thumb|Le royaume indo-parthe au cours de son extension thumb|L'implantation maximale du royaume indo-parthe en Inde (en orange)

Le royaume indo-parthe, de 19 EC à 226Les « Scytho-Parthes » semblent devoir correspondre aux Indo-Scythes (ou Sakas) regroupés avec les Indo-Parthes. Le terme se trouve, par exemple dans l'Annuaire de l'École Pratique des Hautes Études de 1975, section, Sciences historiques et philologiques (Maxime Rodinson à propos du « Le périple de la mer Érythrée » - voir ci-dessous : Les sources écrites -, p. 225, consultable sur books.google.fr). Pierre Cambon traite des Scytho-Parthes, encore en 2010 ( ), englobant par là, semble-t-il en termes de style artistique, les Indo-Scythes et les Indo-Parthes. Cet auteur évoque aussi les Indo-Parthes plus simplement en parlant des « Parthes » (id. pp. 24 et 30). Ce qui ne simplifie pas les choses car il faut entendre qu'il s'agit des Parthes de l'Inde, du Pakistan et de l'Afghanistan, et non des Parthes d'Iran, les plus connus sous ce terme précisément réduit au seul terme de « Parthes »., a été dirigé par la dynastie Gondopharide et par d'autres dirigeants issus d'un groupe de « rois » d'Asie centrale qui ont régné sur une partie de l'actuel Afghanistan, du Pakistan et du nord-ouest de l'Inde au cours du ou juste avant le . Sur la majeure partie de leur courte histoire, les Gondopharides ont tenu Taxila (dans l'actuelle province du Pendjab au Pakistan) comme leur lieu de résidence, mais au cours de leurs dernières années d'existence cette capitale s'est déplacée entre Kaboul et Peshawar. Ces rois ont traditionnellement été appelés indo-parthes, car leur monnaie s'est souvent inspirée de celles de la dynastie des Arsacides. Mais ils appartenaient probablement à un plus large groupe de tribus iraniennes qui vivaient à l'est des Parthes. Par ailleurs il n'y a aucune preuve que tous les rois qui prirent le titre de Gondopharès, qui signifie « Porte de la Gloire », aient eu le moindre lien avec le premier Gondopharès.

Gondopharès et ses successeurs

Cinq ans après son apparition au KapiçaLe Kapiça antique avait pour ville principale Begram, l'actuel Bagrâm, (book.google.com : Afghanistan : Les grands articles d'Universalis, non daté. Gondopharès a d'abord conquis le Sistan., aujourd'hui dans l'Est de l'Iran. Il est alors probablement vassal ou lié à la famille des ApracarajasLes Apracas (aussi connu comme Avacas ) étaient un peuple de langue iranienne de l'Est et une dynastie scythe qui a régné dans la région qui correspond aujourd'hui aux Régions tribales du Pakistan. La capitale Apraca, connue sous le nom Apracapura (également Avacapura ), aurait été située dans le district de Bajaur (une des Régions tribales du Pakistan). Le terme Apracarajas désigne les dynastes locaux.. Autour de 20-10 avant l'ère commune (AEC)La chronologie des rois Gondopharides est incertaine, car elle repose principalement sur l'étude des pièces de monnaie. Cette reconstruction est basée sur "Indo-Scythian Coins and History" tome IV, éditeur : Classical Numismatic Group en 2006, par Robert Senior, dont les quatre volumes fournissent un catalogue presque complet de la monnaie de la période. La chronologie de Senior est fondée sur l'existence d'un seul roi Azes, une théorie qui a été justifiée quand il a été démontré qu'une pièce du prétendu Azes II était en surimpression sur un type attribué à Azes (voir Senior, "The final nail in the coffin of Azes II " , Journal of the Oriental Numismatic Society, 2008 , ) . il a conquis de vastes territoires dans l'ancien royaume indo-scythe, peut-être après la mort du grand souverain que fut , « roi » des Indo-Scythes du Gandhara. Il a régné sur l'Arachosie, le Sistan, le Sind, le Pendjab et la vallée de Kaboul, mais il ne semble pas avoir occupé de territoire au-delà de l'est du Pendjab.. Gondopharès se faisait appeler « roi des rois », un titre parthe qui dans son cas reflète correctement ce que l'empire indo-parthe était : un cadre souple dans lequel un certain nombre de petits dynastes maintenaient leur position, probablement en échange de leur reconnaissance par Gondopharès et ses successeurs. Dans ces petits dynastes il faut inclure les Apracarajas eux-mêmes, et des satrapes indo-scythes tels que Zeionises et Rajuvula, ainsi que des Scythes anonymes qui ont frappé des imitations de pièces d'Azes. Les Sakas des satrapies de l'Ouest régnaient aussi dans le Gujarat, peut-être juste au-delà des domaines de Gondopharès.

