L'église Notre-Dame de Pondron est une église catholique paroissiale située à Fresnoy-la-Rivière, dans l'Oise, en France. Elle est, pour l'essentiel, de style gothique primitif, et a été édifiée en deux campagnes rapprochées, entre la fin du et le début du , en réutilisant les murs latéraux d'une vieille nef romane du début du , qui a été prolongée vers l'ouest et munie d'un nouveau portail. L'église Notre-Dame fournit notamment un exemple d'un petit chœur carré de deux courtes travées à clocher en bâtière latéral ; avec une chapelle à niche d'autel dans la base du clocher ; un chevet initialement éclairé par une unique fenêtre ; des formerets retombant sur des culs-de-lampe sculptés de têtes humaines ; et une bâtière du clocher disposé perpendiculairement à l'axe de l'édifice. Le clocher central est la règle dans la région, et les chevets plats sont le plus souvent ajourés d'un triplet. L'on note également des partis archaïsants, notamment l'emploi de contreforts plats d'allure romane et de baies en plein cintre encore au début du . La chapelle au nord du chœur a été ajoutée ou rebâtie au début du , et est de style gothique flamboyant. C'est sans doute peu de temps après que le bas-côté, ajouté après coup au sud de la nef, fut démoli. L'église Notre-Dame a été classée aux monuments historiques par arrêté du ., et n'a encore jamais été restaurée, sauf récemment le clocher et le pignon occidental du chœur, ce qui en fait un édifice particulièrement authentique. Pondron est aujourd'hui affiliée à la « paroisse de la vallée de l'Automne / paroisse Saint-Pierre » de Verberie, et les messes dominicales sont célébrées en l'église Notre-Dame quatre à cinq fois par an, généralement le dimanche à 9 h.
Localisation thumb|left|Puits couvert devant le portail.
L'église Notre-Dame est située en France, en région Hauts-de-France et dans le département de l'Oise, au nord-est de Crépy-en-Valois, dans la vallée de l'Automne, sur la commune de Fresnoy-la-Rivière, au hameau de Pondron, rue de Villers (RD 32). L'élévation méridionale de l'église est à peu près alignée sur la route, et la façade occidentale est également bien visible depuis la route, en venant du chef-lieu de la commune. La route de Crépy-en-Valois, la rue du Moulin (RD 50), arrive depuis le sud, près du chevet de l'église, où se situe un carrefour. L'étroite rue de l'Église passe autour de l'église, du cimetière abandonné qui l'entoure, et de la maison qui délimite le cimetière à l'est, en reliant la rue de Villers au carrefour. Ainsi, l'église est visible de tous les côtés, dégagée de constructions mitoyennes, et bien mise en valeur. Le puits couvert englobé dans le muret du cimetière, à droite de l'entrée, apporte une note de pittoresque.
Historique thumb|left|Vue depuis le sud.
L'on ignore pratiquement tout de l'histoire de la paroisse, et même sa date de fondation. L'église est dédiée à la Vierge Marie. Elle remonte au moins au début du , quand est bâtie la nef, plusieurs fois remaniée depuis. Le sanctuaire primitif est remplacé par le chœur actuel, à deux travées et au chevet plat, à la fin du . Son style gothique comporte des partis archaïsants, dont les fenêtres en plein cintre, les contreforts relativement plats et la corniche de modillons, ce qui a fait dire à Louis Graves qu'il est roman. C'est toutefois contredit par la sculpture des chapiteaux. Toujours à la fin du , la nef est prolongée d'une travée vers l'ouest. Peu de temps après, au début du , le clocher en bâtière est édifié au sud de la première travée du chœur. Il n'est plus possible de savoir si une chapelle est déjà ajoutée au nord de cette même travée. La capacité d'accueil de la nef est encore augmentée en perçant trois grandes arcades dans le mur de la vieille nef, et en construisant un bas-côté. Celui-ci a depuis longtemps disparu, peut-être depuis la seconde moitié du , quand les baies en plein cintre font leur retour, et quand les portes en anse de panier sont fréquents. Une telle porte fut ménagée dans le mur qui bouche la deuxième arcade, puis a été bouchée à son tour... thumb|upright|Ancien coq du clocher.
