Le triathlon international de Nice est le nom donné en 1994 par la Fédération française de triathlon à une épreuve de triathlon longue distance créée à Nice en France en 1982, par la société américaine de production d’événement (IMG), dirigée par l'homme d'affaires Mark McCormack. C'est la première compétition internationale de triathlon longue distance créée en France.

Il apparait en 1982 sous le nom de triathlon de Nice puis devient en 1983 le triathlon longue distance de Nice, avec l’ambition affichée d’être le concurrent direct de l'Ironman d'Hawaï. Son histoire sportive voit à Nice pendant plus d'une décennie des affrontements entre les pionniers nationaux et internationaux de la discipline, qui marquent l'histoire européenne de ce sport, mais aussi et indirectement un affrontement entre des sociétés d'organisation américaines, celle de l'Ironman d’Hawaï de Valerie Silk et de la et celle du triathlon longue distance de Nice de Mark McCormarck et de l', qui se livrent à distance une concurrence exacerbée. Après douze années où l'hégémonie des triathlètes nord-américains est quasiment sans partage, les années 1990 voient les premiers champions européens et français monter sur les plus hautes marches du podium.

L'organisation est reprise en 1994 par la Fédération française de triathlon, qui lui donne le nom de . L'épreuve sert alors de support aux premiers championnats du monde de triathlon longue distance organisés par la Fédération internationale de triathlon. Entre 1994 et 2004, il est cinq fois le support de la compétition mondiale.

En 2005, la société Triangle, représentant la marque Ironman en France et implantée par le triathlète vétéran Yves Cordier, dont les affrontements sportifs avec Mark Allen émaillent l'histoire de cette compétition, obtient de la ville de Nice la délégation de l'organisation de l’épreuve. La dernière édition du triathlon international de Nice a lieu en 2004 pour laisser la place l'année suivante et devenir l'Ironman France, course qualificative pour le championnat du monde de la spécialité à Kona (Hawaï).

Histoire 1982 - 1993 : les années de l (IMG) Les projets de triathlon à Monaco puis Nice thumb|Nice. Promenade des anglais |alt=photo en couleur d'une vue sur Nice et sa promenade Alors que le triathlon se développe aux États-Unis depuis 1978, l'Europe voit quelques pays européens, à compter de 1980 et 1981, mettre en place les premières épreuves, mais leurs retombées médiatiques sont quasi inexistantes. Le , le film de la fin de course de Julie Moss lors de l’Ironman d'Hawaï, qui passe la ligne d'arrivée en rampant, fait le tour du monde. C'est à la suite de sa diffusion que Mark McCormack, dirigeant de la société d'organisation d’événement IMG, servi par de bonnes relations avec la chaine américaine (concurrente directe d'), imagine et propose la création d'un nouvel événement mondial dans le triathlon qui se déroulerait en Europe. Il vise tout d'abord à établir cet événement à Monaco, souhaitant faire de cette nouvelle compétition le triathlon européen concurrent de celui d'Hawaï. Mais la mort de la Princesse Grace de Monaco en ne permet plus sa réalisation dans la Principauté. Refusant d’annuler l’événement, c'est à Nice sur la promenade des Anglais que se tient le , le premier triathlon international longue distance de France.

1982 : naissance du triathlon longue distance de Nice Le triathlon de Nice qui se tient le voit cinquante-sept compétiteurs prendre le départ dont neuf Français et une Française, Majo Bouteleux, pour une compétition au format mal défini comportant, de natation, de cyclisme et un marathon. Les Américains Mark Allen et Lyn Brook remportent l’épreuve et deviennent les premiers triathlètes à inscrire leur nom à son palmarès.. Plongeant sans combinaison dans une mer Méditerranée à 14 °C, cette première édition voit l’abandon de dix-sept concurrents et de sept transports à l’hôpital. La presse locale (Nice Matin) et les médias, qui retracent l’événement en découvrant cette pratique sportive, n'en restent pas moins circonspects en qualifiant les triathlètes de plus que de sportifs ou encore l'émission d'Antenne 2, Les jeux du stade diffusée le , où, à l’issue d'un reportage de , Jacques Belin (critique à Télérama) écrit au sujet des distances records parcourues pendant la compétition : .. Toutes les places sur les podiums hommes et femmes du premier triathlon international de Nice sont occupées par des triathlètes américains, laissant entrevoir la domination qu'ils vont imposer sur la compétition et le triathlon longue distance pendant de nombreuses années.

1983 - 1988 : confrontation sportive et concurrence commerciale thumb|MarK Allen en 2010|upright|alt=Photo en couleur du champion de triathlon Mark Allen Pour la deuxième édition en 1983, 205 triathlètes prennent le départ dans un quasi anonymat médiatique, un seul article dans Nice matin et un court reportage sur Antenne 2 relatent l'événement sportif. La compétition prend alors le nom de et se pratique sur de natation, de cyclisme et 32 de course à pied..

Mark Allen, au terme d'une course à rebondissements, s'écroule à de l'arrivée, les muscles tétanisés par les crampes, il passe la ligne en vainqueur sans s'en apercevoir mais au bord du coma, il est transporté à l’hôpital pour récupérer. Sa compatriote Linda Buchanan franchit la ligne d'arrivée en premier et de nouveaux, les podiums sont totalement américains..

