L'Ambroisie à feuilles d'armoise, Petite herbe à poux ou Ambroisie élevée (Ambrosia artemisiifolia L.), est une espèce de plantes à fleurs dicotylédones de la famille des Asteraceae (sous-famille des Asteroideae), originaire des Amériques. C'est une plante herbacée annuelle, qui pousse dans ses régions d'origine dans les champs cultivés, les pâturages et terres en friche (espèce pionnière), ainsi que sur le bord des routes et les terres non cultivées (plante rudérale).

L'espèce a été introduite en Europe à partir de la fin du , ainsi que dans la plupart des régions tempérées ou tempérées chaudes du monde, où elle s'est souvent naturalisée, notamment en Afrique du Nord, au Proche-Orient et en Australie. Elle est devenue indésirable car c'est une espèce pionnière, nitrophyte, et envahissante, dont le pollen peut provoquer des allergies graves chez les personnes sensibles.

Dénominations Nom scientifique : Ambrosia artemisiifolia L. Nom recommandé en français : Ambroisie à feuilles d'armoise ou Petite herbe à poux. Noms vernaculaires, pouvant désigner éventuellement d'autres espèces : ambroise à feuilles d'armoise, ambroise élevée, ambroisie annuelle. ; petite herbe à poux (en particulier au Québec)Nom vernaculaire en français d’après Termium plus, la banque de données terminologiques et linguistiques du gouvernement du Canada., par opposition à la grande herbe à poux (). On la nomme absinthe anglaise ou simplement ambroisie en français de Guadeloupe et Martinique. Herbe de Saint-Prim semble être aussi une appellation courante dans l'ex région Rhône-Alpes.

Description L'ambroisie est une plante rudérale adventice des cultures de printemps pouvant mesurer jusqu'à de hauteur.

Ses feuilles sont vert foncé. Elle se distingue par le détail singulier des feuilles : les feuilles de la plantule sont opposées, et plus précisément décussées, mais les feuilles et rameaux supérieurs sont alternes. Feuilles profondément découpées, très divisées en lobes fins, donnant un aspect « plumeux » ou « fougère ». Les rameaux sont rougeâtres et le dessous de la feuille est du même vert que le dessus, ce qui permet de la distinguer de l'armoise (Artemisia vulgaris) dont le revers est gris argenté.

Les cotylédons à la base sont courts et disparaissent rapidement (avant deux ou trois étages de feuilles). Au stage végétatif elle adopte un port buissonnant large.

Lors de la floraison, les fleurs adoptent un port en chandelles également caractéristique, les sujets jeunes pouvant pousser rapidement une tige droite avec une seule chandelle, avec un espace entre les feuilles proche de .

La petite herbe à poux a la particularité d'être monoïque, ce qui signifie qu'elle porte les deux sexes sur un même plant, sur des fleurs différentes, ce qui explique la facilité avec laquelle la plante peut se reproduire. Elle produit de juillet à septembre des fleurs vertes. Le pollen (transporté par le vent) peut causer des allergies (voir paragraphe ci-dessous), dont la rhinite allergique (appelée aussi « rhume des foins »). Le fruit est un akène.

L'ambroisie à feuilles d'armoise ne doit pas être confondue avec l'armoise commune ou l'armoise annuelle, qui s'en distingue par la teinte grise de la face inférieure des feuilles..

Liste des variétés Selon : variété Ambrosia artemisiifolia var. artemisiifolia variété Ambrosia artemisiifolia var. jamaicensis variété Ambrosia artemisiifolia var. paniculata

Répartition et habitat vignette|Champ d'ambroisies adventices en région Auvergne-Rhône-Alpes après une culture de tournesols.|alt=

L'ambroisie à feuilles d'armoise est originaire d'Amérique du Nord : Canada, de Terre-neuve et du Nouveau-Brunswick au Manitoba et à la Saskatchewan ; États-Unis, du Maine au Texas et de la Floride au Wisconsin. Son biotope primaire est les dunes de sable des déserts de cette écorégion.

