vignette|Peugeot de Berlet, lors de la course. vignette|Berlet toujours, au départ de Marseille (casino de la Plage), Paris-Marseille-Paris 1896. Paris-Marseille-Paris est la première course automobile organisée officiellement par l'Automobile Club de France, fondé dix mois plus tôt. Son départ est donné le . Elle est aussi considérée rétrospectivement comme étant le Grand Prix automobile de l'A.C.F. par cette institution.

La course, d'environ et à hauteur d'une étape par jour, est divisée en dix étapes (cinq étapes pour aller à Marseille et cinq au retour pour Paris). Les départs sont donnés le matin, les distance d'étapes varient de 100 à , à l'arrivée des concurrents dans les villes-étapes, leur véhicule est conservé dans un parc fermé jusqu'au lendemain matin, pour le départ de l'étape suivante. Le vainqueur est celui qui met le moins de temps au total (après l'addition du temps de ses dix étapes).

Sur cinquante-deux inscriptions, on compte trente partants et onze véhicules seront officiellement chronométrés à leur retour sur Paris. Émile Mayade remporte la course sur une Panhard et Levassor en .

Organisation Le , l'Automobile Club de France décide d'organiser une course, de Paris à Marseille aller-retour, soit pour la seconde quinzaine de juin. L'itinéraire choisi est : Troyes, Dijon, la Bourgogne, Avignon, la plaine de la Crau. L'ACF décide que la course sera suspendue la nuit.

Le , l'ACF se réunit et décide d'organiser une série spéciale (éliminatoire) pour les véhicules n'excédant pas (à vide). Les conducteurs de ces véhicules seront autorisés à se servir de pédales. Le parcours de cette série ne dépassera pas une moyenne de aller-retour et probablement par l'itinéraire Paris-Mantes et retour, par la Route de quarante sous à l'aller et par Meulan, Triel et Poissy au retour. Les constructeurs ne pourront pas engager plusieurs véhicules identiques.

Une sous-commission, composée de M. Varennes, le comte Henri de La Valette et M. Paul Meyan, a été nommée pour établir le programme détaillé de la course Paris-Marseille, et en fixer l'itinéraire qui doit emprunter la Bourgogne, par Dijon. Il est décidé qu'une marque spéciale d'essence minérale recevrait le patronage de l'ACF.

Le , le comité se réunit chez le comte De Dion et arrête le règlement de la course. La course se fera par étapes successives, de façon à éviter les dangers de la nuit. L'itinéraire sera donc divisé en cinq étapes : Paris, Melun, Montereau, Sens, Joigny, Auxerre. Routes superbes qui permettront les grandes vitesses. Auxerre, Avallon, Vitteaux, Sombernon, la vallée de l'Ouche, Dijon. Parcours très pittoresque mais plus accidenté. Dijon, Beaune, Chalon-sur-Saône, Mâcon, Villefranche, Trévoux, Neuville, Fontaines-sur-Saône, Lyon. Lyon, Vienne, Valence, Montélimar, Orange, Avignon. Dure au début, la route devient plate et belle au pays du nougat. Avignon, Orgon, Salon, Aix, Marseille. Pas commode du tout, cette dernière partie où règne le redoutable mistral.

L'aller-retour d'environ sera donc parcouru en dix jours. Au retour, la quatrième étape ( de l'épreuve) est modifiée, afin de pouvoir arriver de bonne heure à Paris. : Dijon, Sombernon, Vitteaux, Avallon, Auxerre, Joigny, Sens. : Sens, Montereau, Melun, Paris.

À chaque étape, des parcs seront installés où les voitures, au fur et à mesure de leur arrivée, seront enfermées jusqu'au lendemain matin où sera donné un nouveau départ. C'est dans le Bois de Vincennes que sera donné le départ et que seront reçus les concurrents à leur retour. Seize poteaux indicateurs devront être placés sur la route de Paris à Marseille et serviront à jalonner le parcours de la course.

Le , La France automobile publie le texte complet du règlement.

Les sommes récoltées sont réparties de la façon suivante : 50 % aux voitures de deux à quatre places ; 40 % aux voitures de plus de quatre places ; 10 % aux motocycles.

Valeur des prix : Le second reçoit la moitié du premier, le troisième la moitié du second, etc.

Le , la commission se réunit et décide, à treize voix contre cinq, de reporter le départ de la course au jeudi . L'épreuve des véhicules n'excédant pas aura lieu le sur le parcours Paris-Mantes et retour. Une exposition des voitures prenant part à la course s'ouvrira le jeudi jusqu'au lundi . Les concurrents pourront retirer leur voiture deux jours avant le départ.

