Sheshonq est un roi de la vers 830 à 791 avant l'ère commune, contrôlant semble-t-il uniquement la Basse-Égypte jusqu'à Héracléopolis au sud (bien que son contrôle sur cette ville ait été intermittent). Il est contemporain des rois , , et ainsi que du prince et grand prêtre d'Amon Osorkon, le futur roi .

Généalogie

Si Sheshonq est certainement d'origine royale, sa relation exacte avec son prédécesseur est inconnue, mais il est peut-être l'un de ses fils voire petits-fils.

Il a plusieurs épouses : Tentamenopet, Djedbastetiouesânkh (fille de Takélot, grand prêtre de Ptah à Memphis et petit-fils d', et de Tjesbastperet, fille d'), Tadibastet.

Il a plusieurs enfants : Bakennefy, « grand prince héréditaire » et chef des districts d'Héliopolis et d'Athribis, Takélot, « fils royal de Ramsès » et général, a autorité sur Bousiris, Pimay, « le grand chef des Mâ », probablement de la région de Saïs, Pashedbastet, général, il restaura le du temple d'Amon à Karnak à un moment où Sheshonq et étaient alliés, peut-être Padebehenbastet, « fils royal de Ramsès », commandant, premier prophète d'Amon d'un temple local du côté de Kôm el-Hisn, une fille nommée Ânkhésen-Sheshonq.

Son successeur, le roi , est peut-être son fils, tout comme le successeur de ce dernier, , bien que pourrait être un fils de . Les liens familiaux entre ces trois rois, s'ils sont très probables, restent pour l'heure inconnus.

Règne

Début de règne Quelques années avant la mort d', un petit-fils de ce dernier, , grand prêtre d'Amon, se proclama roi à Thèbes, laissant son poste de grand prêtre à Horsaïset , petit-fils présumé d'Horsaïset . À la mort d', Takélot ne prit pas le pouvoir sur l'ensemble de l'Égypte, en effet, c'est Sheshonq qui succéda à Osorkon . Il est couronné roi à Bubastis vers 830 AEC. Commence alors une lutte entre les deux factions. Sheshonq lance une politique énergique visant à reprendre en main la Haute-Égypte, il sera d'ailleurs reconnu en l'an de son règne à Thèbes sur une inscription nilométrique du quai du temple de Karnak sur laquelle il est associé au grand prêtre d'Amon Horsaïset . Sheshonq semble donc avoir joué des rivalités entre Takélot et Horsaïset pour s'imposer dans cette région. En réaction et dans des circonstances obscures, Takélot fait remplacer Horsaïset par son fils Osorkon (le futur ), et ce avant l'an de son règne (en effet, une révolte thébaine éclate contre Takélot et Orokon pendant les années 11 et 12 du règne de Takélot). C'est avec cette révolte qu'entre en lice un certain (ou Padibastet), présumé frère d'Horsaïset et qui se proclame aussi roi tout en soutenant ce dernier en tant que grand prêtre d'Amon. Se met en place ainsi trois camps : Sheshonq en Basse-Égypte et les duos Takélot -Osorkon et Pétoubastis -Horsaïset pour le contrôle de la Haute-Égypte.

Règne en Basse-Égypte Roi basé à Bubastis et Tanis pendant près de quatre décennies, Sheshonq n'a été reconnu que par intermittence en Haute-Égypte dans le cadre de la guerre en cours pour le contrôle de la région, se contentant d'appuyer un camp puis l'autre. Si Pétoubastis a été reconnu pendant un temps à Héracléopolis, Sheshonq y est en tout cas reconnu en l'an de son règne, comme l'atteste une stèle. Le roi est relativement actif dans le domaine architectural, comme l'attestent les monuments à son nom, particulièrement à Tanis.

Toutefois, son règne voit la montée en puissance dans le delta des chefs locaux portant des titres comme chef des Mâ, chef des Libou et fils royal de Ramsès, cumulant fonctions administratives, militaires et sacerdotales. Ces dirigeants locaux sont souvent des fils royaux (Memphis avec Shéshonq puis Takélot puis Padiaset, fils, petit-fils et arrière-petit-fils d', Athribis-Héliopolis avec Bakennefy et Bousiris (Égypte) avec Takélot, tous deux fils de Sheshonq ), pratique d'apanage bien connue depuis le début de la dynastie mais dont les personnes concernées cumulent plus de fonctions qu'auparavant, particulièrement les fonctions sacerdotales, auparavant prérogatives royales. Il s'agit peut-être d'une volonté de décentralisation du pouvoir par Sheshonq . Certains de ces chefs ne sont toutefois pas d'ascendance royale, comme Hornakht à Mendès et Iouferâa à Pharbaethos.

Les Libou, absents de la documentation égyptienne depuis l'époque ramesside, refont leur apparition et affichent une certaine unité avec la présence d'un seul chef, contrairement aux chefs de Mâ qui sont contemporains les uns des autres. Ceci pourrait attester d'une nouvelle poussée d'immigration libyenne pendant le règne de Sheshonq . Ces Libou se seraient installés dans l'ouest du delta et leur premier chef reconnu est un certain Inamonnayefnébou, qui officie dans une donation à la triade osirienne en l'an du règne de Sheshonq . À partir de lui, toute une série de chefs est documentée, montrant l'expansion de leur territoire dans l'ouest du delta à partir d'un noyau centré sur Bouto, Imaou et Saïs. Le règne de Sheshonq marque clairement la fin d'un pouvoir centralisé et le début de ce que Frédéric Payraudeau appelle la polyarchie, ce phénomène de montée en puissance des dirigeants locaux ira en s'accentuant avec ses successeurs.

Sépulture Dans le cadre de la mission de conservation de la nécropole, menacée par les intempéries et les remontées salines de la nappe phréatique, l'archéologue Frédéric Payraudeau de la Mission française des fouilles de Tanis réétudie la tombe d' en 2025. Au centre de cette tombe, une antichambre, transformée en chambre funéraire, abrite un sarcophage anonyme découvert par Pierre Montet en 1939.

La reprise des fouilles de son sol en profondeur met au jour 225 statuettes funéraires en faïence (ouchebtis). Cette découverte permet d'identifier la tombe comme celle de de manière claire.. Préalablement supposé par Pierre Montet, mais à l'époque rapidement écarté, du fait de la présence d'une tombe proche, à son nom (NRT ), cette identification est permise par la présence de ces statues qui étaient incluses dans le mobilier funéraire des défunts. Elles sont les témoins de la cérémonie d'enterrement qui s'est déroulée dans cette tombe. Il semble donc que le pharaon suivant n'a pas enterré à l'endroit prévu par celui ci.

Titulature

Notes et références

Bibliographie

Liens externes

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