Selon Dominique Vermand, c'est vers l'an 1500 que remonte la chapelle au nord de la première travée du chœur, qui devient ainsi une sorte de croisée du transept. La chapelle est de style gothique flamboyant et ne comporte aucun élément plus ancien, mais l'arcade sommaire ouvrant depuis la croisée du transept est identique à celle vers la base du clocher. Les contreforts biais à l'extérieur évoquent plutôt le second quart du . Sans doute dans le contexte de la construction ou reconstruction de la chapelle, la partie ancienne de la nef est réparée : sa corniche est du même profil que celle de la chapelle. Ultérieurement, des grandes fenêtres en plein cintre sont percées dans le mur septentrional de la nef, et les petites baies d'origine sont bouchées. À vrai dire, plus aucune trace tangible de la construction du début du n'est visible au nord, et les chaînages doivent également résulter d'une reprise, si bien que Louis Graves considère la nef comme moderne. Cependant, les traces des baies d'origine sont toujours visibles au sud. L'église Notre-Dame est un édifice d'une facture assez simple, qui n'a encore jamais été restaurée, hormis très partiellement à la fin du (clocher, pignon est du chœur, chevet de la chapelle du nord), ce qui fait en grande partie son intérêt archéologique.
Sous l'Ancien Régime, Pondron relève du doyenné de Crépy-en-Valois et du diocèse de Senlis.. La Révolution française apporte le rattachement de l'ensemble des paroisses du département de l'Oise au diocèse de Beauvais, qui est supprimé à son tour sous le Concordat de 1801, puis rétabli en 1822. Pondron est à cette époque une succursale de Feigneux. En 1825, la réunion de la commune de Pondron à celle de Fresnoy-la-Rivière. met l'avenir de l'église en péril pour les décennies à venir, et pendant de longues périodes, elle est laissée à l'abandon et ne vit pas de célébrations. L'église Notre-Dame est classée aux monuments historiques par arrêté du . Depuis la définition de quarante-cinq nouvelles paroisses à l'échelle du diocèse en 1996, le village est affilié à la « paroisse de la vallée de l'Automne / paroisse Saint-Pierre » de Verberie.. Cette très grande paroisse s'étend sur quatorze communes dont deux disposent de deux, voire trois églises (Néry et Fresnoy-la-Rivière). Il a néanmoins été possible de reprendre les messes dominicales, qui ont désormais lieu deux à trois fois par an, généralement le dimanche à 9 h 00, ou plus rarement le samedi à 17 h 15, ainsi que les célébrations particulières ..
Description Aperçu général thumb|Plan de l'église.
Régulièrement orientée, avec une légère déviation de l'axe vers le nord-est du côté du chevet, l'église répond à un plan cruciforme simple, et se compose d'une nef unique de quatre travées ; d'un chœur de deux travées ; d'un clocher en bâtière, dont la base sert de chapelle, au sud de la première travée du chœur ; et d'une chapelle carrée au nord de la même travée. Une tourelle d'escalier ronde, coiffée d'un cône en pierre, se situe à l'angle entre la nef et la chapelle du nord. Le bas-côté, au sud de la nef, a disparu à une date indéterminée. En restent les grandes arcades bouchées, dans le mur de la deuxième, de la troisième et de la quatrième travée de la nef. La sacristie, qui occupait l'angle entre la chapelle nord et le chœur, a été démolie à l'occasion de travaux de restauration. La nef est à charpente apparente. Les quatre travées orientales sont voûtées d'ogives. L'on accède à l'église par le portail occidental de la nef, ou par une petite porte dans le mur occidental du clocher. La nef et le chœur, qui est plus élevé à l'extérieur du fait de son voûtement, sont munis de toitures à deux rampants. Un toit en bâtière perpendiculaire à l'axe du vaisseau central recouvre la chapelle du nord.
