Sainte-Hélène, en , est une île volcanique de , située dans l'océan Atlantique sud, à à l'ouest des côtes de l'Angola méridional, à proximité de Tomboa, et à à l'est-sud-est de la ville brésilienne de Cabo de Santo Agostinho (État de Pernambouc), et faisant partie de Sainte-Hélène, Ascension et Tristan da Cunha, territoire britannique d'outre-mer. Elle est découverte par le navigateur galicien João da Nova le et nommée en l'honneur d'Hélène, mère de Constantin . Dès 1657, elle devient possession de la Compagnie britannique des Indes orientales.

Essentiellement connue comme lieu d'exil de Napoléon du à sa mort le , l'île lui doit son intérêt touristique qui repose, du moins en très grande partie, sur l'attrait des lieux qu'il a fréquentés. En 1890, le chef zoulou Dinuzulu y est détenu, avant que les Britanniques y emprisonnent le général Piet Cronjé et durant la seconde guerre des Boers.

Île forteresse sur le passage des navires de la Compagnie des Indes, elle perd son rôle stratégique lors de l'ouverture du canal de Suez.

Géographie Malgré son isolement, l'île de Sainte-Hélène fait partie géologiquement de l'Afrique du Sud-Ouest, dont elle est distante d'environ 2 000 km.

Formation thumb|Vue satellite de l'île de Sainte-Hélène L'île a été créée par le point chaud de Sainte-Hélène, avec d'autres monts sous-marins ou guyots, qui forment une ligne de sur le fond de l'océan Atlantique sud. Ce point chaud est l’un des plus anciens connus sur Terre et a commencé à produire de la lave basaltique il y a environ 145 millions d’annéesMantle plumes and their record in earth history. Le volcan formant l'île de Sainte-Hélène serait âgé de dix à vingt millions d'années.

La plaque africaine s'est déplacée loin du point chaud et a quitté la chaîne des monts sous-marins de Sainte-Hélène, qui peut se connecter avec la ligne volcanique du Cameroun. Sainte-Hélène, le point le plus au sud-ouest de la chaîne, est proche de la marge de la plaque africaine, mais ses dernières éruptions volcaniques ont eu lieu il y a environ 7 millions d’années.

Les premières études géologiques de l’île ont été faites lorsque Charles Darwin a visité l’île lors du voyage du en . Il "a utilisé les observations sur Sainte-Hélène pour formuler une hypothèse intermédiaire (publiée en 1844 dans son livre "Observations géologiques sur les îles volcaniques et des parties de l’Amérique du Sud visitées pendant le voyage de H.M.S. Beagle") - les volcans se lèvent par événements lents, graduels et épisodiques"David Bressan in Scientific American July 8, 2013, "8, July 1836: Darwin on St Helena and the Birth of a Volcano".

Climat Bien que l'île de Sainte-Hélène soit située dans la zone intertropicale, le climat qui y règne est méditerranéen à été tempéré (Csb) selon la classification de Köppen, ce qui est inhabituel pour une latitude de seulement 16°S.

Histoire vignette|Daumont : Vue de l'île de Sainte-Hélène (estampe, deuxième moitié du , musée de la Compagnie des Indes).

1502 : découverte du volcan L'île est découverte par le navigateur galicien João da Nova, qui était au service du Portugal, le , tome II, ., jour de la fête de sainte Hélène selon l'usage antique et orthodoxe, qui lui vaut son nom.

Quelques aventuriers et esclaves la peuplent. Les voiliers, au cours de leurs longues traversées, y font escale pour renouveler leur provision d'eau douce et de vivres frais, ce qui lui vaut le nom d'« Auberge de l'Océan ».. centré|vignette|Vue de l'île de St-Hélène avec des bateaux portugais ancrés au large des côtes (v. 1596).

1633 : revendication néerlandaise En 1633, une flotte néerlandaise en prend possession au nom des Pays-Bas qui l'annexent sans l'occuper. Une pierre territoriale néerlandaise, sans date mais certainement postérieure à 1633, est actuellement conservée dans le bureau des archives de l’île. En 1651, les Néerlandais avaient pratiquement abandonné l’île au profit de leur colonie fondée au cap de Bonne-Espérance.

