Un chantier participatif, également dénommé chantier solidaire, chantier collaboratif, chantier partagé, etc., est un évènement durant lequel des particuliers se retrouvent entre eux pour travailler ensemble, bénévolement.
Généralités
Organisation Un chantier participatif est en général d'une activité organisée : dans un cadre privé, sans but lucratif ; dans le domaine de l'habitat, qui concerne le gros œuvre, le second œuvre, les finitions et parfois les aménagements extérieurs ; dans le but de construire, de rénover, d'embellir ; qui implique un organisateur, des participants et parfois un accompagnateur professionnelFédAc - Fédération des accompagnateurs à l'autoproduction et à l'entraide dans le bâtiment..
Modalités d'accueil Les conditions d'accueil des bénévoles varie en fonction des chantiers : certains chantier demandent une participation financière en échange d'une formation à certaines techniques de construction par des professionnels, d'autres sont entièrement gratuits. Certains organisateurs offrent le gîte et le couvert en échange d'un nombre d'heures de travail ; une durée minimale de présence sur le chantier peut être demandée. De nombreux chantiers participatifs fonctionnent selon la logique du don et contre-don. Avant d'être aidé, le bénéficiaire a ainsi souvent participé à plusieurs chantiers. Pour assurer le suivi, un système d'échange local (SEL) est parfois mis en place, afin d'échanger biens (sable, terre, repas) ou services (heure de main d'œuvre, prêt de matériel) sans avoir recours à de l'argent.
Certains professionnels de la construction sont spécialisés dans l'accompagnement à l'autoconstruction, et aident des personnes à construire elles-mêmes leur logement en réalisant les parties les plus complexes du chantier. Ils peuvent également superviser ou organiser un chantier-école pour former des bénévoles.
Historique Le mouvement des chantiers participatifs trouve ses origines dans les pratiques d'entraide, courantes dans les sociétés traditionnelles de par le monde. Cette pratique ancestrale est appelée « » en Berbère., de « » en Slave. ou encore du « Combit » en Haïti.. En France, ce type d'entraide s'est formalisé dès les années 1920 avec les cottages sociaux puis dans l'après guerre avec le mouvement des Castors.. Plus récemment, cette pratique a été réintroduite par l'association dans le domaine de l'action socialeLaurent Bouyer, Qu'est-ce que l’auto-réhabilitation accompagnée ?, Reporterre, 15 octobre 2015. ou encore dans celui de l'éco-construction avec les associations telles que Botmobil. ou le réseau de l'habitat écologique Twiza..
L'auto-réhabilitation accompagnée Définition de l'auto-réhabilitation accompagnée (ARA) sur le site web de l'association Les compagnons bâtisseurs.. Selon les conclusions d'une journée () consacrée au thème de l'auto-réhabilitation (organisé par l'Association nationale des compagnons bâtisseurs (ANCB, ONG d'éducation populaire) cette pratique est en développementSébastien Chabas (2016) Rénovation énergétique : l'auto-réhabilitation en voie de progression, article de BatiActu publié en ligne le ., elle est à ce jour selon Hervé Cognédirecteur de l'association ANCB. qui note que l'auto-réhabilitation accompagnées est un moyen de lutte contre la précarité énergétique qui commence à être reconnue et aidée par des collectivités territoriales, les Caisses d'allocations familiales, les organismes HLM, l'ADEME, les services de l'Anah, des fondations de groupe de BTP et des entreprises de négoces de matériaux.
Analyse Contrairement aux chantiers classiques menés par une entreprise de BTP, les chantiers participatifs ont un rapport au travail différent qui remet en cause les hiérarchies professionnelles traditionnelles. Ils associent de nombreux acteurs : maçons, architectes, bénévoles, famille et amis. Certaines personnes viennent se former, d'autre simplement apporter leur aide. . Les relations se veulent pédagogiques, voire amicales, entre les différents participants, et les compétences professionnelles sont vues comme .
Certains chantiers participatifs ont une dimension très politique, remettant en cause le capitalisme et réinterrogeant la notion de travail tout en s'inscrivant dans un engagement écologique fort. Ces chantiers autogérés cherchent à abolir les hiérarchies professionnelles, voire à abolir complètement l'échange marchand et s'inscrivent dans une perspective libertaire. Comme le résume la sociologue Geneviève Pruvost, .
Notes et références
Voir aussi Articles connexes
Économie participative Financement participatif Tourisme alternatif Autoconstruction construction durable wwoofing
Liens externes
Twiza, réseau de chantiers participatifs d'intérêt écologique ou patrimonial ; Chantiers participatifs, annonces de chantiers participatifs de maisons écologiques ; Enerterre, programme de lutte contre la précarité énergétique du Parc naturel régional des Marais du Cotentin et du Bessin ; Bat'Acc, réseau de chantiers participatifs en Belgique.
Catégorie:Construction