Une pêcherie est une installation et une technique de pêche qui consiste à faciliter la prise des poissons en les piégeant. Celles du littoral de la Manche sont fixes et très importantes par leur envergure. Certaines peuvent atteindre 350 mètres de côté. Les pêcheries sont en forme de V, en bois ou en pierre, ce qui induit des techniques de pêche différentes. Mais dans les deux cas, les poissons sont pris au piège par le système des marées.
Les pêcheries fixes du littoral de la Manche, et en particulier celles d'Agon-Coutainville, de Hauteville-sur-Mer, Granville, Saint-Pair-sur-Mer et Jullouville sont inscrites à l’Inventaire du patrimoine culturel immatériel en France Fiche d’inventaire des « Pêcheries fixes du littoral de la Manche » au patrimoine culturel immatériel français, sur culturecommunication.gouv.fr (consultée le 4 novembre 2015).
Historique
Les pêcheries Il existe plusieurs types de pêcheries : les pêcheries en bois, les pêcheries en pierre et les pêcheries mobiles, que l’on trouve plutôt dans la baie du mont Saint-Michel.
Pêcheries en bois Les pêcheries en bois sont aujourd’hui toutes situées dans la région de Granville. Une pêcherie se compose d’environ 1500 pieux en bois exotiques, rachetés aux moulières qui s’en séparent au bout d’une quinzaine d’années. Des branches de saule d’environ 4 ans sont tressées entre les pieux. De l’osier peut également être ajouté.
À la pointe du V se trouve le benâtre, un cercle qui retient prisonniers les poissons. Aujourd’hui, ses parois sont en plastique tressé. C’est souvent une récupération des rouleaux de grillage formant les poches à huitres. Les pêcheries sont souvent faites de matériaux de récupération.
Pêcheries en pierre Les pêcheries en pierre sont situées plus au sud, entre le havre de la Vanlée et le havre de Carteret. Les deux branches de V sont ici des murs en pierres sèches. A la pointe se trouve une porte aujourd’hui en plastique dans la plupart des cas, avant en bois. À cette porte est accroché un filet qui piège les poissons.
Aujourd’hui, de tels types de pêcheries ne sont plus construits. On se contente de les entretenir en effectuant une surveillance constante. Les pêcheries en pierre demandent moins d’interventions mais celles-ci sont plus lourdes que pour les pêcheries en bois. Il faut par exemple relever les pierres tombées, mais avec un savoir-faire particulier qui a tendance à disparaitre et qui entraine le fait qu’aujourd’hui, les murs ne sont remontés qu’approximativement. Cela amène de nombreux risques puisque les pêcheurs marchent sur ces murs, de plus en plus instables.
Pêcheries mobiles ou tésures La baie du mont Saint-Michel accueille les dernières pêcheries mobiles. Elles peuvent être déplacées voire complètement disparaitre pendant certaines périodes de l’année. Il existe plusieurs styles de pêcherie mobiles, mais les plus abouties et les plus utilisées sont les tésures.
Références
Voir aussi Bibliographie Cyrille Billard (dir.), Terre de pêcheries. 4000 ans d’archéologie et d’histoire sur le littoral de la Manche, Orep/Crécet, 2012, 128 p. Catherine Bizien-Jaglin, Loïc Langouët, Marie-Yvane Daire, Les pêcheries de Bretagne. Archéologie et histoire des pêcheries d'estran, Centre régional d'archéologie d'Alet, 2008, p. 52-60
Articles connexes Écluse à poissons Pêcherie Pêche (halieutique)
Catégorie:Technique de pêche Catégorie:Inventaire du patrimoine culturel immatériel en France