La législature du Parlement grec (en grec ) est la législature du Parlement grec du au . Elle est composée des 300 députés élus lors des élections législatives grecques de janvier 2015. Il s'agit de la seizième législature de la Troisième République hellénique.

Après une alternance politique, la majorité parlementaire est composée de la gauche radicale de la SYRIZA et de la droite souverainiste des Grecs indépendants, qui ont formé ensemble un gouvernement de coalition dirigé par Aléxis Tsípras. La présidente du Parlement grec pendant la législature est Zoé Konstantopoúlou.

Les travaux parlementaires de la législature portent notamment sur la lutte contre la pauvreté, la recréation du groupe audiovisuel public ERT et la réforme administrative. La crise persistante des finances publiques, dans laquelle le pays est plongé depuis 2010, contraint le gouvernement à conclure à l'été 2015 un accord avec les créanciers internationaux de la Grèce sur un troisième programme de prêts, dont la ratification au Parlement grec provoque la scission de la SYRIZA. Privé de majorité, le Premier ministre présente sa démission. Le Parlement est dissous le , moins de sept mois après son entrée en fonction, et des élections législatives anticipées sont organisées en .

Contexte Situation vignette|Le Premier ministre Antónis Samarás devant la XVe législature du Parlement grec pour son discours de politique générale, le 6 juillet 2012.

La XVe législature du Parlement grec, élue en juin 2012, était dominée par une alliance entre les conservateurs de Nouvelle Démocratie et les socialistes du Mouvement socialiste panhellénique (PASOK) au sein du gouvernement d'Antónis Samarás « Grèce : victoire serrée mais cruciale du camp pro-euro », Le Figaro, 18 juin 2012..

La situation économique et sociale du pays est fortement dégradée depuis 2008. Après vingt-quatre trimestres consécutifs de récession, le produit intérieur brut s'est contracté de 25 % par rapport à son niveau de 2008 « La Grèce espère en finir avec la crise en 2015, avec un PIB à +2,9 % », 20 minutes, 6 octobre 2014.. 26,6 % de la population active est au chômage, et le chômage de longue durée, la pauvreté et l'émigration ont fortement augmenté depuis le début de la récession « En Grèce, les risques d'une crise sociale majeure », Le Figaro, 24 novembre 2014.. La Grèce, touchée par une grave crise de la dette publique, est placée depuis 2010 sous programme d'assistance financière de l'Union européenne et du Fonds monétaire international. La dette publique atteint 177 % du PIB en 2014 « Grèce : déficit, dette publique et excédent primaire 2014 supérieurs aux prévisions », La Tribune, 15 avril 2015..

Le gouvernement Samarás a appliqué le deuxième mémorandum conclu avec la troïka des créanciers — le Fonds monétaire international, la Commission européenne et la Banque centrale européenne, qui prévoit la diminution des dépenses publiques et des réformes structurelles en contrepartie de prêts. Entre 2010 et 2014, le nombre de fonctionnaires a diminué d'un quart, leurs salaires ont baissé de 30 % en moyenne, les pensions de retraite ont baissé de 5 à 15 %, le salaire minimum a été réduit à bruts, et le marché du travail et les marchés de biens et services ont été déréglementés « Grèce : un programme de réformes mené au forceps », Le Monde, 24 janvier 2015.. Le gouvernement espère ainsi sortir des programmes de prêts internationaux l'année suivante, mais les conditions de financement de l'État sur les marchés restent précaires « La Grèce veut sortir du plan d'aide, l'Europe n’y est pas favorable », Le Monde, 6 novembre 2014..

La grec prend fin en après l'échec des trois premiers tours de l'élection présidentielle. La coalition gouvernementale formée de Nouvelle Démocratie et du PASOK dispose de 155 sièges au Parlement grec. Pour être élu, un candidat doit obtenir 200 voix aux deux premiers tours, ou 180 voix au troisième tour. L'opposition, et en particulier la SYRIZA, ne soutient pas le candidat du gouvernement « Grèce : des élections anticipées fin janvier, le FMI suspend l'aide financière », La Tribune, 29 novembre 2014.. Les trois tours de scrutin restent infructueux et le Parlement est dissous le « Le Parlement grec annonce sa dissolution, ouvrant la voie à des législatives en janvier », France TV, 31 décembre 2014..