En , sur les 418 triathlètes au départ de la troisième édition, seuls 320 passeront la première épreuve. Le temps et l’eau chaude pour la saison ont invité sur le parcours de l'épreuve de natation un banc de méduses qui incitent un grand nombre de compétiteurs à faire demi-tour et à abandonner la course. À la surprise du public, un jeune triathlète français local sort le premier de l'eau devant Dave Scott, Mark Allen et Scott Tinley. Yves Cordier, à 20 ans, entame une longue série de défis des triathlètes américains sur le triathlon de Nice qui durera pendant 8 ans. L’expérience a le dernier mot sur cette édition et les trois américains, Mark Allen en premier, montent sur les marches du podium. Chez les femmes, les américaines font la course en solo et la première place fait l'objet d'une âpre compétition entre Julie Moss et Colleen Cannon, qui tourne à l'avantage de cette dernière.. thumb|upright|left|Rob Barel (1985)|alt=photo en noir et blanc de Rob Barel en 1985.jpg En 1985, malgré les critiques passées, le triathlon international de Nice attire les grands noms du triathlon français et étranger qui se donnent rendez-vous sur la Côte d'Azur. Le groupe financier de Mark Mac Cormack le propulse avec une grille de prix très élevée, afin de supplanter le triathlon international d'Hawaï. En s'appuyant sur la chaîne de télévision qui se saisit de l’événement pour contrer la chaîne concurrente qui détient l’exclusivité des retransmissions d'Hawaï. Il parvient à réunir pour cette édition le plus impressionnant de triathlètes hommes et femmes de cette décennie-là.. Surnommés les outre atlantique et les en France, Mark Allen, Dave Scott, Scott Molina et Scott Tinley sont au départ.. Yves Cordier et Rob Barel sont là pour contester cette suprématie. Chez les femmes les plus grands noms nord-américains et australiens de l'époque sont présents aussi : Erin Baker, Sylviane Puntous et la tenante du titre Linda Buchanan ainsi que la Zimbabwéenne Paula Newby-Fraser sont de la partie. Le résultat sera conforme à la prédominance générale anglo-saxonne, seul le Néerlandais Rob Rabel permet à un européen de monter sur le podium pour la première fois. La réaction de Valérie Silk, organisatrice de l’ d'Hawaï face au succès acquis par un plateau aussi prestigieux, fut d'offrir dans les années qui suivirent des primes très importantes. Ces escalades financières ne permettent plus de réunir un tel plateau d'un côté ou de l'autre de l'Atlantique. Le plateau de l'édition 1985 du triathlon de Nice reste une première dans l’histoire du triathlon européen..

Si en 1986, le nombre de participants continue de progresser, les problèmes d'organisation, d'arbitrage et de comportement de certains compétiteurs tendent à affaiblir la notoriété et la crédibilité de l’épreuve. Le CONADET impose pour les éditions à venir des quotas d'arbitres par nombres de participants et un nouveau parcours natation.

L'année 1987 voit la défection de Mark Allen, malade, et d'Yves Cordier, blessé. L’Australien Rick Wells brise l'hégémonie américaine et remporte cette édition devant Scott Tinley. L'arrivée sur la troisième marche du podium du premier français, Hervé Niquet, marque cette édition qui se déroule sous une pluie battante pour les 903 participants..

1988 enregistre une baisse de participation, seuls 720 triathlètes prennent le départ de l’édition. Mark Allen est de nouveau absent, les tenants du titre 1897 Rick Wells et Linda Buchanan ne défendent pas leur titre, de nombreuses élites internationales préfèrent prendre le départ de l' d'Hawaï, attirés par des primes de départs et d'arrivées toujours plus importantes de par la que se livrent les compagnies américaines d'organisation et de rediffusion de ces évènements. Les deux compétitions se déroulant à la même période, fin septembre pour Nice, début octobre pour Hawaï, oblige les élites mondiales à choisir entre l’une ou l'autre..

1989 - 1992 : changement de date, évolution sportive et commerciale Le changement de date que propose IMG pour l’édition 1989 signe aussi la fin de l'affrontement économique avec le et la chaine de télévision . Force est de constater que ces derniers ont remporté la bataille financière et que l'Ironman d'Hawaï s'installe pour devenir la plus importante compétition très longue distance du monde. Le choix du pour la du triathlon de Nice s'avère calamiteux. Malgré le retour de Mark Allen, de quelques autres élites de renom et d'une bonne délégation française, s'ajoute la préparation pour le du monde à Avignon sur courte distance organisé au mois d'août par la toute nouvelle Fédération internationale de triathlon (ITU) qui éloigne de cette édition nombre de compétiteurs habitués à y prendre part. Ils ne sont que 420 dont 12 femmes à prendre le départ..

Tirant les leçons de l'échec médiatique et sportif de l’année précédente, l'organisation repousse l'édition 1990 au pour tenter de redynamiser l’événement, en profitant pour cela de l'attrait touristique qu'offre la région en cette saison et qui provoque un afflux de public. L’édition renoue avec le succès et plus de 1000 triathlètes prennent le départ.. Ne concurrençant plus de manière frontale l'Ironman d'Hawaï, dont l’organisation vient d'être racheté pour 3 millions de dollars par la naissante et qui organise désormais le ., le triathlon international de Nice peut réunir en 1991 un des plus grands plateaux de son histoire. Les principaux vainqueurs des triathlons d’Hawaï et de Nice auxquels s'ajoutent une délégation des meilleurs triathlètes français emmenés par Yves Cordier et les meilleurs spécialistes européens de la distance s’affrontent sur cette édition. Seule l'Australienne Erin Baker pour les femmes manque à l'appel et laisse le champ libre à sa plus sérieuse concurrente, Paula Newby-Fraser. Si la confrontation est à la hauteur des attentes pour les secondes et troisième place, Mark Allen et Paula Newby-Fraser sans surprise remportent la victoire et restent les maîtres incontestés de l'épreuve.. thumb|Paula Newby-Fraser en 1991 |alt=Paula Newby-Fraser Encinitas 1991 Photo by Patty Mooney2.jpg