La franc-maçonnerie à Cordoue va de pair avec l'évolution de cette institution en Espagne.
La présence de l'ordre maçonnique dans la ville au cours du dernier tiers du est attestée par des documents qui semblent confirmer sa présence lors du premier tiers du . Dès lors, et pendant les , les loges se sont succédé, tant à Cordoue que dans d'autres villes de la province portant le même nom. Cette situation s'est maintenue jusqu'à la Guerre civile puis pendant la dictature qui a suivi, la répression empêche le déroulement des travaux maçonniques.
Selon certains témoignages, la dernière tenue maçonnique célébrée à Cordoue date du jeudi . Ensuite, les loges ont disparu de la ville pendant 75 ans. Trois quarts de siècle après, au , la franc-maçonnerie reprend à Cordoue le avec la fondation de la loge , appartenant à la Grande Loge d'Espagne ().
Débuts
Origines documentées de la franc-maçonnerie à Cordoue au Drapeau Cordoue. Ville située dans le sud de l'Espagne, en Andalousie|upright|thumb L'Histoire de la franc-maçonnerie à Cordoue va de pair avec l'évolution de cette institution en Espagne.
l'existence de groupes maçonniques dans la ville au début du . C'est ce que l'on peut déduire d’une lettre manuscrite du roi Ferdinand VII adressée à son secrétaire d'État et ministre de la guerre, dans laquelle il assure qu'« il existe des loges maçonniques établies à Cordoue et dans onze autres villes espagnoles »Cette lettre, datée du , est conservée aux Archives du Palais ..
Cinq ans plus tard, à peine la monarchie absolue restaurée après la brève pause du Triennat Constitutionnel, un pamphlet antimaçonnique intitulé « Espagnols : union et alerte » est largement diffusé. Il tend à montrer que la franc-maçonnerie devait être bien implantée depuis un certain temps à Cordoue. Toutefois, les rares documents conservés sur ce sujet invitent à penser que son activité n'a commencé à s'organiser de façon régulière qu'à partir de 1868
L'acte constitutif de la première loge connue à Cordoue, Patricia , date du . Elle se réunit . En 1871, est fondée la loge Étoile flamboyante () inscrite sous le numéro 324 au Grand Orient Lusitanien Uni. Deux ans plus tard, les deux loges adhèrent au (A.H.N.S.), Leg. 753, A Exp. 4, 5, 11, et 15. Vers 1885, est fondée à Belmez la loge Lumière de la Sierra () , elle compte un nombre significatif d'immigrants français attirés par l'activité de la Société minière et métallurgique de Peñarroya (A.H.N.S.), Leg. 754, A. Au cours de cette période favorable appelée les loges s'implantent avec force, accueillent un nombre important d'initiés, bâtissent de petits temples et développent leur activité. Il convient de souligner que le Rite Écossais Ancien et Accepté, majoritaire dans les pratiques maçonniques espagnoles du , est également majoritaire dans les loges cordouanes. Par conséquent, c'est la franc-maçonnerie dite écossaise, avec ses 33 Grades, qui est à l'origine de l'implantation de l'Ordre, à Cordoue comme dans le reste de l’Espagne.
Les années 1880 sont marquées par une forte expansion de la franc-maçonnerie en Espagne. La ville de Cordoue n'est pas étrangère à cette expansion. Cela se confirme par la présence de maçons à tous les niveaux, professionnels et politiques, de la société cordouane. Deux nouvelles loges se constituent : La Vérité () en 1884 et Esprit pratique () en 1885. En 1888, est fondée la Grande Loge régionale d'Andalousie dont le siège se trouve à Cordoue; elle naît d'une tentative de renforcement du symbolisme mais souffrira dans ses rangs des luttes entre les Grands Orients de Madrid.
Les loges dans la province de Cordoue au thumb|upright|Exemple d'un document fondateur d'une loge maçonnique en 1876 Vers 1886 plusieurs ateliers maçonniques ont dressé leurs colonnes dans des villes importantes de la province : Montoro (Fraternité Montoreña, 1886), Cabra (Logia Égabro, 1889), Castro del Río (Logia García Vao, 1889), Espejo (Logia Morayta, 1889), Montilla (Logia Montulia, 1886), Baena (Logia Mets-vous, 1882), Aguilar de la Frontera (Logia Ipagro, 1889) Lucena (Logia Isis Lucentino, 1880), Luque (Logia Fils du Travail, 1880), Nueva Carteya (Logia Rectitud, 1890), Pozoblanco (Logia Progrès des Pedroches, 1890), Priego de Cordoba (Logia Liberté, 1887), Puente Genil (Logia Torche Pontana, 1889) .
