L'Appaloosa est une race de chevaux de selle originaire du nord-ouest des États-Unis. Issue des montures perdues par les colons européens, les mustangs, elle est sélectionnée traditionnellement par les Premières nations Nimíipuu (Nez-Percés) établis près de la rivière Palouse. La grande particularité de ces chevaux est d'avoir très souvent une robe tachetée, entre autres caractéristiques physiques étonnantes.

Les Nimíipuu perdent la plupart de leurs chevaux lors de leur migration de 1877 et la race connaît un déclin de plusieurs décennies, ne survivant que grâce à la ténacité de quelques éleveurs, jusqu'à la création d'un stud-book en 1938. Depuis le milieu du , de très nombreux croisements avec des chevaux Quarter Horses et Pur-sang sont effectués. Au début du , peu de différences existent, hormis la robe, entre l'Appaloosa, le Quarter Horse et le Paint Horse, qui forment les trois races autorisées dans les concours internationaux de monte western. Désormais, l'Appaloosa est l'une des races les plus populaires aux États-Unis. Il a été nommé le cheval officiel de l'État de l'Idaho en 1975. En 1997, il est reconnu en France par les Haras nationaux. L'Appaloosa a influencé beaucoup d'autres races de chevaux, y compris des chevaux d'allures. Son schéma de couleur est d'un grand intérêt pour ceux qui étudient la génétique équine. Ce cheval est également présent dans nombre d'œuvres de la culture populaire, notamment des films.

Les Nimíipuu élèvent une race appelée cheval des Nez-Percés ou cheval de Palouse, obtenue par croisement d'Appaloosas « modernes » avec des Akhal-Teké, assez ressemblants aux Appaloosas originels.

Étymologie Au , les trappeurs canadiens francophones avaient baptisé pelouse cette région des Hauts-Plateaux à herbe courte, comme ils avaient appelé prairie les Grandes Plaines à herbe longue. La rivière Palouse procède aussi de la même étymologie. Ces trappeurs furent les premiers à avoir remarqué les chevaux colorés des indiens, à qui ils donnèrent le nom de cheval de la Palouse puis, par déformation angliciste, Appaloosa. Le « cheval de la Pelouse » devient ainsi un « palousé » qui se transforme en anglais en « Appalosey » puis en « Appaloosa ».

Le français était alors la langue de la traite des fourrures puisque les « coureurs de bois » ou « voyageurs » étaient tous Canadiens français ou Métis-français. Toutes les compagnies (américaines, canadiennes ou anglaises) embauchaient des francophones pour leur contact amical avec les Indiens. Le français de la traite, quoique passablement déformé, est encore parlé dans certaines tribus de l'Ouest canado-américain sous le nom de michif (prononcé mitchif) qui est le mot « métis » tel que prononcé aujourd'hui. La langue mechif, autrefois appelée chinouc ou chinouk a aujourd'hui pour caractéristique de garder l'article accolé au substantif. Ainsi le premier A de appaloosa n'est que le A de l'article « la » dans l'expression « la pelouse ». Prononcé à l'anglaise, le mot « Lapelouse » a donné Appaloosa.

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Histoire

L'Appaloosa trouve son origine dans les nombreux chevaux amenés avec les colons sur le continent américain. Il n'est pas le premier cheval tacheté puisqu'on trouve des mentions ou des représentations de chevaux portant cette robe depuis la préhistoire jusqu'à la Renaissance.

Les chevaux à robe bariolée sont peu appréciés par les Arabes et les Espagnols selon les spécialistes. Pourtant, on retrouve des chevaux de couleur dans les livres de bord des navires qui partent vers les Amériques ; deux chevaux sont comptabilisés sur les seize embarqués, probablement des genets d'Espagne, à bord du navire d'Hernán Cortés en 1519.. Les cavaliers sont répertoriés ainsi que les chevaux avec leur robe et particularités : « …Moron originaire de Vaino avec un étalon overo bien mis, Vaena de Trinidad avec un étalon noir overo et des petites taches blanches (robe ), il n'a pas bien supporté le voyage… ».

