(; BLM) est un mouvement social et politique né en 2013 aux États-Unis au sein de la communauté afro-américaine, qui milite contre le racisme systémique envers les Noirs. Ses membres se mobilisent contre les atteintes mortelles de personnes noires par des policiers blancs. Ils dénoncent principalement le profilage racial, la violence policière ainsi que l’inégalité raciale dans le système de justice criminelle des États-Unis.

Le mouvement occupe une place importante dans les manifestations et émeutes de l'été 2020 aux États-Unis et dans le monde, après le meurtre de George Floyd, qui sont ensuite ravivées par la mort d'autres hommes noirs lors de leur arrestation par des policiers blancs, comme Rayshard Brooks, ou lorsque leur arrestation tourne mal comme pour Jacob Blake.

Les réactions négatives à ce mouvement ont pris la forme du slogan () et du mouvement de défense de la police ().

Histoire Origine du mouvement

Le , le surveillant de voisinage George Zimmerman, qui avait tué un adolescent noir, Trayvon Martin, au cours d'une altercation, est acquitté par la justice. En réaction, la militante Alicia Garza écrit le jour même un billet qu’elle décrit comme une . Celui-ci se termine par , ou en français : et appelle à s'unir pour garantir que « les vies noires comptent » (« that black lives matter »). Patrisse Cullors, amie d'Alicia Garza et également activiste, republie le billet sur le média social Twitter et y joint le hashtag #BlackLivesMatter...

Garza et Cullors créent ensuite, en compagnie d'Opal Tometi, une autre femme afro-américaine qui dirige à New York un groupe de défense des droits des immigrants afro-descendants., des comptes sur les réseaux sociaux Tumblr et Twitter où elles appellent les internautes à partager des récits expliquant pourquoi « les vies noires comptent ». Les initiatrices du mouvement commencent à employer le slogan dans des manifestations, et ce dernier commence à se répandre.

Extension du mouvement vignette|Utilisation du hashtag lors d'une manifestation le à New York. vignette|centré|upright=3|Rassemblement le , un an après la mort de Michael Brown, devant le Barclays Center de Brooklyn. En 2014, peu après la mort aux mains de la police d'Eric Garner à New York, qui s'exclamait « I can't breathe » (« je n'arrive pas à respirer ») lors de son placage au sol, expression qui devient un slogan de manifestants, un autre homme afro-américain, Michael Brown, décède également aux mains de la police à Ferguson dans le Missouri. Garza, Cullors et Tometi organisent un voyage militant pour rejoindre les manifestations à Ferguson au nom de leur campagne Black Lives Matter, suscitant un certain intérêt sur les réseaux sociaux, et le slogan commence à se diffuser sur place. La très forte médiatisation des manifestations et émeutes de Ferguson lance un mouvement et donne un retentissement au slogan à travers les États-Unis.. Il est notamment repris dans les revendications liées à de nombreuses affaires où des Noirs sont morts lors de leur détention par la police, notamment celles de Jonathan Ferrell, John Crawford III, Ezell Ford, Walter Scott, Freddie Gray, ainsi que Sandra Bland. Fin 2014, il est utilisé par la politicienne Hillary Clinton., puis apparaît dans un épisode de la série télévisée afro-américaine Empire. À partir de l’été 2015, les activistes du mouvement Black Lives Matter s'impliquent dans la campagne présidentielle de 2016..

En , il existait selon Patricia Cullors 23 sections locales du mouvement Black Lives Matter aux États-Unis, au Canada et au Ghana..

Le , après les meurtres de Philando Castle et Alton Sterling par la police, quatre joueuses du Lynx du Minnesota en WNBA, Maya Moore, Rebekkah Brunson, Seimone Augustus et Lindsay Whalen qui portent à l'échauffement les maillots "Change starts with us" et "Justice & accountability" sur l'avant, ainsi qu'au dos les noms de Castile et Sterling ainsi que le slogan "Black Lives Matter, ce qui est un événement fondateur dans le sport américain.

Durant l'été 2016, un rapprochement en France est également fait avec le mouvement Black Lives Matter dans le cadre de l'affaire Adama Traoré, qui donne lieu à son propre mouvement.

Manifestations et émeutes de 2020

Le mouvement obtient une grande visibilité lors des manifestations et émeutes aux États-Unis et dans le monde liées au meurtre de George Floyd, tué par le policier Derek Chauvin.

Reprenant une idée qui avait déjà émergé après les manifestations contre les violences policières à Ferguson en 2014, le mouvement appelle à pour soutenir à la place les communautés marginalisées.

Années 2020

vignette|Boulevard à New York.|alt=Le panneau indiquant « Black Lives Matter Boulevard » est placé juste en dessous de celui indiquant « Centre Street ». Le , la ville de New York ajoute le nom « » à la Centre Street..

Dans le contexte de la guerre à Gaza depuis 2023, Black Lives Matter se joint aux manifestations qui dénoncent les bombardements d'Israël sur la bande de Gaza et exige un cessez-le-feuConflit Hamas-Israël : comment Black Lives Matter a rejoint la cause palestinienne, lefigaro.fr, 8 novembre 2023.

En , la fresque au sol « Black Lives Matter » peinte en lettres jaunes de très grande taille est enlevée de la place éponyme par la mairie de Washington DC, à la suite de menaces de certains Républicains de déposer un projet de loi visant à couper les financements fédéraux donnés à la ville de Washington DC, tant que la fresque est présente et tant que la place éponyme évoque le mouvement Black Lives Matter.

