L'Occident au reste dans le monde de l'Antiquité tardive et est toujours centré sur la Méditerranée.
Cette période se caractérise par l’émiettement du pouvoir politique. Comme au siècle précédent, la justification du pouvoir repose essentiellement sur la force militaire.
En parallèle, à la suite du déclin de l'empire au , la société est réorganisée par l’Église. Les structures politiques et administratives romaines ont disparu et sont remplacées par des nouvelles qualifiées de "romano-barbares". Les structures chrétiennes se consolident, qu’elles soient épiscopales ou monacales, dans un mouvement qui se prolongera au . Les pèlerinages se multiplient. Au , le tombeau de saint Martin de Tours draine des foules considérables. C'est au que Denys le Petit élabore un comput chrétien à partir de l’année de naissance du Christ, mais il n’entre en vigueur qu’au .
thumb|upright=2|Royaumes romano-barbares en 526.
Baptême de Clovis
thumb|Baptême de Clovis. Toile du du maître de Saint Gilles.
La personnalité de Clovis marque la transition entre les transitions du et le début de l'Occident chrétien au .
Lors de la bataille de Tolbiac, peut-être en 496, son armée étant sur le point d'être vaincue et ne sachant plus à quel dieu païen se vouer, Clovis Ier prie alors le Christ et lui promet de se convertir si « Jésus que sa femme Clotilde proclame fils de Dieu vivant » lui accordait la victoire. Clovis est baptisé par Saint Rémi lors de Noël d'une année comprise entre 496 et 511, peut-être en 499.).
C'est la conversion au christianisme de Clovis et des Francs qui sur le plan politique fonde l'alliance des riches barbares avec le clergé. Avec ce baptême, il peut compter sur l'appui du clergé, et vice-versa, il lui permet d'asseoir durablement son autorité sur les populations, essentiellement gallo-romaines et chrétiennes, qu'il domine. Dorénavant, le souverain règne sur un peuple qui se revendique chrétien, et dont la conception de l'ordre social est que, par sa seule existence, l'autorité du roi est légitime et incontestable : « Que tout homme se soumette aux autorités supérieures, car il n'y a pas d'autorité qui ne vienne de Dieu, et celles qui existent ont été mises en place par Dieu » (Rm 13:1).
De manière plus profonde, cette alliance avec l’Église pose le fondement d'une société qui rassemble les envahisseurs germaniques et les populations gallo-romaines autour d'une même religion, dans un ordre social défini par l’Église : cette conversion marque ainsi le début de l'Occident chrétien. Le règne de Clovis contribue ainsi à forger le caractère original de cette période en donnant naissance à une première dynastie de rois chrétiens, les Mérovingiens, et en raison de son acceptation par les élites gallo-romaines, en créant un pouvoir original en Gaule. Cependant, si le baptême de Clovis marque le début d'une conception chrétienne de la société, il ne traduit pas pour autant une conception religieuse du pouvoir politique, qui reste pour les mérovingiens fondé sur la puissance guerrière et la légitimité dynastique : le roi mérovingien n'est pas roi parce qu'il a été sacré, mais il a un caractère sacré parce qu'il est roi. Ce n'est qu'à partir des carolingiens, trois siècles plus tard, que le sacre manifestera que l'autorité est légitime parce qu'elle est reçue de Dieu.
En 511, manifestation de cette alliance du politique et du religieux, Clovis réunit le premier concile des évêques gaulois. Il meurt la même année.
Ce modèle d'une société unie parce qu'elle est chrétienne sera par la suite généralisé à ce qui deviendra l'occident chrétien.
La plupart des tribus germaines étaient déjà christianisées, quoiqu'en majeure partie arienne. Cette situation opposait les Barbares aux populations conquises, et a souvent induit des tensions ou des oppositions entre les nouveaux dirigeants et les évêques, tel Césaire d'Arles, à la tête de la cité, principale structure sociale ayant subsisté du monde romain.
