L’église Saint-Léger est une église catholique paroissiale située à Éméville, dans le département de l'Oise, en région Hauts-de-France, en France. C'est l'une des églises les plus petites du département. Bâtie sous une seule campagne à la fin du , elle fournit l'un des rares exemples d'une église de cette époque dans le Valois, et illustre l'adaptation du style gothique rayonnant alors en vigueur à l'économie des moyens d'une petite paroisse rurale. Les compromis stylistiques sont nombreux, et il n'y a que les chapiteaux du chœur pour indiquer l'époque de construction réelle, alors que les fenêtres en plein cintre évoquent une date d'un siècle antérieur. L'église est néanmoins soigneusement appareillée en pierre de taille, et possède un puissant clocher influencé par l'école gothique champenoise, qui n'a pas son pareil dans les environs. À l'intérieur, les restes de la polychromie architecturale retiennent l'attention, notamment dans la chapelle qui forme la base du clocher. Il y avait jadis une deuxième chapelle, légèrement différente, qui lui faisait pendant au sud. L'église Saint-Léger a été classée au titre des monuments historiques par arrêté du .. Du fait des dommages de guerre, l'unique bas-côté, au nord de la nef, est toujours condamné. Éméville est aujourd'hui affiliée à la paroisse Saint-Sébastien de Crépy-en-Valois, et les messes dominicales sont célébrées en l'église Saint-Léger tous les deux mois environ, à 11 h 00.

Localisation thumb|left|Approche depuis Vez.

L'église Saint-Léger se situe en France, en région Hauts-de-France et dans le département de l'Oise, sur le versant sud du massif de la forêt de Retz, sur la commune d'Éméville, au centre du village, rue de la Forêt (RD 50E), pratiquement face à la maire. Le chevet donne sur la rue, et l'église est parfaitement perpendiculaire à celle-ci. Au sud de l'église, s'étend une vaste place servant de parking, et seulement une étroite impasse passe devant la façade occidentale, qui, de ce fait, n'est pas soignée. L'élévation septentrionale est enclavée dans une propriété privée, mais le clocher, située justement au nord, est néanmoins bien visible depuis la rue.

Historique thumb|left|Vue depuis le sud.

L'on ignore la date de fondation de la paroisse. Elle est créée par filiation de la paroisse de Vez, et est desservie non par un curé, mais par un vicaire perpétuel à la nomination de l'évêque de Soissons. Il est rémunéré par les deux gros décimateurs du village, qui sont l'abbé de Saint-Médard de Soissons et le curé de Vez, qui versent chacun 200 livres par an. Sous l'Ancien Régime, la paroisse d'Éméville dépend du doyenné de Coyolles, de l'archidiaconé de la Rivière, et du diocèse de Soissons.. L'église actuelle est bâtie sous une seule campagne, à la fin du , dans un style gothique rayonnant adapté aux moyens modestes d'un petit village rural. Le bas-côté, au nord de la nef, est ajouté après coup, et la chapelle au sud du chœur, qui fait pendant au clocher, est démolie à une époque indéterminée..

Sous la Révolution française, Éméville est rattachée au diocèse de Beauvais à l'instar de l'ensemble des paroisses sur le territoire du département de l'Oise. Après le rétablissement du culte, le village devient de nouveau une dépendance de la paroisse de Vez. L'église est classée au titre des monuments historiques par arrêté du . Sous la Seconde Guerre mondiale, l'église est fragilisée par des bombes qui tombent à proximité, et après la Libération, les grandes arcades faisant communiquer la nef avec le bas-côté nord doivent être condamnées pour remédier aux problèmes de stabilité. Depuis la création de quarante-cinq nouvelles paroisses en 1996., Éméville est l'une des seize communes regroupées dans la paroisse Saint-Sébastien de Crépy-en-Valois.. Les messes dominicales sont généralement célébrées le dimanche à 11 h 00, en alternance avec l'une des sept autres églises de la communauté de Vaumoise. La fréquence ne dépasse guère une messe tous les deux mois, sans compter les célébrations particulières.

Description Aperçu général thumb|Plan de l'église.

À peu près régulièrement orientée, avec une légère déviation de l'axe de l'édifice vers le sud-est du côté du chevet, l'église répond à un plan très simple, qui s'inscrit globalement dans un rectangle. Elle se compose d'une nef non voûtée de deux travées, accompagnée d'un bas-côté unique au nord, qui est condamné depuis 1944 ; d'un chœur carré d'une seul travée, se terminant par un chevet plat ; d'un clocher dont le rez-de-chaussée tient lieu de chapelle, au nord du chœur ; et d'une sacristie à l'est du clocher, également au nord du chœur. Seul le chœur et la base du clocher sont voûtés d'ogives. L'on accède à l'église par le portail méridional dans la première travée, ou par le portail occidental. Nef et chœur sont recouverts par une toiture unique à deux rampants. Le bas-côté est muni d'un toit en appentis.

Intérieur Nef thumb|Vue vers l'est. thumb|Vue vers l'ouest.

