vignette|Séance de télémedecine à Moscou en 2004. La télémédecine regroupe les pratiques médicales rendues possibles ou facilitées par les télécommunications et les technologies numériques. C'est un exercice de la médecine par le biais des télécommunications et des technologies qui permettent les prestations de santé à distance et l'échange de l'information médicale s'y rapportant. C'est une des composantes majeures de l'e-santé.

Définition

Pour l'Organisation mondiale de la santé (OMS), la télémédecine est une composante de la médecine. Elle s'inscrit dans l'univers des professionnels de l'-santé, « permet d’apporter des services de santé à un , là où la distance, l’isolement du patient, sont un facteur critique pour sa santé, par des professionnels (médecins notamment) utilisant les TIC pour diagnostics, -traitement, -prévention, -recherche, -éducation, -formation continue ». .

La télémédecine fait partie de concepts plus large, comme la télésanté ou l'e-santé. La télésanté désigne Sylvain Bonhomme, « Méthodologie et outils pour la conception d'un habitat intelligent » (thèse), Institut national polytechnique de Toulouse (INPT), , É. Campo (dir.), 231, résumé M. Moore, « The evolution of telemedicine », Future Generation Computer Systems 15, 1999, 245-254.. Axée sur le grand public, donc le patient, la télésanté recouvre effectivement « les activités, services, systèmes, liés à la santé, pratiqués à distance au moyen des TIC, pour les besoins planétaires de promotion de la santé, des soins, du contrôle des épidémies, de la gestion, de la recherche appliquées à la santé ».

Ce sont notamment les possibilités ouvertes par deux avancées techniques plus récentes, initialement distinctes mais désormais confluentes, qui ont déclenché une véritable renaissance de la télésanté clinique : la visioconférence, autorisant la tenue de réunions à distance (ou visioréunions) en commentant ensemble des documents ; la micro-informatique avec l'Internet, qui permettent de transmettre rapidement, facilement, à des coûts raisonnables, des grandes quantités d’informations multimédias.

La télémédecine a des conséquences sur l'économie numérique, la relation médecin-patient, l'emploi et la formation des médecins..

Histoire thumb|upright=1.5|Image représentant le « télédactyle », une technologie haptique et de télémédecine imaginée en 1925 pour « sentir à distance », par l'inventeur Hugo Gernsback (couverture couverture du numéro de février 1925 du magazine Science and Invention) En 1876, l'invention du téléphone, qui sera le premier outil exploité en télémédecine permet trente ans plus tard, en 1906, à Willem Einthoven de transmettre un életrocardiogramme via une ligne téléphonique de Ralf Bröer, Willem Einthoven, in: Wolfgang U. Eckart et Christoph Gradmann (dir.), Ärztelexikon. Von der Antike bis zum 20. Jahrhundert, 1. Aufl. 1995, C. H. Beck München, Ärztelexikon. Von der Antike bis zur Gegenwart, , 2001, et 102, Springer Verlag Heidelberg, Berlin, New York..

La télémédecine est pratiquée dans les milieux maritimes depuis 1920, année de la première licence pour radio de service médical aux bateaux publiée à New-York. Les années 1920 verront des nations comme la Suède ou l'Italie utiliser la radio comme support de télémédecineCentro Internazionale Radio Medico (C.I.R.M.) : d'expérience romaine..

Le , un examen scanner aux rayons X est piloté depuis l'Hôtel-Dieu de Montréal (Canada) sur un patient situé dans l'appareil de l'hôpital Cochin, à Paris (France).. En 2001, une opération de téléchirurgie a été réalisée entre New York et Strasbourg — où était la patiente, via des fibres optiques sur .

En France En 2009, la loi HPST (Hôpital, Patient, Santé et Territoire) définit la notion de télémédecine. L’année suivante, un décret encadrera cette notion en la définissant selon cinq actes : la téléconsultation, la téléexpertise, la téléassistance, la régulation par les centres SAMU et la télésurveillance.. : une cabine de télémédecine est installée pour la première fois dans une résidence pour personnes âgées non médicalisée à Cluny (Saône-et-Loire). L'installation de ces appareils pourrait s'étendre aux maisons de retraite et aux collectivités locales où sévit la désertification médicale, ainsi qu'à des bases-vieUne base-vie est un lieu de vie et de travail où des personnes réunies pour des raisons professionnelles vivent en communauté sur un site difficile d'accès.. Soutenue par le et l'ARS, l'expérimentation se poursuit dans le département de la Loire en 2016... : premier décret de compétence autorisant le dépistage de la rétinopathie diabétique en télémédecine entre orthoptiste, ophtalmologue et médecin généraliste.. Cet acte est pris en charge par l'Assurance Maladie.. : Healphi lance le de téléconsultation de France, dans le village de La Selle-sur-le-Bied (Loiret) à titre expérimental grâce à une dérogation de l'agence régionale de santé (ARS) du Centre Val de Loire.. Celui-ci accueille des patients pris en charge par une infirmière et un médecin distant. Dans les mois qui suivent, le concept se généralise et permet la prise en charge de milliers de patients en Centre-Val de Loire et Auvergne-Rhône-Alpes. L'expérimentation est validée par l'ARS.. Le , l’avenant à la convention nationale pharmaceutique autorise et précise le cadre pour la réalisation d’actes en télémédecine en officine, avec le pharmacien en tant que professionnel de santé accompagnant.. : L'Assurance Maladie annonce le remboursement des téléconsultations, sous certaines conditions : la téléconsultation doit s’inscrire dans le respect du parcours de soins coordonné, entre le patient et son médecin traitant, à condition qu'il y ait eu au moins une consultation physique avec lui (cabinet, domicile patient ou établissement de santé) au cours des 12 derniers mois précédant la téléconsultation.. : Déploiement en France de la plateforme de téléconsultation Qare, financée par Kamet Ventures, après ses essais à Londres.. : Lancement du service de téléconsultation de la startup Medadom (après une expérience de dans les visites de médecins à domicile) : les patients peuvent désormais consulter en ligne des médecins de leur territoire.. Fin 2021, Medadom revendique avoir équipé plus de mille officines. sur les 20942 en France., soit environ 4,8 % des officines pour un seul prestataire. : Doctolib lance sa vidéoconsultation sur son agenda en ligne. Doctolib dit avoir levé d'euros fin 2018 pour doubler ses équipes.. : Dans le contexte épidémique du Coronavirus, le PLFSS (Projet de loi de financement de la Sécurité Sociale) 2021 prévoit le remboursement à 100 % de toutes les téléconsultations jusqu'à la fin de l'année 2022, par l'Assurance Maladie.. : Un agrément des sociétés de téléconsultation est délivré par le ministère de la Santé. après une évaluation incluant la conformité aux normes de sécurité, d’interopérabilité et de qualité des soins. Les premières sociétés ayant reçu l'agrément sont Medadom, Tessan Med, Qare et Medaviz.