Cependant, les barbares n'appuyaient pas cet arianisme sur une doctrine théologique ou exégétique très ferme, et l'arianisme ne survécut pas à la conversion de ses rois au catholicisme. À l'exemple des Francs, les tribus se convertirent rapidement au christianisme nicéen, qui devint par la suite le catholicisme, accroissant la loyauté des populations romanisées locales ainsi que reconnaissance et appui de la puissante Église catholique romaine. Les rois burgondes se convertissent vers 502 après leur alliance avec les Francs ; puis une partie du royaume wisigoth est conquise à la bataille de Vouillé et doit également rejoindre le christianisme nicéen. Dans la péninsule ibérique, les Wisigoths abandonnent officiellement l'arianisme lors du IIIe concile de Tolède en 589. Les Lombards restèrent ariens jusqu'au milieu du .
Situation politique
thumb|Royaumes francs à la mort de Clovis.
Après la conquête du sur Syagrius des régions situées au nord de la Loire, à la suite de la bataille de Soissons en 486, le voit l'expansion progressive des royaumes francs. À la suite de la bataille de Tolbiac en 496(?), les Alamans abandonnèrent le cours supérieur du Rhin aux Francs rhénans, par la suite intégrés aux royaumes francs. Après la bataille de Vouillé, remportée en 507 sur les Wisigoths, les Francs prennent le contrôle de l'Aquitaine. Les Burgondes occupent la vallée de la Saône et du Rhône, à l'exception de la Provence tenue par les Wisigoths. Leur royaume finit en 534 par être partagé entre les fils de Clovis. 533-534 : le royaume vandale d'Afrique est reconquis par l'empire d'Orient. L’Afrique devient une préfecture du prétoire byzantine jusqu’à Ceuta (534-698). 534, guerre de Burgondie : le royaume burgonde est intégré aux royaumes francs. En 537Dumézil (2008), 85., un conflit éclate entre l'empire byzantin et le royaume ostrogoth. Pour s'assurer de la neutralité des Francs dans ce conflit, le roi Vitigès offre la ProvenceProcope, Guerres, V, 20, 14-28., que les rois Francs se partagent entre eux, et le nord des Alpes avec une souveraineté sur les Alamans par l'accaparement de la haute vallée du Rhin, le Main et le haut DanubeAgathias, Histoires, I, 6.. Dans les années 560, Heptarchie en Grande-Bretagne. Les Slaves passent le Danube et commencent à s'installer dans les Balkans. Ils reconnaissent la suprématie des Avars et envahissent le Norique entre 580 et 590.
Les Mérovingiens règnent ainsi sur la grande majorité de l'ancienne Gaule. À cette époque, il n'est pas encore question de « France », mais bien d'un « royaume des Francs » : les rois, en effet, ne règnent pas sur un territoire, mais sur des sujets. Trois grandes entités territoriales se forment progressivement au sein du royaume : Neustrie, Austrasie et Bourgogne (l'Aquitaine passant sous l'autorité d'une dynastie de ducs quasi-indépendants).
thumb|upright=1.5|L'Europe en 526. Le puissant royaume wisigoth s'étend sur la majeure partie de la péninsule ibérique, partagée avec les Suèves établis en Galice. Il se partage parfois en royaumes autonomes, le royaume de Barcelone et le royaume de Mérida. Après la conquête de l'Aquitaine par les Francs, il conserve avec le Languedoc une extension au nord des Pyrénées.
Le royaume ostrogoth était l'héritier de la Rome antique et adopta la législation romaine.
L'Empire byzantin eut des prétentions sur les régions de l'Occident tout au long du Moyen Âge. Au , les campagnes très violentes et impopulaires des généraux Bélisaire et Narsès permirent à l'empereur Justinien de reconquérir une grande partie de l'Occident : l'Afrique vandale fut reprise en 533, suivie de l'Italie elle-même reprise sur le royaume ostrogoth (guerre des Goths de 535 à 553), ainsi qu'une partie de l'Espagne wisigothique. alt=Vert : Empire d'Orient, Nuances de rouges : Monde mérovingien|vignette|Europe occidentale et monde mérovingien vers 560|400x400px Les Angles et les Saxons poursuivent leur lente pénétration en Angleterre, au détriment des Bretons. À cette occasion, elle retourne en pratique au paganisme. La défense des peuples Celtes des îles Britanniques et de Bretagne armoricaine face aux envahisseurs germaniques à la fin du ou au début du , déformée par la tradition populaire, est à l'origine des légendes sur le Roi Arthur et ses Chevaliers de la Table ronde.
