thumb|right|200px|« Célibataire » : Gravure américaine de 1846 montrant un jeune homme seul dans sa chambre tenant mélancoliquement une gravure intitulée « Mariés » où figure un couple avec trois enfants.
Le célibat est défini par les dictionnaires de la langue française comme l'état de vie d'une personne non mariée. Cette définition peut varier en fonction des sociétés, de leurs cultures, de l'époque, de leur évolution, des sciences qui l'étudient et des religions qui y sont pratiquées.
Définition dans la langue française Le terme dérive du latin .
Pour Émile Littré comme pour Pierre Larousse, le célibat est l'état d'une personne non mariée. Il en va de même dans le Dictionnaire de l'Académie française jusqu'à la qui ajoute une précision : , ce qui implique qu'il s'agit de l'état d'une personne nubile.
Le Grand Dictionnaire universel du précise que ..
Dans la vie quotidienne, depuis la fin du , le célibat peut désigner, par extension, un état de vie sans conjoint ou dans la continence conjugale, ce qui y inclut veufs et veuves..
En démographie En démographie, le célibat est un état matrimonial légal, c’est-à-dire la situation conjugale d’une personne au regard de la loi.Ined État matrimonial (légal).. Les démographes considèrent, soit que les mineurs en deçà de la majorité sexuelle sont « célibataires »Insee Enfant (au sens des enquêtes auprès des ménages) ; Insee Enfant d'une famille (recensement de la population).. par défaut, soit qu'il y a lieu de restreindre l'analyse au-delà d’un âge minimum selon les époques ou les pays.
La définition du célibat dépend ainsi des autres situations reconnues. Si seules sont reconnues officiellement (dans une majorité de pays) les situations de « célibataires, mariés, divorcés et veufs » (en distinguant éventuellement les personnes mariées mais séparées), les célibataires seront nécessairement les seules personnes d'âge nubile qui n’ont jamais été mariées. Ined Célibat . Les célibataires incluent alors les personnes qui vivent en union libre (concubinage), mais ne sont ni divorcé(e)s ni veufs ou veuves ; ou bien sont liées par une union civile autre que le mariage (comme le pacs en France) et qui n’ont jamais été mariées.
Ne seront pas considérées comme célibataires : les personnes mariées mais ne cohabitant pas avec leur conjoint, qu’elles soient ou non séparées ; les personnes liées par une union civile (pacs en France) mais ayant déjà été mariées (personnes divorcées ou veuves) ; les veufs et veuves.
Selon l'Institut national d'études démographiques, à tort ou à raison Célibat définitif, ined.fr..
La définition usuelle du célibat en démographie, qui est à la base des mesures de primo-nuptialité, repose ainsi fortement sur la législation du pays à un moment donné, ce qui pose des problèmes de comparabilité internationale des données. Elle diffère aussi notablement de la définition sociologiqueLes démographes anglophones utilisent le terme « never married » (mais aussi le terme « single ») pour éviter la confusion avec « celibate »., mais les démographes développent également des classifications de situations conjugales plus fines en distinguant plusieurs catégories de célibataires. Selon l'Insee, la France comptait de célibataires en 2013, soit un tiers de la population, avec une proportion plus importante chez les hommes, toutes tranches d'âge confondues.
