La première coalition est une alliance formée au début de 1793 par plusieurs États européens contre la France, devenue une république en et qui a exécuté le . Cette coalition prolonge l'alliance entre l'Autriche et la Prusse, en guerre contre la France depuis .

En , le gouvernement de Louis XVI, en pleine période de réformes institutionnelles et de crise politique, prend l'initiative d'un conflit en déclarant la guerre « au roi de Bohême et de Hongrie », c'est-à-dire à l'AutricheLa déclaration de guerre n'est pas adressée à l'archiduché d'Autriche, celui-ci n'étant pas alors un État souverain, mais une des possessions de la maison d'Autriche, faisant partie du Saint-Empire, ni à en tant qu'empereur du Saint-Empire car il n'est élu empereur des Romains que le 7 juin 1792, puis couronné à Francfort-sur-le-Main le 14 juillet 1792. Notons cependant que pour beaucoup de Français, la reine Marie-Antoinette était (défavorablement) surnommée « l'Autrichienne »., le . La Prusse intervient rapidement à ses côtés.

Ce conflit, d'abord défavorable à la France, aboutit au renversement de Louis XVI (), puis à l'établissement de la République (), événement à peu près contemporain de la bataille de Valmy, suivie un peu plus tard de la victoire de Jemappes (). La France est alors gouvernée par la Convention girondine, favorable à l'« exportation » de la Révolution par les armes. L'invasion des Pays-Bas autrichiens et des Provinces-Unies par les armées françaises constitue un casus belli pour le royaume de Grande-Bretagne ; l'exécution de Louis XVI aggrave le sentiment de menace révolutionnaire dans les cours européennes, de sorte que de nombreux États rejoignent la Prusse et l'Autriche au début de 1793 : le royaume de Grande-Bretagne, le royaume de Sardaigne (Sardaigne, Piémont, Savoie), le royaume d'Espagne, le royaume de Sicile (Sicile et Naples), les Provinces-Unies, le royaume de Portugal, et le Saint-Empire, entité regroupant les nombreux États allemands existant à l'époque.

La formation de cette coalition a lieu au moment où en France débute le soulèvement vendéen, qui va aggraver la situation pour le gouvernement de la République. C'est pourtant la France qui va l'emporter au terme de cinq années de guerre, mettant au premier plan le général Bonaparte, vainqueur de l'Autriche en Italie. On considère en effet que la coalition prend fin en 1797, lorsque l'Autriche signe le traité de Campo-Formio, alors que la Prusse s'est retirée dès par le traité de Bâle.

Les hostilités reprennent dès 1798 avec la formation de la Deuxième Coalition.

Origine du conflit Ce conflit trouve son origine dans les bouleversements de la Révolution française, commencée en 1789.

Bien que les députés à l'Assemblée nationale constituante ne désirent pas la guerre, des tensions internationales apparaissent dès 1789 avec l'abolition des droits féodaux (le ), qui touche un certain nombre de seigneurs allemands, les « princes possessionés », puis, en 1791, avec l'annexion du Comtat Venaissin au détriment du pape, à la tête des États pontificaux. D'autre part, de nombreux nobles se réfugient dès 1789 à l'étranger, entrant dans l'« émigration », adoptant une attitude hostile à la France révolutionnaire et sollicitant l'intervention étrangère. Enfin, , frustré de la perte de son pouvoir absolu, sollicite aussi l'aide étrangère, notamment auprès de la cour de Vienne, d'où vient son épouse Marie-Antoinette, fille de Marie-Thérèse d'Autriche et sœur de .

L'idée d'une intervention militaire contre la France fait progressivement son chemin, puis elle prend de la vigueur après la tentative de fuite du roi le . Louis XVI est maintenu sur le trône, mais nombre de patriotes le considèrent comme un traître. Léopold de Habsbourg à Vienne et à Berlin publient le la déclaration de Pillnitz, dans laquelle ils invitent les autres États à se joindre à eux contre la Révolution française. L'Autriche et la Prusse concluent aussi un accord d'alliance militaire. La neutralité britannique empêche toute action dans l'immédiat, mais cette déclaration provoque des tensions en France, aggravant la situation politique de Louis XVI.

