Le , des manifestations ouvrières se déroulent du nord au sud de l'Alsace. C'est l'avant-veille du deuxième tour des élections législatives. Les grévistes scandent notamment les revendications : semaine de 40 heures congés payés pour tous

Dans les urnes, le Front populairedna.fr triomphe en France mais c'est un échec en Alsace. L'unique élu du Parti communiste est Alfred Daul, un serrurier de Schiltigheim et candidat dans la circonscription de Strasbourg-Campagne. Autre particularité par rapport au reste de la France, les mouvements de grèves ne démarrent en Alsace que le mardi , après les Accords Matignon signés le à 1 heure du matin.

Mulhouse

Les grèves démarrent à Mulhouse dans le Haut-Rhin. Les ouvriers de deux entreprises de l'industrie chimique de Mulhouse donnent le coup d'envoi et obtiennent immédiatement 12 % d'augmentation des salaires. Le mercredi , ce sont les ouvriers de l'entreprise textile Charles Mieg et de la SACM (Société alsacienne de constructions mécaniques) de Mulhouse qui débrayent. Le jeudi , les autres entreprises textiles suivent le mouvement, ainsi que les chantiers du bâtiment et les tramelots mulhousiens. Le soir même, les négociations engagées aboutissent avec des augmentations des salaires de 15 % et la promesse de négocier les Conventions collectives. Les directions syndicales appellent à la suspension des grèves qui, pourtant vont se poursuivre dans les entreprises dont la direction refuse l'accord conclu le soir du .

Dans les mines de Potasse (minéral) de la région de Wittelsheim, la grève démarre le mercredi avec occupation de deux puits.

Colmar et Strasbourg

Les grèves s'étendent à Colmar et à Strasbourg. Le dimanche , un meeting syndical est organisé à Colmar, en présence du maire socialiste de la ville Édouard Richard. Le mardi , la grève démarre dans la manufacture Kiener et aboutit à un accord le . À Strasbourg, des militants communistes manifestent sur la place Kléber le dimanche puis, à partir du lundi , les grévistes occupent l'usine Olida, les grands magasins comme Magmod, la Papeterie de la Robertsau. La grève gagne ensuite Erstein, Molsheim (usine Bugatti), Bischwiller, les entreprises de la vallée de la Bruche… Les grèves cessent dès que le patronat s'engage à respecter les Accords Matignon et à négocier des conventions collectives.

Articles connexes

Liste chronologique de grèves Liste chronologique de grèves générales Chronologie des mouvements sociaux en France

Notes et références

Catégorie:1936 en France Catégorie:Histoire contemporaine de l'Alsace Catégorie:Front populaire Catégorie:Grève en France au XXe siècle Catégorie:Grève nationale interprofessionnelle en France