1658–1815 : Compagnie britannique des Indes orientales La Compagnie britannique des Indes orientales qui ne possède dans les mers australes aucun point de relâche pour ses navires, s'en empare en 1659 et l'aménage avant de la céder à la Couronne en 1834. L'île est ainsi une étape importante pour la traite atlantique..

Observations astronomiques Présent sur l'île pendant deux ans au bout desquels il publie son Catalogue du ciel austral, Edmund Halley y observe également en 1677 le transit de Mercure ; à la suite de son observation, il imagine une méthode pour utiliser les transits, essentiellement ceux de Vénus pour déterminer la distance Terre-Soleil. Une expédition britannique conduite par Nevil Maskelyne observe depuis l'île le transit de Vénus de 1761 dans ce but. Il ne peut pas observer la fin du transit à cause des nuages.. Il s'attarde néanmoins sur l'île pour effectuer d'autres observations astronomiques (tentative de détermination de la parallaxe de Sirius, de mesure de gravité entre autres).

1815 à 1821 : Détention de Napoléon

vignette|Longwood House. vignette|redresse|Sainte-Hélène - La vallée du Tombeau. thumb|"Napoléon à Sainte-Hélène" par František Xaver Sandmann (1820)

De 1815 à 1821, l'île est prêtée au Gouvernement britannique comme lieu d'exil pour Napoléon , empereur français déchu..

À la suite des « Cent-Jours », les Britanniques se méfient de Napoléon Bonaparte et, pour lui éviter toute tentation de revenir en France, l'exilent très loin de l'Europe, sur Sainte-Hélène. Après avoir appareillé de la baie de Start dans le Devon le , le arrive en vue de l'île le et débarque Napoléon le 16.. L'arrivée de l'empereur déchu entraîna une augmentation de la population de l'île : près de anglais (en plus des de la Compagnie des Indes) et de la flottille de guerre, ainsi que des officiels du gouvernement britannique, accompagnés de leurs familles, des commissaires étrangers, sans oublier la petite colonie française constituant la cour en exil de Napoléon .. De plus, les Britanniques, craignant un débarquement de marins français pour libérer le prisonnier, revendiquèrent l'île de l'Ascension — jusque-là inhabitée — et y établirent aussi une garnison.

Napoléon mourut le . Le lendemain, le gouverneur de l'île, sir Hudson Lowe, jusqu'alors en perpétuel conflit avec son prisonnier, vint en personne s’assurer de sa mort et déclara alors à son entourage :

Conformément à ses dernières volontés dans le cas où son corps ne devait pas être ramené en Europe, Napoléon fut inhumé le près d'une source, dans la vallée du Géranium, dénommée depuis lors « vallée du Tombeau ». Le , toute la colonie française quitta l'île. Dix-neuf ans après la mort de Napoléon, le roi Louis-Philippe put obtenir du Royaume-Uni la restitution des cendres de l'ex-empereur. L'exhumation du corps de Napoléon eut lieu le , puis il fut rapatrié en France sur la frégate La Belle Poule jusqu'à Cherbourg, et inhumé aux Invalides à Paris.

En 1822, l'habitation de Longwood fut cédée à un fermier qui lui redonna l'usage de ferme qu'elle avait eue avant l'arrivée de Napoléon , si bien qu'ensuite, les visiteurs constatèrent que la maison de l'empereur en exil abritait Albert Benhamou, L'autre Sainte-Hélène : la captivité, la maladie, la mort et les médecins autour de Napoléon, 2010, ..

À partir de 1854, l'empereur Napoléon III négocia avec le gouvernement britannique l'achat de Longwood House et de la vallée du Tombeau, qui devinrent propriétés françaises en 1858., sous le nom de « domaines français de Sainte-Hélène » et gérées depuis par le ministère des Affaires étrangères. Le pavillon des Briars, première demeure de l'empereur sur l'île, fut adjoint au domaine en 1959, lorsque sa dernière propriétaire, l'écrivaine australienne (1890-1975), petite-nièce de Betsy Balcombe, rachète ce pavillon et l'offre à la France.

