Léon Pillet, né le à ParisArchives en ligne de Paris, actes de l'état civil reconstitué, extrait du registre des actes de naissance de l'an XI, cote 5Mi1 120, vue 6/51 et mort le à Venise, est un journaliste, membre du Conseil d'Etat, diplomate et librettiste français. Il a été directeur de l’Opéra national de Paris de 1840 à 1847.
Jeunesse Raymond François Léon Pillet est le fils de Fabien Pillet, écrivain, journaliste et administrateur français’’Larousse’’ 1874, vol. 12, p. 1015.. Après des études au lycée Napoléon (aujourd’hui lycée Henri-IV), il fait des études de droit et travaille pour l’avocat Mauguin"Vapereau’’ 1858, p. 1449.. Il est le frère de Camille Pillet.
Journalisme En 1827, il participe à la création du Nouveau Journal de Paris, où il s’occupe de la rédaction du feuilleton dramatique.
Au moment de la suppression des privilèges des grands journaux, le journal se transforme en feuille politique, soutenant l’opinion libérale. Léon Pillet devient alors rédacteur en chef et gérant responsable du journal. Il signe en la protestation des journalistes. Pendant la Révolution de Juillet, le rythme de publication du journal, qui s’appelle désormais le Journal de Paris s’accélère, délivrant plusieurs numéros par jour les 26, 27 et .
Après la révolution, le journal, qui a soutenu le nouveau régime de Louis-Philippe, est cédé à une nouvelle société et devient une feuille ministérielle.
Carrière d’administrateur En 1832, Léon Pillet devient l’officier d’ordonnance du duc d’Orléans au siège d’Anvers. La même année, il est décoré, et reçoit le titre de maître des requêtes en service extraordinaire en 1834. Il est nommé commissaire royal et secrétaire de la commission spéciale pour le Conservatoire et les théâtres royaux en 1836 et directeur de l'Académie royale de musique le , d'abord conjointement avec Henri Duponchel (Pillet est directeur du personnel et de l'administration, Duponchel directeur du matériel, des accessoires et de la mise en scène), puis tout seul du au . A cette époque, sa direction est contestée et le ministère des Beaux-Arts lui adjoint de nouveau Duponchel mais aussi Nestor Roqueplan, avant qu'il ne leur abandonne complètement la direction en .
Librettiste Outre des lettres et des mémoires, Léon Pillet est également l’auteur de plusieurs œuvres, qu’il signe sous les pseudonymes de Renaud et LéonArchives de la BnF, notamment : L'Obstiné ou les Bretons (1837), vaudeville en 1 acteLivret de L'Obstiné ou Les Bretons La Liste de mes maîtresses (1838) comédie en 1 acte co-écrit avec RegnaultLivret de La liste de mes Maîtresses Un mari du bon temps (1841), comédie chantée en 1 acte, co-écrit avec RegnaultLivret de l'œuvreUn mari du bon temps Cabaret de la veuve (1841), vaudeville en 1 acte, co-écrit avec Jules de PrémarayArchives de la BnF, costumes du Cabaret de la veuve Mazurka ou les Clarinettes et les Marionnettes (1844), vaudeville en 1 acte co-écrit avec Adolphe Vaunois Vendetta (1839) opéra en 3 actes, co-écrit avec Adolphe Vaunois, musique de Henri de RuolzLivret de La Vendetta De la situation actuelle des théâtres royaux et notamment de celle de l’Académie de Musique (1844)
Direction de l’Opéra de Paris Léon Pillet vend le Journal de Paris en 1840, et devient co-directeur de l’Opéra de Paris aux côtés d'Henri Duponchel fin . Dix-huit mois plus tard, Henri Duponchel le laisse seul à la tête du théâtre de l’Opéra de Paris, en .
Wagner vend à Léon Pillet pendant ces années le livret de son opéra Le Hollandais Volant pour 500 francs, mais ne réussit pas à convaincre le directeur de l’Opéra de produire son œuvreGregor-Dellin, 1983, p. 106.. Pillet utilise par la suite l’idée de Wagner pour monter Le Vaisseau fantôme, sur une musique de Pierre-Louis Dietsch (d’après le livret de Paul Foucher), mais qui fut un échec auprès du publicFulcher 1987, pp. 104–105..