Élections législatives de janvier 2015

Les élections législatives anticipées ont lieu le . Elles voient la victoire de la SYRIZA, qui obtient 36,34 % des voix et 149 sièges, devançant largement ses adversaires « Grèce : Syriza large vainqueur des législatives », France Info, 25 janvier 2015.. Avec 27,81 % des suffrages, Nouvelle Démocratie arrive deuxième et perd le pouvoir. Le Mouvement socialiste panhellénique (PASOK) subit une lourde défaite en ne recueillant que 4,68 % des voix « Grèce : Syriza triomphe, les socialistes en déroute... Les quatre leçons des législatives », France TV, 26 janvier 2015.. Dès le lendemain, le président de la SYRIZA Aléxis Tsípras annonce la formation d'une coalition gouvernementale avec les Grecs indépendants, qui ont obtenu 13 sièges au Parlement « Tsipras va gouverner avec la droite souverainiste », Le Figaro, 26 janvier 2015..

Aléxis Tsípras est nommé Premier ministre le « Alexis Tsipras, nouveau Premier ministre grec, a prêté serment », Le JDD, 26 janvier 2015.. Il forme son gouvernement le lendemain « Grèce : la composition du gouvernement d'Alexis Tsipras », Le Point, 27 janvier 2015..

La victoire de la gauche radicale suscite de fortes attentes chez ses partisans, en même temps que l'inquiétude de la troïka des créanciers et de certains dirigeants européens. Les sympathisants de la nouvelle majorité fêtent l'alternance, qui met fin à la longue domination des partis traditionnels, et espèrent la fin des politiques d'austérité budgétaire imposées par les créanciers internationaux « L'apothéose de Syriza », Libération, 25 janvier 2015.. Les gouvernements conservateurs et les institutions européennes accueillent le changement politique avec méfiance « L'Allemagne et l'Europe mettent en garde Syriza sans lui fermer la porte », La Tribune, 26 janvier 2015., car le programme du nouveau gouvernement conteste les conditions imposées par le mémorandum et revendique une restructuration de la dette publique « En Grèce, les grands chantiers de Syriza », Le Monde, 26 janvier 2015..

Organisation Entrée en fonction vignette|La tribune de l'hémicycle du Parlement grec

La réunion inaugurale de la législature a lieu le Συνεδρίαση Ολομέλειας 05/02/2015 Α', séance plénière du 5 février 2015, site du Parlement grec.. Les députés prennent leurs fonctions après leur prestation de serment. Pour la première fois, la cérémonie comprend un serment civil, à la demande des présidents des groupes SYRIZA et KKE. Celui-ci est choisi par une majorité des députés « Ορκίστηκε η νέα Βουλή », To Víma, 5 février 2015..

Le serment religieux orthodoxe est prononcé par les députés de Nouvelle Démocratie, d'Aube dorée et du PASOK, une partie des députés de La Rivière, une quinzaine de députés de la SYRIZA et une députée du KKE. Le serment religieux musulman est prononcé par l'un des députés de la SYRIZA. Le serment civil est prononcé par la plupart des députés de la SYRIZA et du KKE et une partie des députés de La Rivière ΙΣΤ’ Κοινοβουλευτική Περίοδος | Ορκίστηκε η νέα Βουλή, Vouliwatch, 5 février 2015..

Liste des députés La législature est composée de 300 députés.

Kostís Damavolítis (Grecs indépendants, Héraklion) démissionne le après qu'il a appelé à voter « oui » au référendum sur la proposition des créanciers dans une interview radiophonique. Il est remplacé par Grigoris Makaronas « Παραιτήθηκε από βουλευτής ο Κώστας Δαμαβολίτης », Ta Néa, 2 juillet 2015..

Nikólaos Chountís (SYRIZA, Athènes B) démissionne le pour devenir député européen, remplaçant Manólis Glézos démissionnaire. Il est remplacé par Giorgos Kyritsis « Παραιτήθηκε ο Νίκος Χουντής από βουλευτής », Ta Néa, 13 juillet 2015..