Statistiques en France +Proportion d'individus n'ayant jamais vécu en coupleDéfinition : . par sexe et années de naissance.Sexe1931-19351936-19401941-19451946-19501951-19551956-19601961-1965Évolution (%)Hommes4,3 %6 %4,8 %6 %6,9 %8,8 %10 % + 132,6 %Femmes4,5 %4,8 %4,8 %5,3 %5,6 %5,6 %6,9 % + 53,3 %Écart L1-L2 (%) - 4,7 % + 25 %0 % + 13,2 % + 23,2 % + 57,1 % + 44,9 % + 149 % Entre les générations nées entre 1931 et 1935 et celles nées entre 1961 et 1965, la proportion d'individus n'ayant jamais vécu en couple a fortement augmenté. Cet accroissement du célibat est toutefois fortement différencié par sexe. En effet, le célibat des femmes a augmenté de moitié alors que celui des hommes a plus que doublé sur la même période. +Proportion d'individus n'ayant jamais eu d'enfants par sexe et années de naissanceSexe1931-19351936 - 19401941 - 19451946-19501951-19551956-19601961-1965Évolution (%)Hommes13,5 %13,5 %12,8 %14 %15,6 %17,9 %20,6 % + 52,6 %Femmes12,7 %11,7 %11,6 %11,9 %12 %12,3 %13,5 % + 6,3 %Écart L1-L2 (%) + 6,3 % + 15,4 % + 10,3 % + 17,6 % + 30 % + 45,5 % + 52,6 % + 735 %
Dans le même temps, l'infécondité des femmes a faiblement augmenté, à la différence de celle des hommes dont l'accroissement a été important.
Cela s'explique en partie par un accroissement du nombre de femmes ayant un enfant sans jamais avoir vécu en couple, du nombre d'hommes ayant vécu en couple sans enfants ainsi que par l'augmentation du nombre de célibataires de sexe masculin.
Certains auteurs., s’appuyant sur des études et des enquêtes d’opinion, considèrent que l’augmentation du célibat et de l’infécondité chez les hommes est due : à de légers déséquilibres démographiques (le nombre d’hommes est supérieur à celui des femmes jusqu’à l’âge de , en France) ; au fait qu’une proportion d’hommes a des enfants avec plusieurs femmes - effet de concentration moins présent pour les femmes dont la fécondité est plus fragmentée..
Durant cette période, la proportion d'individus célibataires et inféconds a évolué de manière très diverse en fonction des professions et catégories socioprofessionnelles en France (PCS). Ainsi, le célibat s'est réduit chez les femmes cadres alors qu'il a augmenté chez les employées. Le célibat des hommes ouvriers et employés a considérablement augmenté. +Proportion individus nés entre 1961 et 1965 n'ayant jamais eu d'enfants en fonction du sexe et la catégorie socialeCatégorie socialeHommeFemmeÉcart C1-C2 (%)Agriculteur17,4 %12,5 % + 39,2 %Artisan, commerçant, chef d'entreprise14 %11,5 % + 21,7 %Cadre, profession intellectuelle supérieure17,5 %17,4 % + 0,6 %Profession intermédiaire16,7 %14,5 % + 15,2 %Employé26,4 %12,1 % + 118,2 %Ouvrier22 %14,6 % + 50,7 %Inactif47,2 %13,6 % + 247,1 %
Selon certains auteurs, l’accroissement du célibat et de l’infécondité chez les hommes serait dû : à une hypergamie sociale dans les choix de formation du couple de la part d’individus féminins, laquelle s’inscrit dans un contexte de massification de l’accès à l’enseignement supérieur chez les femmes. ; à une diminution de la formation des couples dans le cadre des espaces publics. et une moindre fréquentation des espaces « réservés et privés » par les hommes des PCS.
Selon un sondage OpinionWay mené en 2020, 27 % des Français se décrivent comme célibataires et 11 % des Français considèrent le célibat comme la situation amoureuse idéale (13 % des hommes et 7 % des femmes)..
En sciences humaines Les raisons du célibat peuvent être autant sociales que personnelles, notamment selon Charles MaccioPour une éducation de la Liberté, Chronique sociale de France, Edit du cerf? Paris 1978 Cours de Joseph Folliet à la Semaine sociale de Bordeaux en 1957.
Divers motifs sociaux existent. Certains adoptent simplement le célibat comme un mode de vie hédoniste, alors qu'au contraire, ce sera pour d'autres un choix d’ordre religieux ou spirituel. Les causes du célibat sont multiples, et relèvent souvent d’une combinaison assez large de facteurs (d’ordre philosophique, social, psychologique, économique, etc.).
On distingue :
le « délibat » ou célibat choisi, volontaire (pour différentes raisons comme un mode de vie hédoniste ou, inversement, un choix d’ordre religieux ou spirituel) ; le célibat accepté (faute de rencontres satisfaisantes) ; le célibat subi (source de frustration).
