vignette|Les restes du cimetière Jannatul Baqi à Médine, en Arabie saoudite. La destruction de sites liés à l'Islam précoce est un processus toujours en cours essentiellement dans la région du Hedjaz en Arabie saoudite occidentale, en particulier dans les villes saintes de La Mecque et Médine. Il s'agit principalement de la démolition de mosquées anciennes, de cimetières, de tombeaux de saints, de mausolées et autres sites associés à des personnalités historiques vénérées par les musulmans.. Par ces destructions, l'État saoudien cherche à empêcher le culte des saints et la vénération des tombeaux sur son territoire, conformément à l'interprétation salafiste des textes de l'islam. Beaucoup de ces démolitions sont également justifiées par l'extension continue de la Mosquée sacrée à La Mecque, et de la Mosquée du Prophète à Médine, et de leurs annexes toujours plus vastes pour accueillir les pèlerins du Hajj, dont le nombre croît avec les années..

L'État saoudien aurait ainsi, en 2014, détruit 98 % de son patrimoine historique et religieux depuis 1985Saudi Arabia Bulldozes Over Its Heritage, Carla Power, Time Magazine.. En 2012, le Gulf Institute, basé à Washington, estime que 95 % des bâtiments millénaires ont été démolis au cours des deux décennies précédentes par les autorités saoudiennes..

Histoire vignette|À la Mecque, la forteresse d'Ajyad de l'Empire ottoman et la colline sur laquelle elle reposait (en haut à gauche, vue en 1905) furent rasées en 2002 pour permettre la construction de l'hôtel Abraj Al Bait Towers (photo ci-dessous) ; on remarque la Mosquée sacrée et la Kaaba en son centre sur les deux photographies. vignette|Abraj Al Bait Towers et la Grande Mosquée, La Mecque, Arabie saoudite. La péninsule arabique fut largement unifiée en 1932 par le troisième État saoudien, le royaume d'Arabie saoudite. La campagne militaire conduite par le roi Abdulaziz ibn Saoud et son armée de tribus bédouines conquit le Hedjaz et força les Hachémites à l'exil. Les nouveaux maîtres du Nejd, des tribus nomades arabes largement illettrées, se trouvèrent avoir les rênes d'une société sophistiquée. Une structure politique cohérente fondée sur le Majlis al-Shura (conseil consultatif) était en place depuis des siècles. Une administration centrale gérait un budget annuel qui finançait des écoles secondaires, une armée et des forces de police. De même, l'expression religieuse était très différente entre le Hedjaz et le Nedj. Les rituels et la culture du Hedjaz étaient naturellement très religieux. Les célébrations honorant Mahomet, sa famille et ses compagnons, des hommages aux saints, les visites des tombeaux et des sites sacrés liés à ceux-ci faisaient partie des coutumes de l'Islam du Hedjaz.. Lorsque l'autorité administrative échut dans les mains des musulmans wahhabites de l'intérieur, les ‘ulema wahhabites (clergé) considérèrent les traditions locales comme superstitions infondées superposées à la pratique religieuse requise, et dès lors source de corruption de celle-ci et d'hérésie.. Il s'ensuivit une destruction des bâtiments, tombes, mausolées, mosquées et autres sites associés à la famille et aux compagnons de Mahomet..

