions depuis les et du Task Group 50.4 du contre-amiral Sherman, a endommagé les , Atago et Maya ainsi que le .