La loge la plus influente parmi toutes celles qui ont été créées dans la province de Cordoue durant le dernier tiers du est sans aucun doute la Loge Lumière de la Sierra () qui a dressé ses colonnes à Belmez. Cette loge, née elle aussi sous l'impulsion de la Loge Patricia de Cordoue, a été fondée en 1885 par un groupe de francs-maçons d'origines géographiques divers, mais essentiellement installés dans la ville proche de Peñarroya-Pueblonuevo. Sur les quatorze fondateurs, seulement deux étaient originaires de Belmez et deux autres vivaient à Belmez. Il faut préciser que Penarroya était alors une commune de la ville de Belmez. Au début des années 1980, Belmez était encore le centre de cette activité minière-métallurgique qui avait attiré un capital français et ou affluaient de nombreux travailleurs ainsi que des cadres moyens et des professionnels de provenances diverses. La forte croissance économique et démographique de Penarroya a contribué peu après au détachement de la commune et par conséquent au développement de la franc-maçonnerie dans la nouvelle ville. L'origine française de la Société Miniére et Metallurgique de Penarroya García García, , 1979., dont le siège était en principe à Paris, explique la présence dans la loge, ces années-là, de trois membres d'ascendance française. Même si l'on est tenté de penser que l'implantation de la franc-maçonnerie au nord de Cordoue pourrait avoir été impulsée de l'étranger, ce qui est sûr c'est qu'il n'en pas été ainsi. Lorsque la Loge Lumière de la Sierra () a été fondée, les deux principaux dirigeants étaient de Belmez (A.H.N.S.) Leg. 754, A, Exp. 2. avec un grade élevé au sein de l'Ordre et un long passé dans la franc-maçonnerie.
Les hauts grades de la franc-maçonnerie à Cordoue au
Au-dessus des trois premiers grades symboliques de la franc-maçonnerie écossaise s'ouvre le champ des grades supérieurs qui vont du au . Les loges de hauts grades relevant du Rite Écossais Ancien et Accepté, localisées à Cordoue, datent du dernier quart du .
La première juridiction dont il est constamment fait mention est le Honorable Chapitre Sinaï de Chevaliers Rose Croix (A.H.N.S.) Leg. 753, A, Exp. 12.. Ce corps a été fondé le par une lettre constitutive du , signée par le Grand Commandeur Antonio Romero Ortiz. L’initiative trouve sa source dans la loge symbolique Patricia qui était alors la seule loge constituée à Cordoue sous les auspices de cette obédience. Le fait est que la majorité des membres est issue des corps supérieurs du rite écossais et que sa fondation est associée à la Loge Patricia , source de presque toute l'expansion maçonnique de la région de CordoueCf. Léo Taxil, op. cit..
En , le Chapitre Sinaï adhère au de Morayta où il conserva sa numération d'origine. Fin 1891 la Grande Loge Régionale d'AndalousiePlusieurs loges cordouanes ont rejoint cette Grande Loge Provinciale. En outre, l'adhésion aux hauts grades du rite écossais était transitoire. Cf. Léo Taxil ., dont le siège se trouvait à Cordoue, se sépare de l'orient de Marayta. Le Chapitre Sinaï, présidé par Manuel Merino se place sous les auspices du de Pantoja : le , elle rejoint sa nouvelle obédience.
C'est ainsi que fut modifié le numéro de fondation originel. Cependant, le nombre de membres changea : la nouvelle inscription passa de 43 membres provenant de 9 loges symboliques à 28 membres provenant de 3 loges. Et en 1894, seulement deux ans plus tard, le Chapitre Sinaï de Cordoue comptait 22 membres originaires de 2 loges symboliques (Cf. Léo Taxil, op. cit.).