En 1801 et 1802, les Saoudiens, sous les ordres de Abdul-Aziz bin Muhammad, attaquèrent et conquirent les villes saintes chiites de Karbala et Najaf, situées de nos jours en Irak, massacrèrent de nombreux musulmans et détruisirent les tombes d'Al-Hussein ibn Ali, petit-fils de Mahomet, et fils d'Ali (Ali bin Abu Talib), le beau-fils de Mahomet. En 1803 et 1804, les Saoud conquirent La Mecque et Médine, et en détruisirent les monuments historiques et divers sanctuaires musulmans et des tombeaux, telle la tombe de Fatima, la fille de Mahomet, et voulurent détruire celle de Mahomet elle-même, en tant qu'objet d’idolâtrie et donc préjudiciable au monde musulmanThe Destruction of Holy Sites in Mecca and Medina By Irfan Ahmed in Islamic Magazine, Issue 1, July 2006. Nibras Kazimi, A Paladin Gears Up for War, The New York Sun, November 1, 2007. John R Bradley, Saudi's Shi'ites walk tightrope, Asia Times, March 17, 2005.. À La Mecque, les tombes des proches de Mahomet, dont celles de sa première femme, Khadija bint Khuwaylid, furent détruites au cimetière de Jannatul Mualla .. Les premiers démembrements de ces sites débutèrent en 1806 lorsque l'armée wahhabite du Premier État saoudien occupèrent Médine et rasèrent systématiquement les constructions du cimetière Al Baqi .. En 1806, l'armée wahhabite occupe Médine et démolit tous les bâtiments religieux, y compris les mosquées, à l'intérieur ou à l'extérieur du Baqi.. Ce vaste cimetière adjacent à la Mosquée du Prophète (Al-Masjid al-Nabawi) abritait les restes de nombreux membres de la famille de Mahomet, de ses disciples et diverses personnalités majeures de l'Islam précoce. Les Turcs ottomans, pratiquant un islam plus tolérant, moins rigoriste et plus mystique, avaient érigé divers mausolées à Al-Baqi. Ils furent entièrement rasés. Les mosquées de la ville furent également dégradées et la tombe de Mahomet elle-même faillit être détruite. Les critiques venues des communautés musulmanes du monde entier, jusqu'en Inde, mirent fin à toute action en ce sens. Les revendications contre le contrôle turc de cette région furent en partie cause de la guerre saudi-ottomane (1811–1818), au cours de laquelle la défaite saoudienne força les tribus wahhabites à se retirer du Hejaz vers l'intérieur. Les troupes turques prirent progressivement le contrôle de la région et reconstruisirent sur les sites sacrés entre 1848 et 1860, en déployant art et raffinement avec leurs meilleurs artisans Irfan Ahmed, The Destruction of Holy Sites in Mecca and Medina, page 1, Islamica Magazine, Issue 15.page 71. Accessed online October 29, 2010..

Le , les mausolées et les dômes du cimetière d'Al-Baqi à Médine furent de nouveau rasés, de même que les repères de la localisation exacte des dépouilles des membres de la famille de Mahomet et de leurs descendants. Des parties du célèbre Al-Burda, le poème (qasida) du composées en l'honneur de Mahomet par Al-Būsīrī, et inscrites sur la tombe de Mahomet, furent recouvertes de peinture. Parmi les sites visés à cette époque figurent les tombes des martyrs de la bataille de Uhud, dont la tombe de Hamza ibn Abd al-Muttalib, l'oncle de Mohamed et l'un de ses plus fervents partisans, la mosquée de Fatimah Al Zahraa’, fille de Mahomet, la mosquée des Deux Phares (Manaratayn) ainsi que le Qubbat Al-Thanaya, la coupole construite sur le lieu d'enterrement de l'incisive de Mahomet, qui fut cassée lors de la bataille de Uhud. À Médine, le Mashrubat Umm Ibrahim, qui est la maison de l'épouse égyptienne copte de Mahomet, Maria et le lieu de naissance de leur fils Ibrahim Ibn Muhammad, de même que le site funéraire adjacent de Hamida al-Barbariyya, mère de l'Imam Moussa al-Kazim, furent également détruits à cette époque. Le site fut pavé et fait désormais partie de la grande esplanade de marbre blanc à côté de la mosquée. Le comité d'experts mandaté par le Gouvernement saoudien prit la décision de la destruction de ces lieux et bâtiments en application de règlements islamiques visant à prévenir des vénérations conduisant au shirk..

Le a vu un accroissement des démolitions des sites de Médine et de La Mecque. Comme le Hajj annuel continue d'attirer des foules toujours croissantes en nombre, les autorités saoudiennes ont jugé nécessaire de dégager des espaces bâtis pour étendre les infrastructures liées au pèlerinage. En 2010, le plus vaste projet d'extension jamais envisagé fut estimé à de dollars US.. Alors que tous s'accordent en général pour accroitre les infrastructures en faveur du grand nombre de pèlerins, le développement de constructions diverses tels de grands hôtels, restaurants, centres commerciaux et même deux centres balnéaires de luxe. est vu par certains comme une ultra-commercialisation d'un site divin pour les musulmans. L'afflux d'investissements à La Mecque et Médine fait penser pour certains que l'argent et la croissance économique justifient avant tout ces investissements pour les autorités saoudiennes. Cela serait également en conformité avec les conceptions wahhabistes imposées aux villes saintes., supprimant ainsi tout élément qui ne serait pas conforme aux croyances véhiculées par le Wahhabisme. .

