Virna Pieralisi, dite Virna Lisi Prononciation en italien standard retranscrite selon la norme API., est une actrice italienne née le à Ancône et morte le à Rome.

De 1953 à 2014, Virna Lisi a eu une prolifique carrière dans le cinéma italien et européen ainsi qu'à la télévision. En France, elle joue notamment aux côtés d'Alain Delon dans le film de cape et d'épée révolutionnaire La Tulipe noire en 1964. Elle a le premier rôle dans Ces messieurs dames (1966) de Pietro Germi, une comédie à l'italienne qui reçoit la palme d'or au Festival de Cannes 1966. Elle a ensuite remporté le Prix du jury et le prix d'interprétation féminine au Festival de Cannes de 1994, le Ruban d'argent du meilleur second rôle féminin et le César de la meilleure actrice dans un second rôle en 1995 pour son interprétation de Catherine de Médicis dans le film La Reine Margot de Patrice Chéreau.

Biographie Premières années Virna Lisi est née à Ancône, la capitale des Marches sur la mer Adriatique. Le prénom de Virna Pieralisi aurait dû être Siria, mais l'officier d'état civil l'a refusé, car la Syrie n'était pas une nation alliée de l'Italie fasciste. Son père a inventé le nom de Virna sur un coup de tête, ne découvrant que plus tard qu'il s'agissait d'un vrai nom ; elle avait un frère et une sœur plus jeunes, Ubaldo et Esperia. Après avoir vécu son enfance à Jesi, son père Dario, marchand de carreaux de marbre, s'est installé à Rome pour y travailler avec toute sa famille.

vignette|gauche|Vira Silenti et Virna Lisi en 1957 dans le feuilleton Orgoglio e pregiudizio. C'est là que Virna est découverte par le chanteur et acteur Giacomo Rondinella (un ami de la famille Pieralisi), qui la présente au producteur de films Antonio Ferrigno. Ferrigno l'a engagée dans un contrat lorsque Virna avait 17 ans, malgré l'opposition initiale de son père. Elle fait ainsi ses premiers pas au cinéma sous le pseudonyme de « Virna Lisi ». Dans la première moitié des années 1950, elle joue les premiers rôles dans de nombreux melodramma strappalacrime, très populaire à l'époque bien que mal vu par les critiques de cinéma, réalisés par Carlo Borghesio, Giorgio Pàstina et Luigi Capuano. Son premier film est dans ...e Napoli canta! en 1953. Grâce à sa classe et à sa prestance, elle a aussi l'occasion de devenir mannequin au début de sa carrière, posant pour le créateur de mode Vincenzo Ferdinandi.

Elle est ensuite engagée dans des comédies à succès comme Les Dix-Huit Ans (1955) de Mario Mattoli (remake d'un film de 1941, Leçon de chimie à neuf heures, également réalisé par Mattoli et mettant en vedette Alida Valli et Irasema Dilián), dans lequel elle partage l'affiche avec Marisa Allasio, ainsi que Le Célibataire (1955) d'Antonio Pietrangeli, avec Alberto Sordi. L'année suivante, elle peut mettre à l'épreuve ses capacités dramatiques dans La Femme du jour (1956) de Francesco Maselli, dans lequel elle joue le rôle d'une jeune fille qui connaît le succès grâce à la publicité et qui en paie le prix. Deux ans plus tard, grâce à une publicité, elle a elle-même connu une grande popularité : la société de dentifrice Chlorodont l'a choisie pour jouer dans ses réclames dans l'émission de télévision Carosello, dont le slogan, ( « Avec une bouche comme celle-là, elle peut dire ce qu'elle veut »), a marqué les téléspectateurs de ces années-là.

En 1957, elle joue le rôle d'Elizabeth Bennet dans le feuilleton de la Rai Orgoglio e pregiudizio, une adaptation assez libre, « italianisée » et romanesque du roman Orgueil et Préjugés de Jane Austen. Le feuilleton est réalisé par Daniele D'Anza et met également en vedette Franco Volpi, Vira Silenti et Enrico Maria Salerno. En 1959, elle incarne la comtesse Virginia Oldoini di Castiglione dans un autre téléfilm historique de la Rai : , avec Sergio Fantoni et Lea Padovani, réalisé par Anton Giulio Majano, qui l'a également dirigée au cinéma en 1959 dans le mélodrame en costumes Le Maître de forges, dans lequel elle joue la protagoniste Claire de Beaulieu aux côtés d'Antonio Vilar.