Bureau vignette|La présidente du Parlement grec Zoé Konstantopoúlou, en mai 2015

L'élection du bureau du Parlement grec a lieu le . Zoé Konstantopoúlou est élue présidente du Parlement avec un nombre record de 235 voix sur 298 suffrages exprimés, 61 bulletins blancs et 2 bulletins nuls. Elle est la plus jeune députée élue à cette fonction « Πρόεδρος της Βουλής με 235 ψήφους η Ζωή Κωνσταντοπούλου - εξελέγησαν οι αντιπρόεδροι », Ta Néa, 6 février 2015..

Les fonctions de vice-président, de questeur et de secrétaire sont répartis entre les groupes politiques, conformément au règlement du Parlement Bureau du Parlement, site du Parlement grec.. Les vice-présidents sont Aléxis Mitrópoulos, Ioannis Balafas et Déspina Charalambídou (SYRIZA), Nikítas Kaklamánis (Nouvelle Démocratie), Spyrídon Lykoúdis (La Rivière) et Geórgios Lambroúlis (Parti communiste de Grèce) « Εξελέγησαν οι Αντιπρόεδροι, Κοσμήτορες και Γραμματείς της Βουλής », I Kathimeriní, 6 février 2015.. Les questeurs sont Násos Athanasíou, Geórgios Pándzas (SYRIZA), et Konstadínos Koukodímos (Nouvelle Démocratie). Les secrétaires sont Panayóta Dritséli, Zíssis Zánnas, Danái Tzíka-Kostopoúlou et Vassilios Tsirkas (SYRIZA) et Ioánnis Kefaloyánnis (Nouvelle Démocratie). Comme au cours de la législature précédente, l'ensemble des autres groupes politiques refuse de voter pour les candidats d'Aube dorée, laissant les postes vacants. Michaïl Arvanítis-Avrámis, candidat au poste de cinquième vice-président, et Nikólaos Kouzílos, au poste de secrétaire, obtiennent respectivement 37 et 33 voix « pour » et ne sont pas élus.

+ Présidente et vice-présidents de la législature du Parlement grec Anciens vice-présidents, site du Parlement grec. Fonction Nom Groupe politique Nombre de voix Présidente Zoé Konstantopoúlou SYRIZA 235 Premier vice-président Aléxis Mitrópoulos SYRIZA 229 Deuxième vice-président Ioannis Balafas SYRIZA 235 Troisième vice-présidente Déspina Charalambídou SYRIZA 229 Quatrième vice-président Nikítas Kaklamánis Nouvelle Démocratie 247 Cinquième vice-président Vacant Sixième vice-président Spyrídon Lykoúdis La Rivière 210 Septième vice-président Geórgios Lambroúlis Parti communiste de Grèce 235

+ Questeurs et secrétaires pour la première session de la législature du Parlement grec Questeurs et secrétaires, site du Parlement grec, archive du 29 juin 2015. Fonction Nom Groupe politique Nombre de voix Questeur Athánasios Athanasíou SYRIZA 216 Questeur Geórgios Pándzas SYRIZA 238 Questeur Konstadínos Koukodímos Nouvelle Démocratie 215 Secrétaire Panayóta Dritséli SYRIZA 216 Secrétaire Zíssis Zánnas SYRIZA 212 Secrétaire Danái Tzíka-Kostopoúlou SYRIZA 220 Secrétaire Vassilios Tsirkas SYRIZA 213 Secrétaire Ioánnis Kefaloyánnis Nouvelle Démocratie 220 Secrétaire Vacant

Groupes politiques Composition des groupes politiques Sept groupes politiques sont représentés au Parlement grec dans sa législature : la SYRIZA, Nouvelle Démocratie, Aube dorée, La Rivière, le Parti communiste de Grèce, les Grecs indépendants et le Mouvement socialiste panhellénique (PASOK). Aucun parti n'a obtenu la majorité absolue. La majorité parlementaire est formée par la coalition gouvernementale composée de la SYRIZA et des Grecs indépendants, qui disposent ensemble de 162 sièges.