Elle a été introduite en Europe par plusieurs vagues successives. Tout d'abord importée comme plante de collection au sein des jardins botaniques à partir du (sa présence est attestée en 1863 dans l'Allier), elle a également voyagé grâce à l'importation de sacs de légumineuses au cours du . Elle a été également introduite au cours du par l'intermédiaire des aliments pour chevaux amenés par la cavalerie américaine durant la Première et la Deuxième Guerres mondiales.. En ce dernier sens, il s'agit d'une plante obsidionale.

En France, cette plante a d'abord colonisé la vallée du Rhône (en 1880 déjà, dans ) puis s'est étendue vers le nord jusqu'en 1940 (un pied a été trouvé en Picardie en 2002). En 2007, sont touchés par cette plante invasive. En 2019, la quasi-totalité des départements est touchée..

Les premières observations en Belgique remontent à 1883 ; depuis lors le nombre de stations s'est accru, mais l'espèce reste sporadique et ne semble pas s'être naturalisée.

L'ambroisie à feuilles d'armoise a colonisé de nombreux milieux et s'est largement naturalisée, notamment en Europe centrale et méridionale où elle se comporte comme une plante envahissante. Elle se plaît au sein des milieux naturels des dunes du littoral et des grands fleuves et des zones sableuses pauvres en argiles et en humus. Elle affectionne les habitats anthropisés comme les cultures de printemps, intercultures, friches agricoles, urbaines et industrielles, cultures agricoles intensives, chantiers, bord de routes, berges de rivièresdonnées d'après : Julve, Ph., 1998 ff. - Baseflor. Index botanique, écologique et chorologique de la flore de France. Version : 23 avril 2004...

En agriculture, cette plante est une bioindicatrice caractéristique des sols ayant un complexe argilo-humique déstructuré par une destruction des argiles causée par les intrants chimiques agricoles et une consommation excessive de matière organique. Elle caractérise également les sols bouleversés mécaniquement par des labours trop profonds ou des travaux de terrassement ; ces bouleversement ayant stérilisé les couches anaérobies du sol. Autrement dit, sa prolifération caractérise des sols désertifiésÉmission France culture Terre à terre de Ruth Stégassy, La prolifération, invité Gérard Ducerf, 01/09/2007 (écouter en ligne).

Cependant il est difficile d'affirmer avec certitude cette hypothèse tant la plante semble proliférer sur tous types de sols aussi bien extrêmement riches que très pauvres. Sa présence est plutôt associée à une mauvaise gestion des intercultures. Des cultures comme le maïs ou le tournesol sont propices au développement de l'ambroisie dans les inter-rangs. Le désherbage mécanique par le binage est de rigueur pour limiter l'usage des pesticides surtout en agriculture biologique.

Stratégie de dissémination et de développement Ses fruits épineux se dispersent facilement dans les friches et les jachères, et le long des routes, chemins, chemins de berge ou de halage, d'autant plus facilement que le sol a été retourné, désherbé ou qu'il ne présente pas de flore naturelle qui concurrencerait son avancée. Des études de 2018Priyanka Runwal (2018) "[has https://www.sciencemag.org/news/2018/12/traffic-may-be-making-your-allergies-worse Traffic may be making your allergies worse]" | Dec. 7, 2018 in Science, Plants & Animals |doi:10.1126 / science.aaw3153Andreas Lemke Ingo Kowarik Moritz von der Lippe (2018) How traffic facilitates population expansion of invasive species along roads: The case of common ragweed in Germany ; 17 octobre 2018 (résumé) confirment que les graines d'ambroisie sont aspirées et propagées le long des routes par les courants d'air provoqués par les voitures et camions là où le trafic routier est intense. La distance parcourue par les graines d'ambroisie est largement augmentée, jusqu'à en pour l'une des graines marquées, au lieu de environ dans un contexte non routier ; et jusqu'à sur une route peu fréquentée. Les nouveaux plants sont deux fois plus nombreux dans le sens de la circulation. Ces résultats pourraient inciter certaines communes à désherber et tondre les bords de routes avant la maturité des graines (sinon ce sont les tondeuses ou faucheuses qui les projettent ou les dispersent plus loin encore).