Le , la commission de course a décidé de créer une nouvelle catégorie, pour les véhicules ne pouvant pas être classés dans les catégories déjà créées.

Le , la commission constitue, pour chaque ville étape, un comité local de contrôle et d'organisation, comprenant les membres de l'ACF y résidant et les délégués du Touring-Club. Il est décidé qu'une lettre serait adressée aux maires des communes traversées afin de leur demander d'accorder leur concours pour la libre circulation des coureurs sur leur territoire. Une commission spéciale, constituée de M. Pierron, M. Varennes et M. Collin, est chargée de régler le fonctionnement des contrôles. Mise en place dans chaque contrôle, d'une feuille d'arrivée, d'une feuille de départ et d'une feuille spéciale, pour chaque concurrent, qui porteront toutes les informations de ce dernier. Messieurs Chasseloup-Laubat et Pierron ayant donné leur démission de « starters », M. Bertin a été nommé pour remplir ces fonctions.

Le , le quotidien Le Figaro informe ses lecteurs qu'une carte détaillée du parcours a été publiée par l'hebdomadaire La France Automobile.

Le , Le Figaro informe que l'exposition se fera du 23 au , dans le local de l'Orangerie, aux Tuileries.

Le , le Tzar étant attendu à Paris pour les fêtes Russes qui débutent le , la commission décide de supprimer l'exposition et de faire partir les véhicules n'excédant pas pour le dimanche et l'épreuve finale pour le .

Le début du parcours de la première journée est rallongée d'une vingtaine de km : départ de Paris à puis le départ définitif de Versailles à pour Jouy-en-Josas, Palaiseau, Longjumeau, Courcouronne, Corbeil, Cesson et Melun.

Le , la commission se réunit et décide que le Paris-Mantes aller-retour pour les véhicules n'excédant pas , se fera par Suresnes, Rueil, Saint-Germain (contrôle volant), Route de quarante sous, Ecquevilly (contrôle volant), Flins, Épône, Mantes (contrôle volant), Limay, Juziers, Meulan (contrôle volant après le pont, sur le territoire des Mureaux), Verneuil, Triel, Poissy, Saint-Germain et Paris. Le départ, à du matin, et l'arrivée se fera au boulevard Maillot.

Pour la grande épreuve du , le départ sera donné à de Versailles, les concurrents partant à une minute d'intervalle. L'itinéraire officiel va être arrêté par une commission composée du baron Thénars, du comte Chasseloup-Laubat, M. de la Valette et Paul Meyan.

Le , sous la présidence de Sir. David Salomons, le comité a arrêté le parcours officiel de la première journée: Versailles, La Croix-de-Berny, Choisy-le-Roi, Villeneuve-Saint-Georges, ... Auxerre. . Les points de contrôle et parcs d'arrêt, choisis par M. Thévin et M. Houry, sont placés aux abords des agglomérations. Le départ de Marseille aura lieu à . L'arrivée à Paris aura lieu à la porte Maillot.

Le , Le Figaro annonce le mécontentement de beaucoup de monde sur la suppression de l'exposition.

Le , le comité décide d'interrompre, pour d'arrêt, la course des moins de à Mantes. Il décide que les membres de l'Automobile Club de Belgique, du Motor Car-Club et de la Self Propelled Trafic Association pourront être admis dans les salons du club (l'ACF), pendant quinze jours. vignette|la Panhard et Levassor 8HP victorieuse, piloté par Emile Mayade. Le , Le Figaro annonce la souscription de M. Harry John Lawson, président du Motor-Car-Club de Londres, qui offre une prime de () à partager entre les deux premières voitures, à la condition qu'elles deviennent la propriété exclusive du et soient livrées à Londres après l'épreuve. Le comité décide de remettre en place l'exposition, qui se tiendra du 4 au . On compte 47 concurrents inscrits.

Le , une carte d'invitation sera adressée aux 750 membres de l'ACF, qui leur donnera accès à la Place de l'Etoile, fermée par un cordon de sécurité pour le départ du 24. Inscription du .

Le , pour les véhicules n'excédant pas , on compte huit inscrits : sept tricycles et une bicyclette, tous propulsés par un moteur à pétrole.