Lorsque, après la mise en place de la constitution de 1791, est élue l'Assemblée nationale législative, les Girondins y tiennent une place importante. Ils ne sont pas hostiles à la guerre, notamment contre les princes allemands du Saint-Empire : ils désirent exporter les idées révolutionnaires et libérer par les armes les autres peuples du joug de l'absolutisme et de l'aristocratie privilégiée. Ces derniers espèrent également, et surtout, profiter d'une nouvelle guerre afin de résorber la crise économique qui persiste depuis avant le Révolution, et orienter l'opinion publique vers des menaces extérieures pour la détourner des problèmes internes et notamment de l'incapacité des parlementaires à redresser la situation financière. Le point de vue des Girondins est suivi, pour d'autres raisons, par la plupart des hommes politiques, à l'exception d'une fraction du club des Jacobins, à la tête de laquelle se trouve Robespierre.

Celui-ci, qui n'est pas député, ayant été membre de la Constituante, et ses partisans, s'opposent à la guerre car ils y voient un risque grave pour la Révolution ; ils savent que, pour la cour, il s'agit de recouvrer la puissance royale perdue, notamment grâce à la défaite de la France, perspective plausible dans la mesure où les émigrés étaient souvent officiers dans l'armée française. Robespierre ne croit pas non plus à la libération des peuples par les armées étrangères.

Le , les bellicistes l'emportent : le gouvernement français lance un ultimatum à François II, successeur de Léopold (mort le ), lui enjoignant de dénoncer l'accord avec la Prusse. L'empereurFrançois II est à la fois chef de la maison d'Autriche, par conséquent « roi de Bohême et de Hongrie », et empereur d'Allemagne, chef du Saint-Empire, auquel une partie de ses États appartient : la Bohême, l'Autriche, etc., mais pas la Hongrie. ne répond pas, si bien que la France lui déclare la guerre le . La Prusse, conformément à son alliance, déclare la guerre à la France le .

La guerre en 1792 « La Patrie en danger » (mai-juillet) vignette|gauche|Position des troupes avril-mai 1792. Les armées des deux alliés sont globalement inférieures en nombre, mais elles bénéficient de la désorganisation de l'armée française et de la faiblesse de l'état-major dues notamment à l'émigration de nombreux officiers, ainsi que de .

Après la prise de Porrentruy le , une première offensive française vers les Pays-Bas autrichiens se solde par un échec car, à la vue de l'ennemi, les généraux Dillon et Biron ordonnent la retraite. Dillon est alors massacré par ses troupes. Les alliés mettent le siège devant Lille. Le , l'Assemblée décide l'appel aux volontaires pour « former leurs bataillons », qui rejoindront les troupes de ligne, des soldats engagés.

À Paris, la situation se tend : le , les Tuileries sont envahies par les sans-culottes, avec notamment le dantoniste Legendre, et Louis XVI est contraint de rendre hommage à la Nation. Le , l'Assemblée proclame .

Menaces de Brunswick et la chute de Louis XVI (25 juillet-10 août) Le , le duc de Brunswick lance son « manifeste » au peuple parisien, le menaçant de destruction « s'il est fait le moindre outrage à la famille royale », mais cela ne fait que galvaniser la ferveur patriotique et révolutionnaire, alors que les volontaires affluent à Paris, notamment les volontaires marseillais, arrivés le en chantant le Chant de guerre pour l'armée du Rhin (écrit et composé le ).

Le , les Tuileries sont attaquées par les sans-culottes, les gardes nationaux abandonnent leurs positions : Louis XVI est autorisé à se réfugier à l'Assemblée et les gardes suisses sont massacrés. C'en est fini du règne de Louis XVI ; la famille royale va ensuite être emprisonnée. L'Assemblée législative décide de procéder à l'élection d'une nouvelle Constituante : la Convention, qui sera élue au cours du mois de septembre. Un conseil exécutif provisoire est formé, dont le meneur va être Danton, ministre de la Justice.