Dans le département, l'église Saint-Léger est l'une des plus petites églises paroissiales toujours affectées au culte, au même titre que , (commune de Fresnoy-le-Luat), Rosières, Thiverny, etc., sans compter celles qui ont été amputées de leur nef, comme (commune de Fresnoy-le-Luat) ou Rouville. À l'instar de la plupart des nefs uniques conçues pour ne pas être voûtées de la région, son intérieur n'est qu'une simple salle rectangulaire. Ansacq, Barbery, Clairoix, Mogneville, Roberval, Pondron, Rully, sont quelques exemples de nefs uniques qui n'ont pas été munies de bas-côtés après coup, ou déjà perdus leur bas-côté, et qui n'ont pas non plus été voûtées. L'actuel plafond plat, lambrissé, coupe l'arc de la fenêtre occidentale. Il s'est substitué sans doute à un autre type de plafond, par exemple une charpente en carène renversée, lambrissée ou non. Les plafonds plats sont néanmoins répandus à la période romane. Pour revenir vers la fenêtre, elle est en plein cintre, faiblement ébrasée, et s'ouvre au-dessus d'un glacis pentu. Le glacis coupe le sommet d'un arc de décharge en tiers-point, qui est un peu désaxé vers la gauche (sud), et surmonte le portail occidental. Celui-ci est en anse de panier à l'intérieur, et rectangulaire, mais surmonté d'un bandeau dessinant un arc en plein cintre, à l'extérieur. L'homogénéité de l'appareil ne permet pas d'expliquer ces incohérences par des remaniements visibles.

Par ses deux fenêtres, l'élévation méridionale montre, une fois de plus, la prédilection de l'architecte pour le plein cintre, tombé en désuétude depuis plus d'un siècle lors de la construction de l'église. Le chœur Rieux présente un autre exemple de l'emploi de l'arc en plein cintre en plein ; plus nombreux sont les exemples au début du , dont Glaignes et Pondron. Les fenêtres sont de dimensions très restreintes, sans remplage, et ont de hauts soubassements. Une particularité, pour laquelle l'on ne connaît pas encore d'explication, est la petite baie en plein cintre près du chœur. L'on note aussi la position peu opportune de l'ancien portail méridional, entre cette baie et la précédente. Il avait déjà été remplacé par l'actuelle porte rectangulaire, dans la première travée, avant le passage de Louis Graves, vers 1840. Restent à mentionner les deux grandes arcades du nord, ménagées après coup dans un mur préexistant, ce qui explique qu'elles sont dépourvues de colonnette à chapiteaux, et de toute mouluration, comme à Duvy, Ormoy-Villers, Pondron, Viarmes, Saint-Vaast-de-Longmont, etc. Le plus souvent, les arcades ménagées après coup ont au moins des tailloirs. L'on note le tracé particulier de ces arcades, dont la partie supérieure forme un Triangle rectangle.

Chœur thumb|upright|Chœur, vue vers l'est. thumb|upright|Chœur, vue vers l'ouest.

Depuis la nef, le chœur s'ouvre par un arc diaphragme en arc brisé, qui n'est pas aussi large que le vaisseau lui-même, ni aussi élevé que la voûte du chœur, et désaxé vers le sud. Elle est donc dissociée de la voûte du chœur, et ne constitue pas un arc-doubleau, qui aurait sans doute été d'un meilleur effet, et aurait permis d'associer les supports de l'arcade à ceux de la voûte. La limitation de la largeur et de la hauteur résulte sans doute des contraintes économiques ; l'on a cherché à bâtir un édifice solide à moindres frais. L'on est, de toute façon, loin de l'élancement des édifices du style rayonnant pur, car la hauteur des piédroits de l'arcade est inférieure à sa largeur. Quant au désaxement, il est d'un fâcheux effet en regardant depuis le chœur, où le tracé de l'arcade ne concorde pas du tout avec celui de l'arc formeret de la voûte. La décoration se fait assez discrète, comme souvent sur les arcades reliant les croisillons du transept aux collatéraux ou chapelles : les arêtes sont adoucies par un tore, qui porte de petits chapiteaux au niveau des impostes. Pour l'installation de la poutre de gloire, l'on n'a pas hésité à entailler l'arcade justement au niveau des chapiteaux, quitte à les abîmer. Côté chœur, l'un des deux chapiteaux est encore intact, et l'on voit que sa corbeille en forme de tuyau est lisse. Elle présente seulement un tore sous le tailloir, et un astragale en bas.

Le chœur est de plan carré, et de même largeur que la nef. Il représente environ 40 % de la superficie du vaisseau central, et est recouverte d'une seule voûte d'ogives, dont la hauteur est légèrement supérieure à celle du plafond de la nef. Contrairement aux préceptes du style rayonnant, qui tendent à multiplier les fûts afin de pouvoir restreindre leur diamètre, les ogives et formerets sont reçus sur des colonnettes uniques dans les angles. Les ogives adoptent un profil déjà très répandu à la première période gothique, notamment pour les doubleaux, qui est constitué d'un filet entre deux tores. Les tores sont peints en ocre jaune, et les faces latérales du filet sont peintes en vert, tandis que la face frontale présente une succession de traits, tracés sans règle, et suggérant des dents d'engrenage. Les formerets, monotoriques, sont également peints, et des rinceauxx très simples, avec des branches tracées à l'ocre jaune et des aiguilles peintes en vert, couvrent encore une partie des voûtains. La clé de voûte arbore un disque sculpté de feuillages. Les chapiteaux ont de minces tailloirs octogonaux, et ont des corbeilles en forme de tuyau, sauf dans l'angle sud-est, où l'on note également l'absence d'astragale. Les chapiteaux sont sculptés de deux rangs de petites feuilles polylobées, qui se détachent nettement de la corbeille. Ces chapiteaux et tailloirs constituent, à l'intérieur de l'église, les seuls éléments qui justifient une datation aussi tardive. Toutes les bases sont dissimulées par les boiseries.