L'éleveur Scott Engstrom défend l'idée selon laquelle l'origine de l'Appaloosa se trouverait en Asie et non en Espagne, ce qui a donné lieu à la réalisation d'une émission de télévision filmée au Kirghizstan, qui a permis de trouver des chevaux porteurs de la robe à complexe léopard.. Cette théorie d'une origine kirghize n'a cependant jamais été confirmée par des analyses génétiques.

En 1604, Balbuena décrit les premiers vaqueros et des chevaux de couleur dans les élevages du Mexique. Les caractéristiques sont identiques à celles des chevaux de Cortés près d'un siècle auparavant..

L'arrivée dans le Nouveau Monde

Le cheval ayant disparu du continent américain depuis la fin de la dernière période glaciaire, les Européens amènent des chevaux dans les colonies. Dès la fin du les Apaches et Navajos ont parfaitement intégré le cheval. Leur goût pour ce qui est voyant les amène à préférer les animaux de couleurs.. À la fin du , les chevaux tachetés ne sont plus à la mode en Europe, les éleveurs se débarrassent de ces chevaux qu'ils vendent vers le Nouveau Monde. Leur type est très proche de l'Appaloosa originel des Nez-Percés. Miller décrit en 1861 les caractéristiques de ces chevaux des Nez-Percés et les comparent au type andalou avec la finesse, les allures et le profil facial arqué typique du « fameux cheval d'Espagne » du temps de Charles Quint. Autre caractéristique de ces chevaux de l'Oregon, une crinière et une queue peu abondantes. On ne sait pas si ce trait génétique est apparu lors de croisements ou alors s'il est issu des chevaux dont les éleveurs et les Espagnols ont voulu se débarrasser en y voyant un signe de faiblesse.

La sélection par la tribu des Nez-Percés

La tradition orale veut que les Nez-Percés aient découvert le cheval chez les Cayuses vers 1730. Apprenant que ces derniers ont acquis ce nouvel arrivant chez les Shoshones au sud, ils partent pour y faire du commerce et acquérir ce nouveau venu. Ils achètent une jument pleine de couleur blanche qui constitue avec son poulain le début d'immenses troupeaux qui se développent dans un environnement de pâtures grasses et de canyons, favorable et protégé. Les chevaux se multiplient le long des vallées de la Snake River, de la Palouse River et des larges plaines de la Columbia.

Entre 1700 et 1770, les immenses troupeaux de , directement issus des premiers chevaux des Espagnols sont au contact des élevages en liberté des chevaux canadiens français, qui eux descendent du trait breton.

En moins de cent ans, pratiquement les seuls parmi les autres tribus (et la raison reste un mystère), ils acquièrent les techniques de l'élevage sélectif. En 1806, Lewis laisse castrer un de ses chevaux par un Nez-Percé, et à son grand étonnement l'animal récupère très rapidement. Il notera dans ses carnets : « je déclare sans hésitation que la méthode de castration pratiquée par les Indiens est bien supérieure à la nôtre ». Il remarque également d'élégants chevaux de couleur « avec de larges taches blanches mélangées de façon irrégulière avec des robes noires, baies ou autres couleurs foncées ».

Contrairement à une idée répandue, tous les chevaux des Nez-Percés ne sont pas tachetés.

Les Appaloosas auraient été sélectionnés également pour une allure particulière, l, proche de l'amble et très confortable permettant de couvrir de longues distances, « chevaux aux 100 miles par jour ». Pour cette allure, chaque pied frappe la terre à un temps différent, donnant au cheval une démarche par bipède latéral à quatre battues.

Les guerres et la disparition de l'Appaloosa originel

Après la reddition des Nez-Percés en 1877, les immenses troupeaux sont décimés par l'armée américaine qui considère ces chevaux comme des armes de guerre. Ils servent même de cibles d'entraînement.

La politique du Bureau des affaires indiennes encourage ces tribus nomades à se sédentariser et à devenir des fermiers. Elle impose le croisement avec des étalons type cheval de trait donnant des Appaloosas proches du Knabstrup.