Après la mort de Gondopharès , l'empire a commencé à se fragmenter. Le nom ou le titre Gondopharès a été repris par Sarpedones, qui devient Gondopharès II et était peut-être le fils du premier Gondopharès. Même s'il a prétendu être le principal dirigeant, le pouvoir de Sarpedones était fragile et il a émis une monnaie fragmentée dans le Sind, dans l'est du Pendjab et dans le sud de l'Afghanistan : l'Arachosie . Le successeur le plus important a été , le neveu de Gondopharès, qui a régné au Pendjab et, éventuellement, dans leur patrie du Seistan. Après un court règne, Sarpedones semble avoir été remplacé par Orthagnes, qui est devenu Gondopharès III Gadana. Orthagnes a régné principalement dans le Seistan et l'Arachosie, et Abdagases plus à l'est, au cours des premières décennies de notre ère. Ce dernier a été brièvement remplacé par son fils Ubouzanes. Après 20 de notre ère, un roi nommé , un neveu du souverain Aspavarma des Apracarajas, a repris les territoires d'Abdagases et est devenu Gondopharès IV Sases. Selon Senior, c'est le Gondopharès dont il est fait mention dans l'inscription de Takht-i- BahiUne inscription votive de la de Gudavhara ou Gondopharès, aurait été trouvée sur une pierre à Takht-i- Bahi, au nord-est de Peshawar, avec une date : l'année 103, mais dont l'ère n'est pas précisée. Cette ère est susceptible d'avoir été l'ère Malva ou Vikrama, fondée en 57 avant notre ère, ce qui pourrait donner la date de 20 de notre ère pour la première année de ce règne (voir calendrier hindou ). La pierre était autrefois au musée de Lahore. Cette question de date est particulièrement importante pour les chrétiens qui considèrent qu'il y a comme un commencement d'histoire dans les Actes de Thomas. (Sur ce point le cours de Gérard Fussman du 5 avril 2011, placé en lien externe ci-dessous, est plus précis)..

Il y avait d'autres petits rois : Sanabares a été un usurpateur éphémère dans le Seistan qui se faisait appeler « Grand Roi des Rois ». Et il y a eu un deuxième Abdagases, un dirigeant nommé Agata dans le Sind, un autre chef appelé Satavastres, et un prince anonyme qui prétendait être frère du roi Arsace ; dans ce cas, un membre effectif de la dynastie régnante chez les Parthes.

Mais les Indo-parthes n'ont jamais retrouvé la puissance de Gondopharès , et à partir du milieu du de notre ère les Kouchans sous Kujula Kadphisès ont commencé à absorber la partie du royaume située au nord de l'Inde. Le dernier roi, (peut-être avant 100 de notre ère ?)Pacores n'est pas daté par Senior, dans son ouvrage sur les monnaies indo-scythes. Mais comme la chronologie de Senior antidate généralement de quelques décennies les rois indo-parthes, il en résulte que les dates de Pacores sont probablement plus précoces que 100-130 de notre ère, dates qui ont été proposées auparavant., ne régnait plus qu'au Seistan et à Kandahar.