Premières destructions vignette|Tombeau d'Ève, avant sa destruction, à Djeddah en 1913. vignette|Tombeau d'Amina, après sa destruction, en 1998. vignette|Tombeau de Khadija, avant sa destruction, cimetière de Jannat al-Mualla, à La Mecque. vignette|Tombeau de Fatima, à La Mecque, après sa destruction. vignette|Cimetière d'Al Baqi, avant sa démolition, à Médine en 1925. Toutes les femmes de Mahomet sont enterrées à cet endroit, en dehors de Khadija et de Maymouna. vignette|Lycium shawii appelé Gharqad qui a donné son nom au cimetière d’al-Baqî`Al-Baqî` al-Gharqad en arabe : al-baqīʿ al-ḡarqad, , endroit des Lyciums shawii, champ des ronces. à Médine.

En 1803 et 1804, les Saoudiens ont conquis militairement les villes sacrées de La Mecque et de Médine (les musulmans se mettant en état d'ihram) et démoli plusieurs tombes des Ahl al-Bayt et des Sahaba, outre des monuments anciens, mais seulement des « ruines » selon les wahhabites, telles que la tombe de Fatima Zahra, la fille de Mahomet ..

Les plus importantes destructions de sites ont commencé en 1806 lorsque l'armée wahhabite occupait Médine. Les armées wahhabites ont rasé le Baqi, ou cimetière qui contenait les restes des figures centrales de l'islam des débuts (salafs). Les mosquées ont également été visées et la tombe du prophète Mahomet faillit même être démolie History of the Cemetery of Jannat al-Baqi| History of the Shrines, Al-Islam.org (Ahlul Bayt Digital Islamic Library Project). Accessed online 16 December 2008... Mais, à la suite des protestations des musulmans non-wahhabites dans le monde, l'Empire ottoman envoie une armée, et en 1818, Mohammed Ali Pacha reprend le Hedjaz aux Al Saoud, et ces monuments sont reconstruits, pour un coût de de l'époque.

Durant la Révolte arabe à la fin de la Première Guerre mondiale, les Hachémites, soutenus par l'Empire britannique, s'emparent du Hedjaz. Le , les compagnons d'Abdelaziz Ibn Saoud, ou Ikhwan le reprennent, et détruisent les lieux et les monuments en rapport avec des saints ou des imams, comme ce fut le cas à La Mecque avec la démolition des tombes de la famille du prophète Mahomet.. Alors que certains mausolées détruits à Médine comprenaient ceux des premiers chefs chiites, ceux-ci commémorent annuellement cette destruction.

En 1994, le mufti Abd al-Aziz ibn Baz, plus haute autorité religieuse du régime wahhabite, lance une fatwa stipulant qu'« il n'est pas permis de glorifier les bâtiments et les sites historiques. De telles actions mènent au polythéisme.. » Entre 500 et 600 mausolées et d'autres structures de l'islam des origines ont été démolis. À cette époque, il a été estimé que 95 % des bâtiments âgés de plus de ont été rasés durant les 20 dernières années The destruction of Mecca: Saudi hardliners are wiping out their own heritage.. Toutefois, les populations du Hedjaz semblent être moins convaincues de cette politique que celles du Nejd, des voix se sont élevées pour protester contre la destruction de ces sites religieux, en particulier avec les futurs développements des mosquées de Médine et de La Mecque Destruction of Islamic Architectural Heritage in Saudi Arabia: A Wake-up Call..

En 1998, les Saoudiens ont aplani au bulldozer et versé de l'essence sur la tombe d'Aminah bint Wahb, la mère de Mahomet, provoquant ainsi un fort ressentiment à travers tout le monde musulman.

Sites détruits Les destructions de sites historiques et archéologiques se comptent désormais par centaines, principalement en Arabie saoudite (régime wahhabite) avec une extension dans le monde musulman.

L'État saoudien aurait ainsi, en 2014, détruit 98 % de son patrimoine historique depuis 1985.