La maison princière de Merode est une famille contemporaine de la haute noblesse belge.

Origines La famille de Merode doit son nom à la localité allemande de Merode (d'où l'absence d'accent sur le E), un village de la commune de Langerwehe, située en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, non loin des frontières néerlandaise et belge, où elle possède un château.

Origines légendaires Au , certains auteurs dont André Borel d'HauteriveAndré Borel d'Hauterive, Annuaire de la noblesse de France et des Maisons souveraines de l'Europe, 1843, . Lire en ligne.André Borel donne pour source à cette ascendance: 1) ouvrage intitulé : Les Souverains du Monde, Paris, 1734, tome III, ; 2) un diplôme du prince d'Orange et des états de Hollande daté du 16 mai 1640 ; 3) généalogie dressée officiellement sur parchemins par la chambre héraldique du Brabant en 1699., Gossart pèreGossart père, Notice historique sur M. le comte Félix de Mérode, Avesnes, 1857, . Lire en ligne ; il s'agit de Dominique-Philippe-Noë Gossart (1786-1859), maire d'Avesnes et historien. ou Paul André RogerPaul Roger, La noblesse de France aux croisades, Paris, 1845, . Lire en lignePaul-André Roger, Noblesse de chevalerie du comté de Flandre, d'Artois et de Picardie, Amiens, 1843, . Lire en ligne. mentionnent que la famille de Merode descendrait au des rois d'Aragon.

Plus précisément, elle serait issue de Pierre Bérenger, croisé aux côtés de Louis VII en 1147, troisième fils de Raymond, roi d'Aragon et comte de Barcelone et de Provence. Il épousa en 1179 l'héritière de Rode ou Mérode, terre seigneuriale du duché de Juliers. Sa descendance prit le nom de Merodeindiqué à l'entrée MERODE (JEAN de) dans p.151.

Cette ascendance a depuis été réfutée par divers auteurs contemporains dont Hervé DouxchampsHervé Douxchamps, Les quarante familles belges les plus anciennes subsistantes, Merode, article paru dans Le Parchemin, , , janvier-février 2016, . Voir ici) et le comte Baudouin d'UrselComte Baudouin d'Ursel, Princes en Belgique - Merode, article paru dans Le Parchemin, , , mai-juin 2013, . Voir ici), tous deux membres du comité de rédaction du Parchemin.

Le baron de Reiffenberg rapporteBaron de Reiffenberg, Mémoires du comte de Merode d'Ongies (1665), Mons, 1850, . Lire en ligne., quant à lui que l'origine des armes de la maison de Merode — identiques à celles des rois d'Aragon — proviendraient d'une alliance (sans postérité) de Werner de Merode avec la reine Aleyda, fille du roi d'Aragon. De retour en Allemagne il aurait épousé une de La Marck d'où postérité.

Origine prouvée La maison de Merode est issue de façon prouvéeC'est-à-dire par des actes authentiques établissant une filiation suivie. de Werner III de (Me)rode décédé à Aix-la-Chapelle en 1278, chevalier en 1263, bourgeois afforain de Cologne en 1263, ministériel, écoutète royal en 1275 à Aix-la-Chapelle, seigneur de Merode, cité dès 1246Hans J. Domsta, Geschichte der Fürsten von Merode in Mittelalter : I. Genealogie der Familie — II. Die Besitzungen Politische Tätigkeit. Geistliche Ämter und Fromme Stiftungen, Verschiedene, 2 tomes, Düren, 1981, .

Autant le comte Baudouin d'Ursel, autant Hervé Douxchamps, sur la base des recherches de Hans J. Domsta, mentionnent deux possibles générations antérieures à Werner III, mais aucun acte de filiation n'établit leur lien de parenté.

Des liens relatifs à des actes de possessions permettraient toutefois de relier dans une certaine mesure ces trois premiers Merode. Ainsi la généalogie des trois premières générations pourrait s'établir de la façon suivante :

De Werner III viennent les différentes branches suivantes :

1) La branche de Scheiffart de Merode, issue de Johann de Merode (Jean, fils de Werner III), s'est éteinte en 1733. Elle avait notamment Hemmersbach (de) et Limbricht (de).

2) La branche de Westerloo Petersheim, issue de Werner IV († 1316), fils de Werner III. Elle eut notamment Westerloo, Pietersheim, Olen et Perwez, Rubempré/Everberghe (en héritage de la sous-branche qui suit : cf. l'article Marie-Catherine-Josèphe de Merode), Grimberghe, et Merode.

