Les ascendants paternels du poète Émile Verhaeren sont essentiellement bruxellois, et bourgeois de Bruxelles dès 1771, ou, si l'on remonte plus haut dans le temps, brabançons des villages du nord de Bruxelles.
Origine du nom
Dans son dictionnaire des noms de familles en Belgique et dans le nord de la France, le professeur Frans DebrabandereFrans Debrabandere, Woordenboek van de Familienamen in België & Noord-Frankrijk, Bruxelles, Crédit communal, 1993, tome II, L- Z, page 1427. dit que le nom Verhaar(en), Verharen, Verhaere(n) provient de Van der Haar, donc d'un lieu-dit fort répandu Haar, Hare(n) etc., signifiant une crête sablonneuse. Il cite comme exemple Hans Verhaer, en 1535, quartier près de Duurstede-Anvers, ou encore en 1570, Daniel Verhaer, à Louvain.
Jules Herbillon et Jean GermainJules Herbillon et Jean Germain, Dictionnaire des noms de famille en Belgique romane et dans les régions limitrophes, Bruxelles, Crédit communal, 1996, tome II, O - Z, page 821. dans leur dictionnaire des noms de famille en Belgique romane disent également qu'il s'agit ici d'un nom topographique provenant du moyen néerlandais hare, plateau sec, sablonneux.
Origines familiales du poète Émile Verhaeren
Le poète Émile Verhaeren est issu d'une famille francophone bruxelloise. Son père, Henri Verhaeren, négociant en textiles, avait épousé une jeune femme de Saint-Amand qui exploitait, dans ce village, un commerce de textiles. C'est pourquoi Henri Verhaeren y établit sa résidence et que son fils Émile y naquit. Si l'on remonte plus haut dans le temps, l'on constate que les Verhaeren sont originaires du Brabant et bénéficient de la qualité de maisnier.
Première génération : le grand-père du grand-père du poète
I. Le premier ascendant du nom Verhaeren connu avec certitude est Josse Verhaeren, censier à Nossegem, mortRegistres paroissiaux de Nossegem, acte d'inhumation, f° 142. L'acte le dit âgé de 60 ans, mais il s'agit probablement d'une erreur, et il aurait 70 ans à son décès car il serait né à Zemst en 1691 et aurait épousé en premières noces à Nossegem le 26 février 1715 (f° 127 du registre) Josine Van Hamme, morte à Nossegem le 6 octobre 1732 (f° 125 du registre). le à Nossegem, un petit village au nord-est de Bruxelles, à une douzaine de kilomètres de la ville. Sa famille paternelle semble originaire de Zemst, à une vingtaine de kilomètres au nord de Bruxelles, où des Verhaeren sont présents depuis au moins le tout début du Henricus Verhaeren, mort à Zemst le 30 juin 1618, censier à Zemst - Anno 1618, 30 junij, obijt Henricus Verhaeren villicus in Semps - semble être le premier ascendant du nom qui soit possiblement l'ancêtre agnatique direct du poète. Epoux d'Anna Bloms (morte à Zemst en 1642), il eut Gaspar Verhaeren (mort à Zemst en 1685) qui épousa Catharina Vanden Wijngaerde (Zemst 1615 - Zemst 1703). Ceux-ci eurent Jacobus Verhaeren (Zemst 1653 - Zemst 1728) qui épousa Catharina Van den Heuvel (morte en 1721). Ces derniers eurent Judocus ou Joos Verhaeren, né à Zemst en 1691. Il est à noter que la fille d'Hendrick Verhaeren et d'Anna Bloms, Cathelijne Verhaeren, de Haecht d'après le registre des maisniers, avait obtenu la qualité de maisnier le 14 février 1639. Tous les descendants d'Hendrick Verhaeren et d'Anna Bloms peuvent dès lors être reconnus comme étant maisniers du Pays de Grimbergen.. Josse Verhaeren avait épousé à Woluwe-Saint-PierreRegistre paroissial de Woluwe-Saint-Pierre, f° 158, Die 26a martij Eminentissimo Domino dispensante super tribus bonnorum proclamationibus et tempore clauso Matrimonium contraxerunt Judocus Verharen et Petronilla Van Eijcken presentibus Engelbert De Beusscher, Cornelio Van der perren et me N. Vanderschueren pastore. le - et assez vraisemblablement en secondes noces - Petronille Van Eyck, van Eycken ou Vaneycken, qui était néePetronille Van Eyck, baptisée à Woluwe-Saint-Lambert le 5 décembre 1708, était la fille de Peeter van Eycken (1658 - 1734), qui sera censier de la ferme de Bemelen à Woluwe-Saint-Pierre et reçu comme maisnier le 27 août 1685, et d'Anna van Pé (vers 1670 - 1721). La ferme de Bemel, déjà représentée sur les cartes en 1712, était le bâtiment principal du hameau de Bemel. Cette ferme fut démolie dans les années 1920 sauf la tour de la ferme qui ne fut démolie qu’en 1989 et qui se situait au n° 6 de la rue de Bemel. à Woluwe-Saint-Lambert en 1708, fille du censier de l'importante ferme de Bemel, et qui mourut à NossegemRegistres paroissiaux de Nossegem, acte d'inhumation, f° 118, (...) obiit petronilla van eijck, vidua judoci verhaeren, aetatis octoginta annorum et die undecima ejusdem mensis sepulta est in cometerio de nosseghem (...). le . Josse Verhaeren eut de Petronille Van Eyck un enfant né à Woluwe-Saint-PierreD'après l'étude de Marie-Anne Dolez, citée ci-après, mais cet enfant ne semble pas pouvoir être trouvé dans