Les principaux rois indo-parthes

Datations approximatives (Senior 2006)Cette reconstruction est basée sur "Indo-Scythian Coins and History" tome IV, éditeur : Classical Numismatic Group en 2006, par Robert Senior, dont les quatre volumes fournissent un catalogue presque complet de la monnaie de la période. des règnes, sujettes à modifications. . Gondopharès Ier (v. 20 avant notre ère - premières années du ) Gondopharès II Sarpedonès (premières années du - v. 20) Une inscription signalée par Gérard Fussman (colloque de Termez 1997, p. 280) prouve qu' Abdagasès, Gondophernès ( Gondopharès I) et Sasa (Sases) ne se succèdent pas, ils règnent conjointement. : . Actes du colloque de Termez 1997. (Nombreux auteurs, dont Gérard Fussman « L'inscription de Rabatak. La Bactriane et les Kouchans » ). Abdagasès (premières années du - milieu du ) Gondopharès III Gadana (autrefois Orthagnès) (v. 20 - v. 30) Gondopharès IV Sases, autrefois Sases (v. 85) Abdagasès II (milieu du ) Pacorès (fin du )

Les sources écrites thumb|left|100px|Abdagases couronné par la déesse Tyché. Revers d'une de ses pièces

La ville de Taxila est considérée comme ayant été une (ou « la ») capitale des Indo-Parthes . La fouille du site a été dirigée par John Marshall et on y a trouvé une quantité d'artéfacts de style parthe. Le temple à proximité de Jandial est généralement interprété comme un temple du feu zoroastrien de la période des Indo-Parthes.

Certains écrits anciens décrivent la présence des Indo-Parthes dans la région, comme on le trouve dans l'histoire de l'Apôtre saint Thomas, qui a été recruté en tant que charpentier pour servir à la cour du roi « Gudnaphar » (peut être Gondopharès) en Inde. Les Actes de Thomas décrivent, dans le chapitre 17, la visite de Thomas au roi Gudnaphar dans le nord de l'Inde ; les chapitres 2 et 3 le dépeignent en train de se lancer dans un voyage en mer vers l'Inde, reliant ainsi le voyage de Thomas à la côte ouest de l'Inde.

Comme le souligne SeniorSenior : « The final nail in the coffin of Azes II », ce Gudnaphar a souvent été identifié avec le premier Gondopharès, qui a ainsi été placé après l'avènement du christianisme, mais il n'y a aucune preuve à cette hypothèse, et la recherche de Senior montre que Gondopharès I pouvait être placé même avant le de notre ère. Si cette histoire a une part de vérité, saint Thomas pourrait avoir rencontré l'un des derniers rois qui portaient le même titre.

Le philosophe grec Apollonios de Tyane est présenté par Philostrate dans « Vie d'Apollonios de Tyane » comme ayant visité l'Inde, et plus particulièrement la ville de Taxila autour de 46 de notre ère. Mais ce texte est un roman écrit par « quelqu'un dont on peut facilement démontrer qu'il n'avait pas la moindre connaissance de l'Inde »Gérard Fussman in : . Pour une traduction du texte de Philostrate : Vie d'Apollonios de Tyane II 20.

« Le périple de la mer Érythrée » Le périple de la mer Érythrée est un antique guide du de notre ère, qui indique les routes maritimes communément utilisées pour parcourir la mer d'Arabie. Il décrit la présence des rois Parthes se battant entre eux dans la région du Sindh, une région traditionnellement connue à l'époque comme partie de la « Scythie » en raison de la précédente puissance des Indo-Scythes à cet endroit : « Ce fleuve ( l'Indus ) a sept bouches, très peu profondes et marécageuses, de sorte qu'elles ne sont pas navigables, sauf celle du milieu; où l'on rencontre, sur le rivage, le bourg de Barbaricum. Devant se trouve une petite île, et à l'intérieur des terres, derrière cette île, s'étend la métropole de la Scythie, Minnagara ; elle est soumise à des princes parthes qui sont constamment en train de se renverser les uns les autres. »Le périple de la mer Érythrée, chapitre 38 Cette situation politique correspondrait bien, selon Gérard FussmanFussman, « Le Périple et l'histoire politique de l'Inde », Journal Asiatique Tome CCLXXIX, p. 31-38. Cité par ., à celle de l'Inde du nord-ouest entre 30 et 50 de notre ère, avant sa conquête par les Kouchans.

Les religions des Indo-Parthes vignette|Cellules des moines, monastère bouddhiste, site de Jaulian. Taxilla, Pendjab, Pakistan