Le pressionnisme ( en anglais) ou art du graffiti est un mouvement pictural issu du car réalisé dans l'espace urbain. Il utilise la pression de la bombe aérosol pour réaliser une œuvre graphique. Ce procédé retranscrit sur toile constitue le mouvement pressionniste qui est déjà inscrit dans l'histoire de l’art comme mouvement artistique majeur de la fin du et du début du siècle.

Né à Philadelphie en Pennsylvanie (USA) à la fin des années 60, ce mouvement s’intéresse aux œuvres réalisées à la bombe aérosol, par des artistes ayant réalisé des interventions picturales dans la rue des métropoles américaines, puis européennes et désormais mondiales.

Ces pressions ont permis le développement du graffiti, du pochoir et plus largement du , à l'instar de l'impressionnisme, l'invention du tube de peinture ayant permis aux artistes de la fin du et début du siècle de sortir de l'atelier et de réaliser des œuvres en extérieur. Aujourd'hui, l'analogie entre l'impressionnisme et le pressionnisme est forte tant par les outils utilisés que par l'approche graphique et le rayonnement international.

Définie par certains artistes comme à la source de la puissance et de l’énergie de leurs réalisations, l'utilisation de la bombe de peinture a amené ces artistes, d'un nouveau genre, à se livrer à des duels picturaux à l'aide d'un instrument assez difficile à maitriser. C'est ce qui a conduit le collectionneur Alain-Dominique Gallizia, souhaitant , à nommer ce mouvement le pressionnisme, du nom d'une première exposition organisée en 2011 à Monaco.

Le pressionnisme désigne le graffiti rapporté au domaine de l'art et non plus au domaine de la rue : dernier art pictural majeur de la fin du et du début du . Le mot graffiti est issu du verbe grec graphein, qui signifie écrire et peindre, via l’italien graffito. Très tôt, la recherche de la plus belle forme d’écriture transforme les graffeurs en peintres calligraphes, carnet de croquis à la main, travaillant chaque jour à inventer leur lettrage, leur propre style sous les multiples pressions : celle des autorités, de l'opinion publique, de la compétitivité avec les pairs, ainsi que l'aérosol.

Pression de la bombe, principal instrument de peinture, la bombe aérosol est extrêmement difficile à maîtriser, il faudrait cinq ans pour contrôler la pression de l'aérosol. C’est la distance, la vitesse, l’inclinaison de la bombe et la pression sur sa capsule qui déterminent la largeur et la densité du trait.

Regroupés au sein d’un (qui peut être considéré comme une confrérie), les artistes doivent réaliser un exploit pour être adoubés par leurs pairs et établir un rang. De ces joutes artistiques désintéressées naissent sur tous supports des peintures aux styles variés, du figuratif au sous la pression du public.

Ces artistes exposent dès 1972 leurs tableaux dans les galeries de New-York grâce à l’UGA (Union des Artistes de Graffiti). Cependant, la reconnaissance des musées n’est pas au rendez-vous et le grand public, conforté dans son jugement par la pression des critiques officielles et l’absence du graffiti dans les foires d’art contemporain, les dénigre. Plusieurs expositions importantes ont eu lieu en 1982 et 1983 : Fashion Moda, Fun Gallery, Larry Gagosian, Sydney Janis Collection, Tony Shafrazi, où trônent Aone, Jean-Michel Basquiat, Crash, Dondi, Fab Five Freddy, Futura 2000, Keith Haring, Kenny Scharf, Khoor, Lady Pink, Phase 2, Rammellzee, Seen et Toxic. Malgré cela, la reconnaissance des musées et des institutions reste limitée, hormis pour Keith Haring ou Basquiat, vite considérés comme étrangers à ce mouvement.

Le pressionnisme aux États-Unis

Le Pressionnisme en France Le premier street-artiste français reconnu comme utilisateur de la bombe de peinture pour réaliser ses œuvres en extérieur est Gérard Zlotykamien en 1963. Mais il a fallu attendre les années 80 pour voir ce mouvement prendre de l'ampleur.