En Suisse : En Suisse, il est désormais possible de bénéficier d'une téléconsultation par Internet. Ceux qui ne peuvent ou ne veulent se déplacer pour aller consulter un médecin bénéficient d'une téléconsultation remboursée par les caisses suisses d'assurance maladie, d'accident, militaire ou d'invalidité et peuvent obtenir une prescription électronique ou un certificat médical..

Principes directeurs et prescriptions Pour tout projet relatif au déploiement de la télémédecine, en France, la Direction générale de l'Offre de soins (DGOS) recommande d'appliquer les principes suivantsRapport DGOS Recommandations pour la mise en œuvre d’un projet de télémédecine, . . : positionnement des projets de mise en œuvre de dispositifs de télémédecine dans un contexte global ; contribution du système d'information et des infrastructures à la réalisation des actes de télémédecine (principes d'urbanisation) ; conditions d'interopérabilité et de sécurité, respect des référentiels applicables ; qualité des réseaux de communication.

Actes de cotation en télémédecine En France, cinq actes de télémédecine ont été définis dans le décret du relatif à la télémédecine : la téléconsultation : a pour objet de permettre à un professionnel médical de donner une consultation à distance à un patient. Un professionnel de santé peut être présent auprès du patient et, le cas échéant, assister le professionnel médical au cours de la téléconsultation. Les psychologues mentionnés à l'article 44 de la loi du portant diverses dispositions d'ordre socialLoi 85-772 du portant diverses dispositions d'ordre social. peuvent également être présents auprès du patient ; la téléexpertise : a pour objet de permettre à un professionnel médical de solliciter à distance l'avis d'un ou de plusieurs professionnels médicaux en raison de leurs formations ou de leurs compétences particulières, sur la base des informations médicales liées à la prise en charge d'un patient ou par le biais de conférences visio telles que celles du Doctothon. la télésurveillance médicale : a pour objet de permettre à un professionnel médical d'interpréter à distance les données nécessaires au suivi médical d'un patient et, le cas échéant, de prendre des décisions relatives à la prise en charge de ce patient.L'enregistrement et la transmission des données peuvent être automatisés ou réalisés par le patient lui-même ou par un professionnel de santé ; la téléassistance médicale : a pour objet de permettre à un professionnel médical d'assister à distance un autre professionnel de santé au cours de la réalisation d'un acte ; la réponse médicale : apportée dans le cadre de la régulation médicale mentionnée à l'article L. 6311-2Article L. 6311-2 et au troisième alinéa de l'article L. 6314-1Article L. 6314-1.

Application La télémédecine, comme définie ci-dessus, apparaît vaste et diverse ; sept familles d'utilisation peuvent être distinguées selon les informations échangées, les domaines ou personnes concernés, et selon que l’application vise principalement à : des échanges d’avis entre professionnels de santé : téléconsultation et téléexpertise ou encore visioréunions, parfois pluridisciplinaires ; assister à distance, principalement par des conseils diagnostiques et thérapeutiques, un patient localement démuni : téléassistance ; surveiller à domicile, en ambulatoire…, une fonction vitale défaillante : télésurveillance ; pratiquer totalement et exclusivement à distance un acte médical : télédiagnostic, téléchirurgie ; organiser la circulation des données dans un réseau de santé : réseaux de santé ; fournir des informations voire un enseignement : formation en ligne (e-Learning) ; participer à la gestion des systèmes de santé : cybermanagement (ou e-management), qui permet d'offrir aux patients un accès direct comme permanent à leur dossier de santé ou à des téléservices médicaux.

Les pseudo-spécialités suivantes peuvent parfois être rencontrées, dans le but de tenter de mieux décrire certaines activités, mais elles ne sont en aucun cas des actes.

Téléservices Plusieurs téléservices font partie de la consultation en France : AATi, ATMPi : avis d' arrêt de travail Arrêt maladie, accident de travail et maladie professionnelle, ADRi : acquisition des droits, à AMELI et situations spécifiques (CSS, AME, ACS, invalidité, DMTi ou DCMTe (Déclaration de Choix de Médecin Traitant electronique), IMTi : déclaration et information médecin traitant, permet au médecin de se déclarer médecin traitant du patient. Les professionnels de santé, récupérent l’information avec le téléservice IMTi, FSE depuis 98, HRI, (Historique des Remboursements), INSi : Identité Numérique de Santé, PSEi : protocole de soins électroniques; TLSi : intégrés souvent aux logiciels métiers, gérant le DPI, Dossier patient informatisé. sinon réalisables en ligne sur Amelipro.

Télémédecine et santé mentale

Aspects socio-techniques