Renaissance de la race

Des propriétaires de ranch continuent d'élever ces chevaux de couleur mais pour leur propre usage de cheval de bétail. En 1937, un historien également cavalier, Francis Haines, publie un article sur l'Appaloosa dans une revue équestre. Devant l'immense intérêt des lecteurs d'autres articles suivent et avec le soutien du public, six passionnés partent à la recherche des descendants des Appaloosas originels pour la création d'un stud-book et la sauvegarde de la race. Près de 5000 chevaux sont sélectionnés et déclarés comme fondateurs du nouvel Appaloosa. En 1938, l'Appaloosa Horse Club (ApHC) est créé, son siège est à Moscow dans l'Idaho.

Sous l'impulsion du président Thomson, l'ApHC prend des mesures pour améliorer la race en autorisant des apports de Pur Sang Arabe. Le mélange sans problème est sans doute dû au fait que l'Appaloosa a du sang Barbe et Arabe. Quand ce n'est pas possible il est recommandé d'utiliser du Morgan ou du Pur-sang avec les caractéristiques de l'Arabe et du cheval de selle..

Parmi les Appaloosa fondations, 25 Arabes ont été enregistrés comme père ou mère de plusieurs chevaux. Tous ont comme origine Mesaoud, « Arabe pure race de lignée tachée », ce qui relie les deux races à leurs anciennes lignées orientales. Il existe un type Arabian-Appaloosa très compétitif en endurance qui réunit les qualités respectives des deux races.

Dans les années 1970, l'Appaloosa est devenu la troisième race en nombre aux États-Unis. Cependant sous la pression d'éleveurs, l'ApHC, introduit une règle dans les années 1980 qui permet le croisement avec des Quarter Horses. De plus en plus « quarterisé », l'Appaloosa perd peu à peu ses caractéristiques pour devenir un Quarter Horse avec une robe tachetée, apte aux compétitions de la monte western.

Dans les années 2000 les dirigeants de l'ApHC réalisent que l'Appaloosa est sur le point de disparaître. Pour certains, il est déjà trop tard pour sauver la race de l'extinction. Certaines associations prennent des mesures drastiques, ferment des livres pour interdire tout croisement et refusent les Appaloosas .

Les chevaux Appaloosa fondation sont reconnus s'ils ont comme origine un Fondateur (Candy F320, Sundance F500, Toby, Red Eagle, Simcoe's Sarcee, Chief of Fourmile, Joker B, Juaquin, Patchy F416, Bambi E, etc.) et au moins 75 % ApHC sur cinq générations pour pouvoir être inscrit à la Foundation Appaloosa Horse Registry.

Un programme de réhabilitation de l'Appaloosa originel a aussi été mis en place dans la tribu des Nez-Percés.

Description L'Appaloosa moderne actuel a reçu des apports de sang très importants du Quarter Horse. Mises à part les couleurs, ses traits génétiques et sa morphologie le rapprochent davantage du Quarter Horse que de l'Appaloosa originel.

Allure générale Il toise généralement de au garrot pour un poids de . C'est un cheval de type médioligne. Sa musculature est développée et le squelette est fort en os. Sa morphologie en fait un cheval polyvalent apte à la pratique de nombreuses disciplines tant classiques que western.

Quatre caractéristiques sont considérées comme identificatrices chez l'Appaloosa : le tour des yeux, la bouche et les naseaux ainsi que les parties génitales marbrés, le blanc de l'œil (sclérotique) bien visible, les sabots striés et la robe colorée. Un cheval peut toutefois être reconnu comme Appaloosa en ne possédant pas les quatre caractéristiques précédentes, à condition que ses parents soient des Appaloosas.

Robe

L'Appaloosa est réputé pour sa robe originale. Aux robes de base reconnues par l'''Appaloosa Horse ClubL'Appaloosa Horse Club reconnaît les 13 couleurs de base suivante : bai (), bai brun (), noir (), blanc (), isabelle (), alezan (), louvet (), gris (), , palomino (), aubère (), rouan brun (), rouan bleu (); et depuis 2003 s'y ajoutent le et le , s'ajoutent plusieurs modèles de taches. Ces dernières peuvent se cumuler entre elles et sont très variables, ce qui rend chaque animal unique .