3) Une sous-branche des Westerloo, issue de Maximilien-Antoine de Mérode-Montfort (1611-1670) (dernier fils de Philippe de Mérode (1568-1627), seigneur de Westerloo, Petersheim et Oelen), eut Montfort, Deinze (et aussi Trélon en héritage de la branche de Houffalize qui suit). Le mariage de Philippe-François de Mérode-Montfort (1669-1742) avec Brigitte-Louise de Rubempré († 1730) (descendante de Jean II et arrière-petite-fille de Philippe) apporta le titre "prince de Rubempré", sis à Everberg. Extinction en 1773.

4) Une autre sous-branche des Westerloo, issue de Richard III de Mérode-Houffalize (1415-1482) (fils de Richard II de Merode-Westerlo-Petershem, † 1446), eut Houffalize, Bastogne, Morialmé, Trélon. Extinction en 1524 pour Houffalize ; en 1690 († de Claude-François de Merode) et 1725 († de sa fille Marie-Célestine, duchesse de Holstein) pour le rameau de Trélon.

Titres

Les membres de la maison de Merode ont porté le titre de comte depuis le ; une branche portait déjà le titre de baron de Merode et du Saint-Empire au milieu du , puis fut titrée prince de Rubempré en 1759.

Certains membres de la famille de Merode de Monfort, dont Joseph et son épouse née Thérèse née de Merode-Naline (leurs portraits datent de 1716) (mariés en 1715 ; les Merode-Naline étaient issus des Merode-Montfort), Maximilien, son fils Joachim et le lieutenant-colonel Charles FlorentColonel Guillaume, Histoire des gardes wallones au service d'Espagne, chez E. Parent, Bruxelles, 1858, et 376</ref>, ont également porté le titre de marquis de Deinze.

Philippe, comte de Merode (1594-1638), fut le premier marquis de Westerloo. Les portraits de Henri de Merode, Seigneur de Geel (1550-1564) et Francisca van Brederode, peints par Jan Mostaert vers 1523, ornent l'église Sainte Dymphne de GeelGeel van gisteren tot morgen, uitgave VZW Lions Mol-Geel, 1976-1977, page hors-texte en couleurs, pages 48 et page 19 le "praalgraf" de Jean II de Merode et d'Anne van Gistel de François Floris de Vriendt (1514) d'après la gravure du Théâtre Sacré du Duché de Brabant de J. Le Roy.

Elle porte les titres suivants : Prince de Rubempré (nommé en souvenir de Rubempré dont les Merode-Montfort descendaient par les femmes : voir plus haut ; érigée en fait à Everberg, ci-après), dans le Saint-Empire (1759) Prince de Rubempré, dans le royaume de Belgique (1846) : titre du fils aîné du chef de la famille, par décret de 1846. Depuis 1980 c'est Fréderic Robert de Merode, qui est l'actuel prince de RubempréEtat Présent, 2010 Pag. 33/38.. Prince d'Everberghe, dans le Saint-Empire (1759) Prince d'Everberghe, dans le royaume des Pays-Bas (1827) Prince de Grimberghe, dans le royaume de Belgique (1842) Prince de Merode, dans le royaume de Belgique (1929) Comte d'Olen

Portraits de Famille

Héraldique

Devise :

Le seigneur de Merode est identifié par le code M025 dans l'Armorial de Bavière et un certain Werner de Merode y apparaît également (code M031) pour le tournoi de Mons de 1310. Pour le premier, les armes sont comme indiqué plus haut. Pour le second en revanche, elles se décrivent : D'or, à quatre pals de gueules, au lambel à trois pendants d'azur. 30px