Philosophie Les fondatrices du mouvement, Garza, Cullors (militantes queer) et Tometi, se réclament de l’héritage du mouvement des droits civiques et du mouvement Black Power et mettent en avant les traditionnels enjeux des mouvements d'émancipation des Noirs. mais souhaitent proposer un projet beaucoup plus inclusif, intersectionnel, apolitique et non fondé sur une religion. Le mouvement est inspiré des mouvances féministes, LGBT, et altermondialistes, comme Occupy Wall Street, ainsi que du Printemps arabe. Cullors affirme qu'elle et Alicia Garza sont marxistes.

Le site web de l'organisation décrit celle-ci comme un réseau et indique que ses membres se voient comme membres de la . Il mentionne que son nom va au-delà des meurtres d'individus noirs par des policiers, et que le but de l'organisation est . Le groupe d'activistes affirme que le mouvement Black Lives Matter se préoccupe également des questions spécifiques des femmes noires, des membres noirs de la communauté gay et trans, des handicapés.. Le mouvement se décrit comme pro-famille mais voulant .

Le mouvement est chef de file du combat contre les violences policières et contre le racisme systémique aux États-Unis..

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Revendications En 2014, Black Lives Matter se joint à d'autres organisations pour fonder le (M4BL). Ensemble, les organisations publient en 2016 un plan intitulé « A Vision for Black Lives: Policy Demands for Black Power, Freedom and Justice » (« Une Vision pour les Vies Noires : Revendications Politiques pour le Pouvoir, la Liberté et la Justice Noirs »). Le plan comprend six demandes centrales et quarante domaines de politique prioritaires. Les six demandes sont : Mettre fin à la guerre contre les personnes noires. Réparations pour les torts passés et présents. Désinvestissement des institutions qui criminalisent, mettent en cage et font du mal aux personnes noires ; et investissement dans l'éducation, la santé et la sécurité des personnes noires. Justice économique pour tous et reconstruction de l'économie pour assurer à nos communautés la propriété commune, et non le simple accès. Contrôle communautaire des lois, institutions et politiques qui nous affectent le plus. Un pouvoir noir indépendant et une autodétermination noire dans tous les domaines de la société.

Structure de l'organisation Organisation décentralisée Le mouvement social Black Lives Matter est décentralisé : ses meneuses mettent l'accent sur les structures locales. Alicia Garza le décrit comme une plateforme disponible en ligne dans l'objectif de rassembler les activistes partageant des buts et des valeurs similaires.. Ceux-ci doivent s'engager à suivre les principes de l'organisation, mais le mouvement n'a pas de structure centrale ou de hiérarchie. Alicia Garza a ajouté que le mouvement ne s'intéresse pas à mettre ses membres en vedette. En 2016, il existe trente groupes Black Lives Matter dans le monde, principalement aux États-Unis mais aussi au Royaume-Uni, au Canada, en Australie et au Ghana.

Parmi les activistes et les soutiens de Black Lives Matter, on compte la cofondatrice de la section de Seattle Marissa Johnson, l'avocate et présidente de la section de Minneapolis de la NAACP Nekima Levy-Pounds ainsi que l'écrivain Shaun King.

Le manque de structure de Black Lives Matter a pu créer des confusions dans les médias traditionnels ainsi qu'au sein même des activistes.

Black Lives Matter Global Network Foundation La , association américaine fondée en 2013 dans l'objectif de soutenir le mouvement Black Lives Matter, est membre de la coalition , créée en 2015 pour représenter les intérêts des communautés noires américaines, en particulier face à des violences policières de plus en plus visibles. En 2015, Johnetta Elzie, DeRay Mckesson, Brittany Packnett, et Samuel Sinyangwe, créent , qui milite pour des réformes visant à mettre fin aux brutalités policières.

Financements En 2015, Politico rapportait que des activistes du mouvement tenaient des rencontres secrètes avec le club de donateurs progressistes , qui comprend certains des plus grands soutiens financiers du Parti démocrate, comme Paul Egerman et le milliardaire Tom Steyer.

L'organisation et des organisations apparentées œuvrant pour la communauté noire ou les droits civiques reçoivent des dons d'entreprises. Certaines entreprises américaines soutiennent également le mouvement en doublant les dons de leurs employés.

Controverses sur les dépenses En 2021, la presse conservatrice commente la de Patrisse Cullors : celle-ci a acquis quatre maisons haut de gamme pour de dollars aux États-Unis, dont une villa estimée à de dollars à Topanga Canyon, une banlieue huppée de Los AngelesInside BLM co-founder Patrisse Khan-Cullors’ million-dollar real estate buying binge, nypost.com, 10 avril 2021.

Hawk Newsome, le directeur de Black Lives Matter Greater New York City, organisation non affiliée à la Black Lives Matter Global Network Foundation dirigée par Patrisse Khan-Cullors, demande une enquête indépendante pour savoir comment le réseau mondial dépense son argent.

En , The New York Post évoque également le fait que Black Lives Matter a transféré des millions à M4BJ, un organisme de bienfaisance canadien dirigé par l'épouse de Patrisse Cullors, Janaya Khan. M4BJ a acheté un vaste manoir qui avait autrefois servi de siège au Parti communiste pour l'équivalent de 6,3 millions de dollars en espèces en . L'achat de la propriété de Toronto, nommée Wildseed Centre for Art and Activism, est révélé, selon The New York Post, à un moment où existe des inquiétudes croissantes concernant le manque de transparence du groupe BLM dans ses finances Black Lives Matter sent millions to Canada charity to buy mansion, nypost.com, 29 janvier 2022.

Accusations de vol