vignette|Hail Columbia, hymne personnel du vice-président des États-Unis. Le vice-président des États-Unis (, parfois abrégé par le sigle VPOTUS. ou tout simplement VP) est le second plus haut responsable politique de la branche exécutive du gouvernement fédéral des États-Unis, et le premier dans l'ordre de succession présidentielle des États-Unis. Il succède au président avec tous ses pouvoirs initiaux en cas de décès, de démission ou de destitution (impeachment) de ce dernier et exerce le mandat jusqu’à son échéance prévue. Il est élu en même temps que le président par le même collège électoral de grands électeurs. Selon la Constitution, il assure également la présidence du Sénat des États-Unis..

En 2021, Kamala Harris est devenue la première femme à occuper cette fonction.

Depuis le , le vice-président des États-Unis est J. D. Vance.

Rôle constitutionnel Bien que considéré par tous comme le second personnage de l'exécutif américain, la Constitution américaine ne donne aucun rôle exécutif au vice-président. Il peut se voir attribuer des fonctions par le président des États-Unis mais il n'agit alors qu’en tant qu’agent du président. De nombreux vice-présidents n'ont exercé aucun rôle dans l'exécutif.

En outre, le rôle que lui octroie la présidence ex officio du Sénat américain ne lui attribue que peu de pouvoir sur les affaires de l'État et le cantonne à une activité essentiellement procédurale. Il est ainsi tenu de ne pas intervenir dans les débats de la Chambre haute. Cependant, en cas d'égalité de vote, il a la possibilité de faire jouer sa voix pour éviter un blocage institutionnel.

Mode d'élection Le vice-président est élu par le même Collège électoral qui élit le président des États-Unis, en même temps et pour la même durée de mandat de quatre ans ; son nom figure juste en bas de celui du président sur le bulletin de vote de l’élection présidentielle. gauche|vignette|Bulletin de vote en Caroline du Nord pour les différentes élections américaines de 2024. Depuis 1804 et l'adoption du amendement, le vote pour cette élection pour le président et le vice-président se fait par bulletins séparés. Auparavant, était élu vice-président celui qui arrivait deuxième au nombre des suffrages des grands électeurs dans le vote pour la présidence. Ce changement de mode d'élection est intervenu après les conflits entre président et vice-président issus de camps politiques opposés, mais il allait affaiblir le rôle politique et la fonction de vice-président.

Ce choix de bulletins distincts est devenu discutable ou inutile à la fin du quand le Collège électoral a été élu par un vote populaire et qu'il est devenu la norme que les grands électeurs choisis se soient engagés à voter pour un président et un vice-président donnés, nommés par leur parti politique. Ainsi, alors que la Constitution américaine prévoit que le président et le vice-président soient choisis séparément, dans la pratique ils sont choisis ensemble.

Si aucun candidat à la vice-présidence ne reçoit une majorité de suffrages des grands électeurs, la Constitution américaine prévoit que c'est le Sénat qui procède à son élection. Cela ne s'est produit qu'une fois dans l'histoire, en 1836, avec l'élection par le Sénat de Richard Mentor Johnson. Colistier de Martin Van Buren, il n'obtint pas la majorité du Collège électoral car, ayant eu connaissance de sa relation affichée avec une femme noire, 23 grands électeurs de Virginie, pourtant élus de son camp politique, refusèrent de voter pour lui (mais votèrent néanmoins pour Van Buren à la présidence).

Éligibilité Le douzième amendement de la Constitution des États-Unis déclare qu’. Cependant, alors que la limitation à deux mandats est imposée à la présidence par le amendement de la Constitution, il n'y a pas de restriction au nombre de mandats que peut exercer une personne à la vice-présidence.

Pour servir à la vice-présidence, une personne doit : être née citoyen américain et avoir au moins 35 ans ; avoir vécu aux États-Unis pendant au moins 14 ans ; être éligible au poste de Président (tel que défini dans le amendement). L'hypothèse est complexe dans le cas d'un Président ayant accompli ses mandats.

État d'origine La constitution américaine interdit aux grands électeurs de voter à la fois pour un candidat à la présidence et pour un candidat à la vice-présidence qui viennent du même État qu'eux. En théorie, cela pourrait empêcher le candidat à la vice-présidence disposant du plus grand nombre de grands électeurs d'obtenir la majorité absolue requise pour son élection, même si le candidat à la présidence est lui élu, et placerait alors l'élection de la vice-présidence dans les mains du Sénat. En pratique, cela est rarement un problème, les partis politiques évitant les tickets avec deux candidats issus d'un même État.

À cause de cette contrainte constitutionnelle, l'ancien représentant du Wyoming, Dick Cheney qui avait déménagé au Texas pour devenir le président d'Halliburton Company, se redomicilia au Wyoming juste avant d'accepter d'être le candidat républicain à la vice-présidence, auprès de George W. Bush, candidat à la présidence et gouverneur du Texas. Ce qui au vu de la faible majorité républicaine de grands électeurs à l'issue de l'élection de novembre 2000 lui permit d'être élu.

Choix du candidat à la vice-présidence Le candidat à la vice-présidence des principaux partis politiques est formellement choisi lors de la convention que chaque parti tient quelques mois avant l'élection, à la suite du choix de leur candidat à la présidence. Le processus officiel est le même que pour le choix du candidat à la présidence avec un vote des délégués lors de cette convention. Dans la pratique, le candidat à la présidence influe considérablement sur le choix et au cours du , il est devenu habituel que ce dernier, une fois assuré de l'investiture de son parti, choisisse son running mate (littéralement celui qui partage sa course à l'élection), son candidat à la vice-présidence, formant alors un ticket pour l'élection. Ce choix est ensuite entériné par les délégués de la Convention.