Durant ses années à la tête de l’institution, Léon Pillet entretient une liaison avec Rosine Stoltz, mezzo-soprano de l’Opéra de Paris. Les caprices de celle-ci sont à l'origine de fortes tensions, se traduisant, par exemple, par le blocage de la production de l'opéra, pourtant achevé, Le Prophète de Meyerbeer. C’est cette liaison qui accélère sa chute en 1847, le forçant à démissionner après un scandale survenu lors de la première représentation de l'opéra Robert Bruce.
Opéras et ballets représentés pour la première fois à l’Opéra de Paris dans la période 1841-1847 Les œuvres suivantes ont été représentées pour la première fois durant les années de Léon Pillet à la tête de l’Opéra national de Paris : Giselle, ou les Wilis (), ballet romantique en 2 actes, musique d’Adolphe Adam, chorégraphie de Jean Coralli et Jules Perrot La Reine de Chypre (), opéra en 5 actes de Fromental Halévy Le Guerillero (), opéra en 2 actes d’Ambroise Thomas La Jolie Fille de Gand (), ballet-pantomime en 3 actes, musique d’Adolphe Adam, chorégraphie d’Albert Le Vaisseau fantôme, ou le Maudit des mers (), opéra en 2 actes de Pierre-Louis Dietsch Charles VI (), opéra en 5 actes de Fromental Halévy La Péri (), ballet romantique en 2 actes, musique de Burgmüller, chorégraphie de Jean Coralli Dom Sébastien, roi de Portugal (), opéra en 5 actes de Gaetano Donizetti Lady Henriette ou la servante de Greenwich (), ballet romantique en 3 actes, musique de Friedrich von Flotow (Acte 1), Burgmüller (Acte 2), et Edouard Deldevez (Acte 3), chorégraphie de Joseph Mazilier Le Lazzarone, ou le bien vient en dormant (), opéra en 2 actes de Fromental Halévy Eucharis (), ballet romantique en 2 actes, musique de Deldevez, chorégraphie de Jean Coralli Othello (), opéra en 3 actes de Gioachino Rossini, traduit par Alphonse Royer et Gustave Vaëz Richard en Palestine (), opéra en 3 actes, musique d’Adolphe Adam Marie Stuart (), opéra en 5 actes de Louis Niedermeyer Le Diable à quatre (), ballet romantique en 2 actes, musique d’Adolphe Adam, chorégraphie de Joseph Mazilier L'Étoile de Séville (), opéra en 4 actes de Michael William Balfe Lucie de Lammermoor (), opéra en 4 actes de Gaetano Donizetti Moïse au Mont Sinai (), œuvre lyrique dramatique de Félicien David Paquita (), ballet romantique en 2 actes, musique d’Édouard Deldevez, chorégraphie de Joseph Mazilier Le Roi David (), opéra en 3 actes d'Auguste Mermet L'Âme en peine (), opéra en 2 actes de Friedrich von Flotow Betty (), ballet en 2 actes, musique d’Ambroise Thomas, chorégraphie de Joseph Mazilier Robert Bruce (), opéra pastiche en 3 actes, musique de Gioachino Rossini Ozaï (), ballet-pantomime en 2 actes, musique de Casimir Gide, chorégraphie de Jean Coralli La Bouquetière (), opéra en 1 acte, musique d’Adolphe Adam La Fille de marbre (), ballet-pantomime en 2 actes, musique de Cesare Pugni, chorégraphie d'Arthur Saint-Léon Jérusalem (), opéra en 4 actes, musique de Giuseppe Verdi
Fin de carrière et mort En 1859, Léon Pillet est nommé Consul de France à Nice. Il demeure à ce poste jusqu’en 1861, année où il devient Consul à Cagliari, puis à PalermeLarousse, Pierre (1874). Grand dictionnaire universel du XIXe siècle, vol. 12. Paris. View Internet Archive.. Il meurt à Venise le .
Notes et références
Bibliographie . . . . . . . . . . . . . . .
Liens externes
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