La Conférence des peuples de langue française (CPLF) a pour objectifs de contribuer à toute action visant à illustrer et à promouvoir la langue française, de renforcer les liens de toute nature entre les peuples francophones et d'assurer une solidarité politique entre eux, en particulier lorsque les droits linguistiques et culturels de ces communautés sont menacés, contestés, réduits ou ignorés par des centres de décision extérieurs.
Missions
La CPLF fonde son action sur les principes de liberté et de justice. Elle manifeste une solidarité envers les communautés « confrontées à une situation de détresse ». Pour ce faire, elle accorde une place prioritaire à la jeunesse et mène son action en étroite collaboration avec les organismes publics et privés, qu'ils soient internes ou internationaux, dédiés à l'épanouissement de la langue française. Elle se réfère à sa propre charte, dont les éléments constitutifs sont les suivants :
Affirmer les valeurs de la démocratie et de la liberté comme composantes fondamentales de l'identité des peuples de langue française, et défendre ces principes partout où cela est nécessairePierre-André Comte, CPLF, Bruxelles/Moutier, décembre 2010.; Promouvoir l'idée qu'aux droits des individus doivent correspondre les droits des peuples, notamment à disposer d'eux-mêmes et à être souverains; Participer au développement et à la pérennité du français comme langue moderne et universelle de communication et de civilisation; Constituer une alliance et une plate-forme d'entraide politique entre mouvements qui veulent accroître l'autonomie de leurs peuples par rapport à des centres de décision qui leur sont extérieurs; Contribuer à insérer pleinement les peuples de langue française dans un monde à la recherche d'équilibres nouveaux et exprimer la volonté de bâtir des destins solidaires autour de valeurs communes; Intensifier les échanges entre peuples de langue française et coordonner, sur le plan international, les moyens d'information de leurs mouvements ainsi que de leurs centres d'étude et de communication.
Historique Dès , de nombreuses rencontres ont lieu entre plusieurs mouvements défendant la langue et la culture francophones dans leurs États respectifs. Les et , Roland Béguelin, Jurassien et secrétaire général du Rassemblement jurassien, Pierre Fosson, Valdôtain, sénateur et vice-président de l'Union valdôtaine, ainsi que Marcel Thiry, Wallon, écrivain et secrétaire perpétuel de l'Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique, fondent à Genève (Suisse) la « Conférence des minorités ethniques de langue française ». Les trois grands mouvements à l'origine de cette conférence sont le Rassemblement jurassien, l'Union valdôtaine et Wallonie libre.
D'autres organisations rejoignent progressivement la Conférence, telles que le Mouvement national des Québécois lors de la deuxième édition en , puis la Société de l'Acadie du Nouveau-Brunswick lors de la troisième édition en . Les trois premières éditions, organisées entre et , servent principalement à structurer et affirmer les objectifs de la Conférence des minorités ethniques de langue française.
En , le Québec est à l'honneur lors de la quatrième édition de la Conférence, organisée par le Mouvement national des Québécois, qui se tient pour la première fois en Amérique du Nord. Réunissant 732 délégués, ceux-ci débattent des possibles organisations de référendums dans leurs États respectifs. La conférence décide également de se renommer « Conférence des communautés ethniques de langue française ».
L'année suivante, c’est le Jura qui est à l'honneur, ayant récemment acquis son indépendance vis-à-vis du canton de Berne et étant entré en souveraineté le . Lors de cette édition, la France est représentée par l’Association Solidarité-Jeunesse francophone, qui s’associe à la conférence à partir de cette date. L’Association romande de solidarité francophone est également présente.
En , lors de la sixième édition, la communauté acadienne est mise à l'honneur. L'Association canadienne-française de l'Ontario, des Acadiens des autres provinces, ainsi que d'autres groupes francophones du Canada et des États-Unis rejoignent la Conférence des communautés ethniques de langue française. L'Action fouronnaise intègre également l'organisation à cette date.