La fonction primordiale du chapitre Sinaï était de conférer les grades supérieurs au et inférieurs au . Selon les constitutions du publiées en 1871, les chapitres de Chevaliers Rose-Croix doivent .
Le fut constitué le Conseil de Chevaliers Kadosch de Cordoue, grâce à la lettre constitutive du , le Grand Commandeur étant Manuel Becerra, dont la fonction principale de vérifier les exaltations aux Grades allant du au . Cette chambre, présidée par Manuel Merino, collabora aux travaux d'unification maçonnique de 1888, envoyant à l'Assemblée du Juan Guerra y Sosa comme représentant. En 1889 elle adhéra au Grand Orient Espagnol de Morayta. Et en 1892 elle s'en sépara et s'installa sous les auspices du Grand Orient National d’Espagne de Pantoja, ses membres prêtant tous le même serment que les membres du Chapitre Rose Croix. Ainsi le Conseil Kadosh primitif devient le Grand Conseil Aréopage de Cordoue () . Les trois listes logiques dont il est fait mention et qui vont de 1892 à 1894 font mention d'environ 15 membres appartenant en majorité à la loge symbolique Patricia qui est à l'origine de presque toute l'activité maçonnique des hauts grades de Cordoue Op.Cit .
Le fut créé à Cordoue le Grand Consistoire du Grade de Cordoue ; en première instance, sous les auspices du , le commandeur étant Cipriano Carmona. La lettre constitutive autorise ce Consistoire à vérifier les exaltations des grades et et à constituer la Chambre du . Comme pour les autres corps du Rite écossais ancien et accepté, le Grand Consistoire fut passé à l’obédience du Grand Orient National Espagnol de Pantoja et reçut le numéro 350. En 1894 la liste de membres faisait mention de Manuel Merino comme Commandeur en Chef ; Juan Guerra y Sosa comme Lieutenant Commandeur ; Pedro J. Solano comme Ministre d'État ; Jaime Boloix comme Grand Chancelier et Pedro Luque, comme Ministre des Finances.
L'une des fonctions du Grand Consistoire du Grade de Cordoue est la délivrance des grades 30 et 31 pour les maçons qui avaient atteint ce grade et les suivants. On peut supposer que cette Grande Chambre a été constituée en 1887 même si les premiers documents qui nous sont parvenus sont datés de 1889. Les fonctions de ce corps, à la lumière des Constitutions de la Franc-maçonnerie publiées en Espagne en 1871, étaient les suivantes :
.
La Grande Chambre du Grade de Cordoue a adhéré en 1889 au Grand Orient Espagnol de Morayta et . La remplace le , sous les auspices du Grand Orient national d’Espagne, de Pantoja. C'est le qu'a été fondé ce Tribunal Cordouan Op.Cit qui obtient sa lettre constitutive grâce au serment prêté par ses membres selon les mêmes termes que les juridictions que nous avons pu évoquer.
Malgré cette effervescence et l'implantation solide de l'Ordre à Cordoue, parlent d'une sorte d'extinction de la maçonnerie cordouane pendant les six dernières années du . À partir de 1895, une baisse de la fréquentation des loges a dû se produire vu le peu de documents directs dont connaissance. D'après la publiée à Cordoue à partir du , aucune des quatre loges de la capitale ne fonctionne en 1900. Entre 1895 et 1900 une crise aux origines diverses a ralenti l'élan enthousiaste de la décennie antérieure. « Le maçonnisme cordouan, si exubérant pendant les dix années précédentes, a été balayé par des vents contraires à la fin du siècle » . On peut penser que si cela s'est produit dans la capitale, la situation dans les loges des villages devait être similaire.
Bien que les causes puissent être nombreuses et diverses, une des raisons est l'extrême hostilité de la société envers la maçonnerie. Cette hostilité, très répandue, est liée à la perte, imputée à l'Ordre, des dernières colonies de Cuba, Porto Rico et des Philippines en 1898, L'une des rubriques de l'éphémère, mais bien informée, , intitulée (Bas les masques) était destinée à diffuser des listes de maçons de toutes les villes d'Espagne sans omettre aucun détail (nom, prénom et grade) , , Córdoba, 20 avril 1900..
La franc-maçonnerie cordouane au l'équerre et le compas|upright|thumb