Premysl (en ), né vers 1155 et décédé le ), est duc (1192-1193 et 1197-1198) puis roi de Bohême (1198-1230). Il est le premier prince suzerain bohémien à recevoir la royauté héréditaire.

Biographie Le nom Ottokar est la forme médiévale du nom germain Odoacre (allemand moderne : Odoaker). Le plus célèbre Odoacre est le chef barbare d'origine Skire qui met fin à l'Empire Romain d'occident en 476.

est le fils du duc , issu de la dynastie des Přemyslides, et de sa seconde épouse Judith de Thuringe. Au temps de sa naissance, son père a reçu le titre de « roi de Bohême » des mains de l'empereur Frédéric Barberousse en récompense pour sa loyauté. En 1172, a effectué des tentatives afin de léguer le duché de Bohême à son fils aîné, Frédéric (« Bedřich »), suscitant une forte opposition de la part de l'empereur qui nomme son cousin duc de Bohême.

Premières années La jeunesse d'Ottokar se déroule dans un pays en proie aux luttes intestines de succession dynastique. En 1192, il est reconnu comme prince suzerain de Bohême par l'empereur , fils de Frédéric Barberousse, contre versement de , mais il est rapidement écarté du trône par une conspiration de nobles qui établissent comme prince l'évêque de Prague, Jindřich Břetislav avant Noël 1193. Après la mort de ce dernier en , Ottokar conclut avec son concurrent et frère cadet Vladislav Jindřich le , un accord par lequel ce dernier se contente du margraviat de Moravie. Tirant avantage des luttes pour la succession au titre impérial entre les partisans des Hohenstaufen et les Guelfes soutenant , il prend part à l'élection à Mayence de Philippe de Souabe en chargeant son demi-frère Adalbert de Bohême, archevêque de Salzbourg de voter pour lui. En offrant à Philippe de combattre pour lui, il obtient le de ce dernier, qui a besoin de soutien logistique pour sa conquête du trône, non seulement la confirmation de son titre royal mais aussi du caractère héréditaire de ce titre pour ses descendants François Dvornik, Les Slaves : histoire, civilisation de l'Antiquité aux débuts de l'Époque contemporaine, Paris, Éditions du Seuil, 1970, ..

Une fidélité fluctuante Lorsque le pape commence à soutenir le parti Guelfes et , en 1202, Ottokar change de camp et se voit couronné solennellement le à Mersebourg par le Légat Pontifical Guido. Il avait obtenu vers 1198/1199 de l'évêque de Prague l'annulation pour degré de parenté prohibé de son union avec son épouse Adélaïde de Misnie, membre de la maison de Wettin, pour épouser Constance sœur du roi Imre de Hongrie. Devant les protestations de l'épouse répudiée, le pape refuse de valider cette décision et de faire de Prague un archevêchéFrançois Dvornik, op.cit, .. L'invasion de la Bohême par Philippe de Souabe est couronnée de succès et ce dernier envisage de le remplacer par son parent un descendant de . La paix est conclue en 1204 et se voit contraint de payer un lourd tribut de et de céder à son cousin le contrôle des régions de Čáslav, Chrudim et Vratislav en Bohême orientale. Le meurtre de Philippe de Souabe le conduit à rejoindre le camp d' François Dvornik Op.cit ..

Lorsque et le prince Guelfe se brouillent en 1210 et que le pape excommunie en 1211, rejoint le camp qui préconise l'élection de Frédéric de Hohenstaufen, le fils de , comme roi allemand. tente de le priver de la souveraineté sur la Bohême en faveur de son fils aîné Vratislav qui la reçoit en fief à la Pentecôte 1212. se voit confirmé, le , dans ses droits par la Bulle d'or de Sicile. Cet édit impérial promulgué à Bâle, reconnaît à Ottokar et à ses descendants le titre de roi de Bohême, sans nécessiter l'aval de l'empereur. L'édit garantit aussi le titre de prince-électeur aux-dits rois de Bohême et n'impose pour seule obligation que de procurer une escorte de trois cents hommes armés lors du voyage à Rome de tout empereur allant se faire couronner par le pape.

Règne soutient désormais sans réserve . Il participe à toutes les diètes importantes comme celle d'Eger en 1213, mais il fournit aussi des troupes. Cette aide inconditionnelle est récompensée le lorsque scelle un Privilège impérial confirmant le droit de succession au fils aîné d'Ottokar par sa seconde union Venceslas et reconnaît ainsi l'élection de ce dernier qui était intervenue le précédent. Le margrave de Moravie Vladislav reconnaît également cette disposition et , prince de Bohême orientale, ne peut s'opposer à ce renforcement du pouvoir d'Ottokar et ne joue plus aucun rôle actif après 1217 jusqu'à sa mort en 1223.

En revanche, à partir de 1216, le roi se trouve engagé dans un long conflit avec l'évêque André de Prague (1215-1224) soutenu par le pape qui réclame des immunités sur toutes les questions relatives à la liberté de son église. Le nouveau pape soutient également le prélat et un compromis n'est trouvé qu'en sous l'égide du Saint-Siège. Le suivant accepte de renouveler les privilèges de l'évêché de Prague. Ce privilège est étendu le aux couvents et églises du diocèse de Prague.

Le roi mène une politique matrimoniale active avec sa nombreuse progéniture. Sa fille aînée Marguerite épouse dès 1205 le roi , Judith est mariée à Bernard de Carinthie et Anne avec le piast de Silésie . Bien que fiancée depuis 1219 au fils et héritier de l'empereur Henri, il échoue à concrétiser l'union de sa fille Agnès de Bohême avec ce dernier ainsi qu'avec le roi . L'héritier du trône Venceslas, avant son couronnement par l'archevêque Siegfried de Mayence le , épouse une Hohenstaufen : Cunégonde de Souabe. Après la mort sans héritier de son frère de Moravie, assure sans difficulté le margraviat successivement à ses fils et .

Famille et descendance vignette|Sceau d' de 1192.

laisse plusieurs enfants de ses deux unions :

Il épouse :

En 1187 : Adélaïde de Misnie (?-), fille d'Othon, margrave de Misnie, dont il divorce en 1198, d'où : *Vratislav (mort après 1225), investi en 1212 comme héritier par ; * Marguerite (1189-), épouse en 1205 du roi , * Hedwige, religieuse ; * Božislava (Jutta), épouse de comte d'Ortenburg ;

En 1198 : Constance de Hongrie (1180-), fille de , d'où : *Judith (?-), mariée en 1213 avec le duc Bernard de Carinthie ; * Anne (1204-), qui épouse vers 1216 , duc de Cracovie, de Silésie et de Grande-Pologne ;

* Vladislav, margrave de Moravie ; * Premysl, margrave de Moravie ; * Blažena (1210-) ; * Anežka (Sainte Agnès de Bohême) (1211-), abbesse de Saint-François-de-Prague. Sainte patronne du pays, elle devient en 1989 la première bienheureuse issue d'Europe centrale à être canonisée par le pape .

Littérature et bande dessinée Hergé fait référence à ce roi dans Le Sceptre d'Ottokar :

Notes et références

Sources

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Liens externes

Premysl sur le site Medieval Lands.

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