Le pressionnisme affiné

Histoire du pressionnisme figuratif

En en effet, Alain-Dominique Gallizia met à disposition et en scène au Grimaldi Forum de Monaco, plus de 500 tableaux pour la plus grande rétrospective du Tag et du Graffiti européens et américains, sous le Haut patronage du Prince Albert II. Les 40 ans de la première exposition de tableaux de graffiti sur toile, en 1972 au City College de New-York, y sont fêtés, et cet « Art de la bombe sur toile » y est baptisé « Pressure Art » (pressionnnisme), en référence au « Spraycan Art » et aux coloristes d’extérieur du siècle. Naît alors le « pressionnisme », « un art sous pression qu'il faut dix ans pour maîtriser » : pression de la bombe avec laquelle on peint, pression de la police qui fait la chasse au tagueur, pression de l'opinion publique, plutôt hostile, mais aussi de ses pairs avec qui l'on est perpétuellement en concurrence, dit l'architecte parisien. Premier précurseur du pressionnisme figuratif affiné, le peintre à la bombe Thomas de Balasy, 'BES' de son nom de grapheur, s'inscrit dans le « Pressure Art » (Le Pressionnisme) tel qu'il a été défini la première fois, mais en affinant la technique.

Cependant, en extérieur comme en intérieur, Thomas de Balasy ne décore que des lieux autorisés (par exemple, et sur commande, en produisant de grandes fresques parcourant des murs de cours d’école à Paris, ou des cloisons d’appartements privés). L’artiste se sent donc plus libre de se consacrer à la « pression de la bombe » et à la finition des détails dans une nouvelle technique plus perfectionnée.

La technique spéciale du « pressionniste figuratif affiné » Cette technique repose tout entière sur la « pression » de la bombe. Principal instrument de peinture, la bombe aérosol est extrêmement difficile à maîtriser. L'artiste l'utilise sans cache, ni pochoir, ni autres outils graphiques, et à main levée. C’est la distance, la vitesse, l’inclinaison de la bombe et la pression au doigt sur sa capsule, qui déterminent la largeur et la densité du trait, ou la diffusion éparse contrainte des gouttelettes de peinture, réalisant ainsi à l’expérience, nuances de couleurs, ombres et jours. Poussé à l’extrême, le « pressionnisme », quand il est de cette façon consommé, permet une certaine finesse dans le rendu et l’éclairage des scènes picturales. Thomas de Balasy réussit de plus à imprimer dans ses réalisations une geste nouvelle définissant toute une série d’effets capables d’introduire des textures encore inusitées. Il en ressort ainsi par exemple « l’effet gouttes », parsemant autant de teintes sur autant de plans que le peintre désire établir pour parvenir à rendre son sujet. Et ceci, et à ce point, qu’un grossissement photographique d’une très petite partie de l’œuvre montre des taches de couleurs dispersées, qui vues de plus loin prennent l’apparence souhaitée, comme un sous-bois, des végétaux organisés... et de poussière en poussière, naît la matière qui s’organise au gré de l’artiste pour fonder des textures traduites en fins reliefs. Les pigments se muent en autant de lumières qu’il dirige, sur, et autour des formes sombres à naître afin de s’en rendre le maître.

Depuis Thomas de Balasy ne cesse d’améliorer sa technique. Deux périodes s’inscrivent dans la mise en œuvre de ce procédé personnel et si particulier de peinture à la bombe : la « période A », et, la « période B ». La première période (A) s’emploie à optimiser au maximum l’usage de la bombe sur des surfaces réduites. La seconde période (B) se concrétise par un affinement dans les rendus, et ceci grâce à l’amélioration de l’un de ces bouchons de bombe, calculée pour mieux domestiquer la pression qui s’en dégage et de cette manière entraîner à la demande des jets de couleurs. Pendant tout ce temps, et jusqu’à aujourd’hui, le peintre fait évoluer le « pressionnisme »Le néologisme pressionnisme a été inventé par Alain-Dominique Gallizia (voir note suivante). Cette expression vient du latin expressio « extrait en pressant » (ici, avec l'index, la couleur qui est dans la bombe). issu du Graffiti en l’inscrivant durablement dans l’Histoire de l’Art sur d’autres supports comme la toile, le bois, le médium, ou encore le métal, et affine encore sa technique jusqu’à obtenir des rendus de plus en plus fins sur des surfaces de plus en plus réduites – ce qui est à considérer comme une performance. Les grands tableaux en bénéficient d’autant plus et atteignent des résolutions jusqu’à présent inégalées avec ce procédé enrichi. Le « pressionnisme », ainsi abouti, prend désormais ses lettres de noblesse dans le concert des tendances modernes à dominantes réalistes et figuratives.

