vignette|Promenade à cheval en Émilie-Romagne. Le cheval en Italie () a connu des périodes contrastées quant à son importance historique, économique et culturelle au cours des siècles. Le pays élève un grand nombre de races autochtones qui portent traditionnellement le nom des régions dont elles sont originaires. Cet élevage a connu des moments de grande prospérité et reconnaissance, mais aussi une longue période de décadence. L’Italie est l’un des pays possédant le plus grand nombre de races chevalines. Ces races sont géographiquement liées à une province qui a façonné les chevaux en fonction du climat et des besoins de la population. Depuis 2011, l'ASSI est l'organisme de droit public qui gère le développement et l'amélioration des races équines de compétition et de selle en Italie.
La (FISE) est l'organisme chargé de réglementer les activités équestres en Italie sous toutes ses formes. L’ (ASSI) assure quant à elle le suivi et la promotion des races de chevaux italiennes. Elle est également responsable des courses hippiques. Le cheval tient une place importante dans l'art et les traditions italiennes.
Histoire
Dans l'Antiquité Les premiers chevaux ont probablement été introduits en Italie lors des conquêtes romaines. Ils proviennent de Perse, d’Espagne et de la province Norique, dans les Alpes centrales. Comme dans toute l'Europe de l'Ouest, le cheval joue un grand rôle dans le développement local. Les Romains ne sont cependant pas un peuple cavalier. Dans l'armée, les mouvements de fantassins sont préférés à ceux de la cavalerie. Les troupes montées sont incorporées par Jules César plus tardivement pour attaquer les arrières ou les flancs des armées adverses. L'infanterie est alors encore trop solide pour être attaquée de front par des cavaliers. Ceux-ci manquent en effet de stabilité sur leur monture et peuvent être facilement désarçonnés. Le cheval reste cependant un symbole de prestige dans la Rome impériale. Les chevaliers représentent ainsi le second ordre par ordre d'importance et de richesse dans la société romaine, juste derrière les sénateurs. Ses différents membres servent comme officiers dans les légions et ont donc sous leurs ordres des milliers de fantassins.
Au Moyen Âge À la chute de l'empire romain, la péninsule italienne est marquée à la fois par des invasions mais également par des luttes internes. Dans ce contexte guerrier, les techniques équestres s'affirment et de nouveaux outils sont mis à la disposition des cavaliers. C'est ainsi le cas de l'étrier, instrument fondamental de la cavalerie qui permet un meilleur appui et donc une meilleure tenue de la lance. Celle-ci transmet ainsi une puissance de choc considérable avec un cheval lancé au plein galop.
À la Renaissance La Renaissance italienne est une période de grands changements culturels, et l'art équestre est l'un de ses volets. Alors que Ferdinand II d'Aragon conquiert le royaume de Naples en 1503, il apporte avec lui les connaissances espagnoles sur la mobilité de la cavalerie. Influencées par l'équitation arabe, ces techniques permettent une grande aisance de la cavalerie, souvent décisive au combat.
L'âge d’or du cheval italien se situe entre le et le , période dans laquelle on distingue trois grandes races : polesine (États vénitiens), romagne et napolitaine. Ceux-ci sont réputés dans toute l’Europe, en particulier le cheval napolitain que l’on retrouve dans les origines de nombreuses races de chevaux européens .
Au L'élevage de chevaux italiens commence à montrer des signes de décadence à partir du . Les différents écrivains européens de l’époque jugent alors la production italienne très sévèrement, la qualifiant dans un « état de dégénération » et n’ayant « rien […] qui mérite l’attention des connaisseurs » . Des mauvais choix dans les croisements et le peu de soin apporté à la sélection en sont les principales causes.
Cette période est marquée par un désintérêt marqué pour l'amélioration génétique des races locales. Mais le cheval ne perd pas pour autant de son intérêt puisque les courses sont en revanche très prisées dans la péninsule italienne, en particulier les courses de trot, qui présentent un intérêt nouveau pour les italiens. Celles-ci sont assez réputées, et ce, notamment grâce à la présence d'élevages de trotteurs, notamment dans la région de Padoue, qui présente d'excellents sujets.
Au vignette|Federico Caprilli franchissant un obstacle. Comme dans de la plupart des pays développés, l'Italie voit au cours du le cheval passer de l'état d'animal militaire et utilitaire du début du siècle à celui de compagnon de loisir et de sport. En tant qu'animal militaire, le cheval perd progressivement de son utilité ne pouvant lutter face au trio tranchée-barbelé-mitrailleuse. Durant la Seconde Guerre mondiale, l'Italie fait partie des quelques nations ayant encore des unités à cheval. Sur le front de l'Est, la cavalerie italienne livre les dernières grandes charges de son histoire, notamment les 22 et à Ibuschenskij, pendant la bataille du Don. Après la Seconde Guerre mondiale, le cheval gagne sa place dans le monde du sport et des loisirs dans un grand nombre de pays développés. Les premiers cavaliers de sports équestres sont issus du monde militaire. Le saut d'obstacles moderne doit ainsi beaucoup à Federico Caprilli qui a révolutionné la discipline en inventant la position "en équilibre" qui permet de passer un obstacle avec un impact minimum sur le mouvement du cheval. Cet héritage a fortement marqué les sports équestres et permis l'arrivée de cavaliers italiens jusqu'au plus haut niveau international. Les courses hippiques se sont également développées tout au long du . De grandes figures italiennes emblématiques apparaissent comme Federico Tesio, l'un des plus importants propriétaires et éleveurs italiens de Pur-sang ou encore le comte Paolo Orsi Mangelli qui a notamment amélioré le trotteur italien en pratiquant des croisements avec des trotteurs américains.