Offensive de Brunswick et tournant de Valmy (19 août-20 septembre) Le , Brunswick entre en Lorraine et prend Longwy, puis Verdun le . Le général Dumouriez tente en vain de résister à l'avance des alliés. Ses lignes sont percées et il se retire vers le sud. La route de Paris est ouverte pour les alliés. Le , Danton prononce lors de son discours : .

Dumouriez ayant rejoint l'armée de Metz commandée par Kellermann, les arrières du duc de Brunswick sont menacés. Celui-ci décide d'attaquer : le , la rencontre a lieu à Valmy, où les troupes françaises, comportant des bataillons de volontaires, l'emportent, contraignant l'armée prussienne à la retraite. La France recouvre Verdun et Longwy ; cette victoire de l'armée révolutionnaire a un énorme retentissement moral et politique. Le lendemain, , la Convention proclame la République.

Offensive généralisée et les annexions (septembre 1792-mars 1793) Les armées françaises lancent l'offensive sur tous les fronts. Au sud, l'armée du Var, commandée par le général Jacques Bernard d'Anselme, entre à Nice le . Montesquiou envahit la Savoie. Custine lance l'offensive sur le Rhin et s'empare de Spire le , de Worms le , de Mayence le et de Francfort le . Les troupes révolutionnaires traversent à cette occasion et pour la première fois (six franchissements entre 1792 et 1800) le fleuve.

Au nord, Dumouriez contraint les Autrichiens à la retraite et entre dans les Pays-Bas autrichiens. Il remporte une victoire importante à Jemappes, près de Mons, ce qui lui permet de conquérir l'ensemble des Pays-Bas autrichiens en novembre. La Convention décide de procéder à l'annexion des territoires conquis. La Savoie est annexée le , le comté de Nice le , la principauté de Salm le , l'évêché de Bâle le et la Belgique le .

Formation de la coalition (février-mars 1793) La récente agressivité de la République française provoque un changement d'attitude au sein des cours européennes. Les tensions s'enveniment avec l'exécution de Louis XVI le .

Déclaration de guerre au Royaume de Grande-Bretagne et aux Provinces-Unies () Le Royaume de Grande-Bretagne a bien accueilli au départ les événements en France. Mais il revient à sa politique d'équilibre européen lorsque la France prend le contrôle des Pays-Bas autrichiens et des bouches de l'Escaut. Le gouvernement britannique ne peut accepter que le port et la place financière d'Anvers soit aux mains des Français.

Le , Pierre Lebrun, le ministre des Affaires étrangères, informe la Convention nationale que François Bernard Chauvelin, ambassadeur de France en Grande-Bretagne, est sommé de quitter le territoire britannique. Le , après le rapport de Jacques-Pierre Brissot (député d'Eure-et-Loir), membre du Comité de défense générale, la France déclare la guerre à la Grande-Bretagne et les Provinces-Unies :

Entrée en guerre des autres pays européens La Grande-Bretagne s'entend avec la Russie pour interdire l'importation de grain de France. En revanche, la Russie ne s'implique pas militairement.

N'ayant pas d'armée de terre importante, la Grande-Bretagne signe des traités avec les princes allemands pour qu'ils puissent lever des armées grâce aux subsides britanniques, tandis que la Royal Navy s'efforce d'asphyxier la France par le blocus des ports et la conquête de colonies.

Le , après le rapport de Bertrand Barère (député des Hautes-Pyrénées), membre du Comité de défense générale, la France déclare la guerre à l'Espagne :

Les États pontificaux, le royaume de Naples, les duchés de Parme et de Modène, le grand-duché de Toscane et le royaume de Portugal ne tardent pas à suivre, se liant à la Grande-Bretagne par des traités bilatéraux.

Le , George Washington, le président des États-Unis, signe la proclamation de neutralité.

Levée de 300 000 hommes (24 février) et soulèvement vendéen