Extérieur Façade et élévations latérales de la nef thumb|upright|Façade occidentale. thumb|upright|Portail occidental de la nef.
Dans toute sa simplicité, la façade occidentale de la fin du séduit par l'harmonie de sa composition, son appareil très régulier en pierre de taille, et son contexte, avec le clocher en arrière-plan, à droite, et le muret du cimetière bordé de fleurs, intégrant un puits couvert, au premier plan. La largeur du mur occidental de la nef est équivalente à la hauteur des murs gouttereaux, et les rampants du pignon sont inclinés à 45°. De toute évidence, le voûtement de la nef n'a jamais été prévu, ce qui aurait nécessité des murs plus élevés, car les voûtes ne s'inscrivent jamais dans les combles. Deux contreforts orthogonaux flanquent les angles. Ils sont plats, comme à la période romane ; se retraitent une fois grâce à un fruit ; et s'amortissent par un glacis. Au même niveau, le mur se retraite par un fruit, six assises sous la naissance du pignon. La fenêtre occidentale de la nef prend appui sur ce fruit, et sa moitié supérieure empiète sur le pignon, et atténue ainsi sa nudité. La baie est de dimensions généreuses, en plein cintre, avec un léger ébrasement extérieur, et dépourvue de toute ornementation. En somme, il n'y a que le portail pour enlever tous les doutes sur l'époque réelle de cette façade. Le sommet de son arc brisé, surligné par un bandeau mouluré qui se poursuit latéralement pour une courte section au niveau des impostes, atteint presque la fenêtre. Sa largeur correspond à un tiers de la distance entre les deux contreforts occidentaux. Il s'ouvre entre deux paires de colonnettes en délit, qui portent des chapiteaux de crochets caractéristiques de l'époque, munis de tailloirs carrés. Ceux-ci supportent une double archivolte torique. Les piédroits sont visibles entre les colonnettes intérieures et les vantaux, et se terminent par deux tas de charge, qui supportent un haut linteau composé de cinq segments. Le segment médian est trapézoïdal ; ceux de part et d'autre sont en forme de parallélogramme ; ce qui permet à l'ensemble de tenir. Le tympan, non décoré, est complété par trois assises de pierre de taille.
La première travée de la nef, ajoutée après coup comme à Catenoy et Omerville, n'a pas de fenêtres latérales, et n'en a apparemment jamais possédé. Au sud, elle se termine par un contrefort plat, et au nord, par des pierres d'attente. Les murs gouttereaux de la partie ancienne de la nef se terminent tous les deux par une corniche moulurée d'un cavet, qui est partagée par la chapelle du nord, et devrait donc dater de la même époque, soit le début ou la première moitié du . Au nord, c'est peut-être le mur tout entier qui a été refait. Il est scandé verticalement par trois chaînages en pierre d'appareil. Le reste du mur est enduit. Le deuxième et le quatrième compartiment ainsi définis sont ajourés d'une grande fenêtre en plein cintre, dont l'ébrasement est appareillé en pierre de taille. Ces fenêtres peuvent dater d'une période comprise entre le milieu du , quand la Renaissance remet le plein cintre au goût du jour, et le premier quart du , quand l'architecture néo-classique demeure le courant dominant. Les chaînages ne sont pas usuels à la période romane, et ont été ajoutés après coup pour stabiliser le mur, vraisemblablement à l'occasion de la pose d'une nouvelle charpente, qui peut aussi expliquer la réfection des corniches. Il serait surprenant si les petites fenêtres romanes auraient été maintenues à l'occasion d'un remaniement aussi profond. Si l'on veut admettre que tous les éléments du mur septentrional sont contemporains, sauf peut-être les parties basses des murs entre les chaînages, le mur ne peut dater que des alentours du milieu du .