Au Le début du s'inscrit dans la continuité de la fin du siècle précédent quant à l'utilisation du cheval dans le cadre du sport et du loisir. Cependant la crise économique n'est pas sans impact sur le secteur hippique et équestre italien.
Races de chevaux présentes en Italie
vignette|Un trait italien, seule race de trait italienne. Si la conservation des races équines italiennes a manqué de rigueur ces deux derniers siècles, elle est désormais assurée par l'ASSI () qui se charge, entre autres, de la promotion des races locales dans le monde. En France, on peut ainsi découvrir ces races lors de présentation au Salon du cheval de Paris ou à Cheval Passion à Avignon.
L'Italie est l'un des pays où l'on dénombre le plus grand nombre de races autochtones. On distingue trois types : les chevaux de selle ou chevaux légers, les chevaux de trait ou chevaux lourds, et les poneys. Beaucoup de ces races sont nées du croisement de chevaux autochtones avec des chevaux de races étrangères. Traditionnellement les races italiennes portent le nom des régions dans lesquelles elles se sont développées. Elles sont toutes liées, dans le passé et dans le présent, à l'utilisation du cheval par l'homme dans le domaine des courses, des travaux domestiques et agricoles, et des compétitions d'une façon générale. Les races italiennes les plus connues sont le maremmano, le murgese, le trait italien, le bardigiano, le selle italien et le trotteur italien.
Le FAO donne une liste de 39 races de chevaux présentes actuellement ou par le passé dans la péninsule italienne.
Certaines races italiennes possèdent des certificats d'enregistrement de pedigree alors que d'autres font l'objet d'un enregistrement dans une base de données. L' (AIA), soit l'Association des éleveurs italiens, est chargée du suivi des races ayant des certificats d'enregistrement de pedigree, soit l'Avelignese, le Trait italien, le Maremmano, le Lipizzan, le Bardigiano et le Trotteur italien. Les races faisant l'objet d'un enregistrement dans une base de données sont le cheval du Ventasso, le Norico, le cheval de Catria, le poney de l'Esperia, le Sanfratellano, le cheval de la Giara, le Murgese, le Tolfetano, le Poney de Monterufoli, le Cheval de Pentro, le Salernitano-Persano-Napoletano et le Sarcidano.
Organismes et économie Depuis le décret n°111 du 15 juillet 2011, l’ (ASSI), en continuité du travail effectué par l'UNIRE () depuis 1932, assure aujourd'hui le suivi et la promotion des races de chevaux italiennes . L'ASSI est un organisme de droit public dont le siège est à Rome. C'est un organisme doué d'autonomie financière, administrative et comptable, qui est sous la vigilance du (Ministère des Politiques Agricoles et Forestières). De nombreuses missions sont assignées à l'ASSI dans les domaines de l'élevage, des concours équestres et des courses hippiques. Dans le cadre de l'élevage, on retiendra tout particulièrement la promotion et l'amélioration des races équines de compétition et de selle, et les aides à l'installation de nouveaux élevages et à l'amélioration de ceux déjà existants .
Organismes La Fédération italienne des sports équestres, soit la en italien (FISE), est l'organisme chargé de réglementer les activités équestres en Italie sous toutes ses formes. Créée à Rome en 1926 sous le nom de Société pour le cheval italien (), elle prend le nom de FISE en 1999 d'après décrêt. Affiliée à la Fédération équestre internationale (FEI), c'est le seul représentant des sports équestres reconnu en Italie. Elle est donc soumise aux directives de la FEI ainsi que celles du Comité international olympique (CIO) et du Comité national olympique italien, soit le (CONI).
Depuis le décret n°111 du 15 juillet 2011, l’ (ASSI), en continuité du travail effectué par l'UNIRE () depuis 1932, assure le suivi et la promotion des races de chevaux italiennes. L'ASSI est un organisme de droit public dont le siège est à Rome. C'est un organisme doué d'autonomie financière, administrative et comptable, qui est sous la vigilance du Ministère des Politiques Agricoles et Forestières (). De nombreuses missions sont assignées à l'ASSI dans les domaines de l'élevage, des concours équestres et des courses hippiques.
Élevage thumb|right|Chevaux dans une pâture en Maremme, Toscane. Malgré sa tradition équestre, l'élevage des chevaux en Italie est peu prolifique. L'élevage est avant tout local et les débouchés sont peu nombreux. L'élevage équestre n'est pas différencié des autres élevages et est de ce fait sous la responsabilité de l'Association des éleveurs italiens, soit l' (AIA), qui œuvre depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, à la reconstruction zootechnique italienne. Un registre d'état civil équin a été fondé en 2003 permettant de recenser l'ensemble des chevaux dont le livre généalogique est tenu par l'ASSI, ceux appartenant au livre généalogique des races équines italiennes, ceux appartenant au registre d'état civil équin des races équines et asines à diffusion limitée, et ceux d'origine inconnue.
Équitation Les sports équestres sont réglementés au niveau national par la FISE.
C'est principalement dans la discipline du saut d'obstacles que les italiens se sont distingués depuis le début du . Aux Jeux olympiques, Tommaso Lequio remporte à Anvers en 1920 le titre individuel, tout comme Raimondo D'Inzeo à Rome en 1960, et Graziano Mancinelli à Munich en 1972.