1821-1834 : Compagnie britannique des Indes orientales Après la mort de Napoléon, le grand nombre de résidents temporaires, tels que les militaires, ont été rapidement retirés. La Compagnie des Indes orientales a repris le contrôle total de Sainte-Hélène et la vie est revenue aux normes d’avant 1815, la baisse de la population ayant provoqué un changement brusque dans l’économie. Les gouverneurs suivants, Thomas Brooke (gouverneur temporaire, 1821–1823) et Alexander Walker (1823–1828), ont réussi à faire traverser l’île à la période post-napoléonienne en ouvrant un nouveau marché fermier à Jamestown, la fondation d’une société agricole et horticole et l’amélioration de l’éducation. L’importation d’esclaves avait été interdite en 1792, mais l’émancipation progressive de plus de 800 esclaves résidents n’a eu lieu qu’en 1827, soit environ six ans avant que le Parlement britannique n’adopte une loi interdisant l’esclavage dans les colonies. Une tentative avortée de création d’une industrie baleinière a été faite en 1830. Après l’éloge du café de Sainte-Hélène par Napoléon lors de son exil sur l’île, le produit a connu une brève popularité à Paris dans les années qui ont suivi sa mort.

1834-1981 : domination britannique, colonie de la Couronne Le Parlement du Royaume-Uni a adopté la loi de Sainte-Hélène en 1833, dont une disposition transfère le contrôle de Sainte-Hélène de la Compagnie des Indes orientales à la Couronne avec effet au . En pratique, le transfert n’a pris effet que le lorsque le major-général George Middlemore (1836-1842), premier gouverneur nommé par le gouvernement britannique, est arrivé avec les troupes du 91e régiment. Il a sommairement congédié le régiment de Sainte-Hélène et, sur ordre de Londres, s’est lancé dans une campagne sauvage pour réduire les coûts administratifs, licenciant la plupart des officiers précédemment employés par la compagnie.

L'île devient en 1840 une base d'opérations de la pour la lutte contre la traite illégale, et Africains sont libérés et débarqués sur l'île jusqu'en 1863 ; y meurent et quelques centaines s'y installent. Cela fait de l'île de Sainte-Hélène l'un des rares lieux au monde où des sépultures peuvent être directement reliées à des débarquements de navires négriers. Au les restes de 325 esclaves libérés sont exhumés sur le chantier de l'aéroport de l'île ; les analyses ADN et permettent d'affirmer que 90% des individus étaient des hommes ayant grandi généralement à moins de du littoral, ayant parfois connu une première déportation interne à l'Afrique et aux origines variées allant de l'actuel Bénin jusqu'au Zimbabwe.

Exil de Dinuzulu kaCetshwayo Le roi des Zoulous Dinuzulu kaCetshwayo a été exilé à Sainte-Hélène de 1890 à 1897.. Il avait été déclaré coupable de haute trahison et de sédition pour avoir dirigé, à l'âge de 16 ans, ses régiments Usuthu et un petit commando boer de trois cents hommes à la victoire contre les forces du chef zoulou Zibhebhu ka Maphitha soutenu par les Britanniques.

Zibhebhu était un allié important des Britanniques dans leur stratégie de diviser pour régner alors qu'ils poussaient à l'annexion du Zoulouland en 13 territoires plus petits, qui seraient gouvernés par des indunas (ducs) complaisants. Cette division démantèlerait le pouvoir de la maison royale zouloue, représentée par Dinuzulu kaCetshwayo. Du point de vue de ce dernier, ce sont donc les Britanniques qui s'étaient livrés à la sédition et à une haute trahison.

Dinuzulu est débarqué sur l'île avec une cour en exil de 20 personnes, dont deux de ses épouses, deux de ses oncles dont Shingana et Frances, la sœur d'Harriette Colenso, un médecin, un traducteur et des conseillers. Il leur a été interdit de porter leurs habits traditionnels zoulous et imposé d'adopter les vêtements à l'européenne des Britanniques.

Dinuzulu a adopté les conditions qui lui étaient imposées et tenté d'en tirer tout le parti possible : il a rapidement appris à écrire, d'une écriture parfaite à la plume et à l'encre, et à jouer et composer au piano et à l'orgue.

Il le décrit dans une lettre : .