La première moitié des années 1960 : Entre Rome et Paris vignette|Virna Lisi en 1961 dans le magazine La Domenica del Corriere. Le , dans l'église San Cesareo de Appia à RomeEpoca, Volume 13, 1962, Virna Lisi épouse l'architecte romain Franco Pesci (alors membre du conseil d'administration de l'A.S. Roma) avec qui elle a un fils, Corrado, né en (qui la rend plus tard grand-mère de trois petits-enfants : Franco, né en 1996, Federico né en 1997 et Riccardo, né en 2002). Après son mariage, l'actrice annonce qu'elle se retire du monde du spectacle pour se consacrer à sa famille. Mais au bout d'un an, encouragée également par son mari, elle reprend ses activités. Elle recommence par la télévision. où elle joue dans certains des feuilletons les plus populaires de la Rai de l'époque, comme Il caso Maurizius (d'après le roman L'Affaire Maurizius de Jakob Wassermann), Cenerentola (d'après Cendrillon de Charles Perrault) et Una tragedia americana (d'après Une tragédie américaine de Theodore Dreiser).

Après son succès dans les feuilletons, Lisi revient également au cinéma, où elle joue dans de nombreuses comédies italiennes à succès, comme Son Excellence est restée dîner de Mario Mattoli, dans laquelle elle côtoie Totò, Ugo Tognazzi et Raimondo Vianello ; Un de la réserve de Steno, avec Aldo Fabrizi, Renato Rascel et un très jeune Terence Hill, ici encore crédité de son vrai nom, Mario Girotti ; Le Jour le plus court de Sergio Corbucci, dans une distribution qui comprenait un total de 88 acteurs dont Anouk Aimée, Annie Girardot et très brièvement Jean-Paul Belmondo.

Durant la même période, elle joue également dans de nombreuses productions théâtrales, dirigées par de grands noms de la scène italienne tels que Giorgio Strehler ou Luigi Squarzina.

C'est aussi ces années-là qu'elle travaille dans plusieurs films français, obtenant beaucoup de succès et d'estime en France également. Elle joue d'abord face à Jeanne Moreau dans Eva (1962) de Joseph Losey, un film tourné à Rome et à Venise dans une intrigue inspirée du roman éponyme de James Hadley Chase. Mais c'est sous la direction de Christian-Jaque qu'elle fait le saut à Paris, d'abord en tournant dans les studios de Billancourt le drame policier Les Bonnes Causes avec Bourvil et Marina Vlady d'après le roman homonyme de Jean Laborde., puis en tournant dans les studios de la Victorine ainsi qu'en Espagne le film de cape et d'épée La Tulipe noire avec Alain Delon.

La même année, elle joue dans les Bouches-du-Rhône et en région parisienne dans le film d'espionnage Coplan prend des risques de Maurice Labro avec Dominique Paturel et Jacques Balutin. À la même époque, elle refuse le rôle de la James Bond girl dans le film Bons Baisers de Russie (1963) face à Sean Connery, rôle qui est attribué à une autre actrice italienne, Daniela Bianchi. L'actrice déclare plus tard qu'elle regrettait avoir refusé le rôle.

En 1967, elle joue dans un film d'Henri Verneuil, La Vingt-cinquième Heure, avec Anthony Quinn et Serge Reggiani, adapté du roman La Vingt-cinquième Heure de Virgil Gheorghiu.

La seconde moitié des années 1960 : Hollywood vignette|Sean Connery et Virna Lisi en 1968 à Rome. En 1963, l'actrice avait refusé de jouer avec lui dans Bons Baisers de Russie. vignette|L'actrice juge que le vedettariat hollywoodien la restreint dans des rôles de blonde platine sexy et préfère rentrer en Europe. À partir du milieu de la décennie, elle commence également à apparaître dans des films d'auteur et l'un de ses rôles les plus significatifs est celui de Milena, la caissière d'un bar pour laquelle le comptable Osvaldo Bisigato, joué par Gastone Moschin, tombe amoureux, dans Ces messieurs dames (1966) de Pietro Germi, un film qui remporte la Palme d'or au Festival de Cannes 1966.