En , pour la première fois, la septième édition se déroule sur le territoire français. L'appui et la participation active des associations françaises sont bien accueillis et perçus comme un signe de .
L'Association Bruxelles-Français rejoint la Conférence en et, en , la Belgique est à l'honneur lors de la neuvième édition. La conférence débute à Bruxelles avec plus de 400 délégués, suivie d'une représentation de Julos Beaucarne le soir sur la Grand-Place. Les délégués visitent également les villages Fourons et Linkebeek, deux communes de la région flamande comptant une importante population francophone. La conférence se termine à l'Université de Liège.
Pour le Bicentenaire de la Révolution française, la dixième édition se déroule à Paris. L'objectif est de sensibiliser les politiciens français sur . À cette occasion, l'organisation se renomme « Conférence des communautés de langue française ».
En , la dixième édition est marquée par la volonté des indépendantistes québécois de relancer un second référendum sur leur autodétermination. L'année suivante, Roland Béguelin se retire de son poste de secrétaire général de la Conférence et Philippe Destatte lui succède. Lors de l'édition suivante, en , l'organisation se renomme « Conférence des peuples de langue française ».
En , la quatorzième édition est organisée par le Mouvement national des Québécoises et Québécois à Jonquière (Canada). Lors de cette édition, les jeunes sont à l'honneur, et une centaine de jeunes, venus des différentes communautés, y participent. Les délégués expriment que la francophonie . La Conférence des communautés de langue française affirme clairement sa volonté de participer plus directement aux objectifs de la Francophonie institutionnelle et entame une réflexion pour adapter son message historique à cette nouvelle réalité. Réunis à Delémont (Suisse) en , les représentants des mouvements européens décident de poursuivre les objectifs fondateurs de la Conférence tout en les adaptant aux vœux exprimés lors de la quatorzième édition. En , la Conférence des communautés de langue française modifie ses statuts en ce sens.
En , des représentants des mouvements affiliés à la Conférence des peuples de langue française se réunissent à Delémont (Suisse) à l'occasion du cinquantième anniversaire du plébiscite du Le Jura célèbre ses 50 ans avec l’amitié des peuples frères - RFJ votre radio régionale.
Éditions
+Éditionsnºnomthèmeinvités/conférenciersdatelieuorganisateurSourceConférence des minorités ethniques de langue françaiseFondation de la conférenceRoger Schaffter et Marcel Thiry16 & 17 avril 1971Genève (Suisse)Association des Jurassiens de l'extérieur, section de Genève (Michel Sangsue) Conférence des peuples de langue françaiseConférence des minorités ethniques de langue françaiseJean Lejeune et Roland Béguelindu 5 au 7 octobre 1973Palais des congrès de Liège, Liège (Belgique)Wallonie libre (Léopold Bastjaens) Conférence des peuples de langue françaiseConférence des minorités ethniques de langue françaiseGuy Héraud et Robert Burnsdu 10 au 12 octobre 1975Aoste (Italie)Union valdôtaineConférence des communautés ethniques de langue française« Le référendum : expression de la démocratie et instrument d’émancipation »Roland Béguelin, Jean-Marc Léger et Jacques-Yvan Morindu 31 mars au 2 avril 1978Château Frontenac, Québec (Canada)Mouvement national des Québécois (René Daignault)Conférence des communautés ethniques de langue françaiseRoland Béguelin, André Lagasse, Michel Jobert, Pierre de Bellefeuille et Jean-Maurice Dehoussedu 26 août au 2 septembre 1979Delémont (Suisse)Rassemblement jurassien (Gabriel Roy)Conférence des communautés ethniques de langue française« L’adaptation des structures politiques au droit des entités linguistiques et culturelles »du au , Caraquet (Canada)Société