Avant 1800 Charles-Philippe I de Merode, baron d'Houffalize, épouse Jeanne de Montmorency-Croisilles en 1590. Leurs portraits signés ont été réalisés par Giusto SustermansArts libres du 4 septembre 2019. Les Merode-Houffalize eurent aussi Trélon. vignette|Portrait de Philippe François, par Jean-Baptiste Berterham. Philippe François (1669-1742) de Merode, comte de Montfort, seigneur de Rubempré & d'Everberge, comte de Vertain, Vertigneul, d'Helfaut, Maltrayant, Aubigny, Autreppe, chevalier de la Toison d'Or en 1721, grand veneur des Pays-Bas, époux de Louise-Brigitte de Rubempré († 1730), d'où le titre princier de Rubempré et d'Everberghe érigé en 1759 à Everberg dans la titulature du St-Empire, pour leur fils Maximilien-Léopold-Ghislain de Merode-Montfort (1710-1773). Marie Catherine Josephe (1743-1794), comtesse de Merode, princesse de Rubempré et d'Everberg, aristocrate des Pays-Bas méridionaux qui a dirigé la noble famille de Merode pendant de nombreuses années. Le colonel-comte Itel-Frédéric de Merode de Waroux, vicomte de Villers-sur-Lesse, épousa Catherine de Celles en 1637. Il devint Grand-Mayeur de LiègeSon portrait peint par Bertholet Flémal a été gravé par Michel Natalis et est reproduit dans le livre La Belgique, chez Goemare, Bruxelles 1905, à la page 179.. Jean Philippe Eugène de Merode-Westerlo (1674-1732) épousa Thérèsa, Princesse Pignatelli Aragona Cortés (1682-1718), puis Charlotte Wihleminde Amalie de Nassau-Hadamar (1703-1740). Il fut Feld-Marechal des armées du Saint-Empire romain germanique. Son petit-fils Guillaume-Charles de Merode fut ministre de l'empereur Joseph II, maire de Bruxelles et sénateur pour l'empereur Napoléon . Il fut nommé comte d'Empire par Napoléon en 1809. Il sera également maréchal de la Cour des Pays-Bas. Guillaume-Charles de Merode fut le seul Merode encore en vie de sa génération. Tous les Merode actuels sont ses descendants. Il a eu quatre fils et une fille : Henri de Merode (1782-1847), fondateur de la branche aînée dite « de Westerlo » (éteinte en 1977). Françoise de Merode (1787-1875). Philippe Félix (1791-1857), fondateur de la seconde branche dite « de Rixensart ». Louis Frédéric de Merode (1792-1830). Mort pour la Belgique. Il avait épousé en 1811 à Saint-Luperce en Eure-et-Loir Marie-Antoinette-Amélie Ducluzel. Werner de Merode (1797-1840), fondateur de la branche cadette dite « d'Everberg ».

La branche de Henri de Merode-Westerlo Henri de Merode (1782-1847), marié à Louise-Jeanne de Thezan du Poujol (1787-1862) Charles-Adrien (1824-1892) lui succéda et épousa la princesse et duchesse Marie d'Arenberg (1830-1905) Leurs fils Henri de Merode (1856-1908) épousa la princesse Nathalie de Croÿ (1863-1957) Charles de Merode (1887-1977) épousa Marguerite de Laguiche (1895-1988). Sans postérité.

Le titre de chef de famille Prince de Merode-Westerlo passa à une autre branche de la famille de Merode qui devint ainsi la nouvelle branche aînée (ci-après : la branche de Félix).

Le château passa à des descendants cadets de ladite branche de Rixensart (Philibert Ghislain Albert, 1915-1958).

La branche de Félix de Merode Branche aînée au décès de Charles de Merode en 1977 (ci-dessus). Philippe Félix de Merode (1791-1857). Werner de Merode (1816-1905). (1820-1874), ministre du pape . La branche cadette du Château de Westerlo, en FlandresEtat Present de la Noblesse Belge, 2010.- Pag. 41.:

Descendance

La branche de Werner de Merode

Werner de Merode (1797-1840), fondateur de l'actuelle branche cadette de la famille, s'est marié en 1818 avec Victoria, comtesse de Spangen d'Uyternesse. Parmi leurs descendants on compte : la branche Aoste de la famille royale italienne, par le mariage de Louise de Merode-Westerloo (1819-1868) (sœur de l'avant-dernier Merode d'Ham-sur-Heure) avec Emmanuel dal Pozzo, prince de l'aristocratie italienne, et par le mariage de leur fille Maria Vittoria dal Pozzo avec le fondateur de la branche : Amedeo d'Italie, duc d'Aoste et roi d'Espagne. par Margherita de Savoie-Aoste, son fils l'archiduc Lorenz d'Autriche-Este, époux de la princesse Astrid de Belgique, et donc leurs enfants : Amedeo (né le ), Maria Laura (née le ), Joachim (né le ), Luisa Maria (née le ) et Laetitia Maria (née le ). la famille princière de Monaco, par le mariage d'Antoinette de Merode (1828-1864) (autre sœur de l'avant-dernier Merode d'Ham-sur-Heure) avec le prince Charles III de Monaco, fondateur de Monte-Carlo, dont Albert de Monaco, père de Louis II de Monaco et arrière-grand-père de Rainier III de Monaco, lui-même père d'Albert II de Monaco. la famille d'Arenberg par le mariage de Marie-Ghislaine (1830-1892) de Mérode avec le prince et duc Antoine d'Arenberg.