Au même moment que d'autres actrices italiennes connues telles que Claudia Cardinale et Sylva Koscina, elle est sollicitée à Hollywood, où les majors du cinéma américain cherchaient à recruter une possible héritière de Marilyn Monroe. Remarqué par certains producteurs américains lors du tournage du film La Tulipe noire, Lisi signe un prestigieux contrat exclusif de sept ans avec la Paramount et s'installe à Los Angeles. Son premier film hollywoodien est la comédie Comment tuer votre femme de Richard Quine (1965), avec Jack Lemmon, Terry-Thomas et Claire Trevor, qui remporte un franc succès. Elle apparaît ensuite dans Deux minets pour Juliette ! de Norman Panama, avec Tony Curtis et George C. Scott, et dans Le Hold-up du siècle de Jack Donohue, avec Frank Sinatra et Anthony Franciosa, deux films à succès sortis en 1966. Cela semble être le début d'une carrière fulgurante aux États-Unis, mais la Paramount et le vedettariat hollywoodien imposent à Lisi des règles qui lui paraissent trop restrictives, la reléguant effectivement au stéréotype de la pin-up : blonde platine, sexy et un peu déjantée, dans lequel l'actrice originaire des Marches italiennes ne se sent pas du tout épanouie et valorisée en tant qu'interprète.

En 1968, Roger Vadim lui propose le rôle-titre dans son film Barbarella, mais Lisi, réticente à l'idée de devoir apparaître uniquement vêtue d'un bikini moulant pendant toute la durée du film, refuse de le jouer. Le tournage de Barbarella se déroulant à Rome sans elle, avec à la place Jane Fonda dans le rôle-titre, alors actrice débutante.

Mais Virna Lisi rentre tout de même en Italie et résilie son contrat avec la Paramount (pour lequel elle doit payer une lourde pénalité) après seulement trois ans et autant de films réalisés. Dans le même temps, elle a également refusé d'apparaître nue sur la couverture de l'édition américaine de Playboy. C'est pendant son intermède hollywoodien que Frank Sinatra (avec qui elle avait tourné un film en 1966) est tombé amoureux d'elle, mais Lisi, qui était alors mariée et mère d'un enfant de quatre ans, a clairement refusé ses avances.

Années 1970 et 1980 : succès public et critique De retour à Rome à la fin des années 1960, elle reprend son travail à plein régime, aux côtés d'acteurs célèbres et alternant les rôles hauts en couleur et dramatiques, dans divers films tournés en Italie, en France, en Allemagne, en Grande-Bretagne et également dans certaines productions hollywoodiennes tournées en Europe, comme La Fille et le Général (1967) de Pasquale Festa Campanile avec Rod Steiger, Umberto Orsini et Jacques Herlin, la comédie musicale Le Secret de Santa Vittoria (1969), aux côtés d'Anthony Quinn, Hardy Krüger et Anna Magnani, L'Arbre de Noël (1969) de Terence Young, dans lequel elle a pour partenaires William Holden et de nouveau Bourvil ou Le Serpent (1973) d'Henri Verneuil dans lequel elle partage l'affiche avec Philippe Noiret, Yul Brynner, Michel Bouquet et Henry Fonda. C'est aussi ces années-là qu'elle figure dans trois films français de Sergio Gobbi : Le Temps des loups (1969) avec Robert Hossein et Charles Aznavour, Un beau monstre (1971), de nouveau avec Aznavour ainsi qu'avec Helmut Berger et Les Galets d'Étretat (1972) avec Maurice Ronet et Annie Cordy.

Au milieu des années 1970, cependant, après avoir joué aux côtés de Franco Nero dans le rôle de Sœur Evangelina dans les films Croc-Blanc (1973) et sa suite Le Retour de Croc-Blanc (1974), de Lucio Fulci, et dans l'épisode La Canarina assassinata du feuilleton (1974), produit par la Rai, aux côtés de Giorgio Albertazzi, elle décide de réduire ses engagements professionnels afin de consacrer plus de temps à sa famille.

vignette|gauche|Virna Lisi en 1968.