des Acadiens du Nouveau-Brunswick (Camille McLaughlin)Conférence des communautés ethniques de langue française« Les instruments de la solidarité »du 27 au Brive-la Gaillarde (France)Solidarité-Jeunesse francophoneArchives cantonales jurassiennes, Archives du Rassemblement Jurassien (RJ)Conférence des communautés ethniques de langue française« Autodétermination et manipulations »du 7 au 11 août 1985Trois-Rivières (Canada)Mouvement national des Québécois (Gilles Rhéaume)Conférence des communautés ethniques de langue française« Internationalisation, moyen de lutte »Julos Beaucarnejuillet 1987Fourons & Linkebeek, Université de Liège, Grand-Place de Bruxelles, Bruxelles (Belgique)Association Bruxelles-Liège-FouronsConférence des communautés de langue françaiseBicentenaire de la Révolution française « De la déclaration des droits de l’Homme au droit des peuples à disposer d’eux-mêmes »du 30 juin au 2 juillet 1989Paris (France)Section française de la Conférence des communautés ethniques de langue française (Martial de la Fournière)Conférence des communautés de langue française« La relance du processus d’autodétermination du peuple québécois (Référendum québécois de 1995) »Jacques Parizeaudu 8 au 10 août 1991Rimouski (Canada)Mouvement national des Québécois (Sylvain Simard)Conférence des peuples de langue française« Politiques linguistiques dans les différentes communautés françaises d’Amérique du Nord et d’Europe »du 9 au 11 septembre 1993Delémont (Suisse)Rassemblement jurassienConférence des peuples de langue française« Pratique de la citoyenneté et identités »Jean-Maurice Dehoussedu 13 au 15 juillet 1995Liège (Belgique)Conférence des peuples de langue française« Francophonie d’aujourd’hui, Francophonie des jeunes »du 19 au 21 août 1997Jonquière (Canada)Mouvement national des Québécoises et Québécois (Monique Vézina)Conférence des peuples de langue françaiseavril 2003Parlement de la Communauté française de Belgique, Bruxelles (Belgique)Conférence des peuples de langue française« Une francophonie fière et forte »Robert Collignon & Sylvain Simarddu 6 au 8 juillet 2005Sète (France)Association française de solidarité avec les peuples de langue françaiseProgramme de la Conférence des peuples de langue française à sûtes les 6, 7 et 8 juillet 2005. Conférence des peuples de langue françaiseConférence des peuples de langue française400 anniversaire de Québec « L’identité nationale et de la nécessité de sa revalorisation à l’heure de la mondialisation »du 14 au 16 août 2008Manoir Saint-Castin, Québec (Canada) Conférence des peuples de langue française
Couverture territoriale
La Conférence naît de la collaboration entre de nombreux pays et territoires francophones, parmi lesquels le canton du Jura, la Romandie, le Québec, l'Acadie, la France et la Belgique.
Structure La Conférence des peuples de langue française est dirigée par un comité permanent composé d’un président, d’un vice-président, d’un secrétaire général ainsi que de plusieurs membres.
Présidents
1971 - 1978 : Jean Pirotte, WL; 1978 - 1985 : Alain Généreux, MNQ; 1985 - ? : Gilles Rhéaume, MNQ; ? - 1997 : Monique Vézina, MNQ; en 2008 : Olivier Maingain.
Vice-présidents
1971 - 1978 : Pierre Fosson, UV; 1982 - 1989 : Michel Zévart; 1989 - ? : Martine Payfa, Bruxelles français. ~ 1997 : Pierre-André Comte, MAJ et Robert Louvin, UV;
Secrétaires généraux
1971 - 1991 : Roland Béguelin, RJ; 1991 - 1997 : Philippe Destatte, Bruxelles français; 1997 - ? : Pierre-André Comte, MAJ; en 2008 : Gilles Grondin.
Membres par mouvement
{| class="wikitable" |+ !Régions ! !16x16px Vallée d'Aoste ! colspan="3" | ! ! colspan="2" | ! ! |- !Mouvements !Mouvement autonomiste jurassien (MAJ) dès 1971 !Union valdôtaine (UV) dès 1971 !Wallonie Libre (WL) de 1971 à 1985 !Rassemblement pour l’unité des Francophones dès 1985