En Armorique, qui avait été l'objet d'une immigration bretonne tout au long du , les Bretons profitent du trouble causé par la succession de Clovis pour reprendre leur autonomie. Cette sécession entraînera la création de nouveaux royaumes et autres principautés bretonnes (Broërec, Cornouaille, Domnonée, Léon, Poher, Porhoët…), aux dépens des populations celtes autochtones (Vénètes, Osismes, Coriosolites…). Celles-ci, totalement indépendantes de l'emprise des Francs, seront plus tard réunies au , sous l'impulsion de Nominoë au sein du royaume puis Duché de Bretagne.
Organisation de la noblesse
Emergence de la féodalité
Les liens d'hommes à hommes existaient déjà à l'époque romaine tardive entre l'Empereur et sa militia, son administration.
À partir de la crise du Vème siècle, le principe de lien personnel entre le Princeps, l'empereur romain, et les rois barbares a pour conséquence l'augmentation des liens de dépendance personnels dans la sphère publique.
À l'époque mérovingienne comme par la suite, la terre est la principale richesse. Les grands propriétaires sont alors puissants.
La société du Haut Moyen Âge était moins figée qu'à la fin de l'Empire romain et via le service militaire auprès d'un seigneur local, une famille de paysans libres pouvait accéder à l'aristocratie en quelques générations.
Formation de l'aristocratie
La féodalité désigne alors une société caractérisée par la hiérarchie des terres et des personnes, le morcellement des terres et de l'autorité, la domination de la classe combattante.
Le système fiscal a été profondément altéré par l'arrivée de ces hommes libres et armés sur lesquels il est pratiquement impossible de prélever un impôt direct. Dès lors il n'est plus possible d'entretenir une administration nombreuse (nécessaire pour prélever des taxes directes), des écoles publiques ou une armée soldée. Il se met en place un système basé sur le clientélisme et le roi rétribue ses vassaux grâce aux richesses issues des taxes prélevées sur le commerce (tonlieu) et les amendes prélevées grâce à l'application de la loi salique (wergeld)Pierre Riché, Les temps mérovingiens tiré de Histoire de la France des origines à nos jours sous la direction de Georges Duby, Larousse, 2007, page 176.
Au , le système fiscal romain fonctionne encore partiellement en Espagne, en Gaule et en Italie. Cependant, les impôts directs (taxe foncière et capitation), dont la perception nécessite une administration fiscale plus performante, tendent à disparaître. De perception plus immédiate, les impôts indirects, en particulier les taxes sur les transports et les objets importés aux lieux de passage (tonlieux, péages, etc.) tendent à représenter la source principale des revenus royaux.
Le bénéfice fut mis en usage, après l'établissement des Barbares dans l'empire romain, par les rois goths et lombards. Il s'appliquait aux terres que ces princes donnaient en récompenses à ceux de leurs leudes qui s'étaient distingués, qui avaient bien fait la guerre. Les possesseurs des bénéfices devaient le service militaire et une redevance en argent ou en nature. Les bénéfices, d'abord amovibles, devinrent ensuite, pour la plupart viagers, et enfin héréditaires.
Administration territoriale
À partir des , le duc est le maître de toute une région, sinon d’un peuple et joue un rôle capital dans la structuration du royaume francKarl Ferdinand Werner, Naissance de la noblesse, éd. Pluriel, 2012, .. Le duc est assimilable à une sorte de gouverneur général. Il exerce, au nom du souverain, des pouvoirs de nature militaire et judiciaire sur un ensemble de comtés.