Cette plante peut non seulement profiter des stress écologiques comme la sécheresse mais aussi rester en dormance de très nombreuses années dans le solAmbroisie : la mauvaise herbe à abattre (Le Figaro, 14 avril 2011, p. 11).

Cette plante a une stratégie de colonisation exceptionnelle en l'absence de concurrence sérieuse sur sol découvert, avec trois « armes » : les plantules apparaissant tardivement (début août) peuvent néanmoins fleurir dès le , juste après avoir formé . La floraison commence en effet dès que la période sombre passe sous 8 heures/jour ; une plantule tondue à du sol début août reprend sa croissance et produit deux rameaux ou plus qui fleurissent dans le même temps. L'arrachage des plantules est donc obligatoire sur les gazons. Sur les bas-côtés, il serait donc souhaitable de ne pas faucarder et de laisser les plants se développer pour bien identifier les foyers jusque peu avant la floraison ; les graines sont longévives : on admet couramment dix ans mais des durées de conservation du pouvoir germinatif de quarante ans ont été observées.

Propriétés allergisantes

L'ambroisie à feuilles d'armoise n'est pas toxique, mais son pollen est, pour les Européens, très allergisantJoel Reynaud, La Flore du Pharmacien,ed.TEC et DOC,2002. Chaque pied libère quotidiennement plusieurs millions de minuscules () grains de pollen, certains avancent même le chiffre de Botanique de l'ambroisie (Association Française d'Étude des Ambroisies). Dans la région lyonnaise, les troubles allergiques les plus graves rencontrés d’août à octobre sont essentiellement dus à ce pollen.. Selon l'association « Stop ambroisie » dans la région Auvergne-Rhône-Alpes « la population allergique a doublé en douze ans » Environnement-magazine (2016) Le comité parlementaire du suivi du risque Ambroisie et autres espèces invasives alerte une nouvelle fois sur les enjeux sanitaires et économiques d'une invasion que le cadre législatif et réglementaire n'a pas permis de juguler. Voir aussi http://www.parlementaires-ambroisie.fr .

Certaines municipalités. organisent des campagnes d'arrachage (ce qui se fait facilement grâce à la racine pivot), mais comme cette plante envahit des zones non cultivées, souvent très importantes autour des villages et des villes, il existe de vastes étendues qui libèrent d'énormes quantités d'un pollen très léger adapté à la dispersion par le vent.

Là où elle a été introduite, l'ambroisie à feuille d'armoise provoque de graves pollinoses (en France surtout dans la région Rhône-Alpes)Ambroisie : menaces sur la santé Place Gre'net, 6 juin 2014. En effet, 13 à 21 % de la population exposée de la région Auvergne-Rhône-Alpes y est devenue allergique.

Le pollen de l'ambroisie est un allergène très étudié. Un individu allergique peut développer une réactivité croisée (une allergie à un allergène pour lequel il n'est pas sensibilisé) avec : les pollens d'autres espèces (armoise, pissenlit, chrysanthème, cyprès, bouleau, fléole des près etc.) ; certains aliments (ail, céleri, carotte, fenouil, artichaut, banane, melon, pastèque etc..) ; le latex d'hévéa ; les particules issues de moteur diesel très fines qui peuvent s'agglomérer avec des pollens ou débris de pollensKNOX, R. B., SUPHIOGLU, C., TAYLOR, P., DESAI, R., WATSON, H. C., PENG, J. L. and BURSILL, L. A. (1997), Major grass pollen allergen Lol p 1 binds to diesel exhaust particles : implications for asthma and air pollution. Clinical & Experimental Allergy, 27: 246–251. doi: 10.1111/j.1365-2222.1997.tb00702.x et stimuler la synthèse des IgE et des cytokines impliquées dans l'allergie ;