Fomes fomentarius, l'amadouvier, aussi polypore allume-feu ou fomes allume-feu, est une espèce de champignons basidiomycètes lignicoles de la famille des Polyporaceae. vignette|La présence de carpophores en console du Polypore amadouvier sur le volis et la chandelle d'un hêtre montre que l'arbre a été attaqué par ce champignon parasite nécrotrophe lignicole.
Étymologie Son nom français renvoie à l'amadou, mot d'origine provençale qui signifierait « amoureux », allusion à sa disposition à « s'enflammerUn poète bûcheron aurait ainsi vendu la mèche : « L'amour est un feu qui dévore, mais... l'envie de scier est plus forte encore ! », étymologie peu convaincante selon le cnrtl. ».
Le nom de genre vient du latin , « amadou ». Il dérive, comme l'épithète spécifique , du latin fomentum, lui-même issu de , « chauffer », traduisant ses usages millénaires d'allume-feu.
Description thumb|upright|Fomes fomentarius thumb|Coupe de Fomes fomentarius vignette|Un autre amadouvier, à , au Veluwe, en Hollande. Décembre 2020. Le chapeau, de 10 à 40, voire de large, et de 10 à d'épaisseur, en sabot de chevalSouvent en "pattes d'éléphants" pour les vieux carpophores., gris pâle, blanchissant, avec une marge crème à brun noisette est en réalité une concrétion de multiples chapeaux empilés les uns sous les autres. Ils sont ainsi gravés de sillons concentriques délimitant des bourrelets de taille croissante en allant vers la base, indiquant chaque nouvelle fructification. Les tubes sont longs, bruns et totalement stratifiés car, ici encore, à chaque poussée de ce champignon pérennant, une nouvelle couche de tubes recouvre la précédente. Les pores sont gris clair à noisette, petits, arrondis, environ . La sporée est blanche André Marchand, Champignons du Nord et du Midi, tome m, Perpignan, Société mycologique des Pyrénées, 1975, p. 178. B. Roussel (2002) ..
Il n'y a pas de pied, le champignon pousse en console. La chair est subéreuse, très difficile à couper, de couleur fauve à brun foncé. La croûte est épaisse, très coriace, gris noirâtre et brillante à la coupe. Les exemplaires frais dégagent une odeur de pomme.
Habitat C'est un redoutable parasite de divers feuillus : hêtre, platane, frêne, bouleau, peuplier, chêne, marronnier, copalme et autres. Il se fixe sur des arbres faibles ou blessés, produit une pourriture blanche et finit en quelques années par tuer son hôte.
Usage médicinal et artisanal
L'amadouvier n'est pas comestible.
Connu depuis le , il a servi en médecine pour ses vertus cicatrisantes et hémostatiques B. Roussel (2002) .. Il était cueilli autrefois pour la fabrication de liqueurs amères.
On tire de sa chair spongieuse l'amadou. Ce matériau combustible était utilisé comme allume-feu dès la Préhistoire (stock amassé au site néolithique de La Marmotta — Italie centrale, VI millénaire av. EC. —, « briquet préhistorique » identifié dans le sac du chasseur Ötzi vers 3200 av. EC) car il s'embrase facilement au contact des étincelles produites par la percussion de deux pierres. Cette pratique est également attestée en Chine impériale où l'amadou était employé pour allumer la poudre noire .
Il sert aussi à absorber l'humidité, notamment pour sécher les mouches utilisées pour la pêche à la mouche, ou bien à fabriquer une sorte de cuir végétal.
Selon BullerBuller, A.H.R. (1915) - The fungus lore of th Greeks and Romans. Trans. Brit. myc. Soc., 5, 21-66 et Ainsworth, la première mention historique de l'amadou date du , dans les écrits du médecin grec Hippocrate qui l'utilisait pour pratiquer des cautérisations. Un morceau d'amadou (provenant très vraisemblablement d'un carpophore de Fomes fomentarius) était enflammé et placé sur la peau, proche d'une blessure à cautériser. Cet usage a survécu jusqu'au en Laponie, au Japon et au Népal (où cette pratique porte le nom de moxibustion, et la mèche que l'on applique sur la peau s'appelle moxa, nom provenant du japonais mogusa, qui désigne une armoise servant également à préparer des cautères).