Le choix du candidat à la vice-présidence repose sur des considérations hautement électorales : un candidat qui puisse renforcer le candidat à la présidence dans des États (le ticket Kennedy-Johnson de 1960), dans des domaines de compétences (les tickets Clinton-Gore en 1992, Bush-Cheney en 2000 ou Obama-Biden en ) où il manifeste des lacunes, ou auprès de certains électorats réticents (Trump-Pence en ). Le choix peut aussi permettre d'unifier le parti et de le mettre en bon ordre de bataille pour la campagne électorale dans le cas de primaires divisant le parti.

Le dernier candidat à la présidence à ne pas avoir choisi le candidat à la vice-présidence de son parti, laissant ce choix à la convention, fut le démocrate Adlai Stevenson en 1956. La convention choisit alors le sénateur du Tennessee Estes Kefauver, devant le jeune sénateur du Massachusetts John F. Kennedy. Lors de la tumultueuse convention démocrate de 1972, le candidat à la présidence George McGovern choisit le Sénateur Thomas Eagleton comme colistier mais nombre d'autres candidats restèrent en compétition et obtinrent de nombreux suffrages des délégués. Eagleton réussit néanmoins à obtenir la majorité des voix et la nomination.

Lorsque le choix du candidat à la présidence est toujours incertain à l'approche de la convention du parti, les campagnes pour les deux postes peuvent se lier. Ainsi en 1976, Ronald Reagan, qui était juste devant Gerald Ford aux primaires, annonça avant la convention républicaine que s'il était choisi, il prendrait le Sénateur Richard Schweiker comme candidat à la vice-présidence, espérant ainsi faire la différence sur son concurrent au sein du Parti républicain. Cette annonce n'eut pas l'effet escompté : Schweiker étant perçu comme relativement libéral, Reagan s'aliéna beaucoup de délégués parmi les plus conservateurs.

Rôle historique

Pendant les deux cents premières années de l'histoire des États-Unis, la vice-présidence fut essentiellement un rôle honorifique, sauf en cas de décès du président. John Adams, le premier vice-président, resta pendant ses deux mandats au Massachusetts, ne venant à Washington qu'en cas de nécessité. Il déclara : ..

En 1841, la vice-présidence changea à la suite de la mort du président William Henry Harrison. Le vice-président John Tyler, un démocrate mis sur le ticket de Harrison, un whig (droite), pour ramener des voix, accéda à la Présidence. La Constitution lui accordait le droit de succéder au président, mais la formulation ambiguë de ce texte souleva des controverses. Tyler rencontra des difficultés pour s'affirmer dans cette fonction, car ses opposants interprétaient la Constitution de manière qu'il assure la succession présidentielle sans pour autant être reconnu officiellement comme le nouveau président des États-Unis. En 1967, le de la Constitution éclaircit le sujet en disposant qu'en cas de destitution, décès ou démission du président, le vice-président deviendra président.

Garret Hobart, le premier vice-président de William McKinley fut l'un des rares vice-présidents de cette époque qui joua un rôle important dans l'administration présidentielle. Il fut un proche confident et conseiller du président ; Hobart était appelé Assistant to the President.

À partir de 1933, Franklin D. Roosevelt accrut le rôle du vice-président en renouvelant la pratique de le convier aux réunions du Cabinet, pratique maintenue par la suite par tous les présidents. Le premier vice-président de Roosevelt, John Nance Garner, rompit avec lui au début de leur second mandat à cause des tensions liées au Court-packing. Il devint ensuite un des chefs de file de l'opposition à Roosevelt. Son successeur Henry Wallace se vit confier d'importantes responsabilités pendant la Seconde Guerre mondiale, mais son positionnement évolua plus à gauche que ceux du Parti démocrate et de l'administration Roosevelt et il se vit retirer tout pouvoir réel. Roosevelt se garda bien d'informer son dernier vice-président, Harry S. Truman, de toutes les questions relatives à la guerre ou à l'après-guerre, tels que le projet de bombe atomique, conduisant Truman à remarquer ironiquement que le boulot du vice-président est d'« aller aux mariages et aux obsèques ». Après la mort de Roosevelt, Truman devint président. Le besoin de garder le vice-président au courant des questions de sécurité nationale devint évident. Le Congrès fit donc du vice-président l'un des quatre membres statutaires du Conseil national de sécurité en 1949.

Richard Nixon « réinventa » la fonction de vice-président. Il avait l'attention des médias et du Parti républicain quand Eisenhower lui demanda de présider les réunions du Cabinet en son absence. Nixon fut aussi le premier vice-président à assurer temporairement le contrôle de la branche exécutive après qu'Eisenhower eut une crise cardiaque en , une iléite (inflammation des intestins) en et une attaque cérébrale en .

À partir de 1961, le rôle de vice-président prit de l'ampleur avec la nomination, par le président John F. Kennedy, du vice-président Lyndon B. Johnson à la tête, entre autres, du programme spatial des États-Unis (qui devait par la suite devenir la NASA).

Johnson, devenu président à la mort de Kennedy en 1963 et qui n'avait jamais caché son manque d'enthousiasme pour le poste, choisit de ne pas accorder plus de pouvoir à son successeur Hubert Humphrey.