les registres paroissiaux du village. en 1736 et ensuite dix enfants nés à Nossegem. Cinq de ces enfants Marc Alcide, De goedenissen van de Schepenbank van Oliveten te Zemst : 200v-205v , 9-2-1773, Petronella Van der Eycken weduwe Judocus Verhaeren, en haar 5 kinderen Engel, Peeter, Barbara, Ludovicus en Maria Teresia, inwoners van Nossegem, verkopen aan Adriaen Spruyt en Joanna Andriessens, inwoners van Zemst, land te Zemst op het Kercken Eusel, grenzend aan noord de heer De Meester en oost de erfgenamen Guilliam Oostens. survivaient en 1788, à savoir Engelbert, né en 1737 et qui fut pachter of het hof ter Cameren by BrusselCensier de la ferme de la Cambre près de Bruxelles. Cette ferme Verhaeren est mentionnée dans l'ouvrage L'Abbaye cistercienne de la Cambre, du baron de Ryckman de Betz, l'abbé Thibaut de Maisières et M. Georges Dansaert, Anvers 1947, page 347 : En 1811, des objets provenant de l'abbaye se trouvaient chez Verhaeren, le fermier de l'abbaye, qui pouvait communiquer de sa ferme avec le palais de l'abbesse. Engelbert Verhaeren, natif de Nosseghem, âgé de 61 ans, époux en troisième lieu de Claire Demesmaeker, est mort à Ixelles le 27 nivôse an V, et son décès fut déclaré par son beau-fils, Pierre Vanhamme, fermier, âgé de 30 ans et par Jean-Baptiste Deceuleneer, maréchal, âgé de 36 ans, d'après les registres d'état civil d'Ixelles. et inscrit comme maisnier du Pays de GrimbergenRegister van de meiseniers uit het land van Grimbergen (1413-1795) : 11-07-1769 Engelbertus en Petrus, zz. Joos en Petronella van Eijcken (Nossegem). S.: Peeter van Eijcken, o. en Guillam van Beneden, c. G 26. en 1769, Barbe née en 1738 et kranksinnigeFaible d'esprit, ou handicapée mentale dirait-on aujourd'hui., Pierre né en 1742 et qui suit ci-après en II, Louis né en 1746 qui fut pachter (censier) à Nossegem, et enfin Marie-Thérèse née en 1751 et qui resta célibataire.
Deuxième génération : l'arrière-grand-père du poète
II. Parmi ces enfants se trouve Pierre - ou Petrus - Verhaeren, qui fut baptisé à NossegemRegistres paroissiaux de Nossegem, acte de baptêmes, f° 24. le . Il quitta son village natal pour s'installer à Bruxelles. Il était maître boulanger, au Marché-aux-Poulets, à l'enseigne du Pigeon blanc, en face de l'auberge De Kempen. Après s'être inscrit, avec son frère Engelbert, comme maisnierGenootschap van Meiseniers uit het land van Grimbergen, Register van de meiseniers uit het land van Grimbergen (1413-1795), publié en 2021, page 230, v° Verhaeren : 11-07-1769 Engelbertus en Petrus, zz. Joos en Petronella van Eijcken (Nossegem). S.: Peeter van Eijcken, o. en Guillam van Beneden, c. G 26. le , il demanda et obtint le la bourgeoisie de BruxellesJan Caluwaerts & Hugo Simonart, Bourgeois de Bruxelles, Tome III, 1695-1795, page 441, v° Verhaeren Petrus, ° Nossegem, mr-brootmaecker, fs Judocus & Petronella Van Eycken. E. Magdalena de Cooman, fa -p. Woonende op de Kieckemerckt rechtover de herberghe De Kempen.. Il épousa à Bruxelles, à la paroisse Notre-Dame de la ChapelleRegistre de mariage de Notre-Dame de la Chapelle, Petrus Verhaeren et Magdalena De Cooman, parochiani respective Sancti Nicolai et B.M.V. de Capella, factis tribus bannorum proclamationibus contraxerunt matrimonium inter se coram Mattheo Josepho Lambert et Judoci Van Espen testibus me infrascripto assistente hac 9 aprilis 1771 M.J. Van Bevere Pastore B.M.V. de Cap. Brux. le Marie Madeleine De Cooman qui était la fille d'un bourgeois de Bruxelles et qui fut baptisée à Bruxelles, Sainte-GuduleRegistre des baptêmes de Saint-Gudule, f° 167. Les parrain et marraine étaient Joannes Baptista van Roij et Magdalena van Roij., le , comme fille de Petrus Cooman et de Joanna TervekorenPetrus de Cooman avait épousé Joanna Tervecoren à Bruxelles, à Sainte-Gudule, le 12 août 1730.. Elle mourut à Bruxelles le et fut inhuméeRegistre des inhumations de Sainte-Gudule, f° 90 r°, Aprilis 1795, Eenen lyckdienst met 12 heeren ad minoritas ex dist St Nicolaus Magdalena Coomans huyschvr. van petrus Verhaeren overleden den 31 meert 1795 woonende op de Kiekemerckt den welken is begraven op het kerckhoff tot Bootendael et en marge il est précisé que le service funèbre fut payé en assignats. le lendemain au cimetière de Bootendael. Pierre Verhaeren, veuf, mourut à Bruxelles le . Il avait abandonné la boulangerie pour exercer la profession de marchand en quincaillerie. Plusieurs enfants étaient nés de son mariage. Le deuxième enfant, prénommé Englebert et baptisé à Bruxelles, paroisse Saint-Nicolas, en 1773, fut ainsi prénommé comme son parrain, Englebert Verhaeren qui était le frère aîné de Petrus. Certains de ces enfants moururent en bas âge. Mais Jean-Baptiste né en 1781, celui qui sera le grand-père du poète Emile Verhaeren, survécut à l'effroyable mortalité infantile de ce temps-là.
Troisième génération : le grand-père du poète