Le pressionnisme en Europe

Étymologie

Le néologisme pressionnisme a été inventé par Alain-Dominique Gallizia..

Histoire

Le pressionnisme est un mouvement souvent associé au tag. Si les toiles récentes d’art urbain sont une évidence pour le grand public qui les côtoie en galerie, peu savent encore que depuis les années 1970 les artistes graffiti produisent sur toile un véritable travail d’atelier.

Dès l’origine les graffeurs à peine âgés de quinze et seize ans, parmi lesquels Coco et Phase 2, se regroupent autour d’Hugo Martinez au sein de l’UGA (Union des artistes graffiti) pour exposer leurs peintures dans les galeries, avec comme première étape, la Razor gallery, à Soho en 1973. D’autres suivront jusqu’à l’exposition phare « Post Graffiti » à la Sydney Janis Gallery, en 1983, avec A-one, Jean-Michel Basquiat, John "Crash" Matos, Daze, Futura 2000, Keith Haring, Kool Koor, Lady Pink, Noc 167, Lee Quinnones, Ramm-Ell-Zee, Toxic et Bear dont la toile est présentée à la Pinacothèque.

Andy Warhol extrait Keith Haring et Jean-Michel Basquiat, arrivés tardivement dans ce mouvement, et porte sur le devant de la scène ces deux arbres cachant la forêt des grands maîtres. En France le graffiti reste éloigné du monde établi de l’art, à l’image de Bando, le plus célèbre, qui développe cette pratique en France dès 1984, dans son hôtel particulier de Saint Germain du Près, haut lieu du graffiti, où se réunissent les premiers adeptes.

Bando invite au terrain de la Chapelle (dit de Stalingrad) les plus grands artistes américains et européens, parmi lesquels Mode 2, Shoe, A-one ou Jonone, qui s’installeront pour certains à Paris La première école Française s’y forme, y rivalise avec les meilleurs étrangers et rêve d’envahir le monde, comme le montre le manifeste de Bando exposé. En France Agnès B et Willem Speerstra les accueillent et les exposent dans les années 1980 avant que Jack Lang ne les invite en 1991 au musée de Monuments Français. Claire Calogirou collecte dès le début des années 2000 pour le CNRS des œuvres pour un futur musée permanent au sein du MUCEM. des collectionneurs comme Henk Pijnenburg aux Pays-Bas qui expose sa collection au Boymans Van Beuningen Museum à Rotterdam des 1983, ou Willem Speerstra au Musée des Arts modestes de Sète (MIAM) en 2007, vont poursuivre ces entreprises individuelles.

Aux États-Unis, certains musées, tels le MoCA de Los Angeles, le Musée de la ville de New York ou le Brooklyn Museum, commencent à présenter officiellement cet art. ils ont recours aux fonds des collectionneurs privés. Depuis, aucune occasion n’a été donnée au public dans les grandes manifestations officielles et les expositions muséales pour découvrir ces œuvres d’époque et leurs auteurs.

Ces artistes ne se revendiquent d’aucune autre appartenance que la leur, avec leur « exubérance insolente » (Pieter Schjeldahl, New York Times 1972) trop longtemps jugée primitive et underground, rabaissée à sa simple condition ethnique et sociale par peur de cet art inclassable et de ces artistes insaisissables.

C'est la Pinacothèque avec le curateur Alain-Dominique Gallizia, qui prend l’initiative en d'une grande rétrospective autour du Pressionnisme.

L’origine de l’écriture