Pour la grande course, le montant des prix s'élève à environ. Parmi les souscripteurs, on note M. Gordon Bennett, le baron de Zuylen, sir David Salomons, le comte de Dion, Henri et Gaston Menier, Artigue, de Bloechroeder, Georges Dufayel, Armand Peugeot, Émile Levassor, Récopé, Georges Berger, Lemoine, Samuel Pozzi, Deutsch, Thévin et Houry, Desmarais Le local de l'exposition sera le Palais de l'Industrie.

Participants + Inscriptions Pilote Écurie Type Véhicule(Classe/Série 1=sans pédales) Energie Nb de place1234Demontvapeur45 Émile Levassor / Charles d'HostinguePanhard et LevassorPhaéton ou Ducpétrole26 Émile MayadePanhard et Levassor(8 hp 4 cylindres)pétrole47 M. Dubois / Hippolyte PanhardPanhard et Levassorpétrole68 M. Merkel / René de KnyffPanhard et Levassorpétrole49 M. LebrunLebrunpétrole210 Gaston de Chasseloup-LaubatDe Dion-Boutonvapeur511De Dion-Boutonvapeur412 Jules-Albert de DionDe Dion-Boutonvapeur413 M. VietCharronTricyclede Dion et Bouton (B/2)pétrole14Chasseloup-LaubatTricyclede Dion et Bouton (B/2)pétrole15DelieuvinTricyclede Dion et Bouton (B/2)pétrole16Foucher et Delachanalpétrole21718 Louis MorsMorspétrole219 Émile MorsMorspétrole320Bolléepétrole421 Amédée BolléeBolléeVoiturettepétrole222Michelinpétrole223Michelinpétrole224pétrole225pétrole226Landry et Beyrouxcabrioletpétrole227Landry et Beyrouxpétrole428 Édouard RosselRosselpétrole229pétrole430pétrole431Lotz et HuzelsteinBicycleHuzelstein (B/1)pétrole32Fissonpétrole233 M. FissonFissonpétrole434Lefebvrepétrole335Lefebvrepétrole636 Émile TridonTridonpétrole237 Gaston TissandierTissandierpétrole238 H. TentingTentingpétrole439Michelinpétrole240CollombTricycleMichelin-de Dion (B/2)pétrole41 Ernest ArchdeaconDelahayeBreakpétrole442 Émile DelahayeDelahayeDog-cartpétrole443Rochet-Schneiderpétrole444 Auguste DoriotPeugeotDuc d'environ et de ()pétrole245Peugeotpétrole246 BerletPeugeotBreak d'environ et de ()pétrole647 Léon BolléeBolléeVoiturette-tandempétrole248Chasseloup-Laubatpétrole449Chasseloup-Laubatpétrole650ChauveauTricycleDiligeon-Bollée (B/1)pétrole51 Joseph CollombClèreTricycleMichelin-de Dion (B/2)pétrole52ChevalierTricycleMichelin-de Dion (B/2)pétrole

Paris-Mantes-Paris

Dimanche : ce prologue de la grande course Paris-Marseille, est en fait la seule course officiellement chronométrée pour les véhicules n'excédant pas ; c'est-à-dire un deux-roues, le de M. Huzelstein et sept tricycles dont six assistés d'un pédalier, tous ces véhicules utilisent le pétrole pour énergie. Cinq d'entre eux participeront quand même à la grande course mais leur classement restera celui du Paris-Mantes-Paris. M. Berlier et M. de la Valette donnent le départ entre deux averses, au milieu d'une foule nombreuse et compacte, qui envahit la chaussée, s'ouvrant au passage d'un concurrent et se refermant sur lui.

Départ : + Départ de Paris-Mantes-Paris Heurede départ Propriétaire Série50M. Chauveau113M. Carron215M. Delieuvin214le comte Chasseloup-Laubat251M. Clère240M. Collomb231M. Huzelstein152M. Chevalier2

Le trajet s'effectue sous des rafales d'eau, et même de la grêle dans Chatou. Le , M. Huzelstein, a des pneus crevés à Suresnes et abandonne. Le , M. Collomb, abandonne également.

Arrivée: + Arrivée de Paris-Mantes-Paris Heured'arrivée Propriétaire Temps réel Temps compensé(-15 min de pause à Mantes)15M. Delieuvin52M. Chevalier51M. Clère13M. Carron50M. Chauveau14comte Chasseloup-Laubat vignette|Tricycle à pneumatiques Michelin de Leon Bollee. Le plus rapide à parcourir les est le , M. Chevalier, en , à la vitesse moyenne de .