Jusqu'au , les jeunes amadouviers étaient ramollis par un séjour plus ou moins long dans une cave ou un lieu frais, dépouillés de leur écorce, coupés en tranches minces et battus au mailletES. Cordier, Les Champignons, histoire, description, culture, usages des espèces comestibles, vénéneuses, suspectes employées dans les arts, l'industrie, l'économie domestique, la médecine, Paris, J. Rothschild, 1876., avant d'être séchés afin d'obtenir une masse feutrée servant d'hémostatique non astringent pour arrêter les hémorragies légèresS. -F. Morand, « Sur un moyen d'arrêter le sang des artères sans le secours de la ligature », Mémoires de l'Académie royale de chirurgie, 1855, n° 1, p. 535-540 (reproduction de l'édition de 1743-1774).. D'où son appellation agaric des chirurgiens ou d'amadou des chirurgiens appliqué directement sur les plaies par exemple lors de la guerre de 1870B. Mantoy, « L'armoire à pharmacie du mycologue », Naturalia, 1957, n° 43, p. 7-13..
Ethnomycologie Curieusement, au Japon, c'est le polypore soufré qui servait d'allume-feu : Laetiporus sulfureus (Bull. : Fr.) Murrill, var. miniatus (Junghuhn) Imaz, nom scientifique japonais : Masu-take, 鱒茸, マスタケ, « champignon truite ».
Avant de devenir le nom national de l'espèce, c'était l'appellation commune dans la préfecture de Niigata.
Aikawa-take, 藍皮茸, アイカワタケ, « champignon de cuir ». Akanbō, 赤ん坊, アカンボウ (Yamagata), « (pt'it rougeaud), bébé ».
Fukuchi, フクチ (Yamagata), Fukuji フクジ (Fukushima, Aomori), Hoguchi ホグチ (Akita), sont autant d'altérations patoisantes de l'allume-feu : 火口 (Hokoutchi) [Hokuchi] ホクチ, « amadou ». Hi-goke, 火木毛, ヒゴケ (Gifu, Aichi) , « Champignon à feu ». Hokuchi-kinoko (Iwate), Hokuchi-take (Gifu). 火口木の子, 火口茸, ホクチキノコ, ホクチタケ, « amadouvier ». Ce nom figure dans le Shinyō Kinpu de Tchikan Itchioka (« Atlas illustré des champignons de la région de Shinyō » [partie de Nagano]) de 1799, ainsi que dans la révision de 1861 du Shijifu (« Traité des champignons »), par Kōken (Jakousō) Yoshida.
Jusque vers 1960, des champignons étaient encore utilisés comme allume-feu dans diverses régions de l'archipel. Le plus communément utilisé est le polypore soufré et sa variété, ou plus rarement Tyromyces sambuceus. Par contre, le traditionnel amadouvier d'Europe et de Sibérie, Fomes fomentarius, pourtant pas rare au Japon, n'est pratiquement jamais mentionné comme allume-feu今関六也 Rokuya Imazeki 1973 - Japanese mushroom names(Transactions of the Asiatic Society of Japan, 3rd ser., v. 11, pp. 25-80).
Symbolique Calendrier républicain Dans le calendrier républicain, l'Amadouvier était le nom attribué au du mois de pluviôsePh. Fr. Na. Fabre d'Églantine, Rapport fait à la Convention nationale dans la séance du 3 du second mois de la seconde année de la République Française, ..
Notes et références
Voir aussi Bibliographie
Liens externes
Dossier « À la découverte de l'Amadouvier » sur le site futura-sciences.com Sur l'utilisation de l'amadou pour faire du feu : http://cyrilpoe.e-monsite.com/
Référence Termbank Ca http://www.btb.termiumplus.gc.ca/tpv2alpha/alpha-fra.html?lang=fra&i=1&srchtxt=Fomes+fomentarius&index=alt&codom2nd_wet=1#resultrecs (consulté le 17-04-2019)
Catégorie:Feu Catégorie:Polyporaceae Catégorie:Espèce de champignons (nom vernaculaire) Catégorie:Champignon médicinal