Le phénomène d'un célibat tardif non voulu, de plus en plus répandu dans la société, est un phénomène très récent en Occident. Il y a un décalage entre la réalité vécue et le regard que la société porte sur le célibat : les célibataires sont souvent considérés comme égoïstes, refusant de s'engager, ayant des problèmes psychologiques, etc. Il existe peu de publications en sciences humaines (sociologie, psychologie) abordant le célibat non voulu, si ce n'est sous l'angle de l'utilisation des sites de rencontres.
Discriminations Selon le chercheur Romain Huret, liées à l' légitimé par , , tandis que les célibataires sont pénalisés et sont ainsi ..
En psychologie et santé
Dans son ouvrage Happy Ever After (2019), , professeur de sciences comportementales à la London School of Economics, exploite des données issues du , et en tire la conclusion que les marqueurs traditionnels du succès en société ne sont pas en corrélation avec le bonheur, en particulier le mariage et l'éducation des enfants. Ces données montrent selon lui que les femmes qui restent célibataires et sans enfants constituent le sous-groupe social le plus heureux, et qu'elles ont plus de chances de vivre plus longtemps que les femmes mariées avec enfants.. Malgré ces avantages, Paul Dolan reconnaît que la stigmatisation sociale peut conduire certaines femmes célibataires à se sentir malheureuses. En revanche, ces mêmes données montrent selon lui que les hommes mariés sont plus heureux parce qu'ils sont amenés à prendre moins de risques, à gagner plus d'argent au travail et à vivre un peu plus longtemps.
Ces interprétations sont mises en cause par Gray Kimbrough, économiste à l', qui utilise les mêmes données et considère que Paul Dolan les analyse de manière superficielle..
Histoire en Occident
Dans la Grèce antique, Platon, s'élève contre le célibat dans le livre VI de ses Lois, imposant une amende à ceux qui le pratiquent et envers qui il ne faut pas manifester de respect.
Dans la Rome antique où le citoyen a le devoir de se marier, le célibataire est tenu de payer une amende particulière (l’) – ou d'épouser la veuve d'un Romain mort pour la patrie – sauf s'il est lui-même légionnaire car l'exercice de son métier est incompatible avec le mariage. À la suite des guerres et discordes civiles qui ont comme conséquence la diminution du nombre des citoyens, tant César qu'Auguste sont obligés d'établir des lois favorisant le mariage et donnant de nombreux avantages (comme des exemptions de charges par exemple) aux hommes mariés ; les célibataires, outre les taxes, ne peuvent rien recevoir des étrangers par testament et Plutarque .
Le christianisme naissant, quant à lui et pour réagir contre les mœurs dissolues de l'Empire, considérant que le mariage est un « usage illégitime par lequel on satisfait le désir de la chair »Saint Julien cité par Pierre Larousse, prône le célibat, état qui doit devenir celui des moines et moniales dans les monastères et couvents médiévaux.
La société féodale impose un célibat politique en n'obligeant au mariage que l'ainé d'une famille noble, les fils puinés étant destinés à l'armée ou à l'Église et les filles aux mariages d'alliance, à la maternité, ou aux couvents. À Venise cependant où le célibat était considéré comme un état heureux, c'étaient les qui se mariaient pour la perpétuation du nom.
Au , avec l'abolition du droit d'ainesse et des privilèges, le célibat n'est plus légalement forcé après la Révolution française dans les territoires dépendant de la France ; cette pratique va s'étendre dans d'autres pays occidentaux. Mais la pression sociale exercée par la bourgeoisie sur ses filles, aux , va généralement les obliger au mariage et discriminer lourdement celles qui, célibataires et appelées filles-mères, vont enfanter hors de ce cadre.
Dans les religions
La vision qu'ont les religions mondiales sur le célibat varie beaucoup, et dépend souvent de plusieurs facteurs : la position sociale de l'individu, l'époque, l’âge, le fait d'avoir ou non